L’aube

4 02 2012

C’est à l’aube de nulle part que je pars, seul sans le sou. Si rien n’avait changé, que demain n’était pas différent d’hier, mais que je ne touche toujours pas à aujourd’hui. Les heures ne sont plus lourdes et je suis bien. Les heures où tu pars ne sont qu’éternelles, car chaque heure, chaque minute, chaque tic est interminable. Mais le temps n’est pas long, le temps n’est rien. Je te raconterais bien, mais je n’ai plus de temps. Je ne laisse derrière moi qu’une poignée de souvenirs qui ne vont jamais mourir. J’ai appris tout ce que je voulais, je te connais par coeur. J’ai tendance à croire que demain changera, je m’en charge. J’ai envie de changement, de mouvement, de toi. J’ai envie de mots, d’actions, de sang-froid. Je me suis poussé en bas de l’escalier, je ne me suis même pas abîmé. Seul un genre de colère subsiste, un genre de rage, dû au supplice. Tu te souviens ces yeux croisés, dans le hasard et la fumée, sous lesquels tu voulais tant te défiler. Et bien ces yeux-là n’existent plus, sec ils sont tombés dans la neige et en les cherchant, je les ai réduits dans une flaque gluante et je suis rentré. Même aveugle la musique a cet effet de me faire voir les plus belles choses, ou du moins d’imaginer quelles existes.





Soprano

4 02 2012

C’est l’histoire d’un chat. C’est l’histoire d’un chat crème qui aimait le lait et le parmesan. C’est l’histoire d’un chat renommé pour avoir été souvent renommé. C’est l’histoire de Soprano, non pas du nom des populaires Italiens, mais plutôt celui du timbre de sa voix. Mi. La seule note qui sort, Mi. Impossible d’articuler plus que ce simple Mi. Il pourrait avoir une gamme variée, mais il se limite, en fait, il c’est probablement limité avec le temps. Faute d’avoir un chat dans la gorge, c’est plus pour lui d’avoir sa gorge dans un chat, incapable d’expulser la moindre puissance, le souffle coupé. Comme si parce que lorsqu’il était petit, sa famille fut coupée de lui, avalé par un sale chien le laissant seul, orphelin. Et comme certains ont vécu, les orphelins ne choisissent ni leur nom, ni leur famille. Il se retrouva ici un jour, seul, son gros nez et sa fourrure épaisse à regarder les gens, bouche entreouverte, l’air un peu hagard. Mi. Comme tout moyen de dialogue, personne lui ayant enseigné le aou… Miaou… Soprano… Miaou. A t’il encore peur aujourd’hui, de changer de famille, son bien-être de lui être enlevé, son espace auquel il s’est habitué. Soprano ne ronronne pas, si ce n’est que de son seul Mi, aucun bruit. Son intérieur bourdonne, il est bien ici, mais sans bruit. Des fois, je pense, en silence qu’il est fait pour être ici. Les similitudes animales entre nous sont plus ressemblantes qu’on puisse le penser. C’est toujours en silence que l’on panse ce que l’on a vécu. C’est en silence qu’on apprécie enfin ce calme que l’on attendait. Ce n’est que le temps qui réussira à nous laisser sortir se rugissement qui sommeil en nous, ce jour enfin où dans un état serein, seule l’envie nous fera nous taire. C’est l’histoire d’un chat. C’est l’histoire d’un chat couleur crème qui me regardait bouche béante. C’est un peu mon histoire.





Sentir

4 02 2012

C’est comme l’autre soir, il faisait tout gris dehors même si le blanc tentait de s’installer, j’étais seul et je réfléchissais à un truc. Un truc sans importance, un truc comme plein de choses que l’on pense quand l’esprit vide et livide, on aimerait mieux avoir la tête vide. En un seul éclair j’ai senti un malaise, rien de physique, mais plutôt quelque chose de cosmique, de pas expliquer, d’une rare étrangeté. Ça, ça m’arrive souvent sans crier gare. Une sensation bien désagréable, à quoi suis-je connecté? Sensible, je sens, trop, tout, tout le temps. Quand le vent tourne, toujours, un éclair de génie, quelque chose qui me détruit. Je sais toujours où regarder sans ces instants d’obscurité, je regarde cette plaie qui s’ouvre et je fous les doigts dedans, simplement pour que ça soit encore plus douloureux. Je ne m’explique jamais comment ni pourquoi, je sais, je sens, je subis. Si les gens ne croient pas que l’on puisse communiquer sans mot, je leur laisse leur croyance, leur innocence. De l’attentif à l’instinctif je deviens au quart de tour. Ce qui est le plus triste, c’est que je reste là, comme si la tête en l’air je regardais ce piano qui tombe du 40e étage et qui s’affaissera droit sur ma gueule. À tout coup, c’est plus fort que moi, j’espère que le vent changera sa trajectoire unique, moi. J’ai ce sombre pouvoir, donné aux animaux, l’instinct, l’instant de me protéger, mais je reste là, j’attends, il ne me tombera pas encore dessus… ce foutu piano.





