Pour toi, je me ferais rebâptiser

26 07 2014

 

Anita, très chère Anita,

Depuis que tu m’as invité à ton émission de télévision, ce jour de hasard à la St-Valentin, j’ai voulu me faire renommer Destin, mais j’aurais été infidèle à ce que je suis. Sur la guitare de maman, j’ai composé des mots pour décomposer notre histoire. T’es un nouveau rêve pour moi, je me prépare un album qui se nommera comme ton nom pour ton honneur, À Anita Lafleur, d’un amour fidèle. Dans mon coeur il pleut, il pleut souvent, de te savoir loin de moi, de te savoir dans ton studio. J’aimerai faire un coupe avec toi, c’est très important dans ma vie, depuis que ma femme est partie. Je suis content de te savoir ma fan maintenant, j’ai vraiment senti ton amour pour la musique, la mienne. J’aimerais te montrer mon talent de routier, si tu passes par St-George, je pourrais arrêter ta voiture. J’ai d’ailleurs écrit une chanson à cet usage… « Ton visage me crée des embouteillages! »

Anita, voudrais-tu que je sois ton poney bien aimé? Ton Fidel à toi-même, simplement parce que je t’aime. J’aimerais être célèbre à tes côtés, toi qui m’as tant aider. Qui sait, peut-être que le futur nous fera ensemble maire et mère dans la Beauce que j’aime juste un peu moins que toi. J’aimerais ça être ezatement où tu voudrais être en même temps. Je sais que je ne serais plus capable d’écrire d’autres albums après, parce que mes jours de pluie, mes jours de quand je suis triste seraient finis à jamais avec toi dans ma vie.

Je m’ennuie ce soir. Je te sifflerais des mélodies, comme le fait un harmonica, simplement pour te garder près de moi. Nous pourrions ensemble écouter mon album, Fidèlité, sans arrêt sur le bord de ma job, sur le bord de ma Beauce, de ta Beauce, de notre Beauce. On vit tous d’espoir Anita, on vit tous d’amour et de moment où on est heureux. Permets-moi de te rendre heureuse, avec ma guitare et ma voix, mon dossard et ma croix.

Je te laisserai avec ses simples paroles, parce que c’est déjà beaucoup pour une femme.

Je t’aime Anita

De ton Fidel fidèle.

Défi du jour: Lettre d’amour – À la façon Fidel Lachance

Réf:
https://www.youtube.com/watch?v=WIB-YZ3m4wA
https://www.youtube.com/watch?v=_tnXo13dsgE





