Quitter

6 03 2023

Elle est partie sans même que j’aie eu le temps de la saluer, cette fierté. Des années, vingt ans passés, peut-être même trente. Je ne l’ai pas vu venir, ou partir, ou se déplacer dans ce qu’était mon environnement. J’aurais dû, j’aurais pu, je n’ai rien vu. Je pourrais blâmer l’habitude, le temps, la routine, mais je ne peux que m’interroger sur moi. Je n’ai pas cru que ça pouvait m’arriver, je me croyais à l’abri, infaillible, fort. Un peu après le diner, cette portion de moi est morte, envolée, dévoilée. J’étais comme les autres, pareil ou pire… simplement différent. Tout s’est arrêté, sans aucun avertissement. La terre ne tournait plus, du moins pas dans le même sens qu’elle l’avait toujours fait. Enfin quelque chose de nouveau, je n’étais pas prêt même s’il le fallait. La mémoire, l’envie et cette capacité de décider envolées comme par magie. L’humain d’abord, mon œil, mon corps, ma tête, mon cul! C’est d’abord l’humain qui paie pour, les autres s’en balancent. Faire plus avec moins, simplement pour payer mon pain, mais c’est mon être tout entier qui a payé. La machine a accéléré lentement m’emportant la main, le bras, rendu jusqu’au coude. J’ai protégé ceux qui m’aidaient à y arriver, mais j’ai oublié quelqu’un encore une fois… moi. Dans ce grand manège où la charge augmente, mais où l’on manque de gens, de moyen, de temps, beaucoup paient et paieront de leur qualité de vie, seulement pour faire plaisir à des gens que l’on ne connait pas, parce que c’est ce que l’on nous demande, parce que sinon… sinon il y aura encore moins de gens qui resteront, pris dans cet engrenage, encore et encore, toujours dans ce même manège. J’ai été arrêté de force car seulement parce que mon corps a réagi et a décidé que s’en était assez. Le repos, même si artificiel, permet de relativiser, de se remettre sur pied, lentement.

Défi du jour : Le dernier adieu difficile





Phénix

13 02 2023

J’ai commencé à mourir quand je suis né, je me suis dit que c’était la meilleure façon de ne pas procrastiner. Je suis mort bien des fois depuis. Sans comprendre toujours pourquoi ces petites parties de moi me quittait doucement. Amour, d’un jour, d’une vie. Voir son amour, sa grand mère ou son père mourir me causait à chaque fois ces petites morts desquelles je me relevais souvent, tout le temps. Imbibé de ce que tout ça m’avait laissé comme marque, apprentissage, m’aidait à être ce que je suis.

Aujourd’hui, plus mort que jamais. STOP. Je suis partagé entre un bonheur que je croyais impossible et cette incapacité de bouger. STOP. Ma tête a lancé un signal au reste de mon être. STOP. Tout a arrêté d’un coup. STOP. Brusque comme un télégramme. STOP. En fait ce n’est pas une mort, mais une pause. STOP. Une pause. STOP. Une pause. STOP. Je n’étais pas bien. STOP. Je ne suis pas bien. STOP. Je m’excuse à ma douce. STOP. Elle me dit de cesser. STOP. J’aime ma douce. NONSTOP. Ma capacité à prendre des décisions m’a quitté. STOP. Mon sommeil m’a quitté. STOP. Mon docteur m’a mis en arrêt. STOP. Les pilules ont parlé avec mon insomnie. STOP. Mes idées ne font que tourner. STOP. Se bousculent. STOP. Je suis fatigué. STOP. Je ne trouve pas de solution. STOP. Je sais simplement que je ne veux pas que ça s’arrête. STOP. Je dois laisser le temps coulé. STOP. Le temps guérit tout. STOP. Le passé me l’a démontré. STOP. Je devrais renaitre quelque part au printemps. STOP. Comme la nature suit son cours. STOP et FIN.





