Une question

14 05 2013

Je m’effrite doucement, sans un mot, car même les corbeaux broient du noir. Je ne me suis pas trop demandé pourquoi, parce que je le savais. Je savais que je ne savais pas ce que tu pensais de moi, j’ai pensé que je pourrais te poser une question, une question qui engloberait toutes celles que je pourrais te poser, simplement pour avoir toutes les réponses. J’ai regardé dans les mots que je connaissais, j’ai tenté de les mettre ensemble, un à un juxtaposé pour enfin te la poser. J’ai voulu provoquer le bruit dans tes silences, aucune chance, te faire dire ce que j’aimerais entendre, comme tu le dis, ça ne reste que des mots, couvert de tes silences. Comment me trouves-tu? Tu me trouves beau? Drôle? Intelligent? Sensuel? Toutes ces questions ne répondent en rien à ce que j’aimerais savoir de toi sur moi, je suis couvert de silence. Que suis-je pour toi? On s’y rapproche, on y touche déjà un peu plus. J’ai l’impression d’être là, juste là, oasis du passé qui ne fait que patienter pour quelque chose que je ne m’explique pas. J’aimerais que ça vienne de toi cette fois, laissons faire les questions, les opinions, les silences, juste des mots pour rassurer ce vide que je ne comprends pas que je ne veux pas voir à la force du temps qui passe. Toute histoire différente est un peu pareille à la précédente. Je comprends les secrets, la position dans laquelle on se trouve, il y a quelque chose d’intéressant, d’excitant. Quand il ne reste que toi, que moi devant toi, c’est encore un secret que tu gardes pour toi. J’ai l’insécurité présente devant cette phrase latente, cette phrase qui ne vient pas de toi, que je ne veux pas forcer, que j’aimerais entendre simplement parce que le temps passe, parce que toi tu passes et tu ne t’arrêtes pas. Es-tu prête à avoir quelqu’un dans ta vie? Suis-je là maintenant parce que tu ne sais pas pour plus tard? Mes mots t’ont fait peur, tu ne t’y attendais pas, tu n’étais pas prête à les lire, les entendre. Je rumine, je m’épuise à pouvoir de dire, je ne me répète plus, fatigué d’un silence. Je marche sur des oeufs comme si mes paroles étaient pesées, je ne suis plus moi, je suis hors de moi. J’ai la nausée périodique due à ce vide de mots, vertige du verbe, je ne fonctionne plus à mon juste niveau. Pourquoi as-tu peur des mots? Ne sont-ils pas simplement le reflet de ta pensée, de ce que tu ressens? Peut-être ne ressens-tu pas ce que j’aimerais que tu ressentes pour moi? Ça y est j’y suis… Est-ce que tu m’aimes?

C’était un 12 février…





Qui a brisé mon coeur de cristal

3 11 2012

Qui a brisé mon coeur de cristal, est-ce toi ou bien moi lors d’une histoire banale? Est-ce le vent, est-ce le temps, est-ce un peu tout ça en même temps? De rêve en réalité je me suis transformé, une partie de moi s’est brisée. Maintenant, il n’y a que le temps et un rêve changeant pour une poignée de verbe, des idéaux modifiés. Qui a brisé mon coeur de cristal, celui que je gardais dans ma petite boite animale, que je croyais protéger par ma carcasse, fracassée d’histoire que je me suis peut-être racontée. Aujourd’hui il n’y a plus rien, je patiente, mais en vain. Je le souhaiterais tout entier dans ma cage thoracique du temps où j’étais qu’un romantique. Je comble le vide d’un sourire factice, en espérant que ça restera réaliste. Et je comble mes silences d’expériences, en croyant toujours que j’aurai un peu de chance. Qu’il y est quelque part en moi, ce qui m’a déjà fait rayonner autrefois. Mais les mots lourds et l’incompréhension de mon être, la raison de ce calme plat que j’aimerais connaitre. Ma tête divague entre toutes ses pensées, je ne cesse de regarder le passé. Pensant trouver où est la clé qui mettra ensemble tout ces morceaux brisés. Mes vieux rêves disparus comme si je n’y croyais plus, les déceptions accumulées que je ne compte plus. Où suis-je dans ce brouillard opaque où j’ai marché les yeux fermés? Je veux retrouver mon chemin dans ce vide, mais marcher dans quelle direction à travers ce chemin aride? Qui a brisé mon coeur de cristal, si fragile, si pur, si brisé à présent.





