Ce que je suis

7 03 2023

Quand la limite fut dépassée, j’ai simplement arrêté, à bout de souffle, de ne plus m’écouter ne faisait aucun sens. Ce que je voulais et ce que je vivais détonnaient, je subsistais simplement entre deux eaux par habitude. Un kick d’adrénaline qui revenait comme ce besoin de boire sans raison particulière. Je me retrouvais toujours dans de beaux draps, entre bonnes mains, un instant, puis je recommençais, même bras, mêmes draps, jamais bien plus loin. L’oasis où il est bien de se reposer, le rêve raté, l’homme que l’on ne possède pas, le mystérieux qui reste là sans un mot, ce qu’il reste, celui qui après mure réflexion valait peut-être la peine. La peine que l’on m’a faite, que je me suis infligée les yeux fermés pour me retrouver encore et encore seul. Ces mêmes personnes qui ne m’aimaient pas vraiment, ou du moins m’aimaient pour cet instant précieux où il est difficile de porter une armure. Quand l’envie de baiser est remplacée par l’envie de vomir juste à l’idée de se retrouver seul, dans un futur proche, plus rien ne faisait plus de sens pour moi. Être fatigué de savoir qu’il n’y a pas de suite en se disant « peut-être que… ». Des peut-être qui s’étiole dès que le vent souffle un brin. L’idéalisation de ce que c’est l’amour. L’espoir de l’amour. Faire l’amour. Aucun regret, simplement l’envie de tourner la page, de faire différent, d’attendre, d’aimer, d’être aimé, mais simplement pour ce que je suis et pas pour ce que l’on voulait que je devienne. Simplement. Si simplement que ça existe, pour vrai. Tellement vrai que ça fait peur, comme ce rêve où le réveil brutal ne donne envie que de se rendormir un instant, pour la vie. Tellement réel que je n’ai plus envie de dormir, si jamais je ne me réveillais pas.





Nouvelle année

3 01 2017

C’est une nouvelle année qui commence, c’est fou comme rien n’a changé, une journée, une heure, une minute de plus à la fois, tout le temps. Cette année, 2017, c’est une année où encore je vieillirai, différemment pour certains, pour moi, une année de plus, une journée, une heure, une minute à la fois, où les deux chiffres de mon âge changeront. Une année que je me souhaite rempli de moi qui se retrouve doucement, qui réapprend à se connaitre, à s’aimer, à se découvrir sans arrêt. J’ai décidé de consolider mes blogues, celui de sexe qui fut jusqu’à présent un coït interrompu (voir le texte La garde-robe) mais qui à une suite qui s’en vient. Et un autre que je gardais à côté, parce que ce n’était pas la même chose que je racontais. Je suis tanné de m’étendre, je me consolide. Mon autre blogue était sur le boulot, les gens qu’on y trouve, le comment ça se passe. Je me dis que si je reste à une place, je pourrai probablement me retrouver plus facilement.

Cette nouvelle année, je vais tenter d’écrire plus régulièrement, parce que ça me manque, mais parce qu’aussi ça me fait du bien. Vous risquez de voir apparaitre aussi quelque croquis, bédé que j’ai commencée doucement pour passer le temps des longs weekends des fêtes.

Je vous invite à commenter, à me suggérer des sujets d’écriture, parfois, d’un mot on récolte de belles histoires, parfois ça aide à faire décoller de la page blanche. Je lis et publie tous les commentaires, c’est toujours bien de voir qu’on est pas seul et qu’on peut se faire du bien, en partageant la moitié de ce que l’on ressent. Je dis la moitié simplement parce que d’écrire nous soulage, mais jamais totalement.

J’aurai surement encore à vous faire subir mes états d’âme, les miens ou ceux qui me sont inspirés de tous ceux que je vois. Même si ce monde est plutôt complexe pour moi par moment, il reste qu’il m’inspire totalement, chaque jour. Est-ce que tout ce que j’ai écrit m’est arrivé? Non, bien sûr. Est-ce que tout ce que j’ai écrit je l’ai ressenti? Oui, parfois difficilement, car de tomber dans l’empathie lorsque l’on écrit, ça facilite le travail d’écriture, ressentir, il reste pas mal juste ça de vrai!

