Sevrage

1 11 2016
Arrêter. Se séparer. Briser le lien. Se couper de quelque chose, de quelqu’un. Progressivement, lentement, sur-le-champ, drastiquement. Je ne sais pas comment faire, comme vivre ce moment. Je ne sais pas c’est dû à quoi. Est-ce que je n’ai jamais appris comment faire ou est-ce que ça ne s’apprend simplement pas. Ma mère ne m’a pas sevré, car je n’ai pas été allaité. Je n’ai jamais été toxico, sinon qu’un peu alcoolo. Se priver de quelque chose d’agréable, de quelqu’un. J’ai tout arrêté, tout en même temps et rien n’y fait. J’ai arrêté de boire, parce que je m’anesthésiais de toi, l’alcool me fait t’oublier me fait m’oublier surtout, un instant, jusqu’au réveil, à la douleur, à la perte momentanée d’une journée dans ma vie, le lendemain de veille. J’ai arrêté de boire, complètement, du jour au lendemain, simplement parce qu’il le fallait, parce que je ne me sentais plus bien à me fuir constamment, à me pousser de ton image, de ces souvenirs qui me hantent sans cesse. J’ai arrêté, cold turkey (dinde froide), l’expression ne se traduit pas, mais abruptement serait l’idéal. Je n’ai pas eu de difficulté, je n’en ai pas plus aujourd’hui, à croire que je me faisais croire que j’avais besoin de l’alcool, mais ça se passe très bien, je suis content pour moi, je sors, et bois du sucre, trop de sucre, les bars ont ces habitudes de servir peu pour les non-buveurs, j’apprends sur le sujet. Et puis il y a toi. Je suis un incapable, je t’ai dit de cesser de me parler, j’espérais le contraire, je ne commence plus les conversations, je suis pris dans une spirale qui me traine vers le fond de moi même, où je n’ai plus aucun refuge, je te vois, je t’aime encore. Je sais que ce n’est pas le souvenir de ce que c’était, je sais que ce n’est pas un rêve, une idée, une idéalisation de ce que c’est, c’est simplement difficile à comprendre. J’ai l’impression que ça passe, toujours trop lentement, peut-être la proximité, faudrait que je change cela, que je me sauve ailleurs, dans un autre endroit, dans un autre emploi, dans un autre refuge où je serais certain de ne pas te voir, en mot ou en personne, constamment. J’aimerais que tu me donnes le truc, celui que t’as utilisé pour moi, pour passer à autre chose, comment t’es-tu sevré de moi? Ça, c’est fait tout seul? J’ai essayé de passer du temps avec moi et je ne me tanne pas, j’aime ce que je suis, ce que je fais, ce que j’aime. Je ne comprends pas, je suis devenu gros, fade ou laid? J’ai perdu ma compétitivité, surement, je n’en ai jamais eu, je n’aime pas me battre pour celle que j’aime, on est libre quelque part. Ce n’est peut-être pas moi en fait. C’est peut-être toi. Ça n’empêche pas que je suis tout de même là à devoir me sevrer.
Pour référence:
sevrer [səvʀe] verbe transitif
(vient du latin, de separare → séparer)
1. Cesser progressivement d’alimenter en lait (un enfant; un jeune animal), pour donner une nourriture plus solide. — par analogie, Sevrer un toxicomane. ➙ sevrage.
2. agric. Séparer du pied mère (un greffon, une marcotte).
3. littér. Sevrer qqn de, le priver de (qqch. d’agréable). ➙ frustrer. — au p. p. Une enfant sevrée de tendresse.




Je me permets un peu de toi

12 05 2015

L’envie d’être à la hauteur, ne naitre qu’à la hauteur, de n’être qu’un auteur, tout chavire, j’ai un peu mal au coeur. De concepts inventés, mes rêves n’en finissent plus de prendre forme, dix formes, toutes plus floues les unes que les autres, un manque de précision, de sommeil, de toi. Je me lie les poings pour ne pas que mes mains t’atteignent, toi clavier qui me permet les mots des autres, les miens, de lointains souvenirs et ma main, mais sur ta surface, si familière, c’est un peu chez moi ici. La poussière, ce qui traîne dans les coins, des cheveux laisser là, parce que c’est un peu comme si c’était toi. Tu me manques et j’aime ça, ma peau qui se souvient de toi, cette sensation d’encore te sentir, là, près de moi, mon sang qui s’active à la seule pensée d’effleurer. La chair de poule sur mes bras n’évoque que toi, par moment bref, par moment constant. J’ai saisi le pouls, le temps, le moment qui ne faisait que me répéter sans cesse cette douce perfection imparfaite. Je sens et je sais que je suis. Je ne respire que par nécessité, je rêve que par plaisir. Je ne manque de rien, tu me manques chaque fois.