Ce n’était pas sa faute

25 07 2014

Ce n’était pas de sa faute. Élevé de bonne famille, les valeurs à la bonne place comme on dit. L’école normale, du primaire à l’université, de la gouache à la comptabilité. Vie rangée, vêtement ranger, par catégorie, par couleur, par jour, comme pour son lavage. Rien n’était chaleureux, rien n’était non plus froid, toujours température pièce, comme il aimait sa bière, elle goutait toujours plus qu’il disait. Il était connu, mais pas reconnu, surtout quand il la rencontra pour la première fois, il s’était égaré dans un bar, après le boulot, avec des collègues, comme il avait l’habitude de le faire une semaine sur deux. Il était dehors, trop tard pour être raisonnable, une bière en trop, ça ne lui arrivait jamais, presque jamais. Elle avait des yeux de cendre, qui s’arrêta sur lui, une bouche de feu, qui lui en demanda un peu. Elle sentait le danger, elle sentait la fin d’un cycle, d’une vie, d’une soirée qui était pour lui inconnue. L’alcool réduisait le temps à néant, les paroles de Perséphone brûlant chacune de ses bonnes intentions. Quand il décida de rentrer, elle le retint par un bras, approcha ses lèvres des siennes, détourna la tête au dernier moment, pour lui glisser à l’oreille de ses lèvres écarlates la promesse que ce n’était pas encore terminer. Ses seuls mots de sa muse lui resta en tête, il entra dans le bar, n’ayant plus aucune idée de leur précédente conversation, qu’une promesse de rendez-vous. Les yeux enfumés, l’esprit ivre de l’homme, à rendre aveugle un moment, ne retrouvant plus ses comparses avec qui il était venu. L’envoutante l’avait ensorcellé, son âme ne lui appartenait plus. Il ressortit, en un instant, vision stroboscope de la suite, la belle, un taxi, des escaliers, de l’air frais. Il s’ouvrit les yeux, la tête au-dessus de l’eau froide de la cuvette, rien autour ne lui appartenait. « Ça va? » d’une porte qui ne lui était pas familière. « Ça va! » de répondre, se relevant, reprenant un peu ses esprits. Miroir, eau, dentifrice, gargarisme, encore de l’eau, grand respire, go! L’ivresse ne l’ayant pas quitté, mais une lucidité qui le rendait en contrôle de ses mouvements. Immobile devant la porte, il se lança dans ce qui devait être pour certain l’enfer, pour d’autre le paradis. La porte s’ouvrit sur une chambre, remplie de feu, rempli des yeux voraces d’une bête assoiffée. Langoureusement vers lui, son corps voluptueux se déplaça devant lui. Des mains agiles lui retirèrent ses pantalons, il gardait le silence, il ne comprenait pas ce qui se passait, ce n’était jamais arrivé ainsi, ce n’était jamais arrivé en fait. Muet, il ne repensait pas au mariage, aux valeurs, aux sacrements, à ce qui avait fait de lui un homme droit. À ce qui avait fait de lui un homme nu, le temps d’une pensée, le temps d’avoir un choc dans tout son corps quand, à genou devant lui, elle fit disparaitre toute sa virilité dans l’abime de sa bouche avide. Comme une électrocution, en quelques secondes, il fut foudroyé par quelques choses qu’il ne connaissait pas, qu’il n’avait jamais vécues jusqu’à maintenant. Il pensa s’excuser, mais ne savait pas si c’est ce qu’il devait faire, la chose seule qu’il fait un instant, c’est tremblé. Le reste, ce n’était plus lui, c’était un mélange d’idée qui ne lui appartenait plus, qu’il eût vu, une fois ou deux, par jour, parce qu’il était curieux, sur internet, depuis déjà des années, simplement pour voir, pour comprendre, pour apprendre, parce qu’il était incapable de s’en passer. Il releva la bête sur ses pieds, elle vu dans ses yeux ce qu’elle n’avait pas vu avant, elle eut peur, il était trop tard, elle l’avait amené dans son entre, son jeu était devenu le sien. Il l’embrassa à pleine bouche avant même qu’elle eu le temps de terminer ce qu’elle avait commencé. Les langues, les lèvres, les morsures, il lui cracha dans la bouche, la retourna et la pris comme il avait vu. Perséphone et Belzébuth, un savant mélange d’époque et de croyance, un mélange de mal, un retour en arrière impossible, la fin de l’innocence.

 

 

Défi du jour : perdition





C’est jamais ça

24 07 2014

Bon, je tente pour une dernière fois, ça fait déjà plusieurs semaines que j’essaie, il reste plus grand jours avant que tout ça soit du passé, fini, disparu, derrière moi. Par chance, parce que si je m’écoutais, je le ferais disparaitre avec la tronçonneuse, c’est toujours un peu dangereux, mais dans ce cas si, j’ai juste l’impression que ça ne ferait pas vraiment bien bien plus de dégât. Les premiers jours ce n’était pas si pire, la peau est encore toute belle, ça sent même pas mauvais. Avec le temps, je me rends compte que je ne peux pas laisser ça comme ça, pas pour les autres là, parce que les autres je m’en fou un peu, c’est surtout pour moi, pour l’odeur, pour cette sensation que je ressens, qui est tout simplement présente. J’ai commencé par me dire que j’essayerais avec mes mains, mes doigts, pour me rendre compte que je ne rendais pas dans certain endroit, puis après, discrètement, j’écoutais ce que les autres disaient, à la télé, en vrai, en posant des questions détournées un peu, simplement pour savoir ce qu’eux feraient. Certaine idée était pas mal, j’en ai même essayé quelques une, le tournevis, la broche à tricoter, même la fameuse règle en bois, avec le petit bord de métal. Je vous jure que ça vous malmène une peau, ça fait pour l’odeur non plus. Le dernier soir, quand je suis allée dormir, toujours la même sensation, toujours la même odeur, insupportable, j’ai envie d’utiliser la hache, un scalpel pour enlever le tout, couper le bras au coude pour commencer, voir si ça passe, m’occuper du reste si ça ne fonctionne pas, je n’en peux juste plus. J’ai même essayé avec une pince, en enlever des morceaux, des petits morceaux, un par un, j’en viendrai à bout. Je regarde l’exacto sur la table du salon, je ne m’en sers pas pour cet usage d’habitude, mais là il me semble que ça serait parfait. Finalement, je prends deux pilules pour m’endormir, demain j’en aurai fini avec tout ça. Quand j’ai vu l’expert à l’oeuvre, il était outillé, même dans mes meilleures idées, je n’arrivais pas proche de ce que lui était capable, un mélange de scie ronde et de scie sauteuse, je vous le dis, un expert. Il a commencé doucement par la couche plus dure, celle qui moi m’empêchait d’avancer, puis il a fini le travail aux ciseaux. Je vous le dis, un plâtre sur un bras, c’est vraiment emmerdant se gratter sous, quand l’humidité a faite sont travail, ça pique, à vous en arracher le bras. C’est un peu ce que j’ai fait en me grattant avec tout mon attirail.

