Mon jardin

23 08 2014

Il faudrait que je sorte de la maison. Il est tard, je pense que je vais sortir demain. Hier j’étais trop fatigué, aujourd’hui, je n’ai pas vu la journée passée, sur le divan, le temps va vite, encore plus avec de la bave sur le coin de la bouche. Demain je vais aller dehors, je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je fais toujours la même chose, je marche, je me rends au marché, j’achète trop de fruits, trop de légumes, je reviens trop chargé, j’ai mal aux mains rendu à la maison, je suis fatigué, je m’étends un peu. Je suis dû pour des vacances, je vais m’enraciner dans mon divan, dans mon lit, dans les deux. Je prends juste un peu de temps, pour garder l’appart en ordre, faire pipi, essuyer mon coin de bouche, prendre ma douche. Je ne sais pas où j’en suis, j’ai l’impression d’avoir fait machine arrière, de ne plus savoir où je vais. Il me semble qu’hier, je t’aimais encore, il semble qu’aujourd’hui, ça n’a pas changé, excepté le fait que je te dérange plus avec ça. Je fais voeu de silence, je ne peux pas juste être ton ami, ça ne fait aucun sens, c’est comme avant. J’essaie de fermer mon cerveau, off, légume, de préférence sous terre, j’ai pas trop envie de soleil. Grandir vers le fond, renforcir mes racines, m’ancrer. Croire que la terre et moi on ne fait qu’un, croire que c’est différent, croire que c’est possible, encore. Juste pour un moment, laisser l’été passé, une autre saison, une autre vie, la récolte. Sortir au grand jour, un soir, que ce soit différent, que je sois toujours moi, que j’en aille envie, envie de croire, de croître. Être désireux de simplement être. Être moi, le redevenir, l’avoir toujours été, sourire, penser à toi, être moi, t’aimer encore.

 

Défi du jour : Légume





R.I.P.

22 08 2014

Si je pars trop vite: Hey Bye!

Si je pars lentement: Il prit son temps jusqu’à la fin

Sinon: Proche de loin et de tout. Sensible. Mort seul

Ou encore: Simplement des notes de musique

 

Défi du jour : On lira sur ma pierre tombale…





Repos

22 08 2014

Il était seul, se sentait seul. Il a mis de côté bien des activités, bien des amitiés au profit de son étrange solitude. Peut-être est-ce qu’il n’était simplement pas bien avec les autres, trop bien avec lui-même, ou encore pire, bien dans rien. Il aimait les gens, les faire rire, les faire pleurer, les faire se sentir humain un par un, toujours donnant de sa propre humanité, littéralement. Le temps passait, il se décolorait, perdait de son charme, de son envie d’être, de son simple désir de désirer. Il avait renoncé à l’amour, même si dans ses yeux, l’espoir brillait toujours, au fond, quelque part, ensevelit sous une tonne de débris, laissant paraitre une main, un doigt, souhaitant que quelqu’un la sorte de là. Il savait qu’au fond, la seule main qui pourrait l’aider était sa propre main, mais confortable sous les décombres, il ne sentait plus le vent picoter sa peau quand il faisait trop froid, il ne sentait plus cette humidité quand le soleil se tenait très haut dans le ciel. Il n’avait que la force de rester là, se reposer, enfin, un instant, histoire de se refaire des forces, pour vivre, autre chose, quelque chose. Son coeur battait trop fort, son souffle était trop court, il s’était isolé simplement pour ne pas se faire blesser, il s’était exclu du monde, parce qu’il l’aimait trop.

