Je pourrai pas toujours te dire que je t’aime
Défi du jour : J’te l’dis en dix mots
Je pourrai pas toujours te dire que je t’aime
Défi du jour : J’te l’dis en dix mots
Je savais que je t’oublierais facilement, dès que je t’ai vu, t’es le genre d’une seule soirée et après, on se rappelle plus, ni l’un ni l’autre. Je me souviens seulement de t’avoir vu arrivée au bar et de quand je suis parti. Tu avais l’air un peu vidée à mon départ, couchée sur le côté, face à moi. Quand j’ai demandé au serveur, il m’a dit que tu étais la meilleure, c’est à cause de lui que t’étais au bar avec moi. On n’a pas échangé beaucoup de mots, on se regardait, parfois moi dans mes pensées, parfois simplement à te voir là, si près et en même temps si loin. J’ai vu que tu ne buvais pas quand tu étais l’autre côté du bar, je n’ai pas trop demandé pourquoi, peut-être parce que tu remplissais toujours mon verre, je me suis dit que ça ne te dérangeait pas, t’as bien vu que je n’étais pas à ma première, que tu n’étais pas la dernière non plus. C’est important choisir avant d’être ivre, toi tu ne peux pas comprendre, au départ, t’as encore du goût, après quelques verres, tout devient flou. D’habitude, je les ramène à la maison, plus simple, plus expéditif, on ne se raconte pas d’histoires. Ce soir, plus la soirée avançait, plus je me disais que j’aurais pas du venir ici, pas à cause de toi, en fait, pas juste à cause de toi. Quand je suis parti à la toilette, de peine et de misère, j’étais sur qu’à mon retour tu serais partie, que le barman t’aurait fait déguerpir, parce qu’il me connait le barman, il sait de quoi je suis capable, mais non, tu étais toujours là, bien droite, qui m’attendait. J’ai tenté de regarder le barman pour lui faire un clin d’oeil de remerciement, mais je ne l’ai comme pas vu, peut-être parce que tout était trop flou, ou parce qu’il était simplement plus là. J’en ai profité pour te ramasser au passage et partir en douce. Je sais ce matin que je devrai aller payer ma facture, j’avais hâte de sortir de là, j’avais envie de prendre l’air, alors on a marché jusqu’au parc. Quand on s’est étendu dans l’herbe, sous les étoiles, j’aime tellement les étoiles, j’avais l’impression qu’elles étaient toutes filantes, je t’ai passé le commentaire, t’as rien dit. Je te gardais près de moi, je ne voulais pas te perdre, comme si avec le temps qui passait, je me suis attaché, je suis comme ça, c’est souvent pour ça que je pars d’ailleurs, ça fini toujours par me faire mal c’est histoire là. On est resté là un bout de temps, je me suis endormi, t’étais toujours là à mon réveil, tu n’avais pas bougé en fait, couchée sur le côté, face à moi. Je voyais que même de face tu ne me regardais pas, je me suis levé, je ne prends pas de chance d’être déçu demain, je te laisse même là, seule, dans le parc, c’est presque le matin, il t’arrivera rien. En sortant du parc, j’ai été malade dans une poubelle, ça fait toujours mal, content que ce n’était pas à côté de toi. On va peut-être se recroiser au bar, mais tu sais très bien que je ne te choisirai pas deux fois, tu me connais trop déjà.
Défi du jour : Bouteille de Vodka
Je t’ai écrit hier sur le sable brulant, je ne me souviens plus quoi et pourquoi, les mots sont disparus durant la nuit, sans faire de bruit. Je me souviens d’hier encore un peu, je me souviens de tes yeux, je ne me souviens plus très bien comment je me suis rendu à aujourd’hui, pourquoi tu n’es plus ici. Quand je me suis levé, les yeux mouillés au matin, j’avais rêvé de toi, je ne comprends pas pourquoi j’ai pleuré, il me semble que ça allait bien encore cette fois. C’est bien moi qui est parti, un beau jour ou bien une nuit, est-ce vraiment moi qui ait décidé ou toi que j’ai laissé parce que tes actions m’y ont poussé. Je me souviens bien que je t’ai aimé, je le sais parce que je le sens encore et puis quoi encore, et encore. Je me souviens du bruit des vagues, de ses immenses terrains vagues, qu’à ta main j’aurais mis une bague, qu’avec la fatigue je divague. Pour les mêmes raisons, hier j’avais envie de demain et demain j’ai toujours envie d’hier, un peu comme aujourd’hui. Je n’ai pas souvenir que ça me soit arrivé, je n’ai pas souvenir de ça comme ça, comme toi comme moi, de juste m’enfuir à l’opposer quand j’aurais envie de faire le contraire. Je me souviens des gestes, je ne me souviens pas des mots, je ne me souviens plus pourquoi, mais je me souviens de toi, comment je pourrais oublier.
