Des fois

16 11 2014

Des fois c’est comme s’il y avait quelqu’un de coller dans ton coeur. Quelqu’un qui englobait toute la surface, qui prenait toute la place. Des fois, c’est comme s’il essayait de faire le ménage, à coup de vouloir sans vraiment le pouvoir. C’est comme si, une histoire non finie restait prise, comme ça, sans que le deuil n’ait pris place, sans que l’amour ne fasse surface. Tous ces souvenirs récurent, toutes ses mémoires ne laissant place à personne. Des fois, c’est comme si le temps avait passé, que dès le début c’était dessiné, au crayon-feutre, noir, sombre et indélébile. Des fois on se demande pourquoi on est allé là. Peut-être a t’ont vu quelque chose, comme une lumière émergeant d’une lointaine tristesse. Qui peut sinon toi faire taire le passé. Qui peut selon toi faire que demain, un autre ne souffrira pas à sa place, à ta place. Les talons tournés, en silence il a gagné l’antre qui lui était destiné. Des fois, on ferait exactement la même chose, les mêmes décisions, les mêmes mouvements en espérant un autre résultat. On remettrait entre les mains de la vie son propre coeur à nu, en souhaitant simplement que quelqu’un y face attention, que quelqu’un comprenne la raison, le pourquoi, le comment tout ça, c’est produit. Des fois on souhaiterait que ce moment entre deux portes ne cesse jamais. On souhaiterait être fort, inatteignable, mais on serait insensible à tout ça, à la vie, à l’amour, à demain qui sera gris encore, comme l’automne qui a remis son manteau de pluie. Des fois on se pose vraiment trop de questions, on a peur de laisser-aller, on a peur pour notre coeur, que c’était la dernière fois.





J’irai seul

11 11 2014

J’irai seul, car j’ai envie d’être avec toi. J’irai seul dans la nuit, sans bruit. J’irais seul parce que la présence de quiconque ne saurait combler le vide de ton absence. Dans la noirceur je fermerai les yeux, j’écouterai doucement ses doigts, jamais aussi doux que les tiens, frapper chaque note comme si elle ne jouait que pour moi, que pour me consoler, que pour m’accompagner dans la noirceur de cet instant, comme pour me bercer, et ce si longtemps. J’irai seul en comprenant pourquoi je le fais, pourquoi je me prive, pourquoi je m’isole ainsi. J’irai seul, car seul, ça n’a rien à voir avec les attentes, rien avoir avec l’insatisfaction de se contenter d’un autre quand ce n’est pas ce que l’on veut, l’on souhaite, l’on désire d’une soirée céleste, d’une soirée où seul le temps est notre ennemi. Je tenterai de ne pas penser à toi, quand elle jouera mon morceau préféré, quand entre deux berceuses elle me dira en silence que la prochaine est pour moi, que la dernière est pour me souhaiter bonne nuit. J’ouvrirai les yeux pour me rendre compte que tout ça est passé, tout ça est derrière moi, qui me faudra rentrer. Je devrai me diriger vers chez moi et j’irai seul, parce que je l’ai décidé, parce que tu l’as aussi souhaité

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Le large

9 11 2014

J’ai peur que tu m’oublies, j’y ai rêvé mercredi, je te serrais fort dans mes bras et tu glissais doucement entre mes doigts. Tu glissais comme le sable, celui d’un sablier, ou celui de la mer, celui qui glisse doucement sans que je ne puisse rien y faire. Je n’ai jamais cru que le sable serait si cruel, sauf quelques fois oui, dans mes souliers, où il s’était infiltré en douce pour me blesser juste un peu, un petit peu, à chaque pas que je faisais. Il est parfois si doux, si fin, si chaud lorsqu’avec toi j’y marchais en même temps que le soleil glissait dans sa fente pour passer la nuit. Je m’ennuie du sable, du soleil, de toi. J’ai enlevé mes souliers, parce que ça me faisait mal. Je ne croyais pas que tu prendrais le large, si vite, trop vite. Doucement vers la mer je te voir repartir, j’ai le coeur gros et encore tant à te dire. Ces mots qui glissent comme des galets qu’on utilise pour les ricochets, propageant l’écho à la surface de l’eau, tombant dans l’oubli bien avant la nuit. Je suis pétrifié, cherchant où je dois aller, j’ai perdu mon sens, j’ai perdu mon essence, j’ai perdu dans la mer bien plus que mon coeur de pierre.