Défi du jour : Exclusion





Appétit

20 08 2014

Mets-moi la table, mets-toi sur la table, il y a si longtemps que je n’ai pas mangé, viens j’ai faim. De tes yeux qui me regarde, désir bruyant, désir fuyant dans ton regard, j’ai étendu la plus belle nappe, étend toi un instant, un petit moment. Les rideaux sont fermés, les lumières tamisées, la robe que tu es en train de porter ressemblent étrangement à un peignoir. Je l’ouvre pour entrevoir tes seins, fidèles à eux-mêmes, là, beaux, parfais. Te reculant vers la table, jusqu’à ce que tes fesses s’y heurtent, tu ne peux plus bouger, j’aime. Mes mains descendent, de tes seins à tes hanches, je sais que rien ne te dérange. J’ai en entrée, le plaisir de m’entretenir avec ta poitrine, douce et ferme, je ne me lasse pas de l’embrasser. Mes mains passent de tes hanches à tes cuisses, que je remonte doucement pour que sur la table tu sois assise. Ta peau, sa chaleur, la température parfaite pour que je déguste ton corps. Ma main dans ton entre jambes me fait dire que t’en veux plus, encore. Ma bouche descend, sur ton ventre, entre tes cuisses, tes mains dans mes cheveux, me font croire que je ne suis pas novice. Il y a longtemps que je n’ai pas festoyé de toi, j’ai faim.

Défi du jour: Festin





Juste Go

19 08 2014

Je ne sais pas si c’est parti de la théorie du verre à moitié plein, ou celui à moitié vide. 1 2 3 Go, ça débute, ça démarre, ça commence, ça recommence. 3 2 1 Go… ça termine, donc ça débute, le début de la fin, la faim du début, la passion d’avant, celle d’après, celle pour qui on ne recommencerait jamais. C’est dans la course, 3 2 1, qu’on commence le sprint. C’est dans la peur, où il faut se lancer, 1 2 3 Go. J’ai peur. J’ai peur que ça commence, parce que je sais qu’un jour ça s’arrête. Ça s’arrête toujours, 3 2 1, mais ça ne commence pas toujours. Des fois ça fait juste tarder, des fois on devient attardé, on a envie d’y aller, vaincre la peur, juste risqué. Je te vois marcher, 1 2 3 Go, je te rattrape, je t’embrasse, simplement parce que c’est de ça que j’ai envie, c’est de toi que j’ai envie. 3 2 1 j’y vais pas, que penseras-tu, et les autres dans la rue. J’ai toujours envie d’y aller, je veux voir demain, je vois voir la fin. Je m’interprète des sous-titres d’un film sans titre, un film sans mot où seul l’amour était sur l’écran, live en noir et blanc. Il n’y a pas de 3 2 1 sans 1 2 3, ça doit commencer, prendre forme prendre ma main, prendre son pied, prendre la poudre d’escampette, prendre son mal en patience pour finir par prendre son trou. Il faut que je me lance, encore, une fois, seulement, pour voir, encore, ou pas. J’ai envie, j’ai l’impression que le temps passe, que dans l’espace il ne reste que de petite particule éparse de toi et de moi, je sais que c’est là, j’y touche parfois de tes yeux fiévreux, sensibles, où les mots qui sortent de ta bouche sont asynchrones avec ce que tu dis de tes yeux. C’est bien une ligne de départ, 1 2 3… où vraiment on s’en va?

 

Défi du jour : 1-2-3 Go





Pas bien

18 08 2014

Je ne me sens pas bien du tout. Ça fait quelque temps déjà, ça commencer depuis toi. Je crois que c’est ce soir, ce premier soir où je t’ai vu, en dehors du bureau, en dehors du terrain commun, en dehors d’une vie qu’on partageait en silence. Je sais que c’est moi qui ai approché, peut-être de trop près, peut-être trop vite. Puis j’ai reculé, par peur. Puis j’ai avancé parce que je voulais. Pendant que je titubais, où bien avant, je n’aurais pas du aller à la toilette, je n’aurais pas du te laisser celle avec mon verre, ma vie entre tes mains. Quand je suis revenu, tu n’étais même pas partie, tu aimes me voir souffrir, il faut croire. Tu m’as regardé, droit dans les yeux et pendant que je finissais mon verre, j’ai eu ce frisson qui me parcourut tout le corps, je savais qu’il en était fini de moi. Tu m’as regardé, j’ai eu envie de t’embrasser, là, sur le champ, sur mon banc, d’un mouvement qu’on qualifierait de violent, je me suis levé, je crois qu’il faudrait s’en aller. Bise, au revoir, embarque dans mon char, j’ai envie de te voir encore. Que m’as-tu fait, qu’as-tu mis dans mon verre? Ça devait être très puissant, car même avec tout ce temps qui passe, même avec cette distance, je ne peux, encore et toujours avoir envie de te voir encore.