Laisse croître

2 09 2012

C’est un matin lubrique, alcoolique où j’écris cette rubrique un peu plastique et de façon mécanique. Plastique de faux que l’on alimente de laisser croire, faire croire, qui se termine bien plus souvent en laisser pour contre, seul dans un coin. Sans statique, on s’adapte comme des adeptes un peu sataniques simplement parce que dans le temps, quelqu’un l’a pris un peu pour nous regarder dans les yeux. On ne fuit jamais ce que l’on devrait, ce que l’on connait, ce que l’on redoute, mais qui nous donne un peu de son attention. On reste et on se soumet, se modèle, à notre idole, on s’y colle, sans jamais bien comprendre ce que l’on a fait de nous même. On s’est oublié, négligé, abandonné, soi-même au grand manque de respect de ce que l’on était. On existe plus ou rien qu’un peu, au fond de nos propres yeux, au fond de ce que l’on est vraiment, mais que l’on tait trop souvent.





L’un ou l’autre

9 04 2012

Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.





Des fois, j’aime pas le bruit

4 03 2012

Il ne reste plus personne dans le restaurant, en fait moi, le café, la serveuse et le cuisinier. Tout à l’heure, on était presque une douzaine si je ne compte pas le radio. Savoir combien on était, ça ne serait pas vraiment difficile, mais ça prendrait du temps et de la patience. Un peu de temps pour rassembler les morceaux, les classé par couleur, puis par grandeur et finir par un tout qui m’identifierait bien les têtes. Je me souviens dans le temps on commençait par faire le contour, puis on finissait par le milieu, je suis certain que ça serait encore comme ça aujourd’hui, c’est comme le vélo, ça ne se perd pas. Ce qui est bien dans tout ça, c’est que personne ne s’est senti mis de côté, personne n’est arrivé comme un cheveu sur la soupe, c’était une surprise communautaire, un carnage dans un grand crescendo. Moi, j’avais la tête vide, je ne savais pas quoi écrire et ils sont arrivés, les femmes et les enfants d’abord. Les couples formés la veille ensuite, puis une vieille fille avec sa famille, moi, seul comme dans mes habitudes. Plus ça allait, plus je me faisais engloutir par le bruit. J’ai attendu un peu, des fois l’euphorie des sorties d’un dimanche où on ne va pas à la messe, ça fait son temps. Mais non, on dirait qu’ils jouaient tous à je t’enterre, tu m’enterres, maintenant j’essaie de leur dire que j’ai gagné, personne ne peut m’écouter. L’important c’est de se mettre devant la porte, pour s’assurer que personne ne tentera de prendre la fuite. La surprise, voir tous ces visages qui se demandaient, mais qui comprenaient pas trop ce qui se passait. Je me sentais un peu artiste, tantôt commençant par les bras, tantôt les jambes, les cris m’ont rapidement fait perdre mon avance du je t’enterre, tu m’enterres, je n’ai pas pris de chance, la tête c’est ce qui devait partir en premier. Il n’y a pas beaucoup de différence entre un cou musclé et celui tendre que j’aime embrasser, quand t’as un couperet bien affûté. Le plancher était glissant, je me suis quand même rendu pour terminer par la radio. J’ai épargné la serveuse et le cuistot. La première pour avoir établi qu’on allait se faire des signes dès que j’étais prêt et le cuistot, parce que j’ai faim et qu’il m’a prêté son couteau.





Faire les choses en plusieurs étapes

28 02 2012

Choc

Paralyser, je ne comprends pas où je suis rendu. Mille pourquoi, mille comment, sans réponse valide, car le silence réside. L’avantage de voir venir les coups est une chose, mais celle de les manger en pleine gueule en est une autre. On n’a pas le contrôle sur ce qui se passe, sinon on l’aura que sur notre petite personne une fois que tout sera derrière soi. Sans mot c’est un peu ce que je suis devenu, sans aucune capacité à réagir, en ne pas ressentir, à continuer ma route.

