Je rêve parfois…

1 06 2014

Je rêve parfois de me réveiller dans tes bras. Ton coeur, ton corps ne répondant qu’à mes mouvements, lentement, doucement. Je rêve parfois que tu m’acceptes comme je suis, comme j’accepte ce que tu suis, ce que tu es, ce que tu veux que l’on soit. Je rêve parfois, que ce soit la première fois qu’à nouveau tes lèvres se déposent sur les miennes, que ton corps tu ne retiennes, de ne faire qu’un avec moi, te souviens tu de la première fois? Je rêve parfois, seulement pour un moment, que je trouve celle qui s’approche de moi, doucement, en se foutant du temps, du printemps, un doux moment, près de mon ouïe, j’entends les mots qu’elle me dit. Je rêve parfois, par moment, par étape, car tout ne peut arriver en même temps, il faut savoir se donner le temps. Je rêve parfois, d’aller chez le libraire du coin, faire le tour de tout le magasin, et de me retrouver là, sous tes yeux, simplement parce que c’est toi qui m’inspires et que j’ai eu les mots pour le dire. Je rêve depuis toujours d’avoir les enfants que j’aimerai d’amour, que je n’ai jamais eu, de tout ce temps que j’ai perdu. Je rêve d’avoir les deux pieds dans le jardin, d’avoir les rides sur le visage et les mains, de sentir la terre et sa moiteur, puis ta présence. Je rêve encore, d’avoir les pattes d’oies sur le coin des yeux, parce que tu m’auras trop faire rire, tu le sais que tu le peux. Je rêve de mourir en paix, dans l’amour de ceux qui me sont près, en sachant que lorsque je fermerai les yeux, tu me diras doucement… je t’aime mon vieux.





Ta peau, ma belle

1 06 2014

Quand ta peau m’appelle, je ne réponds plus de moi. Mon âme au diable pour une parcelle de toi. Mon être ne se pose plus de question, mon corps penche dans ta direction. Je dérive, dans ta direction pour ne pas te perdre de mon champ de vision, ton être que je dévorerais tout rond. Accrocher à ton sourire, ne penser que jamais son image ne va s’affaiblir. Hier j’ai rêvé de toi, tu revenais doucement vers moi. Je n’ai pas perdu tout ce qui était, tout ce qui sentait, tout ce que je vivais avec toi. Je me suis réveillé, les yeux mouillés, car tu n’étais plus là. J’ai rêvé, j’ai cru, j’ai souhaité encore et toujours ce mot, ce mot de toi tant de fois, ce mot dit maladroitement, parce que l’alcool t’avait fait autrement, sorti comme d’un rêve, est-ce la réalité ou mon imagination. Mais ta peau ma belle, la mienne s’ennuie de toi, son contact si soyeux, la chaleur que tu dégageais pour moi. Ta peau ma belle, l’image que j’en ai me garde avec cette sensation, de vivre encore un peu, de vivre pour de bon.





Le sacrifice

25 05 2014

J’ai marché, droit devant, sans comprendre vraiment pourquoi. J’ai marché en attendant d’atteindre ce que je voulais pour toi. J’ai mis pour une dernière fois, mon masque de quidam, pour disparaitre en silence, pour te laisser cette chance. Encore une fois, sans savoir vraiment pourquoi, l’évidence s’est présentée, le temps d’une danse, le temps d’oublier, de m’étourdir et de t’aimer. Mes pieds ne touchent plus terre, mais je dois me taire. Un sacrifice de fou pour encore te plaire. Une illusion nocturne, qui est qui, les mensonges sont toujours les mêmes et ils les entretiennent, non par amour, mais par habitude. Je veux du vrai, je veux, toucher le coeur de mes doigts, sentir cette chaleur qui lui font perdre sa cadence, je veux dormir près de toi. Demain ne sera différent en rien, car le silence règne, comme ce roi muet qui me pointe du doigt, ordonnant au bourreau de laisser tomber la lame sur mon cou, mes yeux rivés sur ce dernier, mes yeux rivés sur ma propre image.