La peur

23 09 2021

Survivre, c’est un peu ce que l’on souhaite tous à un moment ou à un autre. Que ce soit par peur que tout s’arrête ou par simple narcissisme, on souhaite à un moment ou à un autre la vie éternelle. On souhaite ne pas pourrir seul dans un coin, du moins la majorité de nous. On s’encombre de bien, d’animaux, d’enfants, pour éviter le silence, pour éviter de laisser derrière nous qu’un petit nuage de poussière. On ne sait jamais quand tout ça s’arrêtera et quand ça s’arrêtera, que restera-t-il de tout ce que l’on a fait pour ne pas disparaitre à jamais? Est-ce que tout ceci aura valu la peine, est-ce que tout ceci aura valu la peine? Essais et erreurs depuis des millénaires, un petit pas pour l’homme et pour la fin de l’humanité. On tente de se montrer à nous même que l’on a fait évoluer quelque chose quelque part. On tente de démontrer que l’on va plus vite, plus loin, plus longtemps tout le temps. On finit par s’ennuyer toujours plus rapidement, on arrive à cette fin à la vitesse de la lumière, celle qu’on ferme sur un cercueil vide. On ne se souvient plus pourquoi ni comment on est arrivé là, personne ne le sait, personne ne se pose plus la question. On fait les choses par mission, par ambition, par habitude. On ne se demande plus pourquoi on a commencé, pourquoi on a arrêté telle ou telle chose ? On reste à la maison par peur d’attraper un virus, un accident ou simplement de tomber, par terre ou en amour. On sort parce qu’on ne veut pas avoir passer notre vie à ne rien faire, on fait tout, l’adrénaline au fond, on risque, chaque minute de trop pour frôler la mort ou pire encore, un handicap qui fera qu’on reste dépendant du reste du monde pour le reste de l’éternité. On dort, on rêve, on se croit dans nos petites vérités. On juge, on est tous juges de quelqu’un quelque part, par habitude, parce qu’on nous a montrés, pourquoi les autres seraient meilleurs que nous? On tente par tous les moyens d’avoir le contrôle, sur les autres, sur ce que l’on fait, sur ce que l’on est, sans arrêt, on aime ce contrôle, que ce soit par petites bouchées ou par ambitions bien plus perverses. On tue, on procrée, on crée, on détruit pour les mêmes raisons. On court, on dort, on reste là, immobile. On aime, on déteste, on s’en fout un peu, malgré tout, au fond, parce que qu’est-ce que ça change au fait? On se souvient, on oublie, les mêmes choses, mais pas les mêmes gens et pas de la même façon. On se bat pour être unique, différent, unitaire, seul, mais en groupe. On divise et subdivise nos groupes sociaux pour s’en assurer. On veut l’égalité, mais on veut être différent. On se dit simple, mais on a de la difficulté à expliquer, qui on est, ce que l’on fait là. On écrit, on chante, on lit, on produit beaucoup de mots, beaucoup de bruit pour être accompagner dans cette solitude pour que ça reste quelque part, sans même se préoccuper du pour qui, du pourquoi. On s’instruit, on s’abrutit, on s’intoxique pour se sentir envie, toujours, sans arrêt. On finit par tourner en rond, en spirale, en boucle, pour se réveiller enfin malheureux, blaser et seul. On se donne des missions; guérir, aider, aimer, sauver le monde, simplement pour se donner bonne conscience, pour faire quelque chose, pour avoir bonne conscience, pour avoir en soi confiance. On s’explique mal la fatalité de nos vies, on vit mal cette réalité. Demain, je pourrais m’éteindre? Vraiment? On va laisser une poignée de souvenirs, parfois bons, parfois un peu tristes, sans qu’on l’aille vraiment voulu, sans avoir pu contrôler l’impact de nos actes modulés par tout ce qui fait qu’on a peur d’être en vie, le temps que ça durera. On oublie trop souvent de lâcher prise, d’être heureux, de comprendre pourquoi on fait les choses, simplement de les vivres, parce que ça nous fait du bien, un moment, peu importe sa durée. On fait les choses pour nous, on fait les choses pour les autres pour nous, on fait des choses jusqu’à ce que l’on soit plus en mesure de les faire, par fatigue, par ennui ou par manque de vie. J’écris parce que je veux me souvenir. J’écris parce que je dois garder hors de ma tête ce qui m’effraie. M’éteindre un jour.





