Partir

13 08 2014

J’en ai assez, je vais finir par partir à sa recherche, ce n’est pas la première fois qu’elle me fait ça. Elle m’enlève tous les hommes que j’aime, depuis que je suis toute petite. C’est vraiment injuste, je ne peux pas accepter cela, mais qu’est-ce que j’ai donc fait? Trois fois, trois hommes, trop fois trop de douleur. Mon père, petite, n’était que mon père, l’amour inconditionnel paternel. Parti si vite, pourquoi? L’homme de ma vie, vie partagée de quarante ans, il me manque terriblement. Je devais partir avant lui, il était plus fort, mais qui a décidé du sort? Tant d’années partagées, tant de souvenir, de réalisation, je l’aimais, il ne devait pas partir, il m’a laissé seule ici, pourquoi je ne suis pas partie avant lui? Il n’avait pas le droit de me faire ça. Aujourd’hui le temps passe, mes ses souvenirs me hantent, où est-il, c’était l’homme de ma vie. Aujourd’hui, je vois disparaitre peu à peu un autre homme que j’ai aimé, la mort l’arrache doucement d’entre mes doigts. Je crois que je deviens immunisé à ce châtiment, est-ce le but vraiment? L’homme de ma vie est parti, de qui puis-je bien m’occuper chaque jour de ma vie, mes enfants volent de leurs propres ailes et moi je suis là, parce que l’homme de ma vie m’a quitté au moment où tout semblait se placer. J’aurais tant aimé vivre vieille entre ses bras de fer. J’aurais temps aimé qu’il me tienne la main, un jour sans lendemain.

 

Défi du jour : Deuil





Loin

12 08 2014

Je me suis ouvert les yeux, j’étais immobile, paralyser. Il y avait autour de moi une certaine odeur de souffre. J’étais paralysé, mais je sentais, je voyais autour de moi des choses étranges. La pièce était de forme non définie, comme une grotte. La lumière était sombre et ambrée. J’étais entubé par le nez et la bouche, c’était inconfortable, je ne pouvais pas parler. Je savais que je n’étais pas dans un hôpital standard. Rien ne m’était familier ici. Mon corps était rempli d’oxygène, c’était frais, j’avais l’impression de ne pas avoir à respirer. J’étais paralysé, mais je sentais tout, tous mes sens étaient en présent, bien trop présent. Sur une table près de moi, des instruments que je ne voyais pas tout à fait bien, d’autres tubes, d’autres outils, des lames, des pinces, pour ce que je pouvais croire en être, je liais à ce que je connaissais ces outils qui m’étaient pas familier, qui m’effrayaient de plus en plus. Seul dans cette salle, la panique commença à m’envahir. Mon coeur se mit en déroute, je ressentis une certaine sensation sur ma poitrine, une sorte de plaque y reposait, mon coeur avait repris sa cadence. Je ne pouvais même pas m’énerver en paix sur cette table qui me glaçait le dos. Je me suis mis à penser à plusieurs scénarios, on m’enlèvera mes reins, on me vendra au marché noir, en pièce, semble qu’il y a un marché pour ça. Sinon je suis vraiment à l’hôpital, mon esprit est déphasé, simplement. J’ai eu un grave accident, je dois avoir bu et conduit, ou encore pire, une autre personne a bu et conduit et m’a mis dans cet état. Ça ne fait aucun sens, mes idées sont claires, je peux bien remarqué.

Le temps passe, je suis toujours seul, seul avec mes pensées, je pense à ma mère, ma soeur, mes neveux et nièces. Je n’ai qu’eux. Mon père décédé 10 ans plutôt me manque. Sa simplicité dans la façon de voir les choses. Ma grand-mère qui m’aimait tant, vivante, souriante, chantante. Mon grand-père qui m’amenait chez Woolco, qui m’achetait un Silly Putty, qui me durait quelques heures, le temps que j’imprègne trop de journaux et qu’il devient sale et difforme. Le repense à cette solitude qui m’habite en ce moment. Je repense à toi, toi au sens large, l’amour de ma vie, que j’ai retrouvés dans plusieurs visages, que je n’ai jamais réussi a gardé, par peur, par épuisement de l’amour avec le temps. Puis je m’endors.

