Elle ne le savait pas avant de commencer à courir que le plancher était couvert de lames de bistouri, peut-être était-ce parce qu’il faisait noir et que la bête qui la suivait avait vraiment faim. La peau de ses pieds se détachait comme la peinture sur le mur de la vie qui laisse tomber ses ans. Le résultat allait finir par être le même, elle se disait qu’il valait peut-être mieux tenter de s’en sortir que de se laisser abattre là, après tant d’efforts, son corps ayant subit autant de souffrance, il ne restait que quelques mètres à sa vie, à ce qui restait de la distance qui la séparait d’un but ultime, celui qui semblait maintenant le seul en vue, en vie, mourir. Souhaitant que le temps, le sang de ses pieds, de la peau qui se détachait, ralentirait l’élan de la créature qui la suivait, une sorte d’entrée, de hors-d’oeuvre, de chance qui aurait pu lui sourire un instant, un dernier instant. Ses pieds visqueux devenant de plus en plus glissants n’étaient pas là pour l’aider, elle s’étala de tout son long sur le sol, emportant en elle toutes les lames sur son passage. Seule dans le noir, le temps n’était pas le bienvenu pour pleurer, ses blessures ouvertes lui donnaient simplement cette envie. Dans le silence, enrobé seulement du respire de son assassin, un souffle bruyant sur sa nuque, un liquide qui semblait être un mélange de salive et de sang, elle ferma les yeux dans l’obscurité.
Glissant
8 07 2012Commentaires : Leave a Comment »
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Catégories : Douleur, Et que ça saigne
Le calme dans la tempête
1 07 2012C’est le désert presque aride, 2012, et je n’en suis qu’à la moitié. Une année où mes choix semblent vides de sens, où mes choix cassent lentement mes dépendances. J’ai mes condoms qui expirent avant les aspirines, je crois que c’est un signe. Signe que la solitude s’est installée. Je n’ai plus de muse, je n’ai plus de mot. J’ai pensé que c’était le cas longtemps, mais doucement je sens un mouvement d’inspiration sur lequel je tente de mettre le doigt. Parfois souvenir, parfois avenir, je me surprends à penser à toi. Avant j’écrivais, je donnais signe de vie quand une pensée traversait mon esprit et que tu l’habitais. Maintenant je tais mes envies, je fais silence simplement pour que le temps passe et voir ce que ça change. Je tente de mettre le pied sur une roche au milieu d’une rivière où le courant est fort et peut m’emporter. Je n’ai pas peur, soudainement, ou comme toujours, je n’ai pas peur de rien. La mort, la maladie, la vie, rien ne m’effraie vraiment. Je marche sur une corde raide, dans un emploi qui est nouveau pour moi, je regarde en bas, c’est haut, des fois j’ai même envie de sauter. J’ai cette profonde envie de faire du bien aux gens et je ne trouve rien pour me satisfaire, rien dans ce que j’ai choisi, même en disant juste avant que mon domaine m’ennuyait. Je ne veux pas sauver le monde, mais aider, ici tout près. Je veux faire attention à moi aussi, mon corps peut-être, mais surtout ma tête, que je tente d’endormir d’une souffrance qui ne se veut que d’inaction, d’insatisfaction. J’ai la statique qui fait du bruit de fond sur mon être. J’ai besoin de créer, de me sauver un peu de ce que je vis. L’écriture c’est un peu comme les voyages, ça nous permet de quitter maintenant pour y revenir plus tard. J’ai une connaissance qui a fait Compostelle, j’ai regardé « The Way » qui traitait du même sujet, je crois que je suis dû pour m’asseoir dans mes cahiers.
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Tu ne m’embrasses plus
26 06 2012Tu ne m’embrasses plus. Bien au fond de toi, nos corps ne font qu’un, liquide, limpide, nos corps s’aiment. Nos corps s’aiment, mais nos bouches ne s’unissent plus pour former un tout, un toi et moi uni en un être nu. Nos bouches ne se parlent plus de mille baisers qui expliquait simplement le désir l’on avait pour l’autre. Perdu dans un temps donné, je te cherche encore et je suis corps à corps dans ce que tu avais créé. Tu me tiens à distance, malgré cette danse où s’enlace sans cesse le désir qui nous lie. Je tente de te retrouver, tes lèvres ou cette morsure que tu m’infligeais sans même penser à la conséquence de la passion. Tu me tiens à distance, loin, comme si j’étais là pour accomplir je ne sais quoi, une mission, une tâche, ce labeur qui n’avait plus d’odeur. Je ne suis plus pour toi ce que j’ai déjà été, encore plus de danger de maintenant t’attacher. La peur de m’ouvrir ton coeur. Et nos corps ne se quittent pas, jusqu’au spasme de ton corps satisfait qui en demande encore. Blotti contre toi, je sais qu’au matin il n’y aura plus rien. Je ne reviendrai pas, car le goût de tes lèvres fait partie de ce qui me retient à toi.