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne année!

Marc





Manger des papillons…

28 07 2012

Il y a longtemps que je n’ai pas mangé, à ma faim, pour me satisfaire de ce que l’on appelle l’instinct. J’ai le ventre vide, qui joue une fanfare étrange, avec le temps ça me dérange. J’espère, je regarde, je ne vois rien. J’ai l’esprit lousse à l’air libre et rien ne vient, car je ne vais pas. L’appétit grandissant et rien n’a me mettre sous la dent. Je devrais me munir d’un filet, un grand filet pour partir sur la pleine et cueillir des papillons. Je n’ai rien mangé et les lunes ne font que passées, une à une sans s’arrêter. Cette solitude à vomir, mais le ventre trop vide pour l’accomplir. Je pense au passé et regarde devant, je devrai sortir dehors, car ils ne viendront pas dedans. M’ouvrir la porte et me laisser aller, je crois que la faim j’ai assez enduré. J’ai vraiment envie de manger des papillons.





Les arbres immobiles

8 07 2012

Je me suis battu, sans être vraiment blessé, je sors un peu de ce qui a été une pause, un arrêt sur image, l’aiguille qui touche le E et je croyais qu’il restait encore au moins 20 kilomètres. J’ai fait fausse route? Non, le temps d’un simple arrêt, je me retrouve là, dans la même voie que j’ai empruntée, choisie. Les arbres ne vont plus à la même vitesse lorsque le moteur est arrêté. On regarde dehors ou on sort, le ciel si vaste n’est que prometteur, un vent frais sous un soleil chaud, de folles idées parcourent ma tête, une saine folie sur une scène statique. Je respire l’air qui transporte une odeur de bois brûlé, la réconfortante nature, je me devais d’arrêter, tout allait beaucoup trop vite, un arbre, ça ne bouge pas vraiment.





Le calme dans la tempête

1 07 2012

C’est le désert presque aride, 2012, et je n’en suis qu’à la moitié. Une année où mes choix semblent vides de sens, où mes choix cassent lentement mes dépendances. J’ai mes condoms qui expirent avant les aspirines, je crois que c’est un signe. Signe que la solitude s’est installée. Je n’ai plus de muse, je n’ai plus de mot. J’ai pensé que c’était le cas longtemps, mais doucement je sens un mouvement d’inspiration sur lequel je tente de mettre le doigt. Parfois souvenir, parfois avenir, je me surprends à penser à toi. Avant j’écrivais, je donnais signe de vie quand une pensée traversait mon esprit et que tu l’habitais. Maintenant je tais mes envies, je fais silence simplement pour que le temps passe et voir ce que ça change. Je tente de mettre le pied sur une roche au milieu d’une rivière où le courant est fort et peut m’emporter. Je n’ai pas peur, soudainement, ou comme toujours, je n’ai pas peur de rien. La mort, la maladie, la vie, rien ne m’effraie vraiment. Je marche sur une corde raide, dans un emploi qui est nouveau pour moi, je regarde en bas, c’est haut, des fois j’ai même envie de sauter. J’ai cette profonde envie de faire du bien aux gens et je ne trouve rien pour me satisfaire, rien dans ce que j’ai choisi, même en disant juste avant que mon domaine m’ennuyait. Je ne veux pas sauver le monde, mais aider, ici tout près. Je veux faire attention à moi aussi, mon corps peut-être, mais surtout ma tête, que je tente d’endormir d’une souffrance qui ne se veut que d’inaction, d’insatisfaction. J’ai la statique qui fait du bruit de fond sur mon être. J’ai besoin de créer, de me sauver un peu de ce que je vis. L’écriture c’est un peu comme les voyages, ça nous permet de quitter maintenant pour y revenir plus tard. J’ai une connaissance qui a fait Compostelle, j’ai regardé « The Way » qui traitait du même sujet, je crois que je suis dû pour m’asseoir dans mes cahiers.





