POST EQUITEM SEDET ATRA CURA

20 06 2010

Ou le noir souci monte derrière le cavalier…

Quand l’ombre ne se discerne plus sur le sol détrempé par des larmes abondamment tombées, plus rien n’est clair. Ni la lune, ni le ciel, dans lequel elle s’y fond, ne sont vraiment clairs. Et doucement sur l’herbe noire, l’armure ruisselle encore d’une pluie un peu trop nouvelle. Assis à ces cotés le cavalier reste las de toutes ces batailles. Des idées noires ont rempli sa tête qui brusquement s’arrête, sur chaque parcelle de sa vie. Il n’est plus question de faire le tri de ce dont il a envie, il n’est plus question de repenser à ce qu’il veut aussi. Ses noires pensées sont simplement dues à un désespoir amer qui reste bien profond en travers de sa gorge, il tousse un peu, simplement pour que cela sorte. Ce cavalier n’est pas seul, sa monture à ces côtés sait quand il sera prêt à remonter en selle. Il n’aime plus cette noirceur où il semblait si confortable, ces nuages annonciateurs de pluie, de création, de vie. Sans muse il se retrouve aujourd’hui, mais il a compris que c’est la vie qui l’inspire, pas ces fleurs qu’il respire. Le noir souci monte derrière le cavalier, il empoigne son épée et lui tranchera la gorge pour simplement se libérer de ces idées, de ces chaînes auxquelles il était lié.





Faire la roue

20 06 2010

Les yeux fermés, je tourne la roue. Je ne sais pas où elle s’arrêtera, on ne le sait jamais. J’ai pensé longtemps que le hasard y était pour tout, mais si je ne tourne pas cette roue je ne fais pas sa chance.





Eux

20 06 2010

Ils se sont regardés et la musique a commencé, une valse, une simple danse qui n’a plus voulu s’arrêter. Et le temps, la magie que contenaient leurs yeux disait, disait simplement, je te veux. Je te veux aujourd’hui et demain encore dans ma vie. D’un senti commun ils ont bâti ce qu’était la vie, ce qu’était leur vie, sans se questionner sur celle-ci. Leur sentiment accepter ne furent que confirmé, au fil du temps, au gré du vent, leurs yeux disaient toujours la même chose, toujours les mêmes mots de leurs yeux d’amoureux, des mots sans paroles, des mots dont tous raffolent. Mais cela leur appartenait, personne ne pouvait se mettre en travers de leur chemin, comme tracé par le destin ils marchaient main dans la main. Et issus de leur amour, le fruit d’une histoire bien remplie, l’histoire d’une vie que les autres pourraient racontés, l’histoire que beaucoup n’osent plus imaginé. Bien que leur traversée parfois ennuagée ne fut que des moments pour se rappeler, se rappeler que l’amour est fragile, qu’il ne tient qu’à un fil. Et le temps à passer et ils se sont aimé, encore et encore sans pensé, avec plus de solidité, dans leurs yeux le même message, parfois après de très gris nuages. Et le temps a passé et le temps c’est cassé, dans une vie où on est pas maître et où aimer ne semble plus assez. Jusqu’à ce que la mort nous sépare, elle les a séparés. Elle les a séparées, mais a laissé ce qui restera à jamais, une belle histoire d’amour et un rêve à atteindre pour ceux qui y auront assistés.





La fuire

20 06 2010

Mon coeur blessé choisit la fuite pour ne pas s’écorcher plus qu’il ne l’est. D’un sentiment absent le temps a fait son chemin et m’a remis simplement la monnaie de ma pièce. Ce gros dollar rond comme mes yeux devant toi, obnubilé d’avoir ce sourire, ces dents qui me déchiquettent le coeur. De travers, j’avale cette triste situation que je digère mal. Beaucoup de pourquoi, et ce, simplement parce que ça n’a pas besoin d’explication. Je reste pris le pied dans ce piège, dans se sable mouvant sans moi. Je tente de m’éloigner, de courir, de distancer ce que je ressens, encore, chaque jour. J’aimerais comprendre ce qui m’empêche de passer ma vie, passer à autre chose, penser à d’autres que toi. Mon coeur s’anéantit chaque fois, cette montagne que je gravis n’est que chaque fois plus abrupte quand ton visage s’illumine devant moi. Je n’ai pas envie que tu voies mes yeux tristes par orgueil que je n’ai pas, je ne peux montrer mon coeur aride, car il ne l’est pas. Je dois simplement accepter tout ça, encore une fois, sincèrement, laisser le tout allez et ça passera.

Et après…

D’une demande ferme tu me demandes oublie-moi… pourquoi pas!





Pourquoi pas?