Les mains vides

29 01 2012

Je suis arrivé les mains vides. Rien à déclarer, ni la moindre idée où j’allais aller. Un monde si vaste devant moi et pas la moindre idée de ce qu’était en fait une idée. Je suis arrivé les mains vides, avec la seule envie de pleurer, je suis né. J’ai rempli ma tête de mille et une idées, j’ai rempli mon lit d’aventure que jamais je n’oublie. Aujourd’hui tout est vide, le moindre des racoins de mon esprit cri, tout sonne écho, je n’ai rien fait comme les autres, je n’en ai pas envie. À la course vers le bonheur, je ne suis quand même pas dernier, si je me compare aux autres, je n’ai pas pris le même chemin, doucement j’ai marché, à l’opposer de ce qui avait été pour tous déterminer. Femme, enfants, chien, maison, vie rangée, bien souvent malheureuse, j’ai échoué selon la nature humaine forgée à coup de catholicisme, dans les années de colonisation qui voulait que l’on peuple et repeuple. Peuple et repeuple s’en vont en bateau… qui qui reste? Il ne reste que des gens aigris ou simplement gris, sans lumière, sans odeur particulière d’avoir achevé quelque chose. Je n’ai pas d’enfant, j’ai aujourd’hui convenu qu’il se pouvait que je ne laisse rien derrière moi. Je suis arrivé les mains vides, repartirai-je ainsi? Ceci ne me fait plus peur, ceci me désillusionne un brin, je m’enlace dans un divan pour regarder le temps, pour regarder ce que les autres ont fait, pour oublier ce que je n’ai pas fait. Mes projets empilés que je garde pour moi, cette fenêtre sur une partie de ce que je suis, de ce que je veux et des mots mensongers sur ces projets qui m’attendent et auxquels je ne consacre pas de temps, un peu comme ma vie. Je me refais cette liste de choses à faire, de projet à écrire, Lydia, Chaque matin, Des Lettres, tant de projets qui dorment avec moi. Je suis en deuil continuel, je regarde ma vie mourir à petit feu et je me frotte les mains pour me réchauffer. Chaque mot s’effrite dans le vent d’un appartement trop vide, dans le ventre d’un écrivain trop peureux. J’écris ici en silence de ce que je suis vraiment, peur de jugement, peur d’avoir peur, phobophobe que l’on appelle. Je brule ma vie comme une chandelle à espérer une muse qui restera, la vie est courte à ce qu’on dit et être bien en dépit de l’image, n’est point donné à tout le monde. Je me suis fait l’amant temporaire d’histoire déjà décomposé, je me suis laissé aimer et j’ai aimé à en perdre la tête. Aujourd’hui, le vide remplit ma vie. Je l’ai créé et je l’ai alimenté, j’ai fini par créer le vide de toutes pièces. On dit que sur terre, le vide n’existe pas, j’ai l’impression d’être continuellement dans la lune. Mais j’ai cette rage, cette voix qui crie profondément de la laisser sortir, elle aussi je l’étouffe doucement à coup d’éthylène bien placer, juste au bon moment, quand les idées reviennent en même temps que cette tristesse qui m’assaille l’âme et me rappelle ma solitude. Je n’ai besoin de rien, me dis-je bien souvent, mais la peau douce d’une femme me fait sentir le contraire. Je n’ai jamais été avare, une seule me suffit, que je puisse adorer, surprendre, chérir. Maintenant, le vide est complet, il ne me reste que des points d’ancrage précis, vitaux, rares. Le temps me laisse l’opportunité de vieillir encore un peu, je suis maitre de ce que je fais et immobile je tente d’arrêter le temps, innocemment. J’ai fermé la porte derrière moi, j’ai pensé qu’il était mieux ainsi pour ne pas avoir froid. Maintenant je suis de glace, de pierre, et je n’ai qu’envie d’une chose, de ne pas repartir les mains vides.