À mon réveil, des ombres, sur le mur et le plafond. Comme il est inconfortable de dormir en se sentant observer. J’entends deux voix, peut-être trois. Je reconnais les voix, mais c’est impossible. Je prends le temps de me réveiller comme il faut, la plaque sur ma poitrine me fait regagner rapidement une cadence cardiaque adéquate. Les voix se précisent, il y en a deux, trois ombres, mais deux voix que je reconnais du moins, que j’associe avec le passé. J’aurais envie de crier, de les interpeller, mais le tube enfoncé dans ma bouche empêche tous sons de sortir. J’enrage simplement au fait de me voir clouer là, sans pouvoir rien faire. Je ne peux même pas tourner la tête. Les ombres s’approchent de moi, comme si elles savaient que je voulais voir. J’ai vu. C’était bien eux, mon père, ma grand-mère, mais c’était impossible, ils étaient morts depuis trop d’années. Étais-je mort aussi? Une main froide se posa sur ma tête, une main dont je connaissais le poids, une main apaisante, réconfortante. Je regardai devant moi, une autre main qui s’étira dans la lumière, une lame brandie au-dessus de mon corps qui descend avec violence…

 

Défi du jour: Hier sur Mars





Prends-en soin

11 08 2014

Je te le laisse, je sais que tu es capable de t’en occuper. Pour moi ce n’est pas la première fois et je sais que toi aussi tu l’as déjà fait. Quand c’était pour deux ou trois jours, je ne m’en préoccupais pas trop trop, dans bien des cas, quand je revenais à la maison, rien n’avait été vraiment secoué. Aujourd’hui en vieillissant, on dirait que je n’aime plus ça partir juste pour une petite période de temps, on dirait qu’on n’a pas le temps de tout voir, de tout explorer, de bien connaitre tout ce qui se passe autour. Je sais que dans le passé, j’ai pris des chances en le laissant à d’autres. Je te dis, la dernière fois il m’est revenu dans un bien piteux état. Pourtant pas besoin de grand-chose, c’est un peu comme une plante, mais sans l’eau. Je pense en fait que l’eau serait une bonne façon de t’en débarrasser, en fait je te le dis parce que je n’en ai pas trop peur, je te fais confiance, sinon je ne te donnerais pas ses faiblesses sur un plateau d’argent, en fait je les cacherais, tu les trouverais peut-être par toi même avec le temps, mais tout dépend du temps. Quand il est revenu la dernière fois, ça a pris des semaines, voir des mois avant qu’il redevienne ce qu’il a déjà été. Je ne suis même pas sur par moment qu’il n’est pas encore un peu sensible à certains endroits. Pourquoi je te l’apporte? Simplement parce que t’es quelqu’un que j’apprécie beaucoup, tu sais, je crois qu’il peut même finir sa guérison entre tes mains, elles ont l’air douce, puis depuis que je te connais, tu sembles une bonne personne dans l’ensemble. Je pense que tu sais de quoi je parle, je sais que le tien aussi a été malmené dans le temps. Je pense qu’on peut peut-être guérir ensemble, je pense que c’est peut-être une bonne idée. Je pense qu’on peut peut-être prouver à l’autre que c’est possible, que ça existe, qu’il est vrai que le passé n’a rien à voir par rapport à ce que toi tu vas lui faire vivre. Tu sais, des fois il est un peu peureux, il a peur pour rien, en fait pour rien avec toi, je crois simplement que c’est un vieux réflexe, qu’il n’a pas encore perdu, dans ce temps là t’as juste a y donner un peu plus d’attention, ça passe habituellement assez facilement. C’est vrai j’oubliais une chose, jusqu’à quand? Tu sais, quand je laisse mon coeur entre les mains de quelqu’un, j’essaie de ne pas y voir de fin.

Défi du jour : Confiance





Pousse pas ta luck

9 08 2014

Je te l’ai dit que je ne croyais pas à ça! Là t’es fâchée après moi, c’est juste du sel sur la petite table en bois de ta grand-mère. Regarde-moi s’il te plait. On n’est pas obligé de croire aux mêmes trucs, du moins pas tout. Moi le vendredi 13, ça m’a toujours été chanceux, toi tu ne voulais rien savoir, tu te souviens comment on a discuté, seulement pour notre premier baiser, toi tu voulais attendre après minuit, moi, je t’ai menti quand tu m’as demandé l’heure. Aujourd’hui, ça fait 7 ans qu’on est ensemble. On a toujours les mêmes discussions sur des riens qui ne finissent plus. Probablement qu’on n’en serait pas là si je ne t’avais pas menti, probablement que je serais déjà parti, que je n’y aurais pas cru à cette relation. Pendant que moi je crois que ça me porte chance, tout le monde dit le contraire. Je fais quoi moi avec ça? En plus de regarder dans les yeux quand on fait les cheers, ne pas briser de miroir, même quand je suis saoul, lancer du sel par-dessus mon épaule après en avoir échapper sur ladite table, après que t’ai fait le ménage. Je sais plus moi ce qu’il est bon de faire. Marché sur des oeufs, ça porte malchance ou pas?