D

19 05 2014

Délire divin de désirer la douceur de tes doigts descendant mon dos. Dormeur disloquer depuis déjà cette date distante. Diplomate disparu ou discret, je décide de diverger doucement. Docile divisé, je dois me divertir, mais je ne désire, ni la drague ni la drogue, seulement cette distance des discours directs. Pas de disputes, pas de direction, je reste diffus dans cette digue. D’ici devenir digne, directe et diligent, je dois dormir, doucement, dans la douleur des démons diaphanes. Dis-moi, déesse désirable, d’où vient cette désinvolture délirante à déserter mon domaine. Déséquilibré, désarmé, dénudé, je suis disciple désillusionné qui danse distraitement devant les dunes désertiques dehors. Démence distrayante, délire désordonné, je ne demande pas davantage. Je me dandine dans ce dédale diabolique et que daigne dire les décideurs, demain sera différent. Je déambule depuis le débarquement, le dard débandé, d’amour désillusionné. Je me débats comme un débile qui déblatère d’un dialecte différent. Dire, donner, désirer, un début délirant, mais disparu. Debout, débraillé me sentant délaisser, délirant sur le divan depuis mes déclarations. Deuil, d’un décès difficile, divagant d’un délire défectueux, déclin décousu, destin dissipé, mais non-disparu. Le décor distordu d’une déconfiture douloureuse, dure, démodée, je démissionne.





Tourbillon fait maison

17 05 2014

Je me souviens, lorsque j’étais petit, ma mère utilisait souvent le lavabo de la salle de bain pour y faire tremper des trucs; bas, brosse, peu importe, le souvenir que j’ai est plus lié à la fin du processus. Quand le trempage était bien terminé, que les items avaient été retirés et que ma mère tirait sur la petite chaine qui tenait le bouchon du lavabo bien au fond, c’est là que la magie se produisait. Par chance, les tuyaux où j’habitais étaient toujours un peu bouchés, ce qui retardait le vidage du lavabo, ce qui accentuait l’effet qui me gardait, les deux mains bien accrochées au lavabo pour ne pas y passer, les yeux bien rivés sur le tourbillon qui aspirait tout ce que le lavabo contenait. Le mouvement qui s’entamait était plutôt lent, au commencement, puis s’accélérait à chaque tour que les débris faisaient, qui tentait de s’accrocher à chaque tour à l’espace auxquels ils n’appartenaient même pas, n’ayant pas de port d’attache, de point d’appuis, de pied à terre. Mes yeux s’accrochaient eux, à un de ses objets flottant non identifiés, effectuant les mêmes ronds que lui, créant ce lien éphémère durant cette spirale aux enfers. Mes yeux ne lâchant pas un moment, tant qu’il ne disparaissait pas dans le grand trou noir, mes mains s’accrochant avec espoir, de le sauver, de m’en sauver. Puis déception, moi toujours accroché, lui disparaissant, me donnant autre choix que d’accrocher mon regard sur une autre parcelle d’espoir, ne comprenant jamais vraiment pourquoi je m’acharnais chaque fois à obtenir le même résultat, à recommencer, encore et encore, jusqu’à ce que le tout soit vide, que déçu, mais sans plus, je parte doucement m’occuper à autre chose que font les enfants. Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que c’était peut-être un message, ce tourbillon fait maison.





Pour toujours

7 05 2014

C’est arrivé un jour, comme ça, je venais d’arriver ici, ou là, qui sait, mais j’étais nouveau, c’est clair. Je faisais mes choses, comme un professionnel, comme je peux, tu sais, comme je suis. Je ne t’ai pas vu ce jour là en fait, probablement intrigué par la voix, probablement intrigué par les mots, qui sortaient, un à un, avec une précision tranchante, intelligente, professionnelle. Je suis allé me balader, te chercher, te trouver, oh oui je t’ai trouvé, je me suis présenté, émerveillé. Des fois, la peur, ça fait gelé, quand on c’est abandonné dans le passé, la passion piétinée par la déception, j’ai ralenti, arrêté, avec cette envie de continuer. Donne-moi le temps, donne-moi la chance, ai-je réagi trop tard, quand toi tu voulais faire un voyage d’une vie avec moi, que je me suis caché dans mon coin, que j’ai regretté en fin. Le temps est passé, j’avais envie de t’avoir là, te savoir là à mes côtés, comme au début, comme ce jour-là. Je te sais, je te sens, c’est viscéral, j’ai envie de toi, j’ai envie de moi, j’ai envie de nous. J’ai envie de t’entendre me dire, à l’oreille que tu souffres du même mal, que tu m’aimes du même amour, que ce jour-là existe encore. Je ne veux pas voir la fin, pour moi, quand j’ai baissé les bras devant ce que je défendais, devant moi, pour m’abandonner à toi, t’ai-je effrayé? J’ai attendu des mots, des phrases, des heures, voire des mois à espérer que toi, que tu ne viennes, que tu me dises, que tu te souviennes, de ce jour-là. Aujourd’hui, je m’accroche, je t’aime, je pense à toi, je pense à ce jour là. Ce jour-là, qui je croyais être pour toujours, encore, hier, aujourd’hui et demain, un jour sans fin où je te voulais dans ma vie, sans voir le bout, avec l’innocence de l’enfance, un mot qui est resté pour moi, pour toujours… Ce jour-là, c’est aujourd’hui, mais aussi demain.





