Je suis là, sur le divan, le laptop sur les jambes, prêt à affronter ce marathon de solitude. Je me suis lever, la tête un peu dans l’alcool d’hier, j’ai l’impression que mon cerveau se cogne sur mon crane dès que je bouge la tête. Minuit, j’étais chez moi, sinon bien avant. Hier, comme si ce n’était pas assez, blessé, étendu sur le sol, la seule envie de ne plus bouger car immobile on ne sent plus la douleur, l’envie de pleurer, le téléphone sonna comme un dernier coup de pied dans les côtes, son nom sur l’afficheur, je réponds. Elle voulait me parler, n’avait rien à me dire. Elle voulait me parler d’hier, du passé, mais n’avait rien à ajouter. La colère en moi montait, mais simplement à l’intérieur, ne peux tu pas me laisser tranquille comme je te l’ai demandé? Ne comprends tu pas que je souffre grâce à toi, grâce à moi… mais la colère intérieur et tout ces mots, tout ces maux, sont resté à l’intérieur pour laisser place à la tristesse, je sais plus comme l’exprimer et la colère me gâche la vie. Ces mots étaient sourd, répété comme un disque un peu usé, jusqu’à ce qu’elle s’arrête pour me demander « Comment tu vas ? » et pour la première fois sort de ma bouche directement à elle « Je ne vais pas bien, j’ai vraiment le coeur en mille morceaux », elle trouve ça poche, je sais pas si c’est le bon mot qu’elle a utilisé, mais l’empathie qu’elle me portait n’avait aucun poids. « Je trouve ça simplement difficile cette histoire, je me suis attaché, j’avais l’impression d’attendre que tu me tendes la main mais lentement je me noie. Tu m’avais dit de te laisser savoir quand j’avais envie de te voir, je l’ai fait et à chaque reprise, j’ai avalé de l’eau! » que j’ai ajouté. Pourquoi on frappe sur les gens qui sont par terre? Pour être certain qu’ils ne se relèvent pas? « On vit exactement la même chose! » qu’elle m’a menti! À ce point j’ai un peu paniqué, qu’est ce qu’elle me raconte, « moi aussi je me suis attaché », fuck you, madame veut conquérir le monde, je n’ai pas de problème avec ça, mais mêle moi pas à cette course autour de Montréal à savoir si tu trouveras ce que tu cherches, mais tu cherches quoi au fait? Pourquoi tu me gardes jamais loin de toi, au cas où? Penses-tu te réveiller un jour, te rendre compte que la vie, c’est ça, que ça, que si tu baises avec la ville entière, y voir même la terre, tu te rendras compte que c’est pas ça tu recherches et que pour reprendre mes paroles, un jour tu te retourneras et je ne serai plus là! Pourquoi tu me dis, que tu en as peut-être pas pour longtemps, que ça ne durera surement pas, mais qu’aujourd’hui tu n’es pas rendue là? Pourquoi ces paroles génère chez moi des attentes, de faux espoirs? Comment peut-elle me dire qu’on vit la même chose, si c’était le cas elle n’aurait pas demandé comment j’allais, elle aurait su! Fin de conversation sur un « on se rappelle demain, mon fils rentre avec la gardienne » jeter comme à l’habitude quand je prends un peu de contrôle sur ce que je dis et que des vérités sortent de ma bouche. « Non! » que je lui réponds « Je disparais de la map ce weekend et ce jusqu’à lundi matin! » que je dis sur de moi! « D’accord alors appelle-moi lundi, je suis en congé! » click, personne ne parle maintenant au bout de la ligne. Je suis dans la toilette des hommes, l’ivresse n’a pas encore touché mon corps mais elle a touché mon être, du bout de son pied balancé dans les côtes, du sang sur mes lèvres. J’ai maintenant trop de matériel pour le weekend à penser, je croyais que c’était fini, mais ça ne dépend que de moi. Si je ne rappelle pas, elle le fera, si j’appelle, j’entendrai les mêmes mots que j’ai entendu 100 fois. Ce weekend il me sera vraiment utile.
Je n’ai pas acheté de nourriture comme prévu, je vais m’arranger. Je n’ai pas avisé tous les gens dont j’étais supposé, mais j’imagine qu’on comprendra. Je suis prêt à me lancer dans cette aventure, dans ce monde à moi. Je survivrai, si j’arrête de pleurer sur mon clavier, un choc c’est si vite arrivé.
Ce matin je me suis réveillé, la tête dans le brouillard, j’avais un peu de sang sur les lèvres et j’avais mal aux côtes. Je me suis levé tête baisser car je ne voulais pas voir dehors, j’ai fermé tous les endroits qui pouvait me laisser voir l’extérieur, fenêtre après fenêtre, une à une, le pied lourd je me suis déplacé. Ce matin j’ai décidé de me fermer sur l’extérieur car j’ai besoin de mon intérieur.