 

Défi du jour : Superstition





Harakiri

9 08 2014

Je me suis fait harakiri. Y parait que quand on fait ça, habituellement on souffre beaucoup, pour un court moment si c’est bien fait, puis ça passe, c’est les autres qui souffrent de notre absence. Ici, c’est un peu différent, je me suis planté un sabre dans le coeur, en espérant que ça ne fasse plus mal, mais on dirait que ça ne cesse plus, ça élance, ça brûle, rien n’y fait. J’ai l’impression que je n’avais pas la bonne lame, que je n’avais pas la bonne méthode, je crois que je ne savais vraiment pas ce que je faisais. Je ne sais pas s’il faut que ça arrête de faire mal à moi pour faire mal aux autres, mais ça, personne qui s’est fait harakiri ne peut vraiment en témoigner. Aujourd’hui, depuis des semaines, la seule chose que je sais, c’est que j’ai mal. J’ai mal en ton absence, j’ai mal en ta présence. Je te regarde dans ta robe, j’ai envie d’y mettre mes mains. Je te regarde dans ta robe, et je te trouve belle, précieuse. Je n’ai pas décidé de mettre fin à nous parce que je ne t’aimais pas, je crois que j’ai décidé simplement par peur, parce que je ne pouvais pas être rassuré comme je l’aurais voulu. J’ai essayé, pourtant, j’ai attendu, longtemps, j’aurais souhaité, un instant que ça vienne de toi. Aujourd’hui, l’épée au coeur, je saigne ma vie, je souffre toujours un peu, chaque moment n’est pas mieux, c’est toujours toi que je veux, mais j’ai commis un suicide amoureux.

 

Défi du jour : Suicide





Aux objets perdus

7 08 2014

J’ai su que t’avais perdu quelque chose, je ne l’ai pas, je te le confirme. En passant, j’ai vu que tu la portais pas plus tard qu’hier. Je ne sais pas si c’est toi simplement qui est aveugle, mais je te confirme que tu la portes toujours. Peut-être tu l’as oublié ailleurs, tu as regardé dans la glace? Par contre, j’ai trouvé beaucoup de mots, ce ne sont pas les tiens, je le vois juste à les entendre. Je suis sur que dans ta bouche ils sonneraient faux, comme une guitare entre « les mains » d’un manchot. Je sais que t’en cherches plein, peut-être que tu n’en as pas besoin autant. Des fois deux ou trois bien simples font l’affaire, rien de plus, moi je sais en tout cas que ça me contente grandement. Je crois simplement qu’il y a une différence entre trois mots et le silence. J’aime les deux, mais parfois, j’ai peut-être un espèce de désir délinquant de vouloir briser les choses de temps en temps. Le silence, c’est mon préféré, même si c’est ce que j’ai perdu depuis quelque mois, ça doit être pour ça que j’ai trouvé autant de mots. C’est tellement bruyant, même les bouchons ne font rien, un son écho, un son toujours de trop. On est peut-être jamais satisfait, tu sais, sauf que depuis que j’ai perdu l’envie. Celui de boire, celui de m’amuser, celui de baiser, toute mon envie, tu l’as vu? C’est étrange, je ne croyais pas que l’insatisfaction et l’envie faisaient ce genre de ménage. T’aurais pas vu mon envie? T’es sur? Moi je crois que tu l’as vu, car chaque fois, je le vois un peu en toi.

