La vie

13 03 2012

La vie, ma vie, est parfois une chose qui passe trop vite et qui pique les yeux. De mes grandes capacités de devin, je deviens tout de même jamais trop noir, sinon que mon plumage. Je suis arrivé trop vite, toutes les fois où je me suis présenté à toi. Comme si toi, tu n’étais pas prête et que moi je voyais ce potentiel en toi, je devinais ce que tu étais avant même que tu y sois rendue, chaque différente fois. Comme le boulet à ma cheville, cette vision de toi m’a suivi, chaque fois que je t’ai rencontré, pour la première fois. Toutes bien différentes, mais toujours pareil lorsque je m’attachais à toi. J’ai attendu, parfois longtemps, à en perdre tout ce qui restait de la passion que je te portais, laissant qu’une marre asséchée par l’immense soleil de l’été. Je l’ai pourtant alimenté de tant de larmes par le passé, ce passé qui passait toujours sans toi. Je t’ai tué dans ma tête, tuée pour que tu ne me blesses plus, jamais, toi celle que j’aimais. Le temps t’a souvent placé là, sur mon chemin au moment où je m’y attendais le moins. Je te redécouvrais, encore une nouvelle fois, sachant que je ne m’étais pas trompé, mais avec ce lourd sentiment de t’avoir oublié. Oublié ce que tu as été pour moi, oublié parce que le deuil en emporté ces sentiments que le temps a effacés. Je rêve encore, de découvrir enfin, cette fois où je tomberai sur toi et que le temps ne se jouera pas de moi.





La dernière fois

12 03 2012

— T’as l’air triste
— Je ne croyais pas que tu le voyais
— Oui, je le vois encore
— Et t’es maintenant capable d’en parler
— Oui, parler c’est plus trop un problème
— C’est quoi alors le problème?
— Je ne sais pas, c’est pas un peu toi
— Ça me surprendrait, tu te souviens la dernière fois
— Oui, la dernière fois c’était vraiment super
— Parait que ça prend toujours une dernière fois
— Oui, après on peut laisser les gens mourir en paix
— Ce n’est jamais évident de laisser les gens morts, vivants
— Comme tu dis, jamais bien évident, on a toujours ce léger doute
— Ce léger doute, ce questionnement, ce « Et si? » qui plane sans cesse
— Et à quoi bon, on se souvient bien au moins de la dernière fois, de quelques fois avant, le temps agis comme un baume, puis on finit par oublier.
— Mais oublie-t-on vraiment ce qui s’est passé?
— Jamais.





Le vieillard

29 02 2012

C’était un vieillard solitaire. Un vieillard qui passait ses journées à chanter des vers. Des vers d’amour qui duraient toujours. Des vers simplistes sans idée réaliste. Quand le vieillard chantait, les gens s’arrêtaient, s’arrêtaient par millier par journée pour le regarder. Le regarder fort, l’écouter silencieusement. Surement qu’il avait des choses à raconter. Quand le vieillard chantait les gens s’arrêtaient et quand il s’arrêtait les gens se dispersaient, un à un au départ puis en masse sans effort. C’était un vieillard solitaire, qui s’arrêtait de chanter simplement pour regarder. Regarder pourquoi les gens s’arrêtaient, simplement parce qu’il chantait. Les silences des uns faisaient son bonheur entre autres, mais il ne comprenait pas, pourquoi ses silences mobilisaient les gens en un instant, quand juste avant, statiques, ils écoutaient sa musique. C’était un vieillard, qui chantait des chansons d’amour, des histoires d’amour qui durait toujours.





De l’encre, du sang, ton corps et des larmes

28 02 2012

J’ai laissé coulé mes larmes, plutôt que mon sang et j’ai sonné l’alarme pour revenir dans les rangs. J’ai déversé de l’encre pour assécher mes larmes, le papier imbibé mes larmes n’ont fait qu’afflué. Ton corps servant de réconfort à mon corps, le sang se réchauffant, à l’encre a donné une raison d’exister. J’aurais donné mon sang pour assécher tes larmes, oubliant ce que je peux être, sachant que je peux renaître. Quand l’encre j’ai levé, sur notre histoire délavée, doucement emportée, je me suis dépêché. Mes larmes assécher avant le vent de l’été, mes yeux ont cherché ton corps, encore. Mes larmes ont coulé et mon sang ne s’est pas arrêté, mon corps bien en vie ne demandait qu’à t’aimer. Et j’ai ramé, ramé, sur cet océan de charme, bien que mon corps se serait jeté par dessus le bord dans un vacarme. Mon encre a su me sauver de ton corps, et ce sans hargne, je me suis dépêché à essuyer cette larme. Toute fine, toute frêle, qui glissait le long de cette histoire, ce n’est que ce que tu as mérité, mon corps et mes larmes.