Dans un cube

10 01 2021

Dans mon cube, je connais les murs par coeur, à force de m’y heurter de jour en jour comme un prisonnier. J’ai fait de long en large, de large en long, j’ai même osé des diagonales, juste pour voir si ça ferait moins mal. Vous savez, quand vous connaissez si bien un endroit qu’il ne sent plus rien, il ne sent même plus chez soi parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’autre chose sent. Ah! au début ça va! C’est nouveau, rester chez soi et profiter de la proximité de notre nid, aujourd’hui ça fera bientôt un an et ça me semble infini. L’avantage devient le désavantage, se réinventer devient une habitude. Moi qui n’avais pas besoin de personne, qui était fort seul et bien seul, je me rends maintenant compte que je profitais des gens à leur insu. Je profitais des odeurs, des regards, des sourires ou même d’une main sur un bras ou une épaule, qui était une habitude invisible, mais tout ça est devenu absent. L’accumulation du silence, de la poussière et de la routine pèse en lourdes couches les unes sur les autres, cachant de plus en plus la lumière et l’espoir que tout soit derrière soi. La solitude en bloc, le choix de cette solitude au profit de la vie, on ne connait jamais si bien ce cube. On a beau se faire des bulles, même elles deviennent familières et habituelles. Surement que le temps aurait été vraiment plus long, mais l’expérience d’une communauté à laquelle on appartient, que l’on partage dans la vie de tous les jours, ces échanges pleins de hasard, de découvertes, de partages restent sans doute la meilleure façon de rester heureux. Les grandes familles, vivant dans la même boite sont-elles plus heureuses? Je n’en sais rien, car de mon cube je n’y vois rien.





Pour moi

20 09 2020

Briser mon cœur, j’ai brisé mon cœur mainte et mainte fois simplement par amour pour moi. L’idée que je m’en faisais, l’idée simplement de l’amour m’enivrait, aveugler par le fait que tout ça n’était pas vraiment vrai. J’ai baissé les bras, la tête haute, simplement par amour pour moi. Je me suis fermé, je me suis enfermé, comme le coffre d’une banque, le cœur trop fragile. L’idée d’être, demain dans un futur proche, dans un avenir qui m’était impossible aujourd’hui, hier en fait, mais aussi impossible demain. Diseur de bonne aventure, je lisais leur avenir, pas le mien. Je me suis immunisé, « equalizer » sur une fréquence que même moi je ne pouvais plus ressentir. Cassé, déçu, désabusé, désamusé, je me suis perdu sans même savoir pourquoi.

Guéri par une sorcière du sommeil éveillé pour ne plus me rappeler ce que c’était d’aimer. Elle m’a, en fait, brisée encore plus que je ne l’étais et le temps pour guérir ne fut que trop long. Je suis un persévérant, un battant et je guéris avec un peu de temps parfois plus que je ne le souhaiterais.

Pour moi, j’ai décidé d’arrêter de me protéger, de cesser de m’en faire, sans jamais arrêter de m’écouter. La douceur est arrivée, la douceur m’a complètement enveloppé, enfin, irréelle, bien présente. Parce que c’était comme pour elle, mais pour moi, le synchronisme enfin parfait, le temps se suspendant à nos lèvres laissant peu de mots pour se dire : je t’aime.