Mon verre est vide

16 06 2012

Mon verre est vide, ce n’est pas que je n’ai plus soif, il est seulement vide. Je n’ose pas recommander un autre verre, des fois que l’ivresse me donnerait un coup de barre en plein visage. J’ai déjà dit que l’ivresse me rappelait l’amour, une certaine perte de contrôle, des matins douloureux ou l’incertitude ou le mal de tête se joigne devant l’inconnu d’une journée de plus. Je n’ai pas écrit depuis des lunes, ce n’est pas que je ne sais plus écrire, vous savez parfois la vie… J’ai eu envie aujourd’hui, comme d’écrire sans raison avouée, d’écrire pour écrire parce que mes doigts savent souvent plus ce qu’ils font que moi. Je n’ai plus de muse. Il y a des mois que mon verre est vide. C’est une corrélation un peu intense pour un samedi, quoi que la journée n’ait que peu d’importance. Avant, c’était si facile, après c’était plutôt inconnu. J’ai envie de ces mots qui blessent ma tranquillité, qui parfont la sentimentalité de ce que l’on croit être l’amour. Je suis à jeun, je ne croyais pas le mot parent de stoïque. Le liquide sur les parois glisse doucement vers le fond du verre, verre c’est un peut la couleur de l’espoir non? Le fond, c’est un peu la limite à atteindre dans un contenant non? Je crois que j’attendrai demain pour faire remplir mon verre, aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le fond.





Reset

16 06 2012

J’ai changé les choses, j’ai changé mon confort, mon pied-à-terre, 11 ans de ma vie avec les mêmes gens, les mêmes intentions. Je regarde derrière et seulement que quelques personnes me manquent vraiment, peut-être dû au vide d’humanité, de proximité, de relation. On ne peut pas être vraiment soi même avec tout le monde dans un milieu où on est appelé à être professionnel, à diriger les gens, à se soumettre aux valeurs qui ne sont pas toujours les nôtres. J’étais un peu fatigué de ses valeurs qui n’étaient pas les miennes, je suis parti, sans claquer la porte, dans l’intention de ne troubler personne, je suis comme ça, je n’aime pas déranger. Ce n’est pas toujours bon de ne pas vouloir s’imposer, dans sa vie amicale, dans sa vie amoureuse, c’est pour moi souvent « as is » sinon ça ne marche pas. J’ai coupé ami, travail, pour redémarrer ailleurs, pour redémarrer dans un environnement où le moi d’il y a 11 ans n’existe pas dans la tête des autres. Sans perdre mon identité, rumeurs et ragot sont simplement disparus. « Tu sais Crow, c’est un tombeur, il en a vu des femmes ici au travail! » vrai ou pas, je n’ai jamais confirmé ou infirmer ces dires, par manque d’intérêt, mais aussi parce que je sais bien qu’un non dans la tête de bien des gens laisse simplement un doute sur la réalité, même quand elle sort de la bouche de l’être concerner. Je suis donc parti, nouveau moi, vers un nouveau défi, une passion de travail qui traînait et que je ne respectais pas depuis les 6 dernières années, par peur, mais surtout parce que je ne voulais pas faire n’importe quoi, je voulais du précis et j’ai saisi l’occasion. J’ai un nouveau chez moi de travail, devant un parc, plein coeur de Montréal, c’est déjà inspirant. J’ai de nouveaux collègues, plus que je ne suis capable d’en nommer pour le moment, cinq jours c’est quand même court pour se sentir chez soi. Je suis dans un vide de connu, la seule chose que je connais dans mon travail, c’est qu’il faut que je travaille et ça je ne m’inquiète pas trop. J’ai comme un vertige dans ce vide qui m’entoure, je ne connais personne, qui suis-je? En fait la question qui se pose maintenant à moi, c’est plutôt comment arriver à ce que je suis.