Maison de campagne

6 11 2014

Je suis une maison de campagne, où chaque semaine tu te reposes. Je suis une maison de campagne où quand s’annonce la semaine tu disposes. Tu me laisses avec mes souris, mes araignées et ce froid immense qui m’envahit. Tu me laisses avec la simple impression d’être dans l’oubli. Quand le soleil transperce l’horizon, d’une journée à l’autre, avec les loups qui hantent mes rêves et cette semaine qui s’achève. Retourneras-tu, encore me voir, un soir, où la lune pleine te rappellera combien tu étais bien sous mon toit? Je suis une maison de campagne que rarement le temps épargne. Je suis une maison dans le bois que personne ne voit. Personne sauf toi, qui me regardes, fais trembler mes planches, battre mes volets, fait jaillir les feux follets. Je travaille sans relâche et doucement mon bois se penche, pour le laisser entré de l’hiver à l’été. Je suis une maison de campagne, qui tremble sous tes absences. Je suis une maison de campagne qui rêve de sa retraite.





Laisse…

4 11 2014

Encore une fois, une dernière fois, me perdre dans tes bras. Jusqu’au matin, au petit matin, quand le vent frais te rapprochera de moi. Laisse-moi rêver ou m’attacher, à chacun des moments, des minutes, des secondes qui passent, qui me séparent de ton départ. Laisse moi penser, que ce jour reviendra encore, un soir, ou dans la nuit, tu souffiras d’ennui, tu souffriras de moi, tu ne te supporteras plus et tu penseras à moi. Tu ne voudras jamais de moi, tu n’auras jamais le meilleur de moi, parce que tu l’as décidé, en fait du ne t’es pas prononcer. Chaque jour me procure des rêves étranges, où plus en plus tu disparais, où plus en plus je m’accroche, ou le temps est le seul reproche. Dimanche, jour mauvais, tu m’oubliras, sans que je m’ais trop compris pourquoi, sans que je n’aille voulu voir, que jamais mon corps de voudrait s’éloigner de ton corps. Tant d’espoir et de larme où le matin je me réveille innondé de chagrin. J’ai envie de choisir. J’ai envie de toi. J’ai envie d’un demain heureux. J’ai envie de demain. J’ai envie.





