Petits déjeuners et distance

22 01 2012

Tu ris comme. À toutes les fois que tu le fais je me retourne, et chaque fois, ce n’est pas toi. Déçu, je reviens à moi et je pense à toi. Il y a si longtemps tu te souviens, le temps où ces rires c’est moi qui les provoquais. Quel beau chaos que l’on a vécu ensemble il me semble! Si les contraires s’attirent, on ne pouvait pas viser plus juste. Tu recommences, ce n’est toujours pas toi. Je continue de faire l’amour tendrement à mon bol de café au lait. Je me suis surpris à y éprouver un plaisir, retirer la crème doucement sur la surface du café, savourer chaque bouchée. Je t’ai déjà dit que j’étais allergique au lactose? Encore les extrêmes que je m’impose. Le plaisir que j’éprouve vaut cent fois, voir mille fois les conséquences, c’était un peu comme ça avec toi. Cette première fois où j’ai mangé mes oeufs miroirs, c’était avec toi, une impression de redécouvrir quelque chose qui avait toujours eu le même goût et cette sensation qui me rappelait quand je mangeais ton sexe, je ne les mange plus autrement. Les petits déjeuners c’est vraiment du sexe dans l’assiette, un mélange de saveur et de texture, une envie de retourner au lit aussitôt que c’est fini. J’ai faim et je pense à toi, toi où elle, va savoir. Encore ce rire qui retenti, ça me rappelle notre histoire. Pas seulement ton rire, mais la fréquence à laquelle tu le laisses retentir, parfois court, parfois long, avec une certaine distance entre chacun d’eux. C’est fou tout ça, la distance qui fini par séparer les gens, certain même appelle ça le temps, ça ne reste qu’une certaine distance. Tu ris encore, je me retourne plus, j’ai compris, j’accepte cette distance et ne garde que les souvenirs. Je sais qu’à ne plus me retourner, ce rire cessera, car je ne serai plus à proximité et les souvenirs pourront doucement s’effacer.





Mal-o-dit

11 01 2012

Je te jure, ta cadence indécente est aussi prévisible que risible. Comme un tango argentin fait par des débutants, tes pas sont comptés, mais la passion n’a pas encore monté. C’est maladroit, drôle et presque innocent à la fois, qu’il y est juste toi qui ne t’en aperçoives pas. Tu as le tempo, mais tu ne manques pas d’air, un deux trois, un deux trois, d’une valse que ne durera pas. Sur mes pieds tu marches, mais tu dis que ce n’est pas toi et quand mon coeur tu arraches, est-ce que ce n’est toujours pas toi? Et la vie, cette symphonie si finement orchestrée, suis-je le seul à détecter cette note si malhabilement jouée, cette note qui se joue contre toi, cette note vile et malsaine qui se cachait en arrière-scène. Si le mensonge est malhonnête, la preuve est faite que l’omission l’est tout autant, à force de ne pas vouloir mal paraître, le silence est souvent bien plus dense que l’on pense. Cette mélodie serait-elle aussi belle si j’omettais le Si à mesure que je joue? Si je peux sentir ta peau à des milles d’où je suis ne crois-tu pas que je peux subir les gestes omis et incompris? C’est une larme bien douce que le sel à quitter, qu’un petit peu d’eau qui fera me rappeler, combien, oh combien de lunes j’ai vues passée, doucement glissée dans ce ciel étoilé. Le silence fera son oeuvre, on fera comme ci, ça tiendra quoi, une autre lune encore, qui sait peut-être plus, où tous deux en silence on saura, mais où tu douteras.