Faire les choses en plusieurs étapes

28 02 2012

Choc

Paralyser, je ne comprends pas où je suis rendu. Mille pourquoi, mille comment, sans réponse valide, car le silence réside. L’avantage de voir venir les coups est une chose, mais celle de les manger en pleine gueule en est une autre. On n’a pas le contrôle sur ce qui se passe, sinon on l’aura que sur notre petite personne une fois que tout sera derrière soi. Sans mot c’est un peu ce que je suis devenu, sans aucune capacité à réagir, en ne pas ressentir, à continuer ma route.

Déni

Ce n’est pas comme si je ne le savais pas, mais je me suis dit, des fois que… peut-être que… le sombre espoir qui plane l’instant d’un soubresaut de l’humeur qui tend vers un éternel optimisme. Le temps du temps qui passe doucement, toujours trop lentement. Ça ne se peut pas, pas encore une fois, pas encore cette fois, vu à distance, mais sans réagir, on subit ce qui arrive, sans vraiment vouloir y croire.

Colère

POURQUOI??? En majuscule ça fait plus sérieux, ça sort du fond, ça arrive comme ça, un beau lundi soir où rien n’y personne n’y peuvent quoi que ce soit. Je suis trop bonasse pour exploiter la colère, je n’y trouve rien, elle est fade et ne donne rien. J’ai tenté de trouver ce que j’aurais pu dire ou faire pour l’exprimer, mais c’est en silence qu’elle est passée. Tant d’encre ne servira pas ma cause. Tant de colère, je m’y oppose.

L’abattement

C’est triste, que dire de plus. L’investissement n’en vaut pas vraiment un résultat qui sera le même. On voit s’envoler des mots, des sentiments, des silences. On fait sa chance, on la tente, on est parfois déçu. Je renommerais le tout… déception. L’abattement, l’abattoir, l’endroit où l’on se voudrait reclus parce que le monde autour de soi n’existe plus. Le monde que l’on s’est monté en tête simplement parce que les attentes étaient bien plus grandes que ce qui arriverait en réalité.

Résignation

J’ai fait tout ce que j’ai pu. J’ai donné tout ce que j’étais. Cette situation est inévitable et sans issue. C’est de cultiver le temps que de s’accrocher à ces vaines histoires sans lendemain, car même à 100 % de ma personne, je ne suis qu’à 50 % de résultat concluant. À quoi ai-je pensé? Le temps m’a donné cette avance qui ne peut être rattrapée. On mise souvent sur un facteur et c’est souvent celui qui ne se présente pas, à 11h00 le matin, pour annoncer de bonnes nouvelles.

Acceptation fataliste

Bis sur résignation. C’est la vie, cette satanée de vie qui coule sans cesse dans mes veines, qui me rend plus fort, mais toujours aussi vulnérable. Elle me rentre dedans et j’en veux encore. Viens salope de vie, me faire vivre ce que bon te semble, j’en veux encore, je n’ai pas d’autre alternative que de t’endurer doucement, des soirées durant.

Accueil

Bienvenue chez moi expérience. Ce fut vraiment un beau voyage, court, mais bon. J’en garde que des apprentissages, des souvenirs, de sourires. Demain n’est pas la veille où je serai serein face à tout cela, demain ne sera pas aussi vain qu’hier ça c’est certain. J’ai enfin accéléré le processus qui me menait à cette résultante, j’ai avoué que je l’aimais en tentant n’avoir aucune attente. Me suis-je trompé quelque part? Non, je recommencerais demain, car c’est ainsi que je sens cette vie qui coule à nouveau dans mes veines. Le voyage en valait le coup, le coup en valait la chandelle.

Laisse-moi savourer chaque moment de mon existence, laisse-moi me blottir contre ton sein. Que le temps passe et ne me laisse que des traces de ce que j’ai vécu, je prendrai que le bon et je ne serai pas déçu. L’univers m’aura laissé une bonne dose d’inexplicable, je suis bien avec cela, ma vie est plus qu’acceptable. Je ne prendrai plus à creuser pour comprendre, je continuerai ma route et la vie saura me surprendre.