Et si tout commençait là

22 04 2014

Et si tout commençait maintenant, pas aujourd’hui, mais hier, donc déjà commencé il y a de ça bien des années, mis en suspend, pendant dans le temps, temps d’un silence, d’un respire ou d’une vie, tout simplement vécue dans l’oubli. Si tout naissait comme la mère accouche son enfant, sans rien demandé, de nature exécuter, d’un miracle évoqué, comme ça, sans but, sans gloire, parce que c’est un peu ça la vie. Et si je me compliquais les choses, chaque jour, simplement sur le dos de l’amour, sur le dos de toi, sur le dos de moi. Me créant de vils bonheurs, d’interminables attentes, comme si tout ceci était nécessaire, comme si, investi d’une mission, je mettais mon malheur sur tout ce qui ne vient pas de moi. Comme si les autres étaient responsables de ce que l’on ne décide pas soi-même. Comme si à la base, non décider d’être là, j’étais parti du mauvais pied, attendant que tout se dessine pour moi. À l’aube d’un an qui fait mal, partout, dans le corps et l’esprit, j’investis toujours mon temps dans ce que je crois aimer le plus, m’acharner sur mes mots, mes maux. À ne plus entendre ce qui cri en moi, ce qui dort, ce qui, étouffer par mes silences meurt doucement, comme un vieux qui n’attend que le trépas. Suis-je en si mauvaise posture ou simplement, je reprends conscience de ce qui reste? N’est-il jamais trop tard?





La différence

7 01 2014

C’est tout ce qui restera, la différence. La même différence, d’avant, d’après, lorsqu’hier devient demain, un futur au passé recomposé de nom, et de faits d’hivers. Les mêmes gestes, les mêmes pensées, le même soi-même, au pluriel singulier. Faire différent, comme hier. Se laisser croire, se convaincre, se perdre dans l’instant, périr. Je l’avais, je le tenais, je le serrais contre moi de si près, de si loin, c’est ce qu’on dit. Un rêve transformé en cauchemar, une idée comme si elle était nouvelle, mais toujours cette même différence. Cette image dans ce même miroir, qui me sourit, qui me séduit chaque fois, mais que je ne connais pas. Tenter de trouver ailleurs qui est-ce, dans cette différence qui me parait nouvelle chaque fois. C’est toujours de la faute des autres, de l’environnement, de la vie dans laquelle je me trouve, cette garce sans vergogne. La différence tente, provoque, fait oublier. Quand on oublie on doit recommencer, encore, comme si hier devenait aujourd’hui, comme si demain n’existait plus, n’existait pas, n’avais jamais existé. Je me suis fait voler quelque chose, je me suis fait voler ce que j’étais. Je me suis pris au dépourvu, un matin lorsque, la tête baissée, j’ai acquiescé le coup direct au coeur. Il bat maintenant comme un cabotin que je néglige par peur de douleur. J’aime à travers l’autre qui je suis, j’aime qui je suis, je suis. Je suis seul à me demander si tout ce que je vois, c’est cette même différence, celle qui ne change jamais, celle qui devient vaine quand le temps s’est appliqué par petite couche. Je tente de comprendre, ça ne sert à rien. Spectateur silencieux devant un film dont j’ai prévu la fin sans me prévenir. Je me garde une petite surprise, pour faire différent. J’ai beau cherché, je ne trouve plus les raisons, les moments, les signes. Le début, c’est aussi un peu comme la fin, une roue nouvelle, un éternel recommencement. Je n’ai rien demandé, est-ce ma faute si? J’aurais aimé que ce coup-ci tout s’arrête, sans bruit, simplement apprécié cet aujourd’hui qui deviendra demain.

 

Sujet: Quelque chose que j’avais qui m’a été volé.





Le message

7 12 2013

J’arrivais à peine de travailler, laissant tombé mon sac, mon manteau, mes souliers le long de l’allée qui me séparait de ma chambre à coucher. Il n’était pas venu me rejoindre comme à l’habitude, c’était plutôt étrange. J’appuyai sur le « Play » du répondeur, trois messages m’y attendaient.

Premier nouveau message: Bonjour Math, c’est maman, j’aimerais ça que tu me rappelles, ça fait longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles.

