On me dit que demain ça ira bien mieux. C’était hier et j’ai l’impression que rien n’a changé. C’était hier chaque jour depuis quelques jours, semaines, mois même et j’ai toujours l’impression qu’on est demain, un demain statique, qui fait collé les cheveux, l’âme, le coeur. Tout semble passé, le temps, le vent, le facteur encore plus souvent. Je n’ai pas de lettres de toi, pas de mots, pas de phrases pour me faire passer à demain. Ce que tu m’as dit hier, ça avait peu de sens, on ne peut pas seulement ne pas savoir, du moins pas pour toujours. Est-ce toi, moi, quelqu’un d’autre que moi qui t’ai privé de demain ensemble? Hier je me demandais encore ce que j’ai bien pu faire pour en être là, chaque fois tu me réponds en me demandant si je vais bien. Je me dis que ça arrêtera demain, mais qu’encore hier tu me suivais dans l’ombre de ma journée. Je te demandais hier de ne plus me contacter, chose que je regrettais de lendemain, j’ai bien plus envie de ta présence comme hier que de ton absence constante, dans chaque demain qui existe. J’ai fini par tenter de me faire croire que demain n’existe pas, jamais. Donc demain ça n’ira jamais mieux puisqu’il n’existe pas. Combien de gens m’ont menti, m’ont dit ça hier? J’ai trouvé enfin la solution, il était trop tôt ce matin, je n’avais pas les idées claires pour avoir une telle idée, mais hier n’existe pas non plus, donc personne ne m’a menti, parce que personne ne le savait en fait que demain n’existe pas et je ne peux les blâmer d’un hier qui n’existe pas plus. Je suis donc pris aujourd’hui, avec la simple illusion de souvenirs qui ne s’estompe pas, avec le sentiment d’avoir envie de quelque chose, mais pas la force de le saisir maintenant. Je suis peut-être trop nouveau dans ce nouvel espace temps qu’est aujourd’hui. Ai-je tenté de vivre dans un temps qui n’existe pas, qui n’existe plus ou qui n’existe pas encore? Dois-je réapprendre à vivre là, maintenant, actuellement? Je sais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je veux et ne peux plus attendre demain ce que j’ai voulu d’hier.
Quand?
14 09 2016Commentaires : 1 Comment »
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Le grand froid
12 09 2016J’ai les mots morts en moi, comme ces morceaux de casse-tête seuls sur cette table. Comme un mobile immobile, je reste là suspendu dans l’air, au milieu de toi avec toujours cette même impression que rien a changé, tout est pareil, je suis toujours là pour toi, simplement parce que j’en ai envie. Je suis incapable de passer à autre chose, de penser à autre chose, de faire autrement. Je suis surement capable, mais je n’en ai aucune envie. Je suis comme un vieux film qu’on a mis sur pause, comme ce jouet dans le bac à sable, espérant qu’on vienne le retrouver. Le temps passe, mais jamais l’envie de te serrer, toujours et encore dans mes bras, une autre fois. Sans que les gens soient tristes, sans qu’il y ait de raison, sinon simplement que c’est bon. Je me suis tue à tue-tête, simplement parce que personne ne voulait m’entendre, simplement parce que je ne voulais pas le voir. Chaque matin est lourd, comme le précédent, rien ne grandit, rien ne diminue, tout reste immobile dans le temps. Mes sentiments restent là, ils ne savent que faire, ils ne savent comment se consoler, car ils ne savent pas pourquoi on les a abandonnés. Ils ont gelés, comme si on leur avait annoncé la mort d’un trop proche pour être vrai, ils n’ont pas compris, parce qu’il n’y avait pas de mots. Je ne parle plus de bonheur, de rêve ou de fantasme. Je ne parle plus. Ce matin, je me suis obligé ce matin à vomir des mots qui me paraissent inconnus, qui me font pleurer, car ils me semblent tout de même vrais. Tu es partie et depuis ce temps, j’ai arrêté.