20 06 2010

Quand on grandit, plus rien n’est permis de ce que l’on faisait quand on était petit… Je m’ennuie ou ça m’ennuie, j’imagine encore le temps ou rien n’avait d’impact, où l’innocence d’enfant faisait que tout était permis. Je me souviens encore de tout ce temps où tout n’avait pas de conséquences, tout était simplement fait parce qu’on ne se posait pas de questions dans l’essence même de ce que qui se passait. Où le soir quand la clarté tombait on pouvait sans hésité, se coucher sur les genoux de notre mère pour simplement laisser sa main caresser nos cheveux ébouriffés, encore mouillés, d’un bain pris avec nos jouets favoris que l’on faisait disparaître sous des bulles par millier. Ces soirées du hockey où la seule priorité était de monter sur les genoux de mon père qui se berçait avec détermination, symbolisant sa participation infime à l’équipe qu’il supportait, la seule chose qui ne le dérangeait pas, c’est d’avoir ses enfants près de lui. Ces matins de première neige où la randonnée pour l’école était simplement une activité de pur bonheur, où aucune fenêtre n’échappait au tir habile d’une balle de neige de moi, sinon de Patrice. Le soir, seule sur cette masse de neige entassée devant la maison, je me croyais maître du royaume que j’étais en train de me creuser à l’aide d’une petite pelle rouge avec la poignée cassée. Ces longues journées d’été à se baigner dans la piscine du quartier, le temps où les filles n’étaient pas un casse-tête, mais des amies avec qui l’on rit. Parfois, je me demande quand est-ce que tout ça a disparu, quand est-ce que tout ça à changer. Je reste accrocher à ces moments, nostalgiques et heureux de les avoir vécus, tentant sans cesse d’y rester en partie, de faire la part des choses, d’infliger aux gens cette douce passion d’enfant qui émane toujours de moi sans arrêt. Dans ce temps qui passe, je ne crois pas que les choses changent, mais que c’est nous qui à autre chose passons, ou qui n’y pensons plus. Dans cette folie qu’est la vie, on oublie souvent cette folie d’enfant qui reste en nous, bien endormie dans cette vie d’adulte. Pourquoi ne pas se donner la chance de l’éveiller, la réveiller, la laisser allez et redécouvrir encore ce qu’est la vie!





Dimanche

6 06 2010

J’aime ces dimanches trop denses pour se condenser plus encore qu’une soirée. Où le jour me fait penser à l’été, où les soirées sont arrosées. J’aime bien ces jours qui se confondent entre eux, simplement pour prendre le temps de rendre les gens heureux, un sourire, un seul, sans mentir un instant je prends le temps pour moi, d’écouter parce que j’aime ce que je suis. Mais je me retrouve ici, seul avec ce café, ces gens qui ne se souviendront pas de moi, ainsi que l’amertume encore plus présente que le café dans ma bouche réapparaît. Cette impression lente que rien ne passe, que rien ne me soulage, que ce que je ressentais hier est toujours aussi présent avec le temps. Mes soirées longues à discuter avec des gens de qualité, à boire des cidres à la pinte sans qu’il ne m’affecte l’esprit, à inventer, réinventer, écouter et laisser passer. Mes matins sont toujours les mêmes, toujours sombre jusqu’au café et un peu moins gris délavé par la pluie. Je pense à tout, à ça, à toi. La réalité me casse en deux, d’ennui, d’amour, d’un espoir qui ne se meurt jamais assez vite. Je sais que tu es là, quelque part dans le même univers, quelque part dans une rue, un quartier, ce pays qui n’est peut-être pas le mien. Ton image m’apparaît et me fait toujours sourire, un sourire nostalgique qui me fait oublier le reste, les gens qui tournent autour, la possibilité de l’amour. Le temps passe et sur mon dos se cassent des mots, des pensées, des gens qui me laissent indifférent. Il faut que ça passe, comme un souvenir, pour que mon avenir soit plus doux pour moi. Chaque jour, cette envie de te voir réprimer pour mieux me laisser croire que tout ça passera plus simplement. Ce que je veux, ce que j’ai envie, ce qui me manque, un tout simplement parce que tu me manques. Je me suis extrait doucement de ta vie, sans un mot pour sombrer dans l’oubli, mais l’image qui vient toujours à moi est celle qui a été marquée d’un fer rouge et qui ne guérit pas. Mon coeur oblitéré n’en finit plus de se demander s’il pourra se renouveler.