F

12 04 2020

Fragile fractal de fleurs se fracasse dans le froid. Friable, les femmes futées mais frigide feignent un frisson. Fatalement fatiguées, elles fuient le frère funambule en faisant face au fainéant full de fric. Sa féminité fait face au faible front féministe qui faibli par manque de focus. Ses formes fondent sans fin, sa faim fond informe. Femme, fait fit de foi et fonce enfin. La famine n’a fait que figée le forcené qui fracassait ta fragilité. Fais toi féline furieuse et frappe fort le phallocrate où il le faut.





Où suis-je?

24 09 2019

Je m’embrouillonne plus souvent qu’autrement. Je remplis ma tête de vide, de Netflix, de mots d’autres, parce que j’aime lire leur tournure de phrase, leur tournure de temps qui me fait rêver parce que moi aussi un jour j’ai eu des idées. Je me trouve des raisons pour expliquer pourquoi j’ai écris que 3 textes depuis le début de l’année, ma procrastination aigue fait que je n’écris plus, c’est pas la faute de mon ongle que je trouve trop long quand je tape parce que je ne sens que lui, c’est toutes ces petites raisons qui existent juste pour m’oublier. Hier en allant dormir, je me suis souvenu de moi, celui qui seul comprenait ce qui se passait, comprenait ce qu’il vivait. J’ai mis l’auto pilote sans mettre de destination. Je déraille ou dérape de toute façon. Malgré tout, j’ai les mêmes repères, ma mère, ma soeur, mon chez moi, mon gros chat qui traine un peu comme moi entre le divan et le matelas sans vraiment comprendre pourquoi. Le bruit m’énerve, le silence m’effaie, le juste milieu, je le cherche un peu. J’ai vu Netflix deux fois au complet, je n’ai rien accompli. Je me lance dans des passions qui sont bien loin de moi, pour apprendre, j’apprends. J’apprends tout sur les rudiments du crayon, qu’il soit électronique ou de carbone, de feutre ou d’encre. J’essaie de faire vivre ce que j’ai mis de coté, mes mots, les remplacer par des images. On dit qu’une image vaut mille mots, je suis rendu bien paresseux. J’ai cessé d’écrire en même temps que j’ai cessé d’aimer, je sais pas vraiment dans quel ordre ça c’est produit. Je suis pas complèment dépourvu, j’éprouve une affection profonde pour les gens qui m’entoure, mais pas l’amour, le vrai, celui qui a fait naitre ce blog et combien d’autre régurgi de matière d’âme sur des médiums parfois oublié et mort. Combien de lettre, de mot, de phrase j’ai écrit à travers le temps à ce sujet. Où on achète des « refills » pour ça? J’ai parfois une illumination, un mirage, un rêve éveillé qui fait que je sors un bout de papier, de téléphone cellulaire et j’écris une petite note pour me souvenir de l’étincelle, quand je la relis, plus tard, il n’en reste plus rien, que les mots noirs sur blanc, que les formes sans sens. Je pourrais écrire pour informer, pour communiquer mes passions devenir un influenceur, avoir des likeux, des hateux qui me suivent parce que je dis des choses ou leur contraire qui rejoint des gens parce que je parle comme eux. J’ai pas envie d’être comme eux, d’être commun, d’être critique ou simplement émotif parce que quelqu’un a parlé de moi à Thor ou à Traverse. J’ai pas envie d’être émotif sur un livre, sur un show, sur un vidéo que j’ai vu, parce que pour moi, ça fait parti des conversation que je veux avoir avec les gens que j’aime vraiment, pas a sens unique entre moi et les commentaires que je lirai ou pas. Ce que je vomis ici, c’est ma simple compréhension de ce qui m’habite, c’est brut, c’est indiscutable parce que même si j’ai l’air d’un drama king, d’un dépressif, d’un homme rose, d’un romantique fini, ça reste que des miettes de ce que je suis au moment ou je l’écris. J’aime mon petit blog tranquille un peu Emo qui me laisse le loisir d’inventer une vie qui est pas la mienne, ou de m’écrire à moi même une lettre que je me lirai demain à tête reposée, en me disant que c’est bon mais plein de faute parce que je me relis jamais, j’ai pas le temps parce que les mots arrivent bien plus vite que le dictionnaire lui même. Je n’ai pas envie de voir mourir Scarecrowworld parce que ça serait un peu d’avouer ma mort à moi, ma mort étant plus un échec sur l’amour avoué, qu’une mort physique confirmée.