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Un peu de réconfort
19 06 2016Les cloches sonnent, pour appeler les fidèles en ce dimanche où les rues sont encore vides. Je me suis levé trop tôt, trop tôt pour bouger, pour écrire, mais jamais pour penser. Dans ma tête raisonne mes idées, déraisonne le passé, le présent, l’avenir qui n’existe plus. Je tente d’entendre ta voix, elle n’est plus là, que le corbeau qui croasse depuis toujours. Les journées sont longues, interminables et lourdes. Je ne crois plus à rien. J’en ai besoin pourtant, comme jamais, comme une preuve que tout ceci existe toujours. Je ne bouge plus, où à peine de la maison, si j’y entre je n’en sors plus, simplement pour attendre que tout passe. Je cultive le silence dans un jardin démoli par le temps. Mes idées se rassemblent, une à une, simplement dans un désordre total et me font toujours aussi mal. J’ai le vide douloureux, celui qui traine en longueur, qui m’empêche d’être, qui n’a envie que de s’embrouiller quand la fatigue le gagne. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste. Un mantra qui ne fonctionne plus, je suis triste, je dois laisser me transpercer ce sentiment, le laisser passer à travers moi pour que demain il soit derrière moi. Je suis fâché, déçu, désillusionné, amer. Je reste seul, pour ne pas contaminer les autres autour de moi, pour ne pas a avoir à jouer la comédie du gars qui se colle un sourire de bonhomme patate dans le visage. Je ne peux plus faire semblant. J’aimerais avoir la grosse main lourde de mon père sur la tête, réconfortante. « Pleure pas mon grand » comme seule parole de réconfort. Ça serait bien assez. Juste une seconde ou deux, pour enlever une partie de la lourdeur que je traine depuis longtemps. J’ai besoin de légèreté, de faire attention à moi, de me refaire une vie.
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Couche-toi
19 05 2016Couche-toi sur mon chest et que tes mains me caressent juste avant la sieste. Que je sente ta tête un peu lourde, remplie de toutes ses idées, que t’oses jamais me raconter, mais qui me laisse me demander. Partage avec moi ta chaleur, celle que j’aime à toute heure, quand t’es pas loin ou coller, celle dont je ne peux jamais me fatiguer. Serre-moi, contre toi, encore une fois, assez pour que mon coeur éclate que je ne sache plus ce que c’est la douleur. Brise mes os, un à un, broie-moi une dernière fois. Ma douleur ne s’effrite qu’à coup d’atome qui se meurt un par un, chaque jour. Je t’entends écrire, je crois, est-ce sur moi? Je n’ai que les souvenirs de ton visage, je m’ennuie de tes yeux qui disparaissent quand tu souris. Je m’ennuie de tes mains, sur chaque centimètre que tu connais bien. J’ai l’impression que rien ne passe, rien ne se passe. Que le temps fixe me fait quand même vieillir, comme accroché à la grande aiguille de cette horloge. Je suis fatigué, je dors mal, je dors peu, je ne dors plus. J’ai peur de rêver à toi, de me réveiller triste et seul. Couche-toi près de moi, que je dorme un peu cette fois.
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Un livre
10 04 2016Je me suis demandé un instant ce que tu sentais, j’ai manqué d’aller acheter ton parfum, celui que tu mettais quand je t’ai connu, celui qui t’appartient dans ma mémoire, ça sent toi. J’ai pensé en mettre sur ton côté de lit, celui qui t’appartenait du moins, celui où on ce n’est vraiment jamais chicané, c’était chacun son côté, jamais le même dépendant du lit, ça se choisissait par la force des choses, dans le mien c’était le coté est. En faisant ça, je sais que je dormirais mieux, mon sommeil serait probablement plus paisible, mes réveils probablement plus difficiles, accompagnés de tes vieux silences. J’ai tenté de m’imaginer, me réveiller à tes côtés, encore un moment, simplement pour te regarder, parce que je te trouve belle, parce que j’ai toujours été fier d’être là, à tes côtés, parce que j’aurais bougé mer et monde pour te le signifier. Aujourd’hui, je ne sais pas, je ne sais plus qui tu es, j’ai l’impression que t’es qu’un vieux rêve que j’ai fait à répétition, trop souvent, simplement par habitude, remplacer par un trou béant dans ma poitrine. La douleur vive ne cesse pas, ne diminue pas, j’ai envie de crier, simplement pour éteindre le mal. Si mon coeur est un livre sur lequel de belles histoires se sont écrites, aujourd’hui j’en suis à la dernière page. Je ne comprends pas pourquoi je suis là, je ne comprends pas pourquoi ça s’est passé comme ça. Le texte s’est estompé ne donnant même pas une odeur de fin.
