Milieu

1 04 2012

Tantôt je me demandais, l’épicentre, c’est le milieu de quoi au fait? Ça pourrait être le milieu de n’importe quoi? J’ai regardé la définition, j’ai retenu que ça se passait à la surface de la Terre et que c’était un peu là où la secousse démarrait. Ensuite, je me suis mis à penser à toi, j’imagine que tu n’étais pas si loin parce que j’ai vibré un peu, pas autant que quand tu étais à côté, pas autant que quand tu te garais illégalement simplement pour pas que l’hiver ait pas le temps de te rejoindre sous ton manteau, la nuit, quand tu te mettais à trembler et que je me collais à toi, simplement pour mieux te sentir c’était fort. On n’y pense pas des fois à ça, peut-être qu’on est trop occupé, peut-être qu’on prend juste pas le temps de s’arrêter. Quand je pense à toi, je vibre. Je vibre un peu par habitude, parce que l’hiver est terminé. Je vibre comme un vieux souvenir qui prend son temps pour avancer, qui tremble un peu sur ses jambes rendues faibles, sur ses jambes aidées par une troisième. En fait, c’est vraiment comme avant, sauf qu’aujourd’hui, je vibre de moins en moins fort, de moins en moins longtemps. Un jour, tu as été l’épicentre de mes tremblements, tu me faisais vibrer comme personne, puis tu as décidé de t’éloigner, doucement, pensant que tout ça arrêterait, tout seul, peut-être comme si ça n’avait jamais existé, mais tu t’es trompé.





Faim pour froid

1 04 2012

J’ai faim. J’ai toujours eu faim. J’ai faim autant que je peux avoir froid. J’ai toujours eu froid. J’ai froid. J’ai toujours eu autant faim que froid sans toi. J’ai encore plus faim de ne te savoir pas là et mon lit, même si j’y suis, reste froid. La faim c’est pareil comme le froid. Le froid c’est pareil comme la faim. Il parait que l’on peut mourir de froid, comme les gens crèvent de faim. Il parait qu’on peut mourir de faim, encore plus quand il fait froid. La faim comme le froid, c’est un vide en soi. J’ai le ventre vide, le lit vide, donc je suis aussi livide, peut-être parce qu’aussi j’ai un peu froid. C’est ton vide qui me rend comme ça, chaque fois. J’ai comme l’impression de toujours avoir faim, de toujours avoir froid, je suis vide de toi. Ce n’est pas comme être vide avec toi, après m’être nourri de toi, là je n’avais pas froid. Mais là, le temps tic et le froid tac, le temps tic et la faim tac. La fin… Tac…





La liste

1 04 2012

Hier, j’ai fait une liste, une liste de chose à faire parce que je ne fais souvent rien dans un weekend. Dans le but d’améliorer la qualité de ce dernier, je me suis fait une liste, raisonnable pour deux jours. C’était comme un test, pour voir si l’ensemble de mes petites maladies mentales était capable de coexister. Ah oui, je ne vous ai jamais parlé de mes petites maladies mentales, on en a tous en fait… les miennes, la procrastination et un léger TOC. Si je vous disais qu’aujourd’hui je n’ai rien à faire, moi je ne serais pas surpris, la liste à eu l’effet escompter, tant que je la procrastinait pas et qu’elle restait réaliste, le reste, une fois sur mon bureau, je voyais les petites sticky-notes obsédants (merci Windows 7) et j’ai pu m’empêcher de tout faire… et même plus. J’ai arrêté de penser à elle, je me suis dit que je m’en servais un peu comme un frein à main, si je pense à elle je ne peux pas faire d’autre chose. Sur cette liste il y avait:

— Ménage
— Transcrire mes 32 pages d’un futur roman écrit à la main, vers l’ordinateur
— Commenter le projet de Elle (à ne pas confondre avec elle) donc relecture et commentaire sur près de 50 pages (la madame était contente, je pense)
— Ranger ce qu’il y avait sur mon bureau, une accumulation de papier que l’on reçoit de partout… un an de classement
— Impôts

Ça l’air de rien, mais j’ai eu le temps de tout faire, en plus de prendre quelques heures pour aller manger avec un ami, passé au marché Jean-Talon, écouter 2 films… j’ai comme l’impression d’avoir trouver une recette pour inventer du temps. Aujourd’hui… je suis un peu déboussolé par tout ça… je ne sais pas quoi faire… je crois bien que je vais me refaire une liste!