 

 

Défi du jour: C’était vraiment pas le bon outil pour ça





J’ai mal

23 07 2014

Ah merde! J’ai tellement mal à ma vie. Je n’ose même pas ouvrir les yeux. J’ai mal, j’ai peur. J’ai le cerveau qui veut s’étendre dans ma tête, j’ai peur de ne pas être en terrain connu. Bon sens, qu’est-ce qui s’est passé encore? Doucement l’ouïe revient, les sons sont familiers, je reconnais mon environnement, mon lit, je suis chez moi, j’ouvre les yeux, doucement, trop doucement… j’ai vraiment mal à ma vie. Ça y est, je me disais bien que ça arriverait, je ne vois pas clair, ce n’est pas le soleil, c’est l’alcool d’hier, je crois, je ne sais plus, je ne me souviens plus. Je sais un peu quand tout s’est évaporé, les souvenirs, la soirée, mon retour et une partie de ma vie. Maintenant, après toutes ses années, ça y est, l’alcool à toucher à mon système, trop en profondeur, affectant ma vue, je cherche à reconnaitre ce qui m’entoure, point de repère, je me lance. J’atteins le verre d’eau sur la table de chevet et je le dirige à ma bouche, des fois je dis que je prends quand même soin de moi en me laissant de l’eau avant de m’endormir, allez hop, d’un coup, comme si j’étais dans le désert. La surprise, je ne vous raconte pas, quand dans ma bouche ça c’est mis a bougé, à se débattre, j’ai recraché la masse informe que je ne saurais décrire, j’ai renvoyé le verre sur la table, arrêt, respire, ah oui, mes lunettes, j’en porte, elles sont dans mon tiroir, je ne suis donc pas en train de devenir aveugle. Tout ne devient pas clair, sauf l’image reçue de mes yeux. Dans ce qui se trouve à ne pas être mon verre, une petite carpe rouge, blanche et noire se débat pour sa vie, je la regarde avec un certain souvenir, le sushi-bar, hier, les amis, le souper, des commandes interminables de poissons crus, un délice dans la bouche, c’est frais, c’est gouteux, c’est épicé, c’est gluant. La bouffe, c’est tellement sexe, les filles qui mangent du bout des doigts, pour ne pas se salir, ça faisaient aussi partie de nos discussions d’hier. Le point tournant, si ce n’est que ça avait l’air si pur, si blanc, mais ce matin, quel trou noir, c’était la première fois que je buvais un truc japonais, je ne me souviens même plus du nom, Saku, comme le joueur de hockey, quelque chose du genre, ça fait partie du noir. Le reste, je ne m’en souviens plus.

 

Défi du jour : Un truc japonais





Défi du jour

22 07 2014

C’est une nouvelle catégorie, c’est un défi par jour, simplement pour écrire. C’est un défi que je fais avec elle simplement pour s’amuser, entre ami, entre voisin de blog… Chaque Défi devrait avoir sa réponse chez elle aussi.

Si jamais vous en avez l’envie, laissez moi aussi le lien votre version de ce défi!

Ou aussi, suggéré nous en un vous aussi!

Merci!