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Repère
4 04 2016Je les ai perdus en tout point, égarés dans l’appartement quelque part. Je vais à la recherche histoire de retrouver un petit côté stable en moi, mais je me perds chaque fois. J’ai l’impression d’être saoul même à jeun, j’ai l’impression d’être endormi même réveiller. Un mauvais rêve… c’est surement un mauvais rêve. Je cherche un mot, un regard, je n’obtiens que le silence. Je cherche à savoir si tout va, si tu souviens de moi, je ne sais plus à quelle porte frappée, la tienne me semble verrouillée, sans comprendre mon crime, sans savoir pourquoi. Je tourne sur moi même à la recherche d’une issue, je m’étourdis, je m’assois, je ne bouge plus. Si j’arrête de bouger assez longtemps, peut-être reverrais-je mes points de repère. J’aimerais lancer mon amour ailleurs, n’importe où, simplement pour m’en débarrasser, pour ne plus le sentir pour toi, ça ne marche pas. Je n’aime que toi, depuis bien trop longtemps, depuis bien trop fort, depuis bien trop souvent. Je ne sais même plus comment m’aimer tellement je t’aime, je me suis peut-être oublié, mais je t’aime quand même. Je sais qui je suis, je sais que les pieds ancrés dans le plancher je suis le plus fort qui est, mais plus là, là mon centre d’attraction se limite à mon lit, mon divan, mon lit, mon divan, aussi souvent que possible. Je me terre dans mon repère, à la recherche de tout, de rien, de ce que je ne comprends pas, je bouscule le silence autant que tu me signales ton indifférence dans chacun de tes silences. J’essaie d’exister, mais pas trop fort, parce que ça fait mal. J’ai l’impression d’avoir été un mauvais rêve que l’on tente d’oublier qu’on a mis de coté après tant d’années, remisé en silence, avec la poussière, les araignées. Avec seule réponse que l’écho de mon pourquoi. Je respire, péniblement, je souffre, abondamment, en silence, avec le bruit de chaque touche que je touche. Qu’ai-je fait pour passer au trou? J’y contemple la pierre, en m’y inventant de nouveaux repères.
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T’avais peut-être raison…
1 04 2016T’avais peut-être raison.
Moi je garde tout, longtemps, un conservateur de la plume, du mot, du vêtement, de tout ce que j’ai, peut-être même toi. Je garde tout, longtemps parce que j’aime ce que j’ai, j’y fais attention, j’en prends soin, tout le temps. Je crois que j’ai aussi fait ça avec toi, j’ai pris soin de toi. Je suis conservateur, je respecte tout ce qui m’entoure, je suis le plus fidèle des hommes que je connaisse, en fait je ne crois pas connaitre d’homme qui ne s’est jamais égaré un jour, parce qu’il faisait soleil et que le vent soulevait trop la robe sous son regard distrait. Je suis comme ça, je donnerais tout ce que j’ai, trouverais tout ce que je n’ai pas, pour faire plaisir aux gens que j’aime. Parce que mes parents étaient comme ça, parce que j’ai grandi dans ça, chaque jour de ma vie. J’ai toujours voulu donner le beurre, l’argent du beurre et j’ai même probablement préparé une petite recette avec les restes, juste pour être sûr que personne ne perde rien.
Hier, pour me consoler, j’ai lu des vieux mots, des mots d’amour, des mots des autres qui avaient des mots pour moi, de mot beau « Tu me manques déjà », « J’ai déjà hâte de te revoir », « Mes vêtements portaient ton odeur, c’était hallucinant! » des mots qui sont d’un passé décomposé, d’un passé avant toi où ce que je faisais plaisait, où ce que je faisais m’était rendu. Des « Je pense à toi », « tu me manques » et même jusqu’à « PS. Je t’aime! », bien avant que le film sorte. Des mots qui sont morts, que je me suis rappelé hier, en fouillant dans ce que je gardais, simplement pour me rappeler que ces mots-là existent pour moi aussi, mais pas avec toi, t’avais raison.