Défi du jour : Vague
Il faudrait que je sorte de la maison. Il est tard, je pense que je vais sortir demain. Hier j’étais trop fatigué, aujourd’hui, je n’ai pas vu la journée passée, sur le divan, le temps va vite, encore plus avec de la bave sur le coin de la bouche. Demain je vais aller dehors, je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je fais toujours la même chose, je marche, je me rends au marché, j’achète trop de fruits, trop de légumes, je reviens trop chargé, j’ai mal aux mains rendu à la maison, je suis fatigué, je m’étends un peu. Je suis dû pour des vacances, je vais m’enraciner dans mon divan, dans mon lit, dans les deux. Je prends juste un peu de temps, pour garder l’appart en ordre, faire pipi, essuyer mon coin de bouche, prendre ma douche. Je ne sais pas où j’en suis, j’ai l’impression d’avoir fait machine arrière, de ne plus savoir où je vais. Il me semble qu’hier, je t’aimais encore, il semble qu’aujourd’hui, ça n’a pas changé, excepté le fait que je te dérange plus avec ça. Je fais voeu de silence, je ne peux pas juste être ton ami, ça ne fait aucun sens, c’est comme avant. J’essaie de fermer mon cerveau, off, légume, de préférence sous terre, j’ai pas trop envie de soleil. Grandir vers le fond, renforcir mes racines, m’ancrer. Croire que la terre et moi on ne fait qu’un, croire que c’est différent, croire que c’est possible, encore. Juste pour un moment, laisser l’été passé, une autre saison, une autre vie, la récolte. Sortir au grand jour, un soir, que ce soit différent, que je sois toujours moi, que j’en aille envie, envie de croire, de croître. Être désireux de simplement être. Être moi, le redevenir, l’avoir toujours été, sourire, penser à toi, être moi, t’aimer encore.
Défi du jour : Légume
Si je pars trop vite: Hey Bye!
Si je pars lentement: Il prit son temps jusqu’à la fin
Sinon: Proche de loin et de tout. Sensible. Mort seul
Ou encore: Simplement des notes de musique
Défi du jour : On lira sur ma pierre tombale…
Il était seul, se sentait seul. Il a mis de côté bien des activités, bien des amitiés au profit de son étrange solitude. Peut-être est-ce qu’il n’était simplement pas bien avec les autres, trop bien avec lui-même, ou encore pire, bien dans rien. Il aimait les gens, les faire rire, les faire pleurer, les faire se sentir humain un par un, toujours donnant de sa propre humanité, littéralement. Le temps passait, il se décolorait, perdait de son charme, de son envie d’être, de son simple désir de désirer. Il avait renoncé à l’amour, même si dans ses yeux, l’espoir brillait toujours, au fond, quelque part, ensevelit sous une tonne de débris, laissant paraitre une main, un doigt, souhaitant que quelqu’un la sorte de là. Il savait qu’au fond, la seule main qui pourrait l’aider était sa propre main, mais confortable sous les décombres, il ne sentait plus le vent picoter sa peau quand il faisait trop froid, il ne sentait plus cette humidité quand le soleil se tenait très haut dans le ciel. Il n’avait que la force de rester là, se reposer, enfin, un instant, histoire de se refaire des forces, pour vivre, autre chose, quelque chose. Son coeur battait trop fort, son souffle était trop court, il s’était isolé simplement pour ne pas se faire blesser, il s’était exclu du monde, parce qu’il l’aimait trop.
Défi du jour : Exclusion
Mets-moi la table, mets-toi sur la table, il y a si longtemps que je n’ai pas mangé, viens j’ai faim. De tes yeux qui me regarde, désir bruyant, désir fuyant dans ton regard, j’ai étendu la plus belle nappe, étend toi un instant, un petit moment. Les rideaux sont fermés, les lumières tamisées, la robe que tu es en train de porter ressemblent étrangement à un peignoir. Je l’ouvre pour entrevoir tes seins, fidèles à eux-mêmes, là, beaux, parfais. Te reculant vers la table, jusqu’à ce que tes fesses s’y heurtent, tu ne peux plus bouger, j’aime. Mes mains descendent, de tes seins à tes hanches, je sais que rien ne te dérange. J’ai en entrée, le plaisir de m’entretenir avec ta poitrine, douce et ferme, je ne me lasse pas de l’embrasser. Mes mains passent de tes hanches à tes cuisses, que je remonte doucement pour que sur la table tu sois assise. Ta peau, sa chaleur, la température parfaite pour que je déguste ton corps. Ma main dans ton entre jambes me fait dire que t’en veux plus, encore. Ma bouche descend, sur ton ventre, entre tes cuisses, tes mains dans mes cheveux, me font croire que je ne suis pas novice. Il y a longtemps que je n’ai pas festoyé de toi, j’ai faim.