Défi du jour : Poison





Veuillez céder

17 08 2014

J’ai vu qu’ils s’étaient mis ensemble, des années plus tôt, pour que tout cesse. Ça fera bientôt cinquante ans que les gens peuvent tuer leurs enfants et s’en sortir indemnes. Ici, c’est encore possible, quelques années, on les remet sur le plancher des vaches, on les prend en pitié, on les excuse. Je ne suis pas père, je ne suis pas mère, je suis un simple être humain qui ne comprend rien, peut-être bien. J’ai parfois du mal à comprendre, j’ai parfois le couperet facile, mais plusieurs têtes je ferais rouler. On amnistie les tueurs, en guise de pardon, pardon d’avoir volé la vie d’innocent, dont ils ont été reconnus coupable. Ma mère dit souvent que la vie c’est un présent, qui se vit maintenant, comment peut-on récompenser en graciant l’homme qui a tenu le couteau, le fusil, l’oreiller. On leur laisse la place, dans les prisons, dans nos vies, dans les rues où devraient courir nos enfants. Qui sommes-nous pour juger, qui sont-ils pour tuer. Vivent-ils de remords? Vivent-ils? Le 26 juillet 1976, ils ont aboli la peine de mort au Canada, protégeant beaucoup trop de criminels au profit des innocents. Aujourd’hui en 2014, il est rendu pratique courante, de baisser les yeux quand quelque chose ne nous plait pas, on a aboli de droit de se tenir la tête haute pour des convictions qui peuvent semblées barbares, mais qui sont bien souvent basées sur l’amour de la liberté de penser.

Défi du jour : Abolisionnisme





Ça sonne comme

16 08 2014

Ça sonne comme une mélodie déjà entendue. Le silence. Le temps passe, il se fait sentir. Le même silence qu’autre fois, sans ta présence. Avant le silence n’était pas accompagné de solitude, c’était différent, c’était quand même un peu bruyant ce silence. Ce n’est pas le même silence, c’est un silence qui sonne comme le départ, l’éloignement. Le bruit qui disparait doucement. J’ai tenté par tous les mots de chasser tous mes maux, mais en vain. Je sais que c’est la fin.

 