Après pour comprendre, j’ai regardé les mots entre nous, les mots qui ont existés parce qu’il y en a eu. Nos premiers échanges, futiles, sur le sexe, ça oui il en a eu, ils sont morts avec notre consommation, on a plus eu besoin de dire, on faisait. Après, ce qui se rapprochait le plus de tes mots d’une marque d’affection ressemblait à un jeu de tic-tac-toe.
Puis, des mots durs, des mots qui m’ont fait arrêter de pleurer, presque instantanément, parce que j’ai comme compris, que t’avais raison. Des mots qui arrivaient toujours de la même façon, quelques mois après un voyage, quelques semaines avant ta fête. Il y a deux ans, je ne comprenais pas ces mots, j’ai tenté d’essayer, de voir, de pousser ma luck. Après la première fois, on s’est laissé, on s’est retrouvé, ça avait changé. Les mêmes mots, tu pourrais probablement me les dire aujourd’hui, du moins c’est tout ce que je peux imaginer.
Et encore, j’ai remarqué qu’il était plus facile de réutiliser mes mots plutôt que de comprendre ce qui se passait chez toi « t’a raison, je sais pas ce que je veux », « Je suis pas certaine de l’avoir jamais su ». « Je suis une éternelle insatisfaite! », avec moi en arrière-plan, qui rame pour tenter d’atteindre ton ile. Moi qui tentais de combler chaque petit vide que je saisissais au vol, histoire de garder ton sourire. Ça marchait, ça marchait toujours, un moment, puis, de moins en moins longtemps, jusqu’à ce que tout revienne, comme il y a deux ans.
Maintenant, je vais arrêter d’être fâché après moi, pensant qu’il y a quelque chose que je n’ai pas fait, de toute façon, tu ne me l’aurais pas dit. Je suis pris dans un tourbillon d’émotion qui change depuis trop longtemps. T’as même décidé de me tuer, quelque part entre décembre et maintenant, quand on avait tant de complicité. Aujourd’hui je n’existe plus, alors je m’écris à moi-même, pour simplement me soulager des maux que je gère en silence.
Ce qui reste de nous se déconstruira avec le temps. Là je suis trop fâché, fâché après moi, fâché d’être encore capable de t’aimer, d’avoir envie que tu sois heureuse, de te souhaiter toujours le meilleur. Chaque jour est lourd, de moins en moins, surtout ce matin. On ne peut se battre contre le vent. Personne ne pourra jamais te donner totalement ce que tu désires, et ça, c’est vrai pour tout le monde, t’apprendras peut-être un jour à faire avec.
T’avais peut-être raison, mais je me souviens plus vraiment à quel sujet cette fois-ci.
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Chute
30 03 2016J’ai amorti ma chute à coup de shots, de verres, de bières. Juste pour oublier, un soir, puis un autre, puis encore un autre. Je suis devenu expert aux dés, je n’ai encore jamais perdu, ça ne fait pas de moi un champion, mais une âme bien triste qui tente de noyer sa peine. Ç’a fonctionné un instant, pas longtemps, on se réveille toujours avec la tête lourde et le coeur à l’envers. J’ai plus l’âge que j’avais. Le corps qui vieillit à coup de mauvais calembour. L’esprit qui faiblit quand se pointe le lever du jour. Le temps qui a passé n’a rien changé, pas encore du moins. Je dirais même qu’il fait plus mal encore qu’hier, qu’avant. J’ai tenté de me souvenir de tes mots, de tes silences, quelle en était la différence. J’ai fait du bruit, simplement pour enterrer celui qui gronde sans cesse dans ma tête, m’expliquant pourquoi d’une façon toujours aussi farfelue chaque fois. Je me suis demandé si tu étais triste, si depuis le temps tu m’avais oublié, effacé, à jamais, déjà. Je n’ai pas eu de réponse là non plus. Suis-je mort quelque part en toi, suis-je trop con pour continuer ma route et faire comme si rien n’était vraiment arriver? Mes pensées chavirent mon âme en peine, je ne me concentre plus, j’en suis incapable. Je me laisse divaguer cent fois, jusqu’à ce que le sommeil me gagne, un court instant. Maintenant sobre, je fais face à la vie, rien n’est clair, mais il semble qu’oublié quelque chose que l’on ne sait pas soit assez simple. Je regarde le plancher s’approcher de mon visage, comme au ralenti, comme si ça faisait des lunes que je tombais. Comme si tu m’avais poussé, depuis longtemps, depuis le début, en bas de moi, juste alors que je tombais sur toi.