Deuxième nouveau message: (voix de femme) « Comme tu verras, il n’est plus là. Si tu veux le revoir, tu dois me rendre ce que tu m’as pris. Je n’ai aucun attachement à lui, il pourrait bien lui arriver un accident si à la fin du weekend, tu n’as pas écouté ma requête. J’imagine que tu comprendras que toute signalisation à la police sera inutile. Tu sais où me trouver. »

Troisième nouveau message: *tonalité raccrochée*

« La salope… Elle n’a pas fait ça pour vrai?! » Je me rends dans le salon, cherche partout, ne le trouve pas, la télé est restée ouverte. Dans sa chambre, pas là. Cuisine, pas là. Je regarde dans la cour, aucune trace de vie. Elle me menace maintenant mettre fin à ses jours, comme ça, sans coeur. Il remplissait ma solitude et maintenant elle m’y renvoie froidement, comme ça, la monnaie de ma pièce, pièce maintenant vide.

Je m’en fais pour rien, ce n’est qu’un chat, je vais oublier tout ça. En acheter un nouveau. Je ne peux pas la laisser gagner. Elle me tient encore comme elle l’a toujours fait. Mes couilles ont l’air bien petites entre ses mains. Allez, j’arrête d’y penser. Merde. 3 ans qu’il comble le vide, le silence. Il m’attend le soir, le matin au lever, il est toujours là. Bien sûr que c’est pour manger, mais sa présence, sa seule présence m’accompagne dans le silence. Elle est encore capable de me briser.

Comment pourrais-je lui remettre ce qu’elle veut? Elle ne comprend toujours pas que je n’en peux plus, que je ne suis plus cet admirateur dans sa rue. Tout ça est passé, tout ça est terminé et elle ne veut pas le réaliser. Combien de fois, combien de mois, de mots, ai-je utilisés pour lui faire comprendre, lui faire entendre que c’est cette histoire est effacé. Non. Elle me veut encore à ses côtés. Je ne peux y retourner, elle ne peut pas encore me manipuler. J’ai brisé son coeur, elle brisera son corps.

Je ferme les yeux. Elle ne peut plus gagner, c’est décidé. Je reprends mon manteau, mes souliers, je sais que je pourrai y arriver. Mon pas lourd sur le pavé, essayant de tout résoudre, je tremble, je doute que je puisse m’y rendre. Mes pas sourds, la tête enfouie dans mes idées, je continue à marcher. J’arrive au métro, ligne bleue, personne où presque n’habite sur cette ligne, c’est pourquoi c’est plus long, sinon mes idées qui défilent sans raison. Elle ne gagnera pas, pas cette fois. J’entends le train qui s’en vient. Elle ne me fera plus ça. Les phares du wagon de tête m’apparaissent, je ferme les yeux. L’air se fait sentir, dans un courant qui m’emporte, je pense une dernière fois à lui, à moi.

Sujet : Raconte une histoire qui commence par une note de rançon.





C’est l’histoire d’un gars…

19 11 2013

Le sais tu que je sais? Je ne sais pas pourquoi c’est ainsi, mais je sens. Je n’ai jamais su. Mais j’ai toujours compris que c’était là, laissé en plan dans mon être et tu le laissais aussi paraître. J’ai pris le temps d’y réfléchir une fois, je crois que j’aurais pu faire une chanson, je l’aurais probablement intitulée « I know what you don’t ». Je me fais des idées, qui ne m’appartiennent pas. Je me fais des histoires, que je ne raconte qu’à moi avant de ne pas m’endormir, parce que le soir, quand le noir me recouvre, je pense à toi qui n’est pas là. J’ai cette soudaine envie de détruire un cube rubic, mais je n’en fais rien. Difficile de broyer du noir quand il ne traîne autour de moi que cette couleur. Je m’assois sur mon lit, je regarde dehors à travers les stores qui cache une partie de la lumière de rue qui tente d’entrer, je n’en ai pas besoin. Une larme coule, comme sonne une alarme. Je ne sais pas ce que demain sera, je ne sais pas ce qu’aujourd’hui voulais dire. Tes mots comme tes silences ne disent rien sur ta personne. Tes silences te vendent, à rabais, s’il te plait. Je danse dans un rêve des cordes attachées à mes pieds, enfin un peu de liberté. Je ne comprends pas certaines choses, mais je n’y prête plus attention, car tes paroles, toi seule les écoutes. Je crie et l’écho ne me souffle plus la réponse, la cadence, le sens de ce que tu crois que je suis. N’es-tu pas si insensible? N’es-tu pas aussi seule que moi? Ne nais-tu pas d’une mère?