Déni

Ce n’est pas comme si je ne le savais pas, mais je me suis dit, des fois que… peut-être que… le sombre espoir qui plane l’instant d’un soubresaut de l’humeur qui tend vers un éternel optimisme. Le temps du temps qui passe doucement, toujours trop lentement. Ça ne se peut pas, pas encore une fois, pas encore cette fois, vu à distance, mais sans réagir, on subit ce qui arrive, sans vraiment vouloir y croire.

Colère

POURQUOI??? En majuscule ça fait plus sérieux, ça sort du fond, ça arrive comme ça, un beau lundi soir où rien n’y personne n’y peuvent quoi que ce soit. Je suis trop bonasse pour exploiter la colère, je n’y trouve rien, elle est fade et ne donne rien. J’ai tenté de trouver ce que j’aurais pu dire ou faire pour l’exprimer, mais c’est en silence qu’elle est passée. Tant d’encre ne servira pas ma cause. Tant de colère, je m’y oppose.

L’abattement

C’est triste, que dire de plus. L’investissement n’en vaut pas vraiment un résultat qui sera le même. On voit s’envoler des mots, des sentiments, des silences. On fait sa chance, on la tente, on est parfois déçu. Je renommerais le tout… déception. L’abattement, l’abattoir, l’endroit où l’on se voudrait reclus parce que le monde autour de soi n’existe plus. Le monde que l’on s’est monté en tête simplement parce que les attentes étaient bien plus grandes que ce qui arriverait en réalité.

Résignation

J’ai fait tout ce que j’ai pu. J’ai donné tout ce que j’étais. Cette situation est inévitable et sans issue. C’est de cultiver le temps que de s’accrocher à ces vaines histoires sans lendemain, car même à 100 % de ma personne, je ne suis qu’à 50 % de résultat concluant. À quoi ai-je pensé? Le temps m’a donné cette avance qui ne peut être rattrapée. On mise souvent sur un facteur et c’est souvent celui qui ne se présente pas, à 11h00 le matin, pour annoncer de bonnes nouvelles.

Acceptation fataliste

Bis sur résignation. C’est la vie, cette satanée de vie qui coule sans cesse dans mes veines, qui me rend plus fort, mais toujours aussi vulnérable. Elle me rentre dedans et j’en veux encore. Viens salope de vie, me faire vivre ce que bon te semble, j’en veux encore, je n’ai pas d’autre alternative que de t’endurer doucement, des soirées durant.

Accueil

Bienvenue chez moi expérience. Ce fut vraiment un beau voyage, court, mais bon. J’en garde que des apprentissages, des souvenirs, de sourires. Demain n’est pas la veille où je serai serein face à tout cela, demain ne sera pas aussi vain qu’hier ça c’est certain. J’ai enfin accéléré le processus qui me menait à cette résultante, j’ai avoué que je l’aimais en tentant n’avoir aucune attente. Me suis-je trompé quelque part? Non, je recommencerais demain, car c’est ainsi que je sens cette vie qui coule à nouveau dans mes veines. Le voyage en valait le coup, le coup en valait la chandelle.

Laisse-moi savourer chaque moment de mon existence, laisse-moi me blottir contre ton sein. Que le temps passe et ne me laisse que des traces de ce que j’ai vécu, je prendrai que le bon et je ne serai pas déçu. L’univers m’aura laissé une bonne dose d’inexplicable, je suis bien avec cela, ma vie est plus qu’acceptable. Je ne prendrai plus à creuser pour comprendre, je continuerai ma route et la vie saura me surprendre.