Qui a tué les spaghettis

24 06 2019

J’étais là autour de la table à attendre de me faire servir, c’était la première fois que ça m’arrivait, c’est moi qui cuisine normalement. Pas parce qu’elle ne veut pas, mais parce que j’aime ça, ce n’est pas vraiment important c’est chose là, du qui fait quoi et quand, c’est plus important de comprendre pourquoi ça se passe ainsi, sans brimer la vie de personne qui participe à l’expérience. La première fois en deux ans, j’avais hâte, j’avais mis la table, ouvert la bouteille de rouge, servi les verres pendant la préparation parce qu’un verre de vin en cuisinant, ça fait aussi parti de la recette. La radio jouait ce qu’on lui avait demandé, Folk-Indie, j’ai toujours été fan de guitare-voix. L’heure filait doucement au son de Bon Iver, dans la maison flottait un arome italien bien connu. C’était la première fois, les pâtes c’est toujours un bon premier choix, surtout avec moi, pâtes, pain, patates, peu importe ce que l’on en dit. Les discussions étaient rares, efficaces, on se connaissait depuis près d’un an maintenant et j’ai toujours été un homme de peu de mot, du moins tant que le vin ne faisait pas effet, après je m’emportais dans des tirades passionnées parce que c’est un peu ça ma vie. Elle tient à peu de choses, mais elle m’impressionne toujours, ces gens, ces lieux, enfin tous ces petits riens qui en font un univers magique. On se parlait peu de boulot, peu de nos familles, peu de nos vies. On savourait le temps ensemble, parce que c’est tout ce que l’on connaissait. Deux mondes, deux réalités, deux êtres ensembles dissociés de tout. Pourquoi ce soir elle décida de faire le repas? Peut-être que tout ça avait changé, ce temps où l’on vivait bien, où l’on ne décidait de rien, où la vie nous trimbalait dans son courant. Peut-être je me faisais trop d’idées, tant d’histoire je suis capable de me raconter. On riait beaucoup semble, tous les jours, je pense à elle, simplement dans le but de la revoir, de la sentir, tout près, là. Les dernières semaines avaient été plus difficiles, d’un manque de conversation elle est passée au secret. On les a tous, mais pourquoi maintenant, elle le faisait consciemment ? Le vin avait goût un peu plus amer, la chaleur étouffante de la canicule y étant surement pour quelques choses. Le pain sorti du four, la valse de service à la table commença. Quand atterrit devant moi mon grand bol de spaghetti, je compris que tout était fini. Fourchette et cuillère à la main je me suis retrouvé impuissant devant mon assiette, rien à faire avec ces armes de guerre, sans la regarder j’ai su que c’était notre dernier repas, je déposai ma fourchette et conserva la cuillère, il n’y avait plus rien à faire, on avait tué les spaghettis.