Différence

5 01 2012

À quand la nuit des temps, à quand, à quand? Où de mon corps d’épine, tu m’envoies dans les roses, tu oses? Mon corps de brique et mon coeur de marbre craquent sous tes cris, tes tremblements. Terre! Terre! Enfin sous toi je peux reposer ce que j’ai été et ce que j’aurai créé. Autant de fleurs poussées ne représenteront jamais assez cette douleur accumulée. Quand le sang nourrira les champs laissant toujours plus d’enfants avares d’avoirs et jamais repus de tout posséder encore, nos mères pleureront d’avoir tant tentées et d’avoir échouées. Cette terre souillée d’un marcher trop pauvre en idées se meurt doucement sous son peuple dépourvu de conviction. Le pays craque d’un trop-plein de direction, à force de vouloir allez partout on se rend nulle part. Les bras baissent tristement au rythme des voix qui s’affaissent, mais pourquoi? Je vais mourir et pourtant, que laisserais-je derrière moi? Des mots d’amour pour toi, des mots d’amour remplis de ce que je suis. Puis-je faire réfléchir encore, une seule personne par jour, sur la vie ou sur l’amour? Sur le fait que notre identité doit être protégée. On souhaite tous faire la différence, mais on entre dans la danse, on s’étourdit puis on meurt en silence.





3… 2… 1… Zzzzz!

2 01 2012

Eh oui, 2012 ne m’est pas rentré dedans comme un train chaque année, où le matin mort, assassiné par l’alcool, mon coeur se levait plus que mon corps. Cette année je n’ai pas entendu crier de mille voix les dernières secondes qui restaient de la précédente et souhaiter à bout portant des veux a des gens que je connais peu. Cette année j’ai fait différent en faisant comme j’ai l’habitude. Je suis resté tranquille à la maison, écouté une saison quelconque d’une émission, pour sombrer vers les onze heures dans un sommeil bien profond. Je n’ai rien entendu des miettes de 2011, je crois que j’en avais assez de cette année, j’étais repu, satisfait, immobile. Les dernières minutes de l’année, je les ai dormi, une par une, un délice. Je me suis fait réveiller, une seule fois après un deuxième appel, de très loin dans mon sommeil et de très loin dans le monde, un appel qui a fait commencé 2012 de façon délicieuse.

J’étais donc résolu à ne pas prendre de résolution, du fait que je me suis simplement dit que je le faisais à longueur d’année. Pourquoi ne pas attendre d’être prêt plutôt que d’être prêt à attendre? Pour le reste ça m’a montré deux choses cette expérience de non-célébration.

Premièrement, les gens sont beaucoup plus mal que je peux l’être dans le fait que je reste seul un 31 décembre… et bien vous savez quoi, je vais surement recommencer! Même si l’on croit que je suis sociable et que je m’entends bien avec tout le monde, quand la foule excède huit convives, j’ai plus de difficulté à voler librement. J’ai un besoin extrême de passer du temps de qualité avec les gens, que les survols rapides me brûlent mon énergie. J’ai donc apprécié ma soirée, même si je me serais endormi dans ses bras.

Deuxièmement, la distance ne fait rien à la chose. La distance entre les gens, la distance entre les événements, la distance qui sépare mes pensées et les jours que je passe à me demander. Même si l’on veut, parfois, les choses, les gens, les événements ne sont jamais assez proches. Il y a toujours un facteur qui n’est pas négligeable et pour ce dernier, il faut s’armer de patience.

Pour le reste, je continuerai de piocher à coup de lettre mes sentiments comme ils se présentent. Si je lance un souhait à l’univers, ça serait de me donner la discipline d’écrire chaque jour afin d’aboutir sur mes projets que vous ne lisez pas, mais qui existent quand même. D’autres pages d’histoire d’un ton et d’une couleur différente. Ici, c’est un repère où doucement je me perds pour penser.