Défi du jour: Festin
Je ne sais pas si c’est parti de la théorie du verre à moitié plein, ou celui à moitié vide. 1 2 3 Go, ça débute, ça démarre, ça commence, ça recommence. 3 2 1 Go… ça termine, donc ça débute, le début de la fin, la faim du début, la passion d’avant, celle d’après, celle pour qui on ne recommencerait jamais. C’est dans la course, 3 2 1, qu’on commence le sprint. C’est dans la peur, où il faut se lancer, 1 2 3 Go. J’ai peur. J’ai peur que ça commence, parce que je sais qu’un jour ça s’arrête. Ça s’arrête toujours, 3 2 1, mais ça ne commence pas toujours. Des fois ça fait juste tarder, des fois on devient attardé, on a envie d’y aller, vaincre la peur, juste risqué. Je te vois marcher, 1 2 3 Go, je te rattrape, je t’embrasse, simplement parce que c’est de ça que j’ai envie, c’est de toi que j’ai envie. 3 2 1 j’y vais pas, que penseras-tu, et les autres dans la rue. J’ai toujours envie d’y aller, je veux voir demain, je vois voir la fin. Je m’interprète des sous-titres d’un film sans titre, un film sans mot où seul l’amour était sur l’écran, live en noir et blanc. Il n’y a pas de 3 2 1 sans 1 2 3, ça doit commencer, prendre forme prendre ma main, prendre son pied, prendre la poudre d’escampette, prendre son mal en patience pour finir par prendre son trou. Il faut que je me lance, encore, une fois, seulement, pour voir, encore, ou pas. J’ai envie, j’ai l’impression que le temps passe, que dans l’espace il ne reste que de petite particule éparse de toi et de moi, je sais que c’est là, j’y touche parfois de tes yeux fiévreux, sensibles, où les mots qui sortent de ta bouche sont asynchrones avec ce que tu dis de tes yeux. C’est bien une ligne de départ, 1 2 3… où vraiment on s’en va?
Défi du jour : 1-2-3 Go
Je ne me sens pas bien du tout. Ça fait quelque temps déjà, ça commencer depuis toi. Je crois que c’est ce soir, ce premier soir où je t’ai vu, en dehors du bureau, en dehors du terrain commun, en dehors d’une vie qu’on partageait en silence. Je sais que c’est moi qui ai approché, peut-être de trop près, peut-être trop vite. Puis j’ai reculé, par peur. Puis j’ai avancé parce que je voulais. Pendant que je titubais, où bien avant, je n’aurais pas du aller à la toilette, je n’aurais pas du te laisser celle avec mon verre, ma vie entre tes mains. Quand je suis revenu, tu n’étais même pas partie, tu aimes me voir souffrir, il faut croire. Tu m’as regardé, droit dans les yeux et pendant que je finissais mon verre, j’ai eu ce frisson qui me parcourut tout le corps, je savais qu’il en était fini de moi. Tu m’as regardé, j’ai eu envie de t’embrasser, là, sur le champ, sur mon banc, d’un mouvement qu’on qualifierait de violent, je me suis levé, je crois qu’il faudrait s’en aller. Bise, au revoir, embarque dans mon char, j’ai envie de te voir encore. Que m’as-tu fait, qu’as-tu mis dans mon verre? Ça devait être très puissant, car même avec tout ce temps qui passe, même avec cette distance, je ne peux, encore et toujours avoir envie de te voir encore.
Défi du jour : Poison
J’ai vu qu’ils s’étaient mis ensemble, des années plus tôt, pour que tout cesse. Ça fera bientôt cinquante ans que les gens peuvent tuer leurs enfants et s’en sortir indemnes. Ici, c’est encore possible, quelques années, on les remet sur le plancher des vaches, on les prend en pitié, on les excuse. Je ne suis pas père, je ne suis pas mère, je suis un simple être humain qui ne comprend rien, peut-être bien. J’ai parfois du mal à comprendre, j’ai parfois le couperet facile, mais plusieurs têtes je ferais rouler. On amnistie les tueurs, en guise de pardon, pardon d’avoir volé la vie d’innocent, dont ils ont été reconnus coupable. Ma mère dit souvent que la vie c’est un présent, qui se vit maintenant, comment peut-on récompenser en graciant l’homme qui a tenu le couteau, le fusil, l’oreiller. On leur laisse la place, dans les prisons, dans nos vies, dans les rues où devraient courir nos enfants. Qui sommes-nous pour juger, qui sont-ils pour tuer. Vivent-ils de remords? Vivent-ils? Le 26 juillet 1976, ils ont aboli la peine de mort au Canada, protégeant beaucoup trop de criminels au profit des innocents. Aujourd’hui en 2014, il est rendu pratique courante, de baisser les yeux quand quelque chose ne nous plait pas, on a aboli de droit de se tenir la tête haute pour des convictions qui peuvent semblées barbares, mais qui sont bien souvent basées sur l’amour de la liberté de penser.
Défi du jour : Abolisionnisme