Tout est parfait

11 01 2012

Hier, je me couche à 22 h, je me lève à 4 h, mon 6 h de sommeil est fait, la nuit est faite. Je tourne d’un bord, je tourne de l’autre, je tourne dans mon lit sept fois avant de me lever. Il est trop tôt, même le soleil n’a pas pensé à se lever. Sur internet, je Google, Facebook, WordPress, StumbleUpon, mais rien ne se passe encore. Le tour est fait rien ne va plus. Jus d’orange, douche, habille, chat, mais n’habille pas le chat, sort dehors, trop tôt, rentre à nouveau, trop froid. Change de manteau, je m’assois parce que trop tôt, je finis par avoir trop chaud, je sors je serai tôt au boulot. Je me branche sur mon radio, plus rien n’existe, le temps en suspend et que moi qui subsiste. Déjà arrivé, je dois traverser, Métro, boulot… café chaud à mon bureau. La journée file, les problèmes défilent, je suis en contrôle et même parfois drôle. Midi tapant, je sors en courant, j’ai perdu ma coiffeuse, elle m’a laissé une note sur la porte, déménagée ailleurs. Je vais ailleurs, je la retrouve, enfin une pause, cheveux dans l’eau, je n’ai plus envie de rentrer au bureau. L’après-midi plus de folie et finalement quatre heures et demie, je suis parti. Métro, radio, maison, chat, mange (mais ne mange pas le chat), musique. Il fait calme, surtout dans Facebook, Google, WordPress, StumbleUpon, tout est encore là, personne n’a parlé, j’ai l’impression d’être seul, en fait je suis seul. J’accroche ici, un peu de ça et là des mots d’une journée typique, sans importance, vécu en solitaire un mercredi soir (on peut prononcer souaire pour que ça rime). Je me suis fait à manger, je suis prêt à aller me coucher, j’ai entendu la mer, on est vraiment mercredi soir. Tout est parfait… J’ai eu cette discussion souvent, avec beaucoup de gens qui me disait, « La perfection, ça n’existe pas! ». La perfection existe, j’ai eu une journée parfaite, avec ces hauts et ces bas, des perfections et des imperfections, des qualités et des défauts, des satisfactions et des déceptions, l’importance de cet équilibre, être simplement adepte de cette vie qui n’est pas parfaite, tout ça la rend justement… parfaite.





Sens souvenir

3 01 2012

J’ai un goût amer, mais pas celui du celle, un goût plutôt d’amande, si tu te demandes. J’ai dans ma mémoire quelques-uns de tes cheveux, ils me chatouillent le nez quand tu dors. Cette odeur envoutante, mais sans le goût si tu le demandes, qui m’étourdis de toi si loin là-bas. Comment tranché cette distance, quel est en fait la différence, toi ici ou toi ici, quel des parties tu n’as pas comprises. C’est en tête que je m’entête à te garder ou à te regarder. Impossible d’y parcourir ton sourire, car lui seul s’estompe sans moi. J’ai pensé seul, trop longtemps, j’ai attaché à mon lit par de petites ficelles tes ailes, celle que tu portes si fièrement, celle qui me rappelle que tu planes au-dessus de moi avec tant de perfection que tes imperfections trompent mon oeil. Me briseras-tu le coeur, le corps, ce qu’il en reste? Je n’ai peur de rien, je me suis permis de rêver, un peu grâce à toi, mais cesse de tourner. Cesse de tourner sans cesse, cette valse que l’on n’a jamais dansée, où la tête nous tournais sur un air de champagne et où la nuit était à nous deux. Cesse de m’irriguer sans cesse, mon coeur battant plus rapidement, mon sang projeter aux cinq continents. Arrête encore tes yeux dans mon cou, tes lèvres sur ma joue et ta peau qui calme la mienne dans sa quête lointaine qui ne fait qu’apaiser un instant cette ferveur. Les sens ont quelque chose que les souvenirs ne calment pas, patiemment je subirais encore cette distance.





Je ne pourrai jamais

6 12 2011

Je ne pourrai jamais me sortir de cet état latent en t’attendant. Je ne pourrai jamais choisir les mots qui pourraient être assez juste pour être en accord avec ce que je pense vraiment. Je ne pourrai jamais même à répétition y arriver. J’aimerais tellement t’expliquer la différence entre raison et passion, mais je ne pourrai pas me croire sous ton regard. Je voudrais bien me sortir de ce que je crée pour créer où j’ai envie d’aller, mais je ne pourrai pas derrière moi te laisser. J’accroche, j’érafle le sol de mes ongles en m’éloignant doucement en croyant que je ne pourrai jamais revenir. Je ne pourrai jamais croire que le temps passe, même quand le jour de ma mort viendra doucement me cueillir, j’aurai eu raison de mes désirs et eux de moi. Je ne pourrai jamais te dire d’arrêter, d’arrêter d’exister dans ma vie. Je ne pourrai jamais dire les mots qui pourraient simplement vouloir dire de la fermer. Je ne pourrai jamais perdre espoir en ce que m’a donné la vie. Lorsque mes doigts sur ton dos glissaient, je ne pourrai jamais oublié cette chaleur qui se dégageait et de toi et de moi. Je ne pourrai jamais cesser de pouvoir, d’écrire et de me répéter.