Je ne pourrai jamais

6 12 2011

Je ne pourrai jamais me sortir de cet état latent en t’attendant. Je ne pourrai jamais choisir les mots qui pourraient être assez juste pour être en accord avec ce que je pense vraiment. Je ne pourrai jamais même à répétition y arriver. J’aimerais tellement t’expliquer la différence entre raison et passion, mais je ne pourrai pas me croire sous ton regard. Je voudrais bien me sortir de ce que je crée pour créer où j’ai envie d’aller, mais je ne pourrai pas derrière moi te laisser. J’accroche, j’érafle le sol de mes ongles en m’éloignant doucement en croyant que je ne pourrai jamais revenir. Je ne pourrai jamais croire que le temps passe, même quand le jour de ma mort viendra doucement me cueillir, j’aurai eu raison de mes désirs et eux de moi. Je ne pourrai jamais te dire d’arrêter, d’arrêter d’exister dans ma vie. Je ne pourrai jamais dire les mots qui pourraient simplement vouloir dire de la fermer. Je ne pourrai jamais perdre espoir en ce que m’a donné la vie. Lorsque mes doigts sur ton dos glissaient, je ne pourrai jamais oublié cette chaleur qui se dégageait et de toi et de moi. Je ne pourrai jamais cesser de pouvoir, d’écrire et de me répéter.





Accoster

5 12 2011

Je jette l’encre sur des maux trop souvent répétés. Je ne déserterai guère, car capitaine sur un navire en peine, je sombrerai avec ce que j’ai créé. Je coulerai comme tous ces crayons que j’ai fait pleurer sur des bouts de papier. À la fin d’un rêve, je publierai ce qu’il était devenu, une histoire parmi d’autres vécue. Pour accoster, il me suffit d’être près, je crois que je suis assez prêt de ce dont j’ai envie. Ma vie sur un navire, Novencento, une histoire qui sera maintenant mienne. J’abandonne donc la mer que j’ai tant cherchée pour m’immobiliser au quai. Je décrirai ce qu’était pour moi cette chimère que l’on appelait l’amour. Mon coeur à sec, je mouillerai de vos larmes des pages qui ont été mienne, je ferai jaillir des rires que vous ne croyez plus exister. J’attache à bon port ce qu’a été mon corps, enveloppe fine et sensible, douce et passionnée. Moussaillon n’ayant pas trouvé le navire, j’épongerai seul le pont de mes nuits. Mon navire coulera de mots imprimés, mais jamais réprimés. Avec le doux remous des vagues, je m’endormirai pour me lever au matin frais, au son du corbeau qui là toujours était. D’une nuit à l’autre, je parcourrai mes mémoires afin d’immortaliser mes souvenirs qui deviendront à jamais histoire pour s’endormir. Jaloux de mon silence, je serai probablement boudé. Mais moi, dans cette nuit enivrante je danserai en souvenir de toi, afin de mieux te haïr au matin. Méduse, sirène, ma douce colombe, peu importe le nom que je t’ai donné, je ne pourrai te renier. Ma quête se termine où une autre ne fait que commencer, celle qui dormait dans mes cales, celle qui fut toujours à côté de moi. Armé de mon perroquet, je pourrai en silence affronter ces soirées où de ma lampe s’échappera doucement lueur et odeur qui me rappelleront toi, un fragile espoir qui s’éteint doucement se balançant au vent. Mille fois encore, je me souviendrai de ton corps, de celui qui t’a précédé, de l’autre encore, car il ne restera par la suite que des mots, des mots qui me racontaient toi, qui me racontait moi. Je temps file et je le suis. Vient me retrouver un soir de mai, je te raconterai comment tout cela a pu arriver.





Je lui ai dit…

27 11 2011

Je lui ai dit, arrête de mourir. Il glissait doucement, en silence, entre les doigts de la mort, mais toujours là, pas tout à fait à elle. Quand je lui ai dit, il n’était pas là, du moins pas totalement, au moins un peu, je sentais encore ses doigts qui n’avaient rien perdus de leur chaleur. Quand je lui ai dit, c’était en silence, moi, lui, les deux ont étaient en silence. Moi, je savais que plus rien ne serait pareil après, lui j’imagine qu’il s’en doutait, du moins un peu quand il a senti les larmes coulées de mes yeux. C’était le genre de moment qui dure trop longtemps mais en même temps jamais assez. J’aurais eu jamais assez de force pour le retenir totalement, au début j’étais seul mais après c’était pareil. On est tous un peu seul dans ce genre de moment. Il faisait si noir dehors, je crois que j’aimerais mieux mourir quand il fait noir aussi. J’ai eu la chance de lui dire avant de partir, on croit souvent avoir tout dit, mais il me restait quand même une petite chose qui s’est finalement échappé de ma bouche. Des mots tristes qui brûlaient mon être, mes enfants qu’il ne pourrait jamais connaitre. Puis c’est arrivé, c’est arrivé ou pas, en fait tout c’est arrêté, le temps, sa vie, la nôtre aussi. Aujourd’hui ça fait longtemps que ce moment est passé et encore malgré les souvenirs, malgré le temps qui passe, malgré ce qui nous reste, je lui dis encore, arrête de mourir.





