Elle me dit

22 01 2017

Elle a commencé par me dire mange. Je n’ai pas écouté, par affront ou parce que je n’avais pas faim, avec le temps je me dis que c’est parce que je n’avais pas faim. Je ne mange pas trois fois par jour, même si c’est recommandé. Ensuite, elle me dit parle, dis tout ce que tu penses, ne garde pas ça en dedans de toi. C’est là que j’ai commencé à écrire. Je crois que c’est parce que les gens m’énervent à parler pour ne rien dire, toujours, pour combler le silence qui entoure délicatement mon être. Je mets en mots ce que je ressens, pas ce qu’il fait comme température dehors ni mon désaccord pour un politicien plus véreux qu’un autre. Même si parfois je rage, je tente d’éviter de faire parler les autres, sauf un peu cette année, où je vois les réseaux sociaux se remplir de plus en plus d’idioties par le plus commun des mortels, simplement parce qu’il croit. Les gens s’attachent à leurs croyances aujourd’hui biaisées par toute la désinformation qui nous est donnée.

Pendant que sa mère disait que j’allais en briser des coeurs, elle me disait simplement d’aimer. Simplement. Je l’ai écouté, je ne sais pas si j’ai procédé de la bonne manière, mais j’ai aimé, comme j’ai pu, comme bon me semblait et mon coeur a été brisé. Mainte fois, assez pour que je n’en aie plus envie. Peut-être parce que ma main accrochée à ma dernière relation me laisse les doigts tout blancs à force de m’agripper, je ne veux pas lâcher, tout pour moi est encore bien là, j’ai fait plus d’un test.

Puis maintenant elle me parle, elle me dit des choses pour me protéger, comme lorsque je n’avais pas l’âge de réfléchir. Moi je réponds souvent comme un adolescent devant elle, puis quand elle se détourne je l’écoute bien souvent. Je sais qu’elle fait ça par amour, je sais qu’elle fait ça pour moi, je sais que je l’aime aussi, alors je l’écoute, je suis comme ça. Et que dans bien des cas, c’est bien elle qui a raison.

Défi du jour : Ma mère me l’avait dit.





La garde-robe – 1re Partie

24 05 2016

Je déteste vraiment les soupers de famille, mais je déteste encore plus les soupers chez les amis de la famille. J’ai pourtant été élevé dans un milieu où la maison était souvent pleine, où l’on se retrouvait souvent dans les habitats des frères ou soeurs de ma mère, des amis de mon père, des collègues de travail de l’un, de l’autre. Un milieu ouvert, tout plein de sociabilité, tout plein de gens dont je n’ai rien à faire. J’ai toujours eu l’impression que c’était des endroits où on allait pour sortir ses plumes, montrer sa queue, se pavaner pour tenter de convaincre, qui est le meilleur dans ci ou dans ça. Quand j’avais huit ans, ça passait, parce que je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais surtout que je ne m’en souviens plus trop dix ans plus tard. Aujourd’hui, c’est comme ma mort, j’y vais vraiment parce que je l’ai promis, parce que je dois prendre à coeur mon rôle de technicien en informatique et faire ce que je dois, parce que je dis rarement non, parce que pour ma mère, c’est aussi l’occasion de revoir d’anciennes collègues qu’elle n’a pas vue depuis déjà plusieurs années. J’ai demandé une chose à ma mère, de pas soulever le fait que c’était mon anniversaire, je n’avais pas en plus besoin que ça devienne un événement festif.