Paillasson

16 02 2012

J’ai un paillasson dans le visage et je suis brouillon. Mes idées s’emmêlent sans avoir raison et le temps me blesse à sa façon. J’ouvre le rouge, pour un verre, pour que rien ne bouge. La lune disparaît doucement sous les nuages et ne laisse qu’un sombre paysage. La nuit c’est mon domaine, moi ce sombre personnage. J’ai pris le temps, un instant, et mon souffle en même temps. Où suis-je? Perdu? Non, je n’ai qu’osé pour devoir récolter. Tout c’est passé si vite, tout est allez avec la musique. Un pas de plus vers la raison, je n’ai point trouvé cette chanson. C’est une valse, une farce, un moyen de contraception pour les cons. J’ai l’espoir qui se trémousse, j’ai trouvé la solution. D’un mensonge à l’autre, mon oreille reconnait maintenant ce qui lui plait, le vrai. Ce n’est pas ce que tu fais c’est ce que tu es qui me plait. Pour ce que ça changerait, en temps de guerre, je range les armes, je n’aime pas leur vacarme. Il semble que j’ai la valeur d’un vieux dollar qui s’oxyde doucement avec le temps, tu sais ces dollars d’argent qui prennent de la valeur avec le temps? J’ose croire encore que je rêverai de ton corps, car c’est un peu ce qui me restera une fois que ta voix s’effacera, que l’odeur laissée dans mes draps s’esquivera une fois que la machine les lavera et que ce que tu es n’aura plus ce que tu étais pour moi. Tu t’es essuyé les pieds sur ce paillasson, sur mon visage comme de raison, comme une gifle que l’on donne de revers, qui marque jusqu’à la fin de l’hiver. Je pianoterais bien plus de mots, mais l’envie me manque… comme toi.





St-Valentin

14 02 2012

Toune de St-Valentin

Hier tu me lançais des assiettes
Tu parlais d’lancer la serviette
Mais là tu vois poindre un peu d’rouge
Et tu t’dis qu’t’es bonne pour un jour.
Pour endurer tout ce que je te fais
En fait t’es plus capable, tu me hais
Mais le romantisme artificiel
Va a’c ton être superficiel

St-Valentin, tu me lèves le coeur
Tu n’as rien à voir avec le bonheur
T’arrives comme ça, rien que pour un jour
Et tu t’proclames marchant d’amour

Je me suis retrouvé dans de beaux draps,
Avec le champagne, le chocolat,
M’as en profiter pour te baiser
J’sais ben que demain ça va cesser
J’t’ai pas dit que j’fourrais ta soeur
À place de ça j’t’ai acheté des fleurs
Je sais bien que j’suis un animal
T’inquiètes d’main tout r’viendra normal

St-Valentin, tu me lèves le coeur
Qu’as tu donc fait au romantisme
T’es là juste pour vingt-quatre heures
Et pis le quinze tu décrisses.

Je me souviens de c’que j’étais avant
Dans le temps où je prenais mon temps
Quand je pouvais seulement aimer et
te surprendre sans même me justifier
Aujourd’hui tout a besoin de raison
Sinon tu passes pour un vrai con
L’instantanée s’est oubliée
On s’reparlera le 14 … février

St-Valentin, tu me lèves le coeur
T’as fait de l’amour une horreur
T’as vraiment brûlé le naturel
T’as fait même oublier l’essentiel

Que ça prend pas que le 14 pour aimer
Si je t’aime plus, je vais te laisser
Laisse-moi donc célébrer l’amour
Du premier au dernier jour de l’année

St-Valentin, tu me lèves le coeur…





Sol souvenir

9 02 2012

Le sol a lâché, je me suis retrouvé dans le vide, en un instant. Son regard percutant m’avait transpercé, en un quart de seconde, juste avant que je m’effondre. J’avais les yeux rivés aux siens sans comprendre. En fait, ça avait commencé avant ses yeux. Certains se gagnent par l’estomac, moi par l’ouïe. Fais-moi vibrer le tympan, comme toi seul tu sais le faire, juste assez, pour ne pas le défoncer. Je te parlerai, doucement dans l’oreille, te faisant écouter ce que j’ai à te dire par la bouche des autres. Je trouverai les mots déjà écrits pour te révéler ma pensée, pour te dire ce que je suis ici. Mais souvent, tu ne m’écouteras pas, tu feras comme si je n’existais pas et le temps passera, encore une fois sans que vraiment j’y sois. Puis tu te surprendras à fredonner ce que mille fois je t’ai chanté, un souvenir de moi, porté par une voix. Le visage livide, tu regarderas dans le vide, mon absence comme mon silence te serviront de seule présence. Le sol sous moi a quitté mes pieds, dès le début tu te souviens, je suis tombé.