 





Grief

21 07 2014

T’as vu comme il fait étroit ici? Je me sens tout pris, tout m’étourdit. J’ai tenté de faire de la place, mais j’ai envie de ne rien jeter. Tu te souviens, l’espèce de chanson que tout le monde connait et sur laquelle tu m’avais planté ta hache dans le dos? Et bien, je la joue encore à la guitare, simplement pour être sur que je ne l’oublie jamais, on dirait que pour la plaie, ça va, ça fini par guérir, mais la musique, je ne sais pas, ça me reste toujours dans la tête. Tu me connais, si je n’étais pas si timide, je répondrais à tout le monde par des paroles de chansons, je crois que j’en connais assez pour ne jamais manquer de voyelles. Je ne sais pas, j’ai beau remplir les sacs-poubelle, il y a toujours quelque chose qui reste, simplement pour que je me souvienne, peut-être parce que je n’ai pas envie en fait que ça se termine, peut-être que je ne suis pas capable de fermer la porte, fermer mes yeux complètement, en anglais, ils appellent ça « Grief » en français, ce n’est rien que je peux expliquer, c’est latent, c’est là, c’est douloureux, mais pas de la douleur, Google ne connait rien à la traduction des sentiments, j’ai essayé. Si Ricardo faisait des recettes de sentiments, il saurait lui comment l’expliquer c’est quoi « grief »… Tu sais, quelque chose du genre, 1 tasse de nostalgie, 1/2 tasse de mélancolie, 1/2 tasse d’amertume, 1/3 de tasse de malchance, 1 c. à table de pitié, 1 c. à thé de destin, 1 c. à thé d’apitoiement, une pincée de larmes, tu mets ça dans un grand verre, d’avale d’un trait et ça passe toujours de travers avec le temps. Lui il connait ça les recettes. Moi j’ai toujours les ingrédients sous la main, j’ai les ingrédients pour toutes les recettes et j’ai beaucoup trop d’ingrédients, c’est comme ça chez nous, on est inquiet de père/mère en fils/filles… on remplit de tout pour être sur qu’on ne manque de rien… mais la foutue recette… elle est où? C’est toujours la même chose, on finit par jeter parce qu’on n’a rien fait avec ce qu’on avait, on finit par ne même pas profiter de ce qu’on a. Je suis là à jeter dans un grand sac ce qui marche pu au lieu de regarder ce qu’il reste dans les armoires ce que je pourrais bien utiliser pour justement ne pas perdre. Des fois, j’ai envie de fermer les yeux, tout jeter, pis racheter en neuf, le problème là-dedans, c’est qu’on fini par acheter des affaires qu’on avait déjà. Elle est où cette foutue recette?