Accoster

5 12 2011

Je jette l’encre sur des maux trop souvent répétés. Je ne déserterai guère, car capitaine sur un navire en peine, je sombrerai avec ce que j’ai créé. Je coulerai comme tous ces crayons que j’ai fait pleurer sur des bouts de papier. À la fin d’un rêve, je publierai ce qu’il était devenu, une histoire parmi d’autres vécue. Pour accoster, il me suffit d’être près, je crois que je suis assez prêt de ce dont j’ai envie. Ma vie sur un navire, Novencento, une histoire qui sera maintenant mienne. J’abandonne donc la mer que j’ai tant cherchée pour m’immobiliser au quai. Je décrirai ce qu’était pour moi cette chimère que l’on appelait l’amour. Mon coeur à sec, je mouillerai de vos larmes des pages qui ont été mienne, je ferai jaillir des rires que vous ne croyez plus exister. J’attache à bon port ce qu’a été mon corps, enveloppe fine et sensible, douce et passionnée. Moussaillon n’ayant pas trouvé le navire, j’épongerai seul le pont de mes nuits. Mon navire coulera de mots imprimés, mais jamais réprimés. Avec le doux remous des vagues, je m’endormirai pour me lever au matin frais, au son du corbeau qui là toujours était. D’une nuit à l’autre, je parcourrai mes mémoires afin d’immortaliser mes souvenirs qui deviendront à jamais histoire pour s’endormir. Jaloux de mon silence, je serai probablement boudé. Mais moi, dans cette nuit enivrante je danserai en souvenir de toi, afin de mieux te haïr au matin. Méduse, sirène, ma douce colombe, peu importe le nom que je t’ai donné, je ne pourrai te renier. Ma quête se termine où une autre ne fait que commencer, celle qui dormait dans mes cales, celle qui fut toujours à côté de moi. Armé de mon perroquet, je pourrai en silence affronter ces soirées où de ma lampe s’échappera doucement lueur et odeur qui me rappelleront toi, un fragile espoir qui s’éteint doucement se balançant au vent. Mille fois encore, je me souviendrai de ton corps, de celui qui t’a précédé, de l’autre encore, car il ne restera par la suite que des mots, des mots qui me racontaient toi, qui me racontait moi. Je temps file et je le suis. Vient me retrouver un soir de mai, je te raconterai comment tout cela a pu arriver.





Amitué

30 10 2011

Le respect d’une amitié brisée par un secret que tu gardes pour toi. Un secret que tu partages avec moi sachant bien ma valeur bien contraire. Que tu oses déballer à mes oreilles choquées la volatilité de ton être insatisfait, ça peut aller, je n’ai pas à m’y coller. Lorsque tu marches sur l’amitié que je t’ai toujours portée seulement pour assouvir cet instinct animal en pensant que tu es seul à exister, je ne peux plus accepter. Traitres, tes actes égoïstes sur les autres agissent, tu ne penses qu’à toi et te retrouvera seul avec tout ça. Tu détruis un peu chaque jour ce que tu dis être le plus précieux. Sans te rendre compte que c’est le cas, mais pas pour les raisons que tu crois. Tu te détruis aux yeux de ceux qui t’ont tout donné. Peut-être que tu sauveras cette image que certains ont de toi, ta femme et tes enfants, peut-être jamais ils ne le verront. Les tissus de mensonges que tu tisses chaque fois que tu t’effraies de te faire prendre épongeront-ils la douleur de tous quand tu te feras prendre? Tout tourne, tout se sait, tu sais? Et même si ma présence dans ta vie n’a aucune incidence, comment expliqueras-tu mon absence? Et moi?





Mes amours

16 10 2011

Mes amours meurent tour à tour chaque jour sans que j’y puisse rien. Passé d’un présent à venir, elles s’effacent tour à tour sans que je veuille y faire face. Ma tête, mes idées et cette solitude dont je ne peux plus me passer. Leurs amours, amants, enfants qui ne font que passés tour à tour m’obligent à oublier. Il m’est impossible de faire un deuil de silence, sans quoi les gens bougent et parfois je me retrouve devant ce que je n’ai pas choisi. Le temps efface et les raisons me laisse que passion. Chaque jour, mes amours meurent et d’autres naissent, chaque jour mon coeur essuie cette larme qui t’appartient. Ne t’inquiète pas, même si le deuil apparait, doucement dans mon coeur les souvenirs restent, présent et bien brûlant d’un passé qui n’a pas fait que passé, mais qui m’a marqué de toi, au fer rouge ou d’un baiser, notre histoire je ne me fatigue pas de la réécouter.