Claude, l’ancienne collègue de ma mère habitait dans le fin fond de nulle part, où les arbres se sont remis à pousser en même temps que les jeunes gens ont désertés. C’était la deuxième fois que je mettais les pieds dans cet endroit, la première fois datait bien d’une bonne dizaine d’années. Claude était veuve et avait pris l’opportunité sur un réseau social de me faire signe, car elle avait besoin d’aide, des problèmes de configuration d’ordinateur qu’elle était incapable de m’expliquer vu les compétences techniques absentes chez la pauvre femme. Ce manque de compréhension se faisait même voir par tous les commentaires qu’elle mettait au grand jour en public sur ma propre page. Mon manque de collaboration, d’intérêt, de réponse à fait en sorte que j’ai dû en entendre parler par ma mère qui me disait que je serais gentil de répondre, d’où ma promesse de m’en occuper sous peu, chose que je n’ai pas faite et qui m’a value l’invitation de ladite Claude interposée, ou plutôt imposer, par ma mère. J’étais donc assis, sur la banquette arrière de la vieille Chevrolet de mon père qui conduisait avec devant moi ma mère qui chantonnait, ayant cette envie soudaine d’être n’importe où sauf dans cette voiture.

Le seul avantage d’arriver à cette maison de Rawdon, était de me déplier de derrière la voiture et de sentir le grand air, le vrai, sentant le sapin, la nature comme on ne la sent plus à travers le smog qui entoure la ville. C’était le début de l’après-midi, Claude est venue nous accueillir dehors dans cette température d’automne. Ses cheveux se confondant aux feuilles colorées des arbres et ses yeux noisette, avec des pattes-d’oie qui s’en échappaient. La maison de Claude sur deux étages avait été fabriquée toute de bois par feu son mari Gilles. Ils y habitaient depuis plus de 20 ans, avec leur fille unique que j’avais connue des années plutôt lors de ma première visite. Claude vivant maintenant seule s’adonnait à la peinture et s’occupait de la maison. Elle s’occupait moins d’elle, mais le temps l’avait tout de même bien préservée. Je me souviens plus jeune, elle me captivait, tout comme sa fille. Aujourd’hui plus vieux, j’étais en mesure de voir et comprendre que cette femme était toujours aussi ravissante. Elle vient me faire la bise et accueillir le reste de ma famille.

La chaleur de sa demeure était toujours la même, chaque pas que je faisais dans la maison me rappelait un souvenir d’enfant. L’odeur, le bois qui brûle dans la grande cheminée de pierre, les tableaux, dont certains étaient toujours là, comme l’espèce de clown grisâtre, le regard noir, me semblait tout aussi horrifiant qu’à l’époque. La maison sentait aussi la nourriture et résonnait de tout bruit, car bien sûr que nous étions pas seul, Claude avait invité Maude et Pierre à ce souper de retrouvaille, retrouvaille pour eux, parce que moi je m’en foutais un peu.

Après avoir retiré mes vêtements chauds, je me suis dit que j’attaquerais tout de suite ce pourquoi j’étais venu, Claude me priant d’attendre un instant qu’elle s’occupe de ses convives, je lui demandai une bière quand elle me l’offrit. Je saluai Maude et Pierre, qui me questionnait sur ce que je devenais et sur le fait que j’avais bien grandi, bon on passe. Après que mes parents se soient assis, Claude s’excusa à ses invités pour me montrer sa bête qui se trouvait au deuxième. Je la suivis en haut, la pièce avait changé, dans mon souvenir elle était plus petite, Claude me fit remarquer qu’ils avaient fait tomber les murs après le départ de Sophie, leur fille, pour faire place à une pièce à aire ouverte, illuminant l’immense pièce. Dans un coin de la pièce, un bureau en coin où se trouvait le monstre. Elle y avait mis beaucoup d’argent et avait une certaine frustration, car cet appareil ne fonctionnait jamais. Elle me pria de m’assoir et alluma l’engin, les étoiles dans mes yeux quand j’ai vu l’appareil, je me suis dit qu’il fallait que j’aille de la chance de me retrouver ici et que probablement, si je prenais mon temps, je pourrais passer la soirée sur cette machine à « dépanner » un problème qui n’en était surement pas un et à m’amuser un peu sur internet.