C’est passé

26 05 2012

Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.





Petit animal

13 02 2012

Ce petit animal ne dort plus. Incapable de saisir ce qui se passe, il danse seul sous un soleil écarlate. Dans ses yeux secs et bleus, c’est le ciel que l’on peut voir. Encore une autre nuit où il dormira le ventre vide. Il danse pour passer le temps, pour ne pas s’enliser dans des idées plus noires encore que cette nuit dans le désert, sept nuits dans le désert. Il fait froid tout autour et jamais le sens de ce qu’il fait n’est remit en question, il est seul et le ventre vide, tout s’explique, la folie est présente, mais lui ne l’est pas complètement. Dans un mouvement soudain il se tourne vers le grand cactus qui semble imité ces moindres mouvements, le bras dans le vent et les cheveux ébouriffés, son seul point d’ombre ne cesse de se déplacer. Comme pour compter les heures, dans une lente rotation, ce n’est pas son corps qui détourne les yeux, mais ses yeux qui ne font que suivre le soleil. Le petit animal a tenté d’en faire autant, mais c’est près de ce cactus qu’il s’est retrouvé. Lui qui voulait avoir un peu de piquant dans sa vie, il fut servi. Sa danse n’a pour but que de ne pas se bruler les pieds, bien que l’instinct de survie existe, l’instant de surplace jamais ne passe, tant que le soleil haut dans le ciel reste. Son corps qui doucement se dessèche, l’effet du temps et d’un manque d’eau flagrant. Et si je m’arrêtais, un instant seulement pour voir ce qui se passait, mais jamais il ne cesse. Les pieds dans l’ombre il fait toujours un peu moins chaud que dans l’espace où le cactus ne le protège pas. Épuisé d’une fin de journée mouvementée, une partie du cactus lui est réservé. Adosser à une partie sans épine il peut se reposer, jusqu’à ce que l’air frais l’endorme et que le froid le réveil à nouveau. Il ne dort que très peu et à découvert qu’il pouvait boire à son ami. Il est un peu pris dans par cette dépendance, car l’horizon ne lui laisse que du sable comme destination. Il n’a pas cessé de rêver et crois qu’un jour il repartira, au risque de sa vie il croit bien qu’il devra partir la nuit, car s’il ne part pas la nuit, son chemin sera pour lui fatal. Il s’est rendu seul dans ce désert et c’est pris au piège. Ces rêves ne l’ont pas abandonné. Chaque jour, un peu plus, il regarde au loin, quelle direction sera la meilleure, l’horizon est si vaste et à force de tournoyer, il ne se souvient plus d’où il vient, si son chemin le ramenait à son point de départ, serait-ce une mauvaise chose?





Différence

5 01 2012

À quand la nuit des temps, à quand, à quand? Où de mon corps d’épine, tu m’envoies dans les roses, tu oses? Mon corps de brique et mon coeur de marbre craquent sous tes cris, tes tremblements. Terre! Terre! Enfin sous toi je peux reposer ce que j’ai été et ce que j’aurai créé. Autant de fleurs poussées ne représenteront jamais assez cette douleur accumulée. Quand le sang nourrira les champs laissant toujours plus d’enfants avares d’avoirs et jamais repus de tout posséder encore, nos mères pleureront d’avoir tant tentées et d’avoir échouées. Cette terre souillée d’un marcher trop pauvre en idées se meurt doucement sous son peuple dépourvu de conviction. Le pays craque d’un trop-plein de direction, à force de vouloir allez partout on se rend nulle part. Les bras baissent tristement au rythme des voix qui s’affaissent, mais pourquoi? Je vais mourir et pourtant, que laisserais-je derrière moi? Des mots d’amour pour toi, des mots d’amour remplis de ce que je suis. Puis-je faire réfléchir encore, une seule personne par jour, sur la vie ou sur l’amour? Sur le fait que notre identité doit être protégée. On souhaite tous faire la différence, mais on entre dans la danse, on s’étourdit puis on meurt en silence.