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Catégories : Amour, Attentes, Sexe
Mon verre est vide
16 06 2012Mon verre est vide, ce n’est pas que je n’ai plus soif, il est seulement vide. Je n’ose pas recommander un autre verre, des fois que l’ivresse me donnerait un coup de barre en plein visage. J’ai déjà dit que l’ivresse me rappelait l’amour, une certaine perte de contrôle, des matins douloureux ou l’incertitude ou le mal de tête se joigne devant l’inconnu d’une journée de plus. Je n’ai pas écrit depuis des lunes, ce n’est pas que je ne sais plus écrire, vous savez parfois la vie… J’ai eu envie aujourd’hui, comme d’écrire sans raison avouée, d’écrire pour écrire parce que mes doigts savent souvent plus ce qu’ils font que moi. Je n’ai plus de muse. Il y a des mois que mon verre est vide. C’est une corrélation un peu intense pour un samedi, quoi que la journée n’ait que peu d’importance. Avant, c’était si facile, après c’était plutôt inconnu. J’ai envie de ces mots qui blessent ma tranquillité, qui parfont la sentimentalité de ce que l’on croit être l’amour. Je suis à jeun, je ne croyais pas le mot parent de stoïque. Le liquide sur les parois glisse doucement vers le fond du verre, verre c’est un peut la couleur de l’espoir non? Le fond, c’est un peu la limite à atteindre dans un contenant non? Je crois que j’attendrai demain pour faire remplir mon verre, aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le fond.
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Étiquettes : Amour, Besoins, Vide
Catégories : Attentes, Un pas dans une direction
C
16 06 2012Chaque chuchotement chasse ce choix de te chérir chaleureusement. Cette classe qui casse cette couleur qui se confond sur cette chair, certainement comme un coup de cloche qui claque pour célébrer ce convoi. C’est après que je te culbute dans ce corridor que cette colère se colle à ce corps courbaturer, comme une corvée, coupable. Côte à côte nos corps couverts de chaleur et toujours cette crainte de coupure. On copule copieusement puis converse continuellement de ce que tu constates du couple. J’ai conscience que cette consolation constitue un certain compromis. Cette chance de connaitre cette contrée que tu caches continuellement. Ce confort conjugal sans égal que tu clames comme cette chouette sur ce chêne. Comment clore cette conversation? Je devrai te confronter, confus, mais certain de ce choix de couper ce que je caresse couramment. Je suis le conducteur condamné à correspondre par courrier, par carence de couilles. J’ai le coeur comprimer, plus capable de me concentrer, certain de compromettre dans ce qui constitue cette complexe chimère. Je suis le chevalier cochon qui t’a compulsivement chevauché. Cette conclusion certaine est un compromis entre ce que je cherche et celle que je charme. Chevelu charmant, je chante, j’ai de la chance, du charisme, mais je chahute comme un clown dans une chaloupe. Choisis ce que tu crois et je choisirai ce célibat. Chagrin de cercueil, ces cendres qui se consument à la clarté de ce qui commence. Coups de canon capable de couper ta colonne, je copule avec celle qui cavale comme cette chienne en chaleur. Je me commets à croire que ça changera. Cannibale candide je te consomme sans caprice. Créature captive, je clame avec certitude qu’on me confit la clé de cette cage construite par celui qui a clairement compris. Je chercherai la clameur de ta chatte sans me cacher. Ce que ça coûte de continuer? Je changerai. Je concevrai ce costume de concierge chauve que tu convoitais sans te compromettre. Sois conciliante et conçois que je suis cinglé. Chasse tes craintes et crois en ce qui me compose. Chagriner à l’idée de chasser de moi ce corps ciselé, une catastrophe, un cauchemar continuel. Trop de calvados je chahute et coupe cette corde qui me retenait captif dans cette cellule. Ne me cherche plus. Continue ce calvaire comme tu cales ces chopes de cervoise chaude, à la cadence d’un coup de cul ou de coït continu. Ton clitoris charnu connait clairement plus de chaos que de calme. Je capitule, je me casse au suivant carrefour. Chauffeur, conduisez-moi à mon prochain châtiment, car je ne suis ni chaste ni charlatan.