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Le temps d’un printemps
22 03 2016J’ai mal, comme si on m’avait arraché un morceau de chair, une partie de moi. Chaque jour ça élance autant, ça m’empêche de penser à autre chose, ça ne m’empêche pas de penser à toi. Je ne laisse pas guérir, j’ai pourtant pris le temps, j’ai pourtant pris la semaine, j’ai l’impression de ne pas voir avancer les jours, les heures, les minutes, les secondes. Je n’arrête pas de jouer dans la plaie, simplement parce que je ne comprends pas ce qui est parti, pourquoi? Parait que le sel guérit, aide a cautériser la plaie, j’ai beau pleuré au-dessus que rien n’y fait. J’ai simplement mal, plus le temps avance moi j’ai confiance de comprendre tes silences, ceux qui étaient passés, présents, à venir. Je suis là, à me contempler l’être de façon idiote, à ne plus avoir faim, à me dire que c’est mon chat qui déclare maintenant l’heure de manger, deux fois par jour. C’est lui qui gère la routine, c’est un peu comme ça qu’on s’embourbe, je crois. Un pas à la fois dans la même direction. J’aurais dû te retenir quand je t’ai vu t’installer là dedans, mais je n’ai rien dit, simplement parce que tu n’aimes pas ça te faire dire quoi faire, toi même tu ne décides pas pour toi. Je suis resté là, à te regarder dériver, simplement parce que je t’aime. Simplement parce qu’on ne peut pas se battre contre le courant, contre les gens, contre la vie de façon générale. La vie, le cirque, où chacun joue son rôle, son bout de scène, son moment de gloire. Tout le monde couche avec tout le monde, simplement parce qu’à un moment, ça pourrait servir, ça pourrait au pire faire du bien. Je pense que je suis brisé, depuis toujours, parce que j’excelle dans le contraire, parce que si j’aime, j’aime abondamment, que toi, pour toujours, jusqu’à ce que tu changes d’avis, sinon moi, ça arrive aussi, mais je t’expliquerais, t’inquiètes pas. Tu n’auras jamais l’impression que je te joue dans le dos, parce que je ne sais pas comment, je ne sais pas comment jouer à ça et à regarder les gens faire, je n’en ai surtout pas envie. J’aurais pu être un père, un jour, le genre de père qui restent à maison, qui cuisine à sa femme, qui s’occupe des enfants, qui trouve sa femme toujours aussi radieuse le matin et qui s’endors après s’être enlacé le plus longtemps, le plus souvent possible. Parait que c’est impossible, pour moi, parce que pour les autres ça se peut, ça arrive. Ça ne dure jamais, mais c’est là, l’instant un temps, d’un an, peut-être même plus, mais ça casse en mille morceaux, sans faire de bruit, sans le regard des gens, sans leur jugement. Ça casse de tous les bords, de tout côté, la sève qui commence à couler et les oiseaux à roucouler. Ça sent le sexe dans les yeux des gens qui se désirent là, qui ne se désirent pas, qui se désirent le temps d’un regard, d’une baise torride dans un printemps qui sent la merde en dégelant. Qui après la première pluie d’été se retourne en se demandant où ils en sont rendus. Je reste là, las, à regarder la vie, à me demander quoi faire, moi qui voulais tant aimer et qui reste, une fois de plus les mains vides, le coeur rempli de tristesse, le corps replis de fatigue, à avoir trop souvent échoué.
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Impuissant #1
1 08 2015J’ai marché d’un pas anticipé pour aller te retrouver. Il y a longtemps, un an, peut-être deux déjà qu’on ne se voyait pas. Mes jambes avaient du mal à me soutenir, à me donner cet air rassuré, un pas déterminé, elles n’arrêtaient pas de trembler. Je ne savais pas sur qui j’allais tombé même si ça fait quoi, vingt années qu’on c’est rencontré. Je manquais d’air, je montais une pente, mais les deux ensembles n’avait rien à voir. Je pensais à ce que j’allais dire, ce que j’allais écrire, puis j’ai simplement eu envie de garder le silence. Je me suis dit que t’avais peut-être envie de ça, peut-être envie que je sois simplement là, moi c’est ce que je souhaitais car des mots j’en manquais. Quand je suis entré dans l’immeuble, mon sang c’est figé, mon coeur c’est arrêté, j’ai eu l’impression de divaguer, de m’évader à l’interieur de mon corps, avec cet envie d’être là, et pas.