Saute

19 10 2014

J’ai marché seul le long de cette longue route de terre, car on m’avait dit qu’elle menait à la mer. J’ai ramassé tout au long de ma route, de petits cailloux pour me rappeler qui sur ma route j’avais rencontré. Je regardais la ligne d’horizon et marchait dans cette direction. J’étais seul, avec mes souvenirs pleins les poches, j’étais lourd, et marchais sans reproche. Quand la solitude me gagnait, souvent en même temps que la nuit, je glissais une main dans ma veste pour revivre un peu ce qui était parti. La main dans la poche, la roche dans la main, je caressais ce souvenir de mon pouce, l’usant doucement, faisant disparaitre le temps. Mes pas accompagner d’un petit claquement constant, j’étais jamais totalement seul sur ce chemin solitaire. J’ai marché, des jours et des nuits, n’ayant plus de place pour ajouter, les nouveaux petits cailloux que j’avais ramassés, j’ai du faire de la place et jeter les moins usés, ce qui ne me rappelait plus le temps où une autre route j’avais croisé. Parfois je jetais les plus coupantes, ceux à la lame tranchante, qui me blessait chaque fois que mon pouce glissait sur la paroi. J’étais lourd, mais continuait ma route, j’avais envie d’arriver au bout, laisser derrière moi les arbres et cette terre pour simplement poursuivre la mer. Je la voyais se rapprocher, quelques jours encore et je pourrais m’y baigner. Avec un certain songe, je décidai de m’arrêter pour me reposer, car demain la route serait longue. Je me suis endormi, adossé à ce grand chêne qui trainait là, un chêne centenaire qui me protégerait pour cette fois. Au matin dans le brouillard je me réveillai, ma main sur l’herbe la rosée balaya. Je devais reprendre ma route, j’arriverais ce soir à la plage, j’en doute. Le brouillard était épais, je marchais en regardant où mes pieds je mettais, car la blancheur de ses nuages me cachait le paysage. Je stoppai ma marche brusquement, quand sur ma route une brèche apparut, une fente dans le chemin qui ne continuait plus. Je me suis arrêté, pour évaluer par où j’allais passer, marchant d’un côté, puis de l’autre, cette fente dans la terre n’ayant pas de début ni de fin. Quand je revins près de ce ravin, sur la route qui m’avait accompagné, j’eu l’idée d’utiliser une roche simplement pour sonder la profondeur ce cet obstacle, rien ne m’empêchera de poursuivre mon pèlerinage vers cette eau salée. Je choisis dans ma poche, une pierre de couleur blanche, une pierre me rappelant mon enfance, en fait ce qui m’en séparait, je la jetai dans ce canyon, pour voir où j’allais finir si je manquais ma chute. Cette pierre perdue ne fit pas de bruit, j’en pris une plus grosse pour être sur que sans fond était ce puits. Silence. La frousse me prit, dans c’est bras pour la première fois. Je ne pouvais pas retourner en arrière, ça ne donnait aucun sens à ma vie, même si, tout au long de ma route j’ai appris. Je décidai de prendre une autre roche, une roche bleue, je fis un voeu, la balançant vers l’autre côté, espérant qu’elle trouverait une autre paroi à percuter. Je l’entendis, loin, mais pas inatteignable, une tranchée qui n’était pas insurmontable, je pris mon courage à deux mains, recula et m’élança. Sur le bord du précipice, je m’arrête, mais mes pieds glissent jusqu’à ce que je perde pied et que dans le vide je me vois pendouiller et une de mes poches fut vidée. Agripper sur le rebord, je remonte difficilement sur la route, n’ayant plus aucun doute, je ne peux traverser avec tout ce poids que je peux porter. Je pris un à un mes souvenirs, leurs dis adieu et les vit partir, jusqu’à je tombai sur la dernière pierre, est-ce le destin ou un hasard certain. Cette pierre en forme de coeur, un coeur de pierre, l’ironie et mon amour certain, accompagné un questionnement soudain. J’ai laissé tout s’envoler, je suis près a traversé, est-ce qu’une seule pierre pourrait m’empêcher, d’atteindre le but que longtemps j’ai recherché. J’ai pensé, une larme sur ma joue a roulé, sachant que je ne pouvais pas prendre cette chance, le moindre poids sur mes épaules pourrait me faire perdre ma confiance. J’étais triste de te laisser derrière, des souvenirs, mais surtout des sentiments sincères. Cette douleur qui nous sépare et maintenant, cette obligation de t’oublier. La deuxième fois que je me suis élancé, c’était pour te catapulter de l’autre côté. Je me suis finalement dit que cette distance n’était pas infranchissable pour toi non plus, je t’ai donc lancé de l’autre côté. Quand je me suis élancé pour la dernière fois, la mer et toi devant moi, le corps et le coeur plein de détermination, le rêve soudain que tout irait bien.

 

Défi du jour : La brèche et le saut

C’était le dernier sujet qu’on avait pour les défis du jour, je le fais un peu en retard, parce que j’avais l’inspiration noyée, les doigts engourdis, la tête ailleurs.

 





Tomber

5 10 2014

Je n’ai jamais eu peur des auteurs. J’ai surtout toujours eu peur du vide, qu’un jour ça ne donne plus rien, que mes mains comme amputées ne soient plus capables de taper. Taper dans le rythme, dans l’envie, dans l’espoir que le message passe, un message à personne, une lettre à moi-même. J’ai utilisé mille et une façons de me faire entendre, de me faire comprendre à moi même que je souffrais, je souffrais sans toi, ou avec toi. J’ai toujours pensé que ça ne faisait pas de sens, que ça faisait des lunes que je te cherchais, que je t’attendais et qu’en vain je te trouvais, parfaitement imparfaites. J’ai rêvé longtemps d’être aimer juste comme je le souhaitais, juste comme tout le monde fait, un peu, chaque fois en s’abandonnant à l’autre, simplement parce qu’une partie de nous n’a pas été aimé comme il fallait, ou simplement comme il nous manquait avec le temps, parce que quand on grandit, on espère toujours quelque chose. J’ai toujours aimé les femmes à tête forte, qui avaient soif de liberté, d’envie d’être, d’envie de devenir, comme si j’avais envie d’être là à l’éclosion de ce quelle allait devenir. J’ai compris que chaque fois j’arrivais trop tôt, que je voyais trop loin, que je n’étais pas un voyeur, mais un voyant. J’ai extrapolé trop souvent le devenir de celle qui partageait ma vie en ce que je voyais qu’elle pouvait être, j’ai toujours cru en elles. J’aurais aimé être plus, pour elle, toujours en restant moi. J’ai perdu bien souvent pied et quelquefois la raison. Je suis ce que j’ai toujours voulu devenir, travailleur et écrivain, travailleur généraliste, pour la croute et parce que j’aime bien, écrivain silencieux, car c’est tout ce que j’ai besoin. Quand les gens ont voulu plus pour moi, je me suis caché, quand les gens voulaient plus de moi, je me suis défilé. Comme si je demandais aux autres, une partie de ce que j’aimerais pour eux, comme si je n’avais rien compris de ce qu’eux voulaient pour eux. J’ai toujours eu peur du vide, quand j’ai sauté, j’ai pensé à toi, parce que j’avais envie d’être bien, que tu me tiennes la main sans un mot, sans vraiment poser de question, simplement là pour me rassurer, que tout irait bien, que tout serait bientôt très loin. La vitesse et le vent, plus aucune possibilité de retourner en arrière et une seule question, mais à vingt pieds au-dessus d’un lac sans fond, ce n’est plus vraiment le moment de se poser la question.