P.S. OK… j’étais debout à 5 h 30, mais j’ai quand même passé 2 heures devant un jeu vidéo…





Rude

25 03 2012

C’est un matin rude où tout sur moi à ce même effet d’abrasif sur ma peau, sur mon être tout entier. Tout m’énerve ou me rend triste, une mince ligne entre deux sentiments trop propices à la pluie et au temps gris. Je fais une indigestion par-dessus tout, maux de tête et nausée sur trop de solitude empilée. Je me l’a suis aiguisé avec le temps, histoire de bien comprendre ce qui m’arrivait, mais je savais ce que derrière moi je laissais, ça et là, histoire qu’au printemps une solitude toute neuve pousse. Elle est sortie de terre, un peu avant hier, de travers dans ma gorge, me donnant juste envie de chialer. Je ne crie pas, ça sonnerait trop écho dans cet espace trop vaste, trop vide. J’ai le coeur qui bat, qui a envie de sortir, sur lequel j’appuie sur pause, un instant, prends ton temps. J’ai le pas maladroit de cet enfant qui prend son temps à avancer, pour une première fois, un mélange de hâte et d’insécurité, qu’est-ce qui c’est passé. J’ai l’impression de ne rien comprendre, d’être là, simplement là, n’est-ce pas assez pour un dimanche ennuagé? J’ai arrêté de bouger, de sortir, de vivre un peu, car dehors certaines jouent aux quilles avec les coeurs fragiles. Elles trichent, jouant sur plusieurs parties à la fois, histoire de ne perdre rien de ce qu’elles n’ont déjà pas, on ne sait jamais. J’ai eu trop mal et je sais que les printemps me sont fragile alors je reste en exile un instant seulement. Je suis allergique au printemps tôt et à cette odeur de merde qui se dégage de ta bouche quand tu me dis doucement que tu t’ennuies du fait que je ne suis plus là au pied de ton lit. Je me suis levé, me suis lavé, je suis parti nu, simplement pour ne pas traîner ta déplaisante odeur de sorcière qui m’ensorcelle. C’est souvent l’odeur que l’on oublie en dernier, je sais que tu l’as pigé et que c’est pourquoi partout tu l’as laissé trainer. Toute trace de toi, même ton ombre qui me suivait, j’ai eu beau la piétiner, mais je n’ai pu m’en débarrasser. Le temps passe, je sais de quoi il est capable, mais je lui ai montré, je suis aussi seul que lui, je n’ai que ces deux aiguilles qui me servent à m’orienter, pour aller où je veux bien pour recommencer.





Rien

25 03 2012

Rien. Il n’y avait rien. Un début sans fin, si je comprends bien. En fait tout était là, bien en place pour commencer quelque chose. Quelque chose, quelque part, mais rien ne c’était encore passé. Comme si les gens, tout autour, étaient plus qu’immobiles, fixes, en fait ils étaient surtout absents. Tout comme ces endroits plus que vide, aride. Tout était à faire, à refaire. En fait, fallait savoir si ça avait existé, mais tout était là. Le regard vide à faire des vas et vient cherchant un repère dans ce néant étouffant. Comment commencer quelque chose lorsque rien n’existe, que tout est créé et ce de rien? Regardant ce vide sous ses pieds, il n’y trouva en rien les réponses qu’il cherchait, et ce, surement parce qu’il ne connait pas non plus les questions. Plus il se tenait là, moins ça arrivait, moins il voyait ce qui pouvait se passer, ce qui se passerait, ce qui était possible dans ce monde si vide. D’un esprit vide, il était emprisonné devant une muraille de  possibilités. Jamais il n’aurait pu penser que ça allait bouger, se transformer, évoluer et devenir ce qui n’avait été auparavant rien.





sans titre

25 03 2012

Il ne me reste que des mots, des sons des fois qui ne sont pas vraiment là. Le bruit de tes pas, mais ce n’est jamais toi. Il ne reste que moi, solitaire, triste de cette pierre qui doucement s’éloigne, cette pierre qui avait composé mon coeur, m’avait protégée tant d’années. Il reste que moi, déplacé, maladroit, je ne sais jamais pourquoi. Je suis des innocents qui prennent leur temps, ceux qui croient en l’amour, la romance et qui ne sont jamais sorti de leur enfance. Par chance! Je regarde devant, derrière, difficile de savoir d’où je viens, où je vais, car il n’y a rien. Je n’ai pas laissé cette trace par tant de gens désirés, je n’ai pas fait les contours de ce qui pourrait être une direction, un sens unique à ma vie. Ce lointain désir qui revient sans cesse… j’avais sept ans, garçon de peu de mots, je les utilisais déjà. Brouillon à la maison, brouillard en tête, ça me donne le cafard, plus rien autour ne bouge, je ne peux plus être étourdi, je ne veux plus être étourdi. J’ai un pas devant à faire, le sol y sera-t-il solide? Inutile d’y penser, je me lance, j’avance, il me reste que mes mots, je ne peux pas tomber de bien haut.