Une question

14 05 2013

Je m’effrite doucement, sans un mot, car même les corbeaux broient du noir. Je ne me suis pas trop demandé pourquoi, parce que je le savais. Je savais que je ne savais pas ce que tu pensais de moi, j’ai pensé que je pourrais te poser une question, une question qui engloberait toutes celles que je pourrais te poser, simplement pour avoir toutes les réponses. J’ai regardé dans les mots que je connaissais, j’ai tenté de les mettre ensemble, un à un juxtaposé pour enfin te la poser. J’ai voulu provoquer le bruit dans tes silences, aucune chance, te faire dire ce que j’aimerais entendre, comme tu le dis, ça ne reste que des mots, couvert de tes silences. Comment me trouves-tu? Tu me trouves beau? Drôle? Intelligent? Sensuel? Toutes ces questions ne répondent en rien à ce que j’aimerais savoir de toi sur moi, je suis couvert de silence. Que suis-je pour toi? On s’y rapproche, on y touche déjà un peu plus. J’ai l’impression d’être là, juste là, oasis du passé qui ne fait que patienter pour quelque chose que je ne m’explique pas. J’aimerais que ça vienne de toi cette fois, laissons faire les questions, les opinions, les silences, juste des mots pour rassurer ce vide que je ne comprends pas que je ne veux pas voir à la force du temps qui passe. Toute histoire différente est un peu pareille à la précédente. Je comprends les secrets, la position dans laquelle on se trouve, il y a quelque chose d’intéressant, d’excitant. Quand il ne reste que toi, que moi devant toi, c’est encore un secret que tu gardes pour toi. J’ai l’insécurité présente devant cette phrase latente, cette phrase qui ne vient pas de toi, que je ne veux pas forcer, que j’aimerais entendre simplement parce que le temps passe, parce que toi tu passes et tu ne t’arrêtes pas. Es-tu prête à avoir quelqu’un dans ta vie? Suis-je là maintenant parce que tu ne sais pas pour plus tard? Mes mots t’ont fait peur, tu ne t’y attendais pas, tu n’étais pas prête à les lire, les entendre. Je rumine, je m’épuise à pouvoir de dire, je ne me répète plus, fatigué d’un silence. Je marche sur des oeufs comme si mes paroles étaient pesées, je ne suis plus moi, je suis hors de moi. J’ai la nausée périodique due à ce vide de mots, vertige du verbe, je ne fonctionne plus à mon juste niveau. Pourquoi as-tu peur des mots? Ne sont-ils pas simplement le reflet de ta pensée, de ce que tu ressens? Peut-être ne ressens-tu pas ce que j’aimerais que tu ressentes pour moi? Ça y est j’y suis… Est-ce que tu m’aimes?

C’était un 12 février…





Greedy green

5 01 2013

C’est dimanche matin, le soleil perce la maison par toutes les fenêtres. J’ai juste envie d’une chose, un café. La cuisine inondée de lumière me laisse voir ta silhouette tu es déjà debout, comme toujours avant moi. Je tente de te regarder, mais à contre-jour je ne vois que tes mèches qui s’étendent dans toutes les directions, on dirait que ta nuit a été difficile, j’ai ronflé? Je prends le temps de préparer le café, je sais que tu n’en bois pas, je te verse un verre d’eau pour te l’apporter au bout de la table. Ton allure jaunâtre ne me laisse pas de glace, qu’est-ce qui se passe? Tu es malade? J’ai pris le temps de bien te regarder, ça t’arrive parfois d’être ainsi, mais jamais complètement, je t’ai manqué d’attention? Tu sembles vouloir me quitter, te laisser allez, toi qui était au début si rayonnante, pleine de vie, parfaite. Je sais, je t’ai accordé un peu moins d’importance dernièrement, j’ai la tête ailleurs, j’avais pourtant dit que je ne te laisserais pas tomber, que j’allais être là pour toi, chaque jour, chaque semaine. Tu étais la preuve que je pouvais m’occuper de moi, de m’occuper de quelqu’un d’autre aussi. Au début ça allait si bien, tu te rappelles, il y a un an déjà que tu es entrée dans ma vie. Je prenais le temps, je te regardais, te parlais pour que tu ne t’ennuies pas, pour que tu saches que je m’occupais de toi. Je sais après, il y a eu l’autre, ce n’était pas sérieux cette histoire, je sais que tu l’as peut-être pris mal, mais je ne voulais pas te blesser, je voulais me tester, un peu, me prouver que d’être capable de m’occuper de toi, ne voulait pas dire que je ne pouvais pas m’occuper d’une autre en même temps. Je vois que c’est pas le cas, tu réagis bien mal, je n’ai pas pris le temps de t’expliquer, tu es la première, la seule qui m’importe, l’autre, voir les deux autres qui sont entrées après toi n’ont pas la même signification que toi, je sais que c’est difficile à comprendre, mais je te le jure que c’est vrai. En plus la troisième, j’ai dû payé pour l’avoir. Ce n’est pas dans mes pratiques habituelles, je préfère quand on s’offre ce genre de chose. Si tu restes avec moi, je promets de me consacrer à toi, de te redonner l’attention que tu mérites, celle du début, donne-moi une chance. Je ne peux pas vraiment laisser partir les autres, je me sentirais un peu mal, tu comprends, j’espère que tu peux comprendre. Tu signifies tellement pour moi, t’as été le début, je ne veux pas que tu sois la fin, si vite, je veux que ça dure, que tu restes, tu es si belle dans ses rayons de lumière. Ne perds pas ton sens, le sens que tu as pour moi, le sens que je t’ai donné, le lien qu’on a pris le temps de construire. Ne sois pas une preuve de plus qui démontre la fatalité de ce que l’on a bâti. Peut-être te sens-tu à l’étroit ici, depuis le temps? Je pourrais te donner plus d’espaces, plus de liberté pour t’épanouir, je suis prêt à t’entendre, à te donner ce que tu as besoin, mais s’il te plait, parle-moi, donne-moi un signe. Je n’ai pas envie que tu meures ainsi, que ton nom ne représente qu’un souvenir, que la nostalgie se mêle à la mélancolie. Saudade d’un Money tree.