C’est arrivé un neuf

9 02 2012

C’est arrivé, comme ça, j’étais ici, je regardais là, rien de particulier, rien ne bougeait si je ne bougeais pas. Puis c’est arrivé, un moment donné, sans vraiment m’expliquer, je me suis mis à raconter quelques mots pour que le silence soit brisé. Deux, trois mots, au fil des deux, trois bières que je m’enfilais, sans que personne vraiment le vît. J’ai pris plaisir, à simplement écrire, tout ce qui me passait par la tête, sans vraiment que je m’y arrête. Et le vent me souffle à l’oreille « Man.. Tu es en train d’avoir une conversation avec toi! », par chance, j’ai pu me rabattre sur le fait simple que peut-être quelqu’un lirait, un jour, quelque part, anonyme, d’une ombre inconnue, de la rue. Je me suis tue, tué ce vent qui passait par là, me rappelant un peu le pourquoi tout ça a commencé, c’était quel jour déjà… bouge pas… je crois que c’était un 9… quoi d’autre, je réagis toujours les 9… aujourd’hui, la preuve et ce n’était même pas prévu. J’ai vu ça, je me suis mis a éternué, l’allergie du neuf, ça sentait la plante, de quoi on parlait déjà… ah oui, le 9. Je ne sais plus, si c’était le début ou la fin, quelle importance en fait? Tout est arrivé à cause de toi, t’aimes quand je t’accuse? Moi je dis que c’est madame chose, avec le pipe wrench, dans le living room… fucking living room, par chance que les murs ont que des oreilles, parce que s’ils avaient aussi eu des yeux ils auraient bavé de toutes leurs bouches. Il y avait vraiment quelque chose de spécial, je m’en rappelle, comme si c’était hier, mais ce n’était pas le neuf hier… donc demain je recommencerai, ça devrait marcher. J’ai cherché après, pas longtemps parce que je savais que ça ne donnerait pas grand-chose, y en a juste une comme toi et je dis pas ça pour te plaire là, je dis ça vraiment parce que tu es unique, tant mieux pour l’humanité que j’ai tenté de protéger en te gardant pour moi. Si j’étais demain, je dirais que tout ça, bien c’était hier, mais ça avait commencé bien avant. Tu ne le sais pas, moi je ne sais pas pourquoi je le sais, en fait, ça rien à voir avec le savoir. Je ne sais pas ce qui c’est passé, un jour, c’était peut-être un neuf aussi, j’ai juste compris, j’ai juste senti, un peu trop, comme si le volume était fort, comme si je n’avais pas vraiment besoin d’écouter, juste sentir, je sais. Ce n’est jamais la même chose, le même pourquoi, le même temps de l’année, c’est probablement souvent un 9. Il est presque neuf heures, rien n’a changé, combien de mois, combien d’années, j’ai la main sur le fil, ça se trémousse encore un peu, bip, bip, bip, toujours plus lent, suis-je encore conscient? Sur le cardiogramme, je me sens ralentir, doucement, je le sentais déjà, comme un instant de folie, une pure joie quand je pense à toi, puis je l’arrête, doucement, 12, les yeux fixés sur le moniteur, 11, allez mon coeur rappelle-toi, 10, je sais qu’encore que tu le sens, 9… Shlack! biiiii_______________________________p.





10 minutes random

6 02 2012

J’ai 10 minutes à tuer, 10 minutes parce que le bus m’est passé sous le nez comme ça, quand je me suis pris les pieds dans la musique qui me rappelait un peu mon histoire. Des histoires tristes, de belles histoires, assez pour faire manquer un autobus. J’aurais pu marcher, mais j’ai envie de lire et les mains au froid c’est déplaisant et j’aurais du continué à écouter cette musique qui me rend tout bleu, presque noir. J’ai l’impression d’avoir avalé cette patate chaude qui faisait que je mâchais mes mots, elle est rendue dans ma poitrine, elle doit faire au moins 100 kilos, je n’ai pas pris de chance, je me suis pesé, tout est normal, mais elle fait quand même mal. Au lieu de mâcher mes mots, c’est la patate que j’aurais du mâcher, elle aurait surement passé avec plus d’aisance. Aujourd’hui c’est un jour gris 67 %, c’est assez foncé compte tenu de ma couleur. C’est pourquoi je me suis habillé en noir, encore, avec cette foutue cravate que tout le monde trouve belle, une cravate noire qui sait cacher ses couleurs, une cravate pour panser mon coeur. Les gens me trouvent chics, mais ce n’est jamais adéquat comme commentaire, une cravate pleine de fleurs pour que l’odeur camoufle le deuil, la peine, me réconforte. J’aimerais avoir une cravate mécanique qui pourrait me prendre dans ses bras, elle saurait quand, car elle reposera toujours sur mon coeur. Triste, je ravale par gros morceaux deux tristes défaites. C’est plus le même mal qu’avant, c’est un mal qui me pousse en avant. Tous ces mots que vous lisez, je ne les ai même pas pensés, ils me sortent doigts du coeur. Et si j’écrivais mon histoire, comme les cent gars du quartier qui se sont fait publier, à croire que c’est hanté par ici, combien d’âme aigrie ravale leur bonheur simplement pour avoir mal choisi ce qu’il croyait être une fleur. J’ai 10 minutes à tuer, comme toute chose à une fin, bien souvent la nôtre, je devrais me hâter pour ne pas de nouveau le rater.