 

Défi du jour : Objets perdus





L’an passé

7 08 2014

Je me souviens plus d’où c’est parti. La conversation allait bon train, on se racontait pas mal n’importe quoi sur n’importe quoi. Pour moi sa semblait banal, une conversation légerte, quand tu me ragarder pour me dire, viens pas de plaindre. Je me souviens bien c’était dans la cafétériat, je crois qu’on parlait de vacances, j’avais peut-être l’air dépasser par le fait que je ne sais pas où partir, que j’ocie entre deux ou trois choix, sur deux ou trois continents. Je sais pas si ça sonné comme une plainte, mais je te jure que si j’avais à recommencer, je crois que je choisirais d’autres mots. Quand tu m’as envoyer ces mots, tu avais les yeux plein d’eau. Je suis pas curieux de nature, mais quand t’as dit, tout de suite après que toi tes vacances commencaient jeudi prochain, que ça faisait un an déjà, que c’était difficile, j’ai au départ cru que c’était tes vacances précédentes qui était un peu loin. J’ai demandé, à tout hasard, qu’est-ce qui faisait un an, parce que tu sais, même après un an, peu de gens ont cet tristesse autant dans le regard et autant d’amertume dans les mots. Tu as commencé à me raconter ton histoire. Après ta première phrase, ça a raisonné très fort dans ma tête, « Viens pas te plaindre », car des fois on enlève le contexte collectif pour ne regarder que notre petit bout de nombril. Tu sais, ce n’était pas vraiment ma faute, tout est relatif comme on dit, je pouvais pas savoir et que probablement avoir su, j’aurais peut-être juste pas parlé. Tu peux en même temps pas m’en vouloir, tu peux pas m’en vouloir d’être seul et de me chercher quelque chose à faire. Toi, t’as une femme, qui t’aime. Moi je cherche simplement à vous épargner mon malheur, à l’apporter loin de vous, de tous, je suis pas non plus en train de dire que je suis complètement malheureux là. Je peux comprendre que tu ne peux pas comprendre, probablement que ta charge est difficile à porter, peut-être plus difficile que la mienne, en fait je souhaite ne jamais faire de transfert de poids avec toi. J’imagine oui, que c’est pas plus facile pour ta femme, elle est prise là dedans, elle aussi avec toi, c’est probablement autant plus difficile pour elle. Dans la vie on cherche souvent nos mots, les tiens m’ont fait réfléchir sur mes plaintes inutiles, j’ai tellement plus à apporter, probablement même à toi. Tu sais, quand tu m’as dit que t’avais perdu ta petite fille de 18 mois l’an passé, j’ai vraiment laissé petit bobo derrière moi pour t’écouter, pour être là pour toi, pour les autres.

 

 

Défi du jour : Viens pas te plaindre





L’usure

5 08 2014

Je m’ouvre les yeux, doucement. J’ai cette pression sur la poitrine, chaque matin. Je dors sur le dos, depuis toujours, même si on me dit que je ronfle depuis que j’ai trente ans, je continue. Cette pression sur ma poitrine, les deux yeux noir et or, le premier miaulement à la découverte que je suis aussi éveillé, Soprano. Je caresse doucement sa tête de ma main tremblotante, il roucoule, il ronronne, il en redemande. Doucement, il se déplace, son visage est fatigué, quinze ans que l’on a passés ensemble, il n’est plus aussi gras qu’à l’époque de ses 4 ans. Probablement ma plus longue relation à deux, lui et moi, on se suit. Je déplie machinalement la couverture qui recouvrait mon ventre gras, je m’assois sur le bord du lit, comme le faisait mon père chaque matin avant de démarrer sa journée. Je déplie mon genou avec la douleur qui lui revient, sauté dans le sable, sur la plage, avoir l’air sportif, c’est le prix à payer pour avoir eu tant de fierté. La matinée est toujours un peu lente, elle me suit, comme le chat. Déjeuner sur la galerie, toilette, je m’habille avec la souplesse d’un spaghetti non cuit. J’ai ma routine. J’ai gardé les croutes de mes toasts, je ne suis de toute façon pas capable de mâcher dorénavant. J’ai tenté de partager mon bacon avec Soprano, mais il n’en veut toujours pas, quinze ans qu’il s’obstine à ne pas le manger. Peut-être veut-il simplement me le laisser. Je sors pour le parc, pendant que le chat se couche sur un sac. Je marche lentement, dans le quartier, tout le monde me connait, j’y suis depuis presque toujours, eux aussi. J’ai vu des familles se dissiper, des gens mourir, j’ai vu les enfants de ses gens se marier, j’ai vu la tristesse sur leur visage, le bonheur d’avoir leur propre enfant maintenant. Dans le parc, je m’assois sur un banc, mon chapeau noir pour me protéger du soleil, je lance aux oiseaux le reste de mon déjeuner. Je repense ici à ma vie, mes amours, je ne suis pas triste. J’ai cette nostalgie des doux moments vécus, je m’ennuie. Je repense à la famille, à ma famille, celle que je n’ai pas eu aussi. Je tente difficilement de lire mon journal, les foyers ne suffisent plus, je regarde surtout les images. J’entends des pas qui s’approche de moi, une joggeuse, magnifique brunette, un corps splendide, elle accourt vers moi. Je me souviens tout à coup de cet âge où je n’avais pas peur qu’une femme coure vers moi.