Sujet: Une plante d’intérieur est en train de mourir. Dites-lui pourquoi elle a besoin pour vivre.





Représentation factuelle d’un manque de mots

16 11 2012

Si on dit que rien ne se perd, rien ne se crée en quoi mes mots se sont-il transformés? La cadence rompue avec l’inspiration provoque chez moi l’obligation d’écrire le mot sexe dans un texte, histoire de garder l’attention. Il semble que le mot sexe attire l’attention et garde la tension, ceci dit, les recherches sur Google le démontrent, de plus en plus de gens en cherchent. J’ai l’absence de mot parce que je ne l’ai plus écrit, il semble que de pratiquer le verbe le tienne bien en vie, je l’ai oublié par la distance et le manque d’occurrence. Moi et le mot, on est comme un vieux couple, on ne baise plus que pour se rappeler de ce que c’était. Moi j’y ai retrouvé du plaisir, mais semble que lui est passé à autre chose. J’aimerais bien savoir ce qui lui manque, il a tout, vraiment. Il peut créer ce qu’il veut et détruire d’une seule parole. Le monde est à lui et il ne demande qu’à ce que je l’utilise, que je l’exploite, que je le manipule sans aucun soin. Armé de lui jusqu’aux dents, je te ferai rire, je te ferai pleurer, je te ferai jouir, tu m’en redemanderas et je te répondrai de sa propre bouche, non.





Et ça tourne

23 10 2012

Je retourne chez moi, laissant derrière moi des vacances, des rencontres, des paysages pleins la vue, post apocalypse perpétuelle d’images, mon paradis. Je me rencontre que je suis bien, je suis loin. J’ai besoin de ces gens autour qu’en petites doses, par petites bouchées, mais c’est pareil chez moi. Je peux me lever et avoir envie de désert, je ne suis pas mangeur de dessert de toute façon. Plus d’une semaine et je revois en boucle des terrains vides, mais en même temps remplis d’histoire, de vécu, de mort. Je me retrouve chez moi, sans comprendre rien aux gens, aux mots, aux écrits partout. Le café goûte autrement, mais en rafale on s’habitue. Le temps me fait reconnaître les gens, les lieux, comme si j’y avais toujours vécu. Je suis bien, souvent seul, je me laisse vagabond dans des rues qui n’ont pour moi pas de signification, qui en prennent avec le temps, avec le vent de la mer qui me souffle à l’oreille qu’elle m’attendait enfin. Je suis dans ce café, il est précisément 12:34, la chanson qui m’avait donné le goût de l’Islande résonne dans la pièce, derrière le comptoir d’une voix magnifique, la serveuse chante avec perfection par dessus Emiliana Torrini. Je regarde l’horloge à l’extérieur et je pleure, je suis bien, j’y suis enfin. Un frisson parcourt tout mon corps, j’en veux encore, je veux de ce bonheur, de cette vie, c’est ma première journée ici. Les autres journées, j’en veux toujours plus.