Claude avait déjà fait une liste de ce qu’elle voulait, ce qui « ne marchait pas », ce qu’elle aurait aimé savoir. Donc, rapidement, je considérais que le plus long allait être un petit nettoyage, car elle avait reçu un message disant qu’elle avait un virus, ce qui était souvent une fausse alarme, mais surtout une petite formation pour qu’elle puisse se débrouiller par elle même. Sa main droite posée sur mon épaule droite me laissait sentir sa chaleur, elle dégageait une odeur qui éveillait mes sens, son sein s’appuyant à l’occasion sur mon épaule me distrayait plus qu’autre chose. La chair me donnait facilement un trouble d’attention. Ce rapprochement devant une idole d’enfance, mes sens parlaient plus fort que moi, j’ai senti mon sexe se durcir lentement, je tentais de simplement mettre mes mains pour cacher le tout, tentant de rester concentrer sur ce qu’elle me disait, tournant la tête de l’écran pour tantôt la regarder de si près et ne plus être capable de me détacher de ses lèvres. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait en moi, elle avait au moins vingt ans de plus que moi, j’étais paralysé, j’avais l’impression que mon corps allait exploser. Elle tourna son regard vers moi à un certain moment, pour tomber dans le miens, elle eut un petit sourire amusé, j’imagine que d’allumer un jeune comme moi était assez flatteur, mais je sentis un certain malaise, car elle me demanda si j’avais des questions, qu’elle retournerait avec les invités pour me laisser travailler. Je lui dis de revenir dans environ une heure, que j’aurais fait le tour de la question et que je pourrais surement lui expliquer se qu’elle voulait savoir. Elle me laissa, glissant sa main de mon épaule à mon cou, l’effleurant doucement, me laissant qu’avec son odeur et une érection qui me gênait même seul.

Voyant disparaitre son regard pointé sur moi dans l’escalier, me rappelant les commentaires qu’elle mettait sur mes photos sur le réseau social ou les « J’aime ». J’étais jeune, plein de testostérone, en manque en tout temps et probablement l’imagination plus fertile qu’un paranoïaque. J’avais maintenant que sa liste de problème à régler et la tête ailleurs, j’ai tenté de me concentrer et en fouillant un peu dans l’ordinateur, je ne suis rendu compte qu’elle avait effectivement d’antivirus. Je m’occupai de l’installer, de faire un scan, et de commencer à préparer une petite information, utilisant des captures d’écran et son traitement de texte pour lui laisser quelque chose en main, histoire de ne pas faire Montréal-Rawdon pour la même chose trop souvent. Pendant que je faisais un petit guide pour le réseau social, les courriels, l’internet en général, logiciel de photo, j’entendais rire en bas, au moins tout le monde semblait s’amuser. J’ai décidé de descendre, parce que plus rien ne me gênait, mais aussi que ma bière était vide et que de rapporter la bouteille m’en vaudrait surement une pleine. Quand mon pied s’est posé sur le bois du plancher, le silence s’est installé, ils m’ont tout regardé, j’avais peur d’avoir quelque chose, je dois être viré au rouge et j’ai dit que je rapportais simplement ma bouteille, Claude c’est empressée de m’en redonner une autre sans même me demander si j’en voulais une, on était connecté ou elle voulait simplement m’enivrer pour abuser de moi. Je crois qu’elle avait un peu d’avance côté alcool par contre, le vin semblait couler à flots. Mon père me regarda et me demanda si c’est moi qui chauffais pour le retour, je n’avais même pas de permis, il rit. Ma mère me dit qu’il y avait assez de chambres ici pour nous accueillir pour la nuit au cas où. C’était pas assez d’être loin, fallait y être longtemps. Je poussai un soupir et m’excusa que du travail m’attendait, je gravis les escaliers deux à deux.

Tout était presque terminé, l’installation, la formation, l’après-midi et ma bière. J’entendis des pas derrière moi, je n’osais pas me retourner, je les reconnaissais, mon corps aussi. La voix qui apportait une chaise me demandait où j’en étais, je dis que je terminais à l’instant. Elle déposa