 

Défi du jour : C’est là que je me suis senti vraiment vieux/vieille





C’est parce que

4 08 2014

Je ne t’ai pas appelé hier. Je sais le jour d’avant non plus. Ouais, je sais ça fait déjà trois semaines que tu n’as pas eu de mes nouvelles. C’est comme ça tu sais. C’est moi en fait, qui est comme ça. Je marche par phase. Intense. Une à la fois. Comme là, je suis en mode rien. Je ne donne pas de nouvelles, même à ma famille. Tout me pèse, je fais les choses par nécessité. Même, t’écrire en ce moment, ça me prend vraiment tout mon petit change. Je n’ai pas envie d’écrire, je n’ai pas envie de dormir. Je fume des cigarettes, ça passe le temps quand c’est la nuit et rien ne se passe. C’est comme un peu ma vie, rien ne se passe. Je m’arrange pour que rien ne se passe. Y parait que si on ne fait rien y nous arrive rien, je te dirais que ça marche. Je sais même plus ce qui se passe dehors, je n’ai surtout pas envie de le savoir. J’ai allumé la télé, en fait je ne l’ai pas éteinte, une chose de moins à faire, le son est juste assez faible pour que je m’endorme, juste assez fort pour éviter le silence. Dans ma tête, c’est un peu ça, le silence. Ça tellement fait de bruit quand elle est partie que là je peux juste endurer le silence. J’attends que ça passe un peu, doucement, un souvenir à la fois. On dirait que ça, ça ne marche pas. On dirait que je suis immobile, que j’attends, que je n’ai envie de rien, que je n’ai même pas envie de me réveiller, c’est pour ça que je ne me couche plus, du moins pas dans mon lit, une pièce de moins à voir, une pièce de moins dans mes souvenirs. Ma chambre, notre intimité, le sexe, cette chambre. Tant de souvenirs qui ne s’effacent pas. Même mes draps qui après 3 lavages sentent encore ton ombre. J’ai décidé d’arrêter de me laver, parce que je n’ai plus de savon, que je n’ai pas envie d’aller en chercher, je finirai toujours par être sale dans des draps sales. Je n’ai pas envie que tout s’arrête. Je devrais passer à autre chose, penser à autre chose. Je devrais partir, une semaine, un mois, un an, juste loin ça suffirait, loin et longtemps. Mais plus j’y pense, plus je me dis que ça me tente pas que tout ça disparaisse.

 

Défi du jour : Ça me tente pas





Ce soir là

3 08 2014

Et si on s’était rencontré ce soir-là. Ce soir où je t’attendais, billets en main, tête dans les nuages, je ne savais même pas à ce moment ce que tu faisais comme travail, mais j’y étais déjà. Je ne crois pas que toi et moi, le couple, toi et moi, ça aurait fonctionné, toi trop belle et moi trop solitaire. Même mon nom, destiné à l’avant du bateau ne serait pas pour toi une façon de poser pied à terre. Ça aurait fait tellement de vague, mais j’y ai souvent pensé, tête reposer, après t’être pardonné d’avoir laisser mon honneur sur le bord d’un trottoir de la Main, je suis un peu comme ça, aucune rancune. C’est drôle comme la vie, nous ramène les gens qu’on a vu, fréquenté, que même aujourd’hui, après tant d’années, on discute encore toi et moi, de chose qu’on aurait surement discuté. C’est fou, le temps qui sépare les gens qui ne séparent jamais non plus. As tu déjà compris pourquoi on est encore là, toi et moi. Ça serait pourtant si simple, mais je crois que le temps t’as blasé face à moi, celui à qui tu avais demandé le numéro, dans le temps tu te rappelles, un soir d’été. Aujourd’hui tout est bien loin, tout est bien fini. Je te conseille de grand-mère alors que je te dis que tu es incroyable. Le temps a passé et certaine chose le temps ne change pas. On est encore là, à ne pas regarder le même horizon parce que c’est plus facile comme ça. Je souhaite peut-être qu’un jour, ma patience ait sa récompense.

 

Défi du jour: Récompense