La fatigue et l’ennui

25 09 2012

La fatigue et l’ennui sont plus sombres la nuit. Je suis ici et je m’ennuie. Je dors peu et mal ce n’est pas normal. Mes idées tournées vers cette journée qui me sépare encore un peu plus de toi et ce silence, trop dense. Le temps passe à petits grains et je serai loin demain, loin de tout, loin de toi, loin de mon confort de ce que je vois. Le froid pincera ma peau, me donnant des frissons dans le dos, j’aurai cette pensée pour moi que j’ai laissée derrière moi. Je hais les silences et cette danse où lorsque j’avance tu prends tes distances. Combien de jour encore, où je découvrirai ton corps? Le sommeil ne me gagne pas, l’appétit toujours ici et l’estomac qui ne me parle que de toi. J’ai faim de découvrir ce que demain me laissera choisir. Où es-tu cette fois, sans moi qui ne pense qu’à toi? J’ai besoin d’air, de fraîcheur, de toi. Je ne gagne mon lit que pour te retrouver, mais mes draps froids ne sentent que ton absence. Demain, un autre jour, seras-tu encore là? Tant de questions sans réponse, tant de mots placés d’une même cadence et le froid qui ne me réchauffe pas. Réchauffe-moi!





Le bonheur est dans l’alcool

2 09 2012

Je te cueille, l’écume aux lèvres, sans rouge à lèvres, sans l’ombre d’un doute, sans que tu te tiennes debout. Tu sais ce que tu veux, ivre de je ne sais quoi, probablement un mélange de solitude et de mauvais whisky. Toute la soirée, tu as déambulé, d’un bar du bar à l’autre, t’enfonçant doucement, comme les doigts dans ma chaire simplement pour te retenir de tomber toujours plus profond, de te retrouver encore plus seule. Sans scrupule, tu t’es heurtée à tous ces gars qui n’ont pas voulu de toi. Ce n’est pas eux qui ne t’ont pas choisi, c’est toi qui t’es convaincue qu’il en était ainsi. Repoussant les bouches, les bras, les vides qui s’offraient à toi, tu t’es retournée vers moi qui te regardais immobile. J’appréciais ta danse, chaque mouvement complété d’un regard vers moi, tu t’attachais doucement, tu me répugnais tout autant. Qui peut croire que de tenter de pêcher avec un aussi grand filet me séduirait? Tu t’enivres, tu me délivres, je ne veux plus de ce regard que tu m’as lancé quand tu es arrivé, qui s’est transformé en fauve esseulé. De pinte en pinte, je trace mon trajet fatal vers ce nid qui semble froid. Le vide pour le vide, que le vent pour un moment, petit pivot de ma vie qui me donne envie. Je dois partir, j’attends que tu te tournes à nouveau vers un autre que moi, je me faufilerai, je l’ai déjà fait. Mes yeux dans ma bière je t’ai perdu un instant, j’ai beau cherché, mais je ne te trouve pas. C’est donc le moment, je vide mon verre et me lève sur mon banc, au quart de tour je me retourne et me heurte violemment la tête contre ton regard devant moi. Allez viens… juste cette nuit…





Ces faux silences

2 09 2012

Te souviens-tu de ces faux silences, ceux qui coupaient mon être en tout sens, sans que je ne m’en aperçoive? Quand doucement dans tes draps blancs, je te sentais loin, mais toute près de moi, tout était blanc sauf l’air qui était rempli de toi, toujours loin à deux pièces de moi. La tête rêveuse, je me disais simplement que j’étais bien, là, chauffée par les rayons du soleil un dimanche, ou un mardi, quelle importance. Je me serais accroché à un rayon de lumière pour me déplacer lentement dans ce qui était ton univers. La vie s’est chargée bien différemment de moi. Je suis encore là, avec mes faux silences, attendant un retour qui ne reviendra peut-être jamais. Tu sais, non parce que je te l’ai déjà dit, que je suis toujours là. Quand mes pensées effleurent doucement ta peau à des distances considérables, je sais que tu me sens. Ta tête se tourne t’elle vers moi quand doucement je songe à ton corps, lointain souvenir des matins frais où trop tôt je fuyais doucement chez moi, la tête remplie et le corps vidé, un équilibre qui me déstabilisait sans cesse. Quand cesseront ces faux silences ne laissant place qu’à des mots, des cris, de vrais silences qui me berceront avant de dormir?