Paillasson

16 02 2012

J’ai un paillasson dans le visage et je suis brouillon. Mes idées s’emmêlent sans avoir raison et le temps me blesse à sa façon. J’ouvre le rouge, pour un verre, pour que rien ne bouge. La lune disparaît doucement sous les nuages et ne laisse qu’un sombre paysage. La nuit c’est mon domaine, moi ce sombre personnage. J’ai pris le temps, un instant, et mon souffle en même temps. Où suis-je? Perdu? Non, je n’ai qu’osé pour devoir récolter. Tout c’est passé si vite, tout est allez avec la musique. Un pas de plus vers la raison, je n’ai point trouvé cette chanson. C’est une valse, une farce, un moyen de contraception pour les cons. J’ai l’espoir qui se trémousse, j’ai trouvé la solution. D’un mensonge à l’autre, mon oreille reconnait maintenant ce qui lui plait, le vrai. Ce n’est pas ce que tu fais c’est ce que tu es qui me plait. Pour ce que ça changerait, en temps de guerre, je range les armes, je n’aime pas leur vacarme. Il semble que j’ai la valeur d’un vieux dollar qui s’oxyde doucement avec le temps, tu sais ces dollars d’argent qui prennent de la valeur avec le temps? J’ose croire encore que je rêverai de ton corps, car c’est un peu ce qui me restera une fois que ta voix s’effacera, que l’odeur laissée dans mes draps s’esquivera une fois que la machine les lavera et que ce que tu es n’aura plus ce que tu étais pour moi. Tu t’es essuyé les pieds sur ce paillasson, sur mon visage comme de raison, comme une gifle que l’on donne de revers, qui marque jusqu’à la fin de l’hiver. Je pianoterais bien plus de mots, mais l’envie me manque… comme toi.





C’est arrivé un neuf

9 02 2012

C’est arrivé, comme ça, j’étais ici, je regardais là, rien de particulier, rien ne bougeait si je ne bougeais pas. Puis c’est arrivé, un moment donné, sans vraiment m’expliquer, je me suis mis à raconter quelques mots pour que le silence soit brisé. Deux, trois mots, au fil des deux, trois bières que je m’enfilais, sans que personne vraiment le vît. J’ai pris plaisir, à simplement écrire, tout ce qui me passait par la tête, sans vraiment que je m’y arrête. Et le vent me souffle à l’oreille « Man.. Tu es en train d’avoir une conversation avec toi! », par chance, j’ai pu me rabattre sur le fait simple que peut-être quelqu’un lirait, un jour, quelque part, anonyme, d’une ombre inconnue, de la rue. Je me suis tue, tué ce vent qui passait par là, me rappelant un peu le pourquoi tout ça a commencé, c’était quel jour déjà… bouge pas… je crois que c’était un 9… quoi d’autre, je réagis toujours les 9… aujourd’hui, la preuve et ce n’était même pas prévu. J’ai vu ça, je me suis mis a éternué, l’allergie du neuf, ça sentait la plante, de quoi on parlait déjà… ah oui, le 9. Je ne sais plus, si c’était le début ou la fin, quelle importance en fait? Tout est arrivé à cause de toi, t’aimes quand je t’accuse? Moi je dis que c’est madame chose, avec le pipe wrench, dans le living room… fucking living room, par chance que les murs ont que des oreilles, parce que s’ils avaient aussi eu des yeux ils auraient bavé de toutes leurs bouches. Il y avait vraiment quelque chose de spécial, je m’en rappelle, comme si c’était hier, mais ce n’était pas le neuf hier… donc demain je recommencerai, ça devrait marcher. J’ai cherché après, pas longtemps parce que je savais que ça ne donnerait pas grand-chose, y en a juste une comme toi et je dis pas ça pour te plaire là, je dis ça vraiment parce que tu es unique, tant mieux pour l’humanité que j’ai tenté de protéger en te gardant pour moi. Si j’étais demain, je dirais que tout ça, bien c’était hier, mais ça avait commencé bien avant. Tu ne le sais pas, moi je ne sais pas pourquoi je le sais, en fait, ça rien à voir avec le savoir. Je ne sais pas ce qui c’est passé, un jour, c’était peut-être un neuf aussi, j’ai juste compris, j’ai juste senti, un peu trop, comme si le volume était fort, comme si je n’avais pas vraiment besoin d’écouter, juste sentir, je sais. Ce n’est jamais la même chose, le même pourquoi, le même temps de l’année, c’est probablement souvent un 9. Il est presque neuf heures, rien n’a changé, combien de mois, combien d’années, j’ai la main sur le fil, ça se trémousse encore un peu, bip, bip, bip, toujours plus lent, suis-je encore conscient? Sur le cardiogramme, je me sens ralentir, doucement, je le sentais déjà, comme un instant de folie, une pure joie quand je pense à toi, puis je l’arrête, doucement, 12, les yeux fixés sur le moniteur, 11, allez mon coeur rappelle-toi, 10, je sais qu’encore que tu le sens, 9… Shlack! biiiii_______________________________p.