Mourir c’est vivre comme le feu

7 08 2011

Qui m’a allumé ainsi un beau jour dans ma vie. Comme cyclique, j’ai été conçu à la lueur de ton front, un soir d’été et d’humidité. Depuis je brûle, je me consume, doucement, dépendant comment la vie me nourrit. Toute ma vie, je n’ai été que crépitements, ici, là, à simplement faire briller l’oeil solitaire des gens qui traversait doucement ma route. Fixe et instable, à la croisée des chemins je reste là, et tout passe, comme le vent qui me calme un instant. J’illumine la nuit d’une rougeur vive, le rouge de tes joues à la candeur d’une caresse. J’ai vu passé plus d’un passant de passage, toujours le même paysage. Tu as traversé le temps, mon espace, un temps dans mon espace que je ne peux jamais fuir. J’ai vu la mort, la vie, l’amour de façon douloureuse, d’un regard triste et chaud, j’ai caressé ta peau. Parfois, d’une main habille on m’a entretenu, tenu d’être ce que je faisais de mieux, réchauffé. De torrent d’eau salé on m’a saboté, un jour où plus faible, j’avais ce même labeur, cette même chaleur. Même en braise, j’ai osé demeurer, le temps qu’on m’affectionne et qu’on me redonne l’allure des feuilles d’automne. Je suis feu, je suis automne, je suis l’âme brûlante, paranoïa du mouvement, je suis ce que je serai jusqu’à ma mort, vivant.





Vivre… c’est mourir un peu

18 07 2011

Aujourd’hui, malgré le soleil, les journées sont sombres. Je cherche dans un rayon donné la lumière que je ne reçois plus de toi. Toutes ces journées sans toi. Mais qui es-tu? Je repasse sans cesse toutes ces histoires qui n’ont pas fonctionné, je cherche sans cesse quelque chose que je n’aurais pas capté. Je repasse en boucle tout ce qui me reste de toi, de souvenir, de mes rêves à moi. Je panique en détresse, l’impression que le temps me délaisse, même s’il n’existe pas, les années ont un effet sur moi. Où est-ce tout qui ferait un toi, où est-ce tout pour moi. N’ai-je points jamais eu la chance d’aimer au point de vouloir en crever, n’ai-je pas d’un revers de la main essuyé cette larme qui t’étais destinée. En silence, le temps d’une danse, d’un simple regard sans au revoir. De rêve en rêve, j’ai espéré qu’un jour tout allait arrêter, toi sur moi, synchroniser avec le temps qui passe, qui m’agace. On parlait de nous aux majuscules, de toi auprès de moi, de nous dans le temps soufflé par le vent. Le vois-tu mon rêve délicat qui s’est brisé tant de fois? Je n’ai rien demandé, souvent qu’un baiser, mais sans arrière pensé, j’étais bien avec toi, je n’ai été que moi. Aujourd’hui, je tente de convaincre mes viscères que la passion à eu raison de ce que je suis, ce que j’étais, ce que je m’ennuie être. En moi s’écrie une voix étouffée par moi, une voix qui t’appelle toi, chaque fois. Pourquoi suis-je rendu là seul encore une fois? C’est comme si le monde s’était arrêté pour que je puisse le regarder, un instant, sans moi, sans toi, sans ce que j’ai toujours voulu de moi. J’ai eu peur, trop peur. J’ai eu mal, trop mal. Douleur et torpeur, je me suis empêché d’avancer vers ce que j’ai toujours rêvé. Je me suis poussé de toi simplement pour ne pas avoir froid. Aujourd’hui, assis seul devant tout ça, je me pose tant de questions, où est rendue cette passion. Je ne peux plus vivre de raison, elle ne m’appartient en rien, où est ce feu qui me consumait, où est ce feu qui m’enflammait à tout moment simplement parce que tes yeux sur moi se posaient. Ma raison en rage s’est transformée, je ne peux pas la supporter, je ne suis rien d’autre que cet animal, agile, fragile, qui ne demande qu’à s’exprimer. J’adresse cette maladresse avec un peu de tendresse et souhaite à ce jour que tout redevienne, de ce dont je me souvienne, pure passion jusqu’à ma réelle disparition.