 

Défi du jour : 20 pieds au-dessus d’un lac sans fond

 





C’est toujours comme ça avant de partir en vacances

1 10 2014

 

Défi du jour : Herpès Mentale





D’instinct

1 10 2014

J’ai fait le chemin au moins quarante fois dans le passé, je me souviens y être allé tous les weekends, je me suis demandé à quoi ça pouvait ressembler trente ans plus tard. Quand j’ai mis de l’essence, j’étais vraiment convaincu que je pouvais m’y rendre. Ce n’est pas parce que j’étais assis derrière, que j’avais 7 ans, que je ne pouvais pas me souvenir du chemin, du moins je voulais y croire. Quand j’ai pris le chemin vers St-Cutbert, je ne me suis pas vraiment posé de question, droite, gauche, j’étais sur la route, tout allait bien. Quand le chemin c’est fait étroit, j’ai écouté mon instinct, sans vraiment ne jamais comprendre pourquoi je tournais à gauche où à droite. Je ne me suis pas demandé, d’un bout à l’autre de ma route, où j’allais, comme si je le savais. Quand j’ai emprunté la route de terre, dans ma tête, c’était facile… un pont en bois… deuxième pont en bois… il en manquait un pour arriver, je tourne à droite, le bruit de ma voiture sur le troisième pont me semblait familier. Quand j’ai tourné à droite tout de suite après, j’étais là, 30 ans plus tard, sans vraiment comprendre pourquoi j’étais là, comment j’avais pu réussi à me rendre, car la route n’était pas facile. Je me trouvais là, près de la fermette qui était à vendre, qui n’avait plus d’animaux, près de la piscine, qui n’avait plus d’enfants, près du chalet, du bois, probablement près d’un paquet de souvenirs qui refaisait surface sans prévenir. Quand j’ai repris la route, pour nulle part, la route complexe que j’avais suivie sans même retourner sur mes pas, j’ai compris à cet instant que je devais faire confiance à mon instinct, parce qu’en voulant retrouver ma route de retour je me suis perdu, parce que je la cherchais. Parce que quand j’ai pensé à toi, j’ai su où je pouvais te trouver.

 

Défi du jour : Route de terre

 





L’histoire

1 10 2014

C’est comme si c’était une surprise à chaque page de ma vie que je tournais. Quelque chose qui sort de l’ordinaire, qui sort de nulle part, comme si c’était la première fois que je le lisais ce foutu livre. Quand je suis rendu à la fin, ça me laisse toujours plein d’images, trop d’images. J’ai tenté de tourner les pages, une à une, encore et encore, mais c’est toujours la même chose, le même effet de surprise, le même effet de me dire chaque fois qu’il me semble que ce n’était pas comme ça la dernière fois. C’est toujours pareil. Je suis certain, le livre n’a pas changé, l’histoire non plus, les personnages s’animent toujours autant, toujours dans la même position, toujours un peu plus mou parce que le carton n’est plus à ses premières heures. Il y a toujours un détail que je remarque de plus, la face d’un personnage, un mouvement, mais le fond, le fond de l’histoire c’est que rien ne change, c’est toujours pareil, plus les surprises font surface, plus on se rappelle de ce qu’elle représentait pour nous. On finit par connaitre les rouages, les mouvements même subtils, mais on décide de le reprendre, de le relire encore et encore, comme s’il y avait toujours une part de magie, une partie que l’on ne comprend pas, une partie qui nous échappe, qui nous glisse entre les mains chaque fois et qui nous donne envie de recommencer.

 

Défi du jour : Pop-up book