Cette fumée

17 03 2012

J’ai cette fumée qui m’aveugle un peu. Dehors je ne vois pas très loin, dedans c’est encore pire. J’ai ce truc dans la gorge, qui pèse et qui ne bouge pas, ce genre de truc de gorge qui à plus tendance à sortir par les yeux, mais que je fais sortir par les doigts, parce que mes mots comme un mouchoir essuient mes larmes. J’ai peu de raison, pas d’explication, juste le vague à l’âme, le cafard, les bleus, un mélange de nostalgie et de mélancolie. Inexplicablement c’est là et ça passera. J’aide un peu les choses, je m’acharne, je lacère ma chair de tes souvenirs, douloureux, d’hier, profonds. J’ai pris le temps de me souvenir de tes mots, de tes mouvements, de ton odeur, celle qui se trouvait sur ta peau. Je martèle ma tête de souvenirs, simplement parce que je me sens en vie comme ça, je n’ai peut-être jamais appris à être heureux quand ce n’est pas douloureux. Je laisse tout me traverser, doucement, ton regard comme une lance dans mes souvenirs, mon coeur souffre, meurt, vit. Me reste-t-il une place, une petite, simplement pour me reposer? Me reposer un peu, rêver de toi, m’ouvrir les veines à coup de souvenirs, simple masochiste, j’aimerais faire autrement. J’ai le mal de toi, ce mal qui ne s’en va pas, qui s’éloigne et qui revient au combat, m’assassiner un peu plus chaque fois, jamais la même lame, jamais au même endroit. Et si je laissais guérir un peu…





C’est un peu tabou

17 03 2012

C’est un peu comme ça des fois, on ne sait pas trop pourquoi, comme un jeu de chat et de souris, mais avec les rôles qui changent, dans le temps, juste pour faire différent. Au début, on n’aurait jamais pensé à ça, ce n’était même pas possible, demain, tu te maries. Tu te maries pas avec moi, qui pourtant avait reçu de tes mains cette notice qui m’avait fait arrêter le coeur, un instant, puis rebattre à nouveau, j’étais loin, ça fait longtemps, j’étais l’homme de ta vie. Si loin, tant de promesses, le temps se jouait de nous, on dansait de façon asynchrone, ensemble, mais dans des villes différentes. Maladroit, je me marchais moi-même sur les pieds, peur, oui peur. Peur d’une proximité, de voir, de sentir, de savoir que c’est comme ça, que ça existe, de croire que ça peut exploser, en silence. Le temps a délavé nos conversations, nos illusions, on s’est gardé loin l’un de l’autre, pour se protéger, pour oublier ce qui n’a pas existé. J’ai su, de façon burlesque, que ça arrivait, toi, toujours là-bas, dans les bras d’un pays qui n’est pas le mien, dans ces bras que je n’ai jamais pu t’ouvrir. Je navigue entre deux eaux, triste de n’avoir jamais essayé, heureux de te savoir comblé. Demain tu te maries, c’est un peu tabou, on n’en parle pas, ça fait partie de notre chorégraphie.





La vie

13 03 2012

La vie, ma vie, est parfois une chose qui passe trop vite et qui pique les yeux. De mes grandes capacités de devin, je deviens tout de même jamais trop noir, sinon que mon plumage. Je suis arrivé trop vite, toutes les fois où je me suis présenté à toi. Comme si toi, tu n’étais pas prête et que moi je voyais ce potentiel en toi, je devinais ce que tu étais avant même que tu y sois rendue, chaque différente fois. Comme le boulet à ma cheville, cette vision de toi m’a suivi, chaque fois que je t’ai rencontré, pour la première fois. Toutes bien différentes, mais toujours pareil lorsque je m’attachais à toi. J’ai attendu, parfois longtemps, à en perdre tout ce qui restait de la passion que je te portais, laissant qu’une marre asséchée par l’immense soleil de l’été. Je l’ai pourtant alimenté de tant de larmes par le passé, ce passé qui passait toujours sans toi. Je t’ai tué dans ma tête, tuée pour que tu ne me blesses plus, jamais, toi celle que j’aimais. Le temps t’a souvent placé là, sur mon chemin au moment où je m’y attendais le moins. Je te redécouvrais, encore une nouvelle fois, sachant que je ne m’étais pas trompé, mais avec ce lourd sentiment de t’avoir oublié. Oublié ce que tu as été pour moi, oublié parce que le deuil en emporté ces sentiments que le temps a effacés. Je rêve encore, de découvrir enfin, cette fois où je tomberai sur toi et que le temps ne se jouera pas de moi.





La dernière fois

12 03 2012

— T’as l’air triste
— Je ne croyais pas que tu le voyais
— Oui, je le vois encore
— Et t’es maintenant capable d’en parler
— Oui, parler c’est plus trop un problème
— C’est quoi alors le problème?
— Je ne sais pas, c’est pas un peu toi
— Ça me surprendrait, tu te souviens la dernière fois
— Oui, la dernière fois c’était vraiment super
— Parait que ça prend toujours une dernière fois
— Oui, après on peut laisser les gens mourir en paix
— Ce n’est jamais évident de laisser les gens morts, vivants
— Comme tu dis, jamais bien évident, on a toujours ce léger doute
— Ce léger doute, ce questionnement, ce « Et si? » qui plane sans cesse
— Et à quoi bon, on se souvient bien au moins de la dernière fois, de quelques fois avant, le temps agis comme un baume, puis on finit par oublier.
— Mais oublie-t-on vraiment ce qui s’est passé?
— Jamais.