 

2014-07-22: Je n’aurais jamais dû traverser cette rue! Lui  Elle
2014-07-23: Un truc japonais Lui  Elle
2014-07-24: C’était vraiment pas le bon outil pour ça Lui  Elle
2014-07-25: Perdition Lui  Elle
2014-07-26: Lettre d’amour – À la façon Fidel Lachance  Lui Elle
2014-07-27: Comme avant un combat  Lui Elle
2014-07-28: Fais le avant et promis je le fais après!  Lui Elle
2014-07-29: Bassesse  Lui Elle
2014-07-30: Ce que les chinois ont dérobé du centre de recherche canadien  Lui Elle
2014-07-31: Jour de paye  Lui Elle
2014-08-01: Texte d’au moins 400 mots. Toutes les phrases commencent par: J’ai toujours cru  Lui Elle
2014-08-02: Un slogan publicitaire  Lui Elle
2014-08-03: Récompense  Lui Elle
2014-08-04: Ça me tente pas  Lui Elle
2014-08-05: C’est là que je me suis senti vraiment vieux/vieille  Lui Elle
2014-08-06: Viens pas te plaindre  Lui Elle
2014-08-07: Objets perdus  Lui Elle
2014-08-08: Suicide  Lui Elle
2014-08-09: Superstition  Lui Elle





Silence…

22 07 2014

C’était le matin, je me suis réveillé, non pas par l’odeur du café, mais parce que tu faisais du bruit. Tu fais toujours tellement de bruit, même quand tu n’es pas là, ça résonne encore dans ma tête. Ce matin, en plus, tu ne me regardes pas, tu ne me regardes jamais. Ce matin, je ne te touche pas, comme ces derniers matins, ces matins où tu me fais la gueule, sans que je ne sache pourquoi. Je sais pas depuis quand ça a commencé en fait, je sais pas si c’est ce que j’ai fait, ce que j’ai dit, tu ne m’en parles pas. Le sais-tu que c’est enrageant de pas se faire regarder droit dans les yeux pour simplement se faire dire ces quatre vérités, peu importe leur portées? Moi je te le dis! En fait pas ce matin, je ne me peigne même pas, je claque la porte, qu’Est-ce que t’en a à faire de toute façon. Je descends sur la rue, je marche un peu, un peu trop rapidement peut-être. Les voitures klaxonnent, c’est comme ça le centre ville, c’est un peu comme dans ma tête, comme dans mon appartement, toujours trop de bruit, jamais assez de silence, c’est jamais assez comme la nuit. Toi on sait bien, madame calme inébranlable. Je m’allume une cigarette, ça va me calmer, dehors tu ne me feras pas de signe que ça sent mauvais. Je me calme un peu, je sais pas quelle mouche m’a piqué, probablement je suis tombé dans un nid de mouche, parce que ça fait déjà treize matins que je me lève ainsi. Pourquoi je sais que c’est treize? Parce qu’on c’est rencontré le 8 et que c’était mon anniversaire. Tout à changer si vite. Je sais tu m’as prévenu, mais tu ne me le dira pas ça non plus. Je ne sais pas si c’est la solitude, la solitude durant un anniversaire, c’est assez pathétique, triste, loser comme dirait certain. Moi un jour je l’ai souhaité, simplement pour faire différent, simplement pour voir ce que cela faisait, d’être oublié par tous, la journée de notre naissance. Je sais que tu ne le sauras jamais non plus, je ne te l’ai jamais dit, le moment aurait été mal choisi, ou simplement par honte. Je ne sais pas si j’ai juste profité de la situation, que tu étais là, et quand je dis là, c’est vraiment le cas, car je me retrouve encore sur ce coin, ce même coin que j’emprunte chaque matin. Tu es venue à mes cotés, splendide, radieuse, les lunettes fumées sur le bout du nez. Il ne faisait même pas si soleil de ce que je me rappelle, mais tu étais là. T’es venue hanter mon café, mon petit espace à moi, tu as même pris ma table sans t’en apercevoir, pour y commander la même chose. J’ai pris un moment, une respiration, j’ai tenté de calmer ma respiration, te regardant, d’un peu plus loin. Je ne sais pas si ce qui m’emportait était le fait que je te trouvais magnifique dans mon univers, ou si c’était simplement le fait que mon territoire était occupé et je me sentais violer. J’ai dit très peu de mots, j’ai fait quelques gestes, dans cette main que tu m’avais tendue, encore une fois. Cette main que tu m’avais tendue, quand doucement j’ai touché ton coude sur le coin de cette même rue, ta canne blanche à la main, tu m’as signalé que tu étais sans mot. Aujourd’hui, tu es toujours dans mon espace, encore, celui que j’ai quitté, c’est de ma faute, je n’aurais jamais dû traverser cette rue en t’aidant.

 

Défi du Jour: Je n’aurais jamais dû traverser cette rue!