Défi du jour: Ça sonne comme





Noir rouge jaune

15 08 2014

J’ai mis le ciré que tu m’as acheté. Tu sais le ciré jaune, trop jaune, mais dehors il fait noir, ce n’est pas très grave. Je l’ai mis avec le pantalon assorti, toujours pratique pour ne pas être trempé. Malheureusement, je n’ai jamais trouvé de bottes qui complèteraient ce trio, j’ai choisi donc des bottes noires, en caoutchouc, on repassera pour le confort, mais je n’ai pas les pieds trempés quand je sors. Je ne dors vraiment pas, je décide donc d’aller marcher, la nuit, les gens me trouvent étrange que je leur dis, mais il ne me voit pas, c’est la nuit. J’ai mis le capuchon, pour voir l’air encore plus ridicule et mes lunettes fumées pour passer inaperçu, mais il fait noir, peut de gens marchent la nuit. Je regarde une dernière fois dans le miroir, j’ai l’air ridicule, jaune et noir, mais je suis pratique. Je descends rapidement les quatre marches de l’escalier et je me mets en route pour nulle part. Je marche rapidement, je fais du bruit de caoutchouc. Je me demande si je tombe, si je vais rebondir, mais je marche. Quand je suis assez loin, je ralentis, je prends un peu plus mon temps. Je sais que tu rentres bientôt, tes pas se reconnaissent de très loin. Je crois que ce coup ci je vais t’attendre, le village est tranquille et les maisons sont si distancées, pourquoi je ne suis pas en ville. Ça serait moins difficile de trouver quelqu’un avec qui vivre, se marier. Je vais te marier ce soir. Ma pelle, qui épouse ton visage, jumelage parfait. Ce n’était vraiment pas nécessaire de me crier de te laisser tranquille sur les marches de l’église hier. Je sais, c’était la 263e fois que je te demandais pour sortir, je les ai toutes notées. Hier tu m’as ridiculisé devant le village, aujourd’hui, je m’assure que c’était la dernière fois. Quand tu m’as vu apparaitre, tu ne savais pas que c’était moi, même si tu as prononcé mon nom, qui pourrait me reconnaitre ainsi. Je ne t’ai pas laissé le temps de t’approcher, à distance de pelle je me suis élancé, quelle belle mélodie, je l’ai senti au bout de mes doigts, je n’ai pas pu m’arrêter, j’ai composé une symphonie, la pelle et la belle, j’étais le créateur de ta douleur, je me suis arrêté quand tu as fini de te plaindre, decrescendo de couinement. Je suis reparti en te laissant là. J’ai repris ma marche rapide, j’aurais aimé qu’il pleuve, tu m’as vraiment éclaboussé, tu aurais pu faire attention, mais j’avais prévu le coup. C’est comme avec tes mots, maintenant ils ne m’atteindront plus. Je suis rentré rapidement. Je me suis regardé dans la glace, noir, rouge et jaune, vraiment ridicule.

Défi du jour : Imperméable





Comme prévu

14 08 2014

 

Dehors, le ciel s’assombrit, il choisit bien son heure. Je sors sur le balcon, m’assoir un peu, comme je le fais à cette heure à l’habitude ou quand il pleut. Sur ma chaise, j’attends, je sens le vent qui sent déjà la pluie, apportant les gros nuages gris avec lui. Tout ce passe très rapidement, la lumière est parfaite, un sombre clair, j’adore la pluie d’été. Quand le ciel se déchire, cela ne prend que quelques instants avant que l’averse ne mouille le bitume, le trempe, lui donne cette odeur humide, puis l’odeur du gazon, c’est agréable. Comme prévu, il pleut, comme prévu, au loin j’entends les castagnettes affolées de tes sandales préférées. Je t’entends toujours avant de te voir, je sais avant de te voir que c’est toi, je te sens dans l’air humide, je te désire de façon timide. Quand tu fais ton apparition dans mon champ de vision, mon coeur déjà emporter est soulagé de confirmer que je ne m’étais pas trompé, je ne me suis jamais trompé à ton sujet. Ta petite robe, qui laisse paraitre ta chair mouillée m’ensorcelle. Un début de poitrine, ton cou fin, tes bras délicats, le tout arrosé par la pluie qui colle tes vêtements à ta peau, c’est beau. Arrivé devant moi, tu te retournes brusquement dans ta course, tu me sais là, mais tu traverses chaque fois pour rentrer chez toi, disparaitre derrière ta porte, me laisser à mes rêves, à moi qui te désire en silence, dans la noirceur d’un orage d’été. De l’autre coté, je vois la lumière s’allumer, le contraste de clarté fait que je te vois par la fenêtre, te débarrasser de cette robe soleil, maintenant rebaptiser pluie. Pourquoi me laisses-tu voir ton corps, pendant que le tonnerre frappe encore, tu sembles même effrayer, et le rideau tu viens fermer.

 

Défi du jour : Par la fenêtre