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Étiquettes : Amour, Brume, Sexe
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Reset
16 06 2012J’ai changé les choses, j’ai changé mon confort, mon pied-à-terre, 11 ans de ma vie avec les mêmes gens, les mêmes intentions. Je regarde derrière et seulement que quelques personnes me manquent vraiment, peut-être dû au vide d’humanité, de proximité, de relation. On ne peut pas être vraiment soi même avec tout le monde dans un milieu où on est appelé à être professionnel, à diriger les gens, à se soumettre aux valeurs qui ne sont pas toujours les nôtres. J’étais un peu fatigué de ses valeurs qui n’étaient pas les miennes, je suis parti, sans claquer la porte, dans l’intention de ne troubler personne, je suis comme ça, je n’aime pas déranger. Ce n’est pas toujours bon de ne pas vouloir s’imposer, dans sa vie amicale, dans sa vie amoureuse, c’est pour moi souvent « as is » sinon ça ne marche pas. J’ai coupé ami, travail, pour redémarrer ailleurs, pour redémarrer dans un environnement où le moi d’il y a 11 ans n’existe pas dans la tête des autres. Sans perdre mon identité, rumeurs et ragot sont simplement disparus. « Tu sais Crow, c’est un tombeur, il en a vu des femmes ici au travail! » vrai ou pas, je n’ai jamais confirmé ou infirmer ces dires, par manque d’intérêt, mais aussi parce que je sais bien qu’un non dans la tête de bien des gens laisse simplement un doute sur la réalité, même quand elle sort de la bouche de l’être concerner. Je suis donc parti, nouveau moi, vers un nouveau défi, une passion de travail qui traînait et que je ne respectais pas depuis les 6 dernières années, par peur, mais surtout parce que je ne voulais pas faire n’importe quoi, je voulais du précis et j’ai saisi l’occasion. J’ai un nouveau chez moi de travail, devant un parc, plein coeur de Montréal, c’est déjà inspirant. J’ai de nouveaux collègues, plus que je ne suis capable d’en nommer pour le moment, cinq jours c’est quand même court pour se sentir chez soi. Je suis dans un vide de connu, la seule chose que je connais dans mon travail, c’est qu’il faut que je travaille et ça je ne m’inquiète pas trop. J’ai comme un vertige dans ce vide qui m’entoure, je ne connais personne, qui suis-je? En fait la question qui se pose maintenant à moi, c’est plutôt comment arriver à ce que je suis.
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C’est passé
26 05 2012Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.
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Catégories : Bonheur, Me moi, Un pas dans une direction
Faim
15 04 2012Je ne vous nourris plus, car j’ai faim. J’ai faim, du lever le matin jusqu’au coucher le soir. Toujours sans discrimination, je mange, mais j’ai faim. J’ai cette faim de vie avant que le temps ne me donne cette fin de vie, j’ai envie, simplement un instant de manger à ma faim. J’enregistre mes brouillons qui restent dans le brouillard, j’accumule les rimes simples, le sourire dans le regard. J’ai envie d’autre chose, j’ai envie de toi. J’ai envie tout d’abord de moi. J’erre sans cesse dans le temps qui me bouleverse, il passe et me lasse. J’ai tenté de savoir où j’allais, je vais là où j’ai toujours voulu allez, en silence, dans un réservoir où mes mots s’entassent sans cesse et où je rêve d’allez en marchant à l’opposé. Je regarde les gens qui souffrent et me regardent, on ne peut pas comparer des différences, mais on s’y risque pourtant dans une folle cadence. Les gens seront en désaccord avec mon accord et critiqueront ce que j’aurai écrit, lapidez moi de mes propres mots, lapidez moi de vos propres mots, alimenter mes histoires, mes craintes et mon espoir, mais ne tuer jamais ce que je ne vous ai pas obligé de faire.
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Étiquettes : conviction, satisfactions, Temps, Vie
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L’un ou l’autre
9 04 2012Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.
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L’esprit variable et les idées avariées
9 04 2012C’est comme un mystère, tantôt je vais, tantôt je ne vais plus. Une sorte de cercle, un peu vicieux, un peu à l’image de celui qui l’a créé. J’ai l’esprit variable, d’heure en jour, de jour en semaine, j’attends que ça passe. Je suis aujourd’hui comme la température, plus gris qu’hier, mais sans raison particulière. J’ai les idées avariées comme ces fruits trop mûrs que l’on a laissés se putréfier. Je jette, je tente de jeter, je retourne dernière et ramasse encore ton corps délavé par cette pluie gelée. L’odeur se raréfie, je suis au bout de cette route, un précipice et cette envie de changer me troublent, un vague souvenir. Je perds le sens ce de ce que j’ai toujours voulu, comme inatteignable, mes doigts s’accrochent quand même au rebord, un instant encore. Comme cette main qui ne viendra jamais me secourir, l’idée en fait me vient te laisser mourir. Le temps passe tu sais, le temps passe et laisse sur mon visage ses rides creusées par mes larmes et de vieux sourires. Je n’ai plus la force d’espérer. Je n’ai plus l’imagination pour te retenir, encore, un instant, près de moi. Je t’ai tout donné, tout ce qui restait de mon coeur malmené par le passé. Sensible, tout me touche et me transforme.
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Étiquettes : Vie
Catégories : Bonheur, Solitude, Tout gris