L’envie d’être à la hauteur, ne naitre qu’à la hauteur, de n’être qu’un auteur, tout chavire, j’ai un peu mal au coeur. De concepts inventés, mes rêves n’en finissent plus de prendre forme, dix formes, toutes plus floues les unes que les autres, un manque de précision, de sommeil, de toi. Je me lie les poings pour ne pas que mes mains t’atteignent, toi clavier qui me permet les mots des autres, les miens, de lointains souvenirs et ma main, mais sur ta surface, si familière, c’est un peu chez moi ici. La poussière, ce qui traîne dans les coins, des cheveux laisser là, parce que c’est un peu comme si c’était toi. Tu me manques et j’aime ça, ma peau qui se souvient de toi, cette sensation d’encore te sentir, là, près de moi, mon sang qui s’active à la seule pensée d’effleurer. La chair de poule sur mes bras n’évoque que toi, par moment bref, par moment constant. J’ai saisi le pouls, le temps, le moment qui ne faisait que me répéter sans cesse cette douce perfection imparfaite. Je sens et je sais que je suis. Je ne respire que par nécessité, je rêve que par plaisir. Je ne manque de rien, tu me manques chaque fois.