Faites comme chez nous

31 10 2011

À quel moment dans l’Histoire on a oublié de changer l’expression « Faites comme chez vous » ? Dans l’Histoire où on accueillait nos voisins comme s’ils étaient vraiment chez eux on a oublié un facteur, le temps. Le temps du changement, de l’arrivée des autres, des gens d’ailleurs, des gens qui ne venaient pas d’ici, des gens qui n’ont pas toujours choisi de se retrouver dans se pays. D’un passé colonisé, on s’est infligé de s’y confiner, par habitude ou par hospitalité, on a oublié notre identité. Qui sommes-nous aujourd’hui sinon qu’un peuple en recherche d’identité, de liberté. Certains crient haut et fort que le temps est venu d’être un seul peuple, unique et uni au travers des mêmes valeurs. D’autres, par peur, ne veulent pas avancer, changer, se rallier à cette opportunité d’être enfin tous rassemblé. La peur de perdre ce que l’on a déjà, la peur de l’inconnu qui effraie chaque fois. D’autres, comme moi, critiquent plus la méthode que le geste et critiquent plus la direction que le but ou la finalisation. L’étanchéité de cette décision qu’un parti prend sans distinction. L’opposition entre l’ouverture et la fermeture, la protection et l’exploration de ses nouvelles propositions. Dans ce message de liberté que certains partis peuvent présenter, je vois l’absence de choisir. Dans ces grands discours indépendantistes, je vois une certaine absence d’explication et de raison. Comment d’un peuple déjà fragile, protégé par la charte des droits et libertés peut s’opposer à la différence qui existe dans son pays, voir pays en devenir. En se protégeant, on a protégé tout être pénétrant ici, en leur disant un peu, « Faites comme chez vous ».

Ce que j’ai envie, plus le temps avance, c’est un peu de leur dire, faites comme chez nous. Chez nous on parle le français, libre à quiconque d’apprendre ou de parler les langues qu’ils veulent, tant qu’ils savent aussi parler comme on le fait chez nous. Libre à tous ceux qui veulent célébrer les fêtes qu’ils veulent tant que je peux continuer à être chez nous. Chez nous on est libre d’être qui on veut, de faire ce qu’on veut, en se souciant que les autres ne sont pas mis en danger, mais si vous venez chez nous, ne faites pas comme si vous étiez chez vous. La couleur, la nationalité, la religion m’importent peu, je vous poserai même des questions, par intérêt de la différence, mais ne m’imposer pas qui vous êtes, ce que vous faites, car je suis ici chez moi. Je rêve qu’un jour, tous les Québécois mettront leur pied à terre, que ce soit en province ou à part entière, pour dire haut et fort qu’ils sont fiers. Fiers d’être aujourd’hui uni, frères de culture, frère de pays, frères de nos frères et frères d’autres terres. Qu’enfin le silence collectif soit brisé par une seule voix, une voix qui unira des milliers de gens, une voix que nous laisserons en héritage à toutes ces générations, qu’elles soient d’un Québec authentique ou métissé, le respect de notre terre doit être accepté. Que les mots de mes frères soient tintés de bleu, de blanc ou de vert. Que ces mots d’une langue commune seront le symbole de notre ouverture, vous êtes ici, nous vous montrerons comment. Que la musique se mélange de toutes les rythmiques, que l’on devienne en accord dans toutes les gammes de ce qui nous composes. Que toutes ces différences ne nous empêchent pas d’être ce que nous sommes de plus précieux, des francophones ouverts sur eux. J’ai cette envie de laisser derrière moi l’identité d’un peuple qui s’est simplement levé pour dire « Faites comme chez nous! » accueillant tous ceux qui toucheront notre terre de leur propre histoire, enrichissant la vie, notre vie. Nous avons tant à donner, pas nécessaire de nous voler notre identité.

Un jour peut-être j’entendrai des gens debout, où le temps n’aura pas raison de nos cris, où les cris que l’on tentera d’étouffer ressurgiront toujours en de nouvelles foulées. Quand le peuple se sera levé pour dire « C’est assez! » et que le temps ne viendra pas l’effacer par cette vieille invitation qui nous colle encore à l’identité… « Faites comme chez vous! »