Désormais

24 05 2010
Simplement parce que c’est un grand maître des mots…
Désormais
On ne nous verra plus ensemble
Désormais
Mon cœur vivra sous les décombres
De ce monde qui nous ressemble
Et que le temps a dévasté
Désormais
Ma voix ne dira plus je t’aime
Désormais
Moi qui voulais être ton ombre
Je serai l’ombre de moi-même
Ma main de ta main séparée

Jamais plus
Nous ne mordrons au même fruit
Ne dormirons au même lit
Ne referons les mêmes gestes
Jamais plus
Ne connaîtrons la même peur
De voir s’enfuir notre bonheur
Et du reste désormais

Désormais
Les gens nous verrons l’un sans l’autre
Désormais
Nous changerons nos habitudes
Et ces mots que je croyais nôtres
Tu les diras dans d’autres bras
Désormais
Je garderai ma porte close
Désormais
Enfermé dans ma solitude
Je traînerai parmi les choses
Qui parleront toujours de toi

Jamais plus
Nous ne mordrons au même fruit
Ne dormirons au même lit
Ne referons les mêmes gestes
Jamais plus
Ne connaîtrons la même peur
De voir s’enfuir notre bonheur
Et du reste désormais

(c) Charles Aznavour





L’eau d’heure

24 05 2010

Comme une odeur de toi, envoûtante qui tournoie autour de moi, comme le doux vent au printemps. Comme une odeur de toi, qui demeure chez moi, que le temps ne chasse pas, mais que je surprends de temps en temps. À ces odeurs s’accrochent des souvenirs, auxquels je tiens et que je ne veux laisser partir. Et que l’heure qui tourne et tricote, que l’eau qui s’écoule de mes yeux, ne change rien à l’affaire, je n’éprouve maintenant que colère. Comme une odeur de déjà vu, je me suis pris les pieds comme par le passé. J’en veux à ce que je suis, mais en même temps je me remercie. Je n’oserai crier les trucs qui me passe en tête, sans cesse, car ces mots qui sommeil en moi ne donnerait aucun résultat, sinon que l’exorcisme d’un moment et culpabilité pour plus longtemps. Je m’en veux de ne pas m’être écouté, mais j’ai appris en même temps avec le temps, que je ne pouvais pas faire autrement, j’avais besoin de cet exemple, ce dernier pour me réveiller. Aujourd’hui, je suis assis, je pense à tout ceci. Près d’un an, à un an près, la continuité d’une leçon il y a bien longtemps entamé, celle qui disait seulement de m’écouter. Par le temps passé, tout s’est tassé, dans une histoire qui avait mal commencé. Une histoire commencée d’une intense intuition, passion, toujours grandissante, mais peu à peu mourante. Une relation qui avançait laissait des traces, toujours plus profonde chaque fois. Une relation qui était remplie de reproches, de projections, de ce que je n’étais pas, mais qui m’était lancé tour à tour pour me rappeler. Me rappeler à l’ordre que je suis grand, je suis moi, je suis quelqu’un que tu ne connaîtras jamais, car à s’appuyer sur le passé on oublie souvent le présent. Aujourd’hui, j’ai besoin de tourner la page, je ne trouve même plus le livre, mais je sais.





Un soir de mai

22 05 2010

J’ai l’oeil astral d’une pigmentation obscure qui scintille comme une étoile de mer. Vaguement comme la beige brume s’émoi la nuit au clair de lune. Et à demi sourire me regarde de là, haut dans le ciel croasse. Mon âme fragile, agile dans le vent qui sur son dos suivant les chimères natives d’autrefois. D’un regard amer vers là mer qui me donne cette odeur de varech et tant de souvenirs. Sur la rocaille, mes pieds s’entaillent dans un glissement latéral, mais je ne sens plus ce mal. Mes yeux salés me rappellent le goût dans son cou après une nuit de folie. Mais mes pensées s’envole, s’égare, se trouve vers le ciel, encore lune de fiel. Dis-moi quand mon coeur serrer dans ce tiroir verrouillé reprendra son envolée encore une soirée devant le miroir où je t’ai quitté. Et le silence danse comme cette flamme qui un jour mon coeur emporta, pour toi sans raison particulière sinon celle de n’avoir été que sincère. La triste conviction de ne pas m’être trompé s’est laissée envolée par ce simple goût de liberté. À qui appartient tout cela? À moi… rien qu’à moi!





Encore un peu

17 05 2010

Encore un peu, juste un peu, me plonger dans tes yeux, mordre doucement ta lèvre, te serrer jusqu’à ce que le soleil se lève. Encore un peu, juste un peu, sentir ton odeur près de moi, toucher ta peau de soie qui frissonne d’un matin d’hiver ou toute dorée quand le soleil se réveil. Encore un peu, juste un peu, partager toutes ces musiques, les plats typiques des endroits plus ou moins exotiques. Encore un peu, juste un peu, le temps que lui-même passe, que la douleur s’efface, que les souvenirs restent, que se prolonge doucement tous ces petits moments qui n’existe pas sans toi. Encore un peu, un tout petit peu, cette envie de toi, comme cette drogue que je n’ai pas, qui me manque chaque fois que je pense à toi. Encore un peu, rien qu’un peu, le temps que s’achève le printemps, que se lève le vent, que je savoure cet instant.