Quand je suis monté, j’avais l’impression d’être le chien dans un jeu de quille, c’était ma première fois, pas dans cet endroit mais là. J’ai manqué d’air, je suis devenu aveugle, je ne connaissais pas la chambre, j’ai demandé mon chemin sans l’écouté, une question d’instant, j’allais te reconnaitre. En voyant le numéro de la chambre, je me suis rendu compte que j’avais enregistré la réponse qu’on m’avait donnée parce que mes jambes ont barrées, on se retrouvait deux dans la même position, si ce n’est que pour la verticalité de mon être. Figer, je savais plus, je ne savais pas, j’ai reculé, je suis revenu sur mes pas, et je suis revenu à ta chambre, parce qu’on tentait de m’en éloigner. Tu n’étais pas seul quand je suis entré, y avait déjà quelqu’un qui se tenait à ma place, en fait à celle où j’avais envie d’être. Je suis resté là, l’autre c’est retourné et dans mes yeux elle a vu qu’elle devait s’en aller, avec des promesses de revenir, elle m’a laissé seul avec toi, enfin. Avant de partir, elle m’a laissé des lettres sur un papier, un crayon pour m’exprimer, dès qu’elle est sortie je les ai déposés, je n’avais pas envie, je ne me possédais que très peu.
T’étais là, pareil comme avant, avec tes grands yeux bleus qui me disaient bonjour. Cloué au lit par tous tes membres qui se refusaient de t’obéir. Connecté de tout bord tout coté, t’empêchant de me saluer comme tu sais le faire, avec tant de choses à dire, ça faisait si longtemps. Tous ces fils, ces tubes, ses bips qui t’aidaient à survivre et moi pris dans mon corps, pas par imitation, mais par compassion. T’étais là à attendre que je dise un mot, je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire, j’étais pris dans tout le chimique qui paralysait ma mécanique. L’autre est revenue, simplement pour me dire que je n’avais pas attendu mon tour, que d’autres attendaient avant moi. Mes yeux lui ont fait comprendre qu’ils allaient attendre, ma bouche, que je ne serais pas longtemps. Presqu’une porte de sortie pour le mal qui me torturait à l’intérieur.
Mes yeux sont revenus sur toi qui me regardais toujours. J’ai dit quelqu’un mot d’usage un peu maladroit, simplement parce que j’étais paralysé, mais content d’être avec toi. Je t’ai dit que j’étais là parce que je pensais toujours à toi, que j’étais content de te voir, que j’aurais aimé mieux te voir ailleurs que là, dans se grand lit qui était maintenant un peu ta prison. À chaque phrase que je disais, tu me répondais par un oui, par un non de la tête, tu haussais les épaules, c’est tout ce qui te restait de ta grande mobilité que je connaissais depuis vingt ans. J’ai dit que tu devais trouver ça horrible de ne pas pouvoir bouger. Les mots me manquaient, j’ai eu envie de m’enfuir. Je t’ai dit que je pensais toujours à toi depuis que je savais que t’étais là. Je t’ai promis de revenir, avec l’autre membre de notre trio, que des gens attendaient pour te voir, t’as eu l’air d’hausser les épaules en voulant dire que tu t’en foutais. J’ai senti que t’avais envie que je reste, mais je suis parti, avec l’envie que tu ne me voies pas éclater en larme, comme si t’avais besoin de ça en plus.
J’ai marché, longtemps. J’ai écrit à notre ami pour lui donner des nouvelles de toi, lui dire que t’avais envie qu’on soit là. J’ai eu envie de fumer, de pleurer, de me coucher en boule dans un coin pour pleurer la vie. J’ai pensé à toi chaque jour qui ont suivi. Aujourd’hui je mets en mot ce que j’ai ressenti, parce que je suis tellement triste de te savoir ainsi. J’ai lu sur ta maladie, le syndrome Guillain-Barré, pour me rendre contre que je ne savais pas quand t’allais me revenir sur deux jambes et je trouve ça tellement difficile.
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