Famine

28 04 2019

Faim. J’ai toujours faim. Toujours soif aussi. Je bois pour oublier que j’ai faim. C’est une bonne raison, parce qu’il en faut toujours une raison, on aime s’en donner. J’ai rien de quelqu’un qui mange pas, personne s’en doute, sauf quand on pose des questions, je ne mens pas. Je n’en parle pas, mais je ne m’en cache pas. Les gens ne comprennent pas, il me regarde et ne savent pas, ne peuvent pas savoir. Je ne mange pas parce que j’ai eu une indigestion, ça surprend parfois, mais c’était une grosse indigestion. J’ai un passé indigeste, qui ne se réduit qu’à des souvenirs lourds sur l’estomac. Peut-être que je mangeais trop vite, trop souvent. Que je ne mâchais pas assez, je prenais pas mon temps, des fois ça passait de travers, je m’étouffais, ça prenait toujours un temps à me remettre. Là, j’ai juste décidé d’arrêter de manger. D’un excès à l’autre si on veut, ça souvent été comme ça dans ma vie. Je sais que la famine ne me fera pas mourir, elle me rend parfois juste triste. Je pleure de faim, comme on meurt de faim. C’est pour ça aussi que je n’écris pas, parce que ça prend une raison et quoi de mieux que la faim? Je me souviens des belles années que je mangeais à pleine bouchée, l’indigestion me tenant éveiller, je pouvais écrire, jour après jour sans même fermé un oeil, sinon deux. Aujourd’hui, juste l’idée du repas me fait fuir. À pleine jambe, même si je n’ai jamais goûter, j’aime mieux ne pas prendre de chance, j’en ai assez pris déjà. Je me dis que je pourrais peut-être pas mourir comme ça, du moins je suis en train de vieillir comme ça, à chaque jour qui passe, je me souviens des ces années où je sais pas si c’était plus simple, de juste pas me poser de question, et de mordre à pleines dents. À l’aube d’un autre printemps, je me dis qu’il serait peut-être temps que je m’alimente mieux tout simplement.





Réécrire

8 10 2018

Reprendre une histoire longtemps mise de coté, lui donné de nouvelles couleurs, de nouveaux étages et de nouveaux personnages. Reprendre l’histoire comme si c’était hier, comme s’il fallait finir demain. Mettre des mots les uns à la suite des autres, simplement parce qu’ils décident eux-mêmes de ce bousculer au bout de mes doigts, souvent plus rapidement que j’en suis capable, ce qui fait qu’il manque des mots, une signification, un ensemble de ponctuation qui donne un tout autre sens à mon texte. C’est bien de s’y retrouver, de ne pas réfléchir où je puise l’inspiration, mais simplement laisser le flot faire le travail. Comme un robinet qui n’a plus de fin. Je vois le temps passé dans ses activités chronométrées et je ne sais pas si je dois m’arrêter, continuer, y retourner. J’ai à peine commencé que je dois m’arrêter avec tant de détail à fignoler, à terminer, à peaufiner. J’ai un retour facile à l’écriture, comme on rentre à la maison après un long voyage où notre lit, notre bouffe et notre aire nous manquent. Un retour simple, comme si je n’avais jamais arrêté, un retour ailleurs, car j’ai l’outil pour m’entrainer. Écrire, longtemps, par petite poussée, comme elle disait dans l’atelier… faire des tomates… une à la fois, des petits pas pour mener à de grande réalisation, la création, les projets, le temps qui se manipule comme on le souhaite et aucune limite, sauf celle qu’on ne veut pas franchir avec raisons, avec chacun ses raisons parce que la vie c’est un peu ça, c’est parce que les limites existent que l’on veut les dépasser, une à la fois, puis recommencer, sans fin, jusqu’à ce que l’on soit un peu satisfait, beaucoup, passionnément. Les mots en inspirent d’autres de même que les autres m’inspirent. J’ai besoin de défi, de jouer, de créer. Peu importe ce que c’est, mettons-nous au défi.

J’ai pris l’habitude d’écrire sur l’écran, délaissé la plume, le papier par moment. J’ai trouvé mon confort, ce fut long, avec un peu de pratique, même si parfois je retourne aux sources, parce que c’est simple et quoi de plus romantique qu’un petit carnet rempli de petits mots, phrases, pensées sur la vie, l’amour ou soi. S’accrocher à ce qui nous fait vivre, délaisser ce qui nous tue. Choisir parce qu’on en a la possibilité et simplement écrire jusqu’à l’éternité.

 

Exercice Noir sur blanc: 1-3 : La posture d’écriture