Je ne sais pas

5 02 2012

C’est un matin gris dans ma tête et pourtant bien clair dehors, il faudrait peut-être que je sorte, déplacer l’air, la lumière. Je ne sais pas de quoi sera faite cette journée, de mots, de maux, pour sur car c’est déjà là. Je ne sais pas ce que la vie me réserve, doucement elle se joue de moi, attentive au moindre de mes mouvements. Le café, la musique, le vague à l’âme et toi. Je ne sais pas où tu es. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, je suis arrivé là. Je ne sais pas pourquoi ça tourne comme ça, mon corps sans alcool subit tout de même cette rotation sur le même axe qui me donne ce mal de tête. Je ne recule pas, je n’avance pas, statique je tourne sur mon axe. J’ai un sens sans vraiment en avoir, à force de tourner est-ce que je fais que le temps passe, plus vite, dans l’espoir d’un demain différent. Je ne sais pas pourquoi tout ça. Le surréalisme de ce que je vis me lève un peu le coeur, ne pas pouvoir vivre tout ceci à fond, être obliger de mettre ce petit bonheur de coté, d’attendre que par la pluie il soit délavé, qu’il n’existe plus qu’en traînée multicolore. Le multicolore, c’est un peu comme les souvenirs, on reconnait le fond, mais pas nécessairement la forme. Je ne sais pas combien de temps (et sonne la chanson de Stephan Eicher dans ma tête), il me faudra pour cesser de penser à toi au hasard des jours. Je ne sais pas ce que c’est tout ça… mais je sais que je suis, saoul de toi.

En prime… Stephan Eicher « Combien de temps »

L’ombre de mes cils un seul regard
L’ombre de mes cils comme un rempart
Le plaisir facile les amours d’un soir
Meurent d’un oubli subtil dans le nœud d’un foulard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi, saoul de toi

L’ombre de mes cris flèches invisibles
L’ombre de mes cris comme une cible
Les mots inutiles sourires illusoires
À vos questions futiles, je réponds au hasard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi

Ces jours-là j’ai de la peine
À vivre loin loin de toi
J’ai de la folie plein les veines
Je bois, je bois et je suis saoul de toi
Combien de temps
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois et je suis saoul de toi





Sentir

4 02 2012

C’est comme l’autre soir, il faisait tout gris dehors même si le blanc tentait de s’installer, j’étais seul et je réfléchissais à un truc. Un truc sans importance, un truc comme plein de choses que l’on pense quand l’esprit vide et livide, on aimerait mieux avoir la tête vide. En un seul éclair j’ai senti un malaise, rien de physique, mais plutôt quelque chose de cosmique, de pas expliquer, d’une rare étrangeté. Ça, ça m’arrive souvent sans crier gare. Une sensation bien désagréable, à quoi suis-je connecté? Sensible, je sens, trop, tout, tout le temps. Quand le vent tourne, toujours, un éclair de génie, quelque chose qui me détruit. Je sais toujours où regarder sans ces instants d’obscurité, je regarde cette plaie qui s’ouvre et je fous les doigts dedans, simplement pour que ça soit encore plus douloureux. Je ne m’explique jamais comment ni pourquoi, je sais, je sens, je subis. Si les gens ne croient pas que l’on puisse communiquer sans mot, je leur laisse leur croyance, leur innocence. De l’attentif à l’instinctif je deviens au quart de tour. Ce qui est le plus triste, c’est que je reste là, comme si la tête en l’air je regardais ce piano qui tombe du 40e étage et qui s’affaissera droit sur ma gueule. À tout coup, c’est plus fort que moi, j’espère que le vent changera sa trajectoire unique, moi. J’ai ce sombre pouvoir, donné aux animaux, l’instinct, l’instant de me protéger, mais je reste là, j’attends, il ne me tombera pas encore dessus… ce foutu piano.