L’un ou l’autre

9 04 2012

Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.





Cette fumée

17 03 2012

J’ai cette fumée qui m’aveugle un peu. Dehors je ne vois pas très loin, dedans c’est encore pire. J’ai ce truc dans la gorge, qui pèse et qui ne bouge pas, ce genre de truc de gorge qui à plus tendance à sortir par les yeux, mais que je fais sortir par les doigts, parce que mes mots comme un mouchoir essuient mes larmes. J’ai peu de raison, pas d’explication, juste le vague à l’âme, le cafard, les bleus, un mélange de nostalgie et de mélancolie. Inexplicablement c’est là et ça passera. J’aide un peu les choses, je m’acharne, je lacère ma chair de tes souvenirs, douloureux, d’hier, profonds. J’ai pris le temps de me souvenir de tes mots, de tes mouvements, de ton odeur, celle qui se trouvait sur ta peau. Je martèle ma tête de souvenirs, simplement parce que je me sens en vie comme ça, je n’ai peut-être jamais appris à être heureux quand ce n’est pas douloureux. Je laisse tout me traverser, doucement, ton regard comme une lance dans mes souvenirs, mon coeur souffre, meurt, vit. Me reste-t-il une place, une petite, simplement pour me reposer? Me reposer un peu, rêver de toi, m’ouvrir les veines à coup de souvenirs, simple masochiste, j’aimerais faire autrement. J’ai le mal de toi, ce mal qui ne s’en va pas, qui s’éloigne et qui revient au combat, m’assassiner un peu plus chaque fois, jamais la même lame, jamais au même endroit. Et si je laissais guérir un peu…





La dernière fois

12 03 2012

— T’as l’air triste
— Je ne croyais pas que tu le voyais
— Oui, je le vois encore
— Et t’es maintenant capable d’en parler
— Oui, parler c’est plus trop un problème
— C’est quoi alors le problème?
— Je ne sais pas, c’est pas un peu toi
— Ça me surprendrait, tu te souviens la dernière fois
— Oui, la dernière fois c’était vraiment super
— Parait que ça prend toujours une dernière fois
— Oui, après on peut laisser les gens mourir en paix
— Ce n’est jamais évident de laisser les gens morts, vivants
— Comme tu dis, jamais bien évident, on a toujours ce léger doute
— Ce léger doute, ce questionnement, ce « Et si? » qui plane sans cesse
— Et à quoi bon, on se souvient bien au moins de la dernière fois, de quelques fois avant, le temps agis comme un baume, puis on finit par oublier.
— Mais oublie-t-on vraiment ce qui s’est passé?
— Jamais.





La brume et le vide

27 06 2011

Ça fait plusieurs jours que j’ai la tête dans la brume. Je tente doucement de la chasser, mais sans trop savoir par où commencer. Il manque quelque chose, quelque part. Je me suis mis à chercher, ici, là, rien n’y est. J’ai tenté de tout remplir, mais je me suis rendu bien compte qu’il y avait des fuites, la mienne la première. On a beau pointer du doigt les gens qu’on croit en mouvement, mais on a l’air un peu débile quand on se rend compte que c’est eux en fait qui sont immobiles. Je me suis donc arrêté, sans constat et sans mouvement constant. J’ai eu envie de ça, de toi, de tout et je me suis rendu compte que je ne voulais rien. Je ne veux rien que j’ai en fait. Drôle de sentiment de ne pas avoir besoin de ce que l’on a quoi qu’on peut trouver cela bien normal dans certain cas. Je n’ai vraiment rien choisi dernièrement dans ma vie, me laissant imposer chaque petite pulsion par la vie apportée. On peut dire que je piétine cette même merde, que je mâche cette vieille gomme, pourquoi je ne la jette pas… on sait jamais, des fois qu’il resterait encore un peu de goût que je n’aurais pas encore gouté. Ma vie elle, elle goute quoi? Ma vie goutte la brume, une sorte d’amertume insipide, c’est comme de l’eau, mais sans le coté rafraichissant. Tout cela parce que je n’ai pas choisi, j’ai laissé allez parce que j’ai eu à un certain moment peur d’avancer, de changer, de m’écrier de tout mon être la folie que j’étouffe doucement en vieillissant, ce coté enfant, passionné, insouciant. À force de m’être exploser le coeur, le corps à aimer, j’ai plus voulu réessayer, écraser dans mon coin, je garde le silence, je regarde mon existence et je me dis simplement qu’il serait temps que je me lève, mon corps réclame le droit de se tenir droit et ma tête celui de tout simplement s’abandonner.





À brasier ouvert

14 07 2008

J’ai un peu mal au coeur, pas un mal physique, mais un mal spirituel. Je ne sais pas d’où cela sort. Moi l’être passionné que j’ai déjà connu j’ai l’impression d’être éteint. On dirait que je n’avance plus. On dirait que chaque minute que je passe, je me pose la question si tout redevenait comme avant. Qu’est-ce qui met tant de lourdeur sur mes petites épaules?

Avant… Avant c’était simplement compliqué, un désagréable dont on ne peut pas se passer. Ça faisait mal sans raison autre que le désir brûlant de l’autre. Pas nécessairement un désir sexuel, mais un désir présent et grandissant d’envelopper l’autre de tous mes bras, simplement pour sentir aussi sa chaleur. Sans me poser de question. Je le faisais à qui mieux mieux un temps, mais depuis peu on dirait que ma flamme ne brûle plus du même feu. Où ça va tout ça? Où vais-je moi? On dirait que les journées ont toutes la même couleur, la même odeur, avec des variantes quand doucement une personne glisse un doigt sur une de mes cordes, mais jamais assez fort pour m’éveiller vraiment. Moi qui étais capable de tomber amoureux à la seule vue d’une belle demoiselle, on dirait simplement que j’ai perdu la vue. Peut-être devrais-je être patient, peut-être je devrai simplement laisser la vie faire son travail, me laisser allez à tout vent sans penser, seulement sans penser à « what’s next ». Je tente de garder les yeux, les bras, ouverts, mais j’ai l’impression que tout passe pas assez vite… je voudrais être demain et bien. Mon avant était douloureux, mais rempli de saveur, d’odeur, de goût qui faisait que tout brillait, que j’appréciais les nuages en pleurant, sachant très bien que demain j’allais sourire.

Pour maintenant, je tente de traverser cette étape de ma vie, en essayant de m’agripper aux sourires, à la pluie. Pour l’instant, un collègue passe devant mon bureau, pour me dire que j’ai l’air d’un chien battu, je lui réponds que c’est ainsi que je me sens, il me sert dans ses bras et me dit qu’il est là, j’ai envie de pleurer. Le chagrin, ça vient en motte, pis tant que le motton ne passe pas on est pris avec ça de travers dans la gorge. Ça, mélangé au pollen… ça m’empêche de respirer aisément.

L’important c’est d’être patient et d’y croire, croire que tout ça sera comme avant où l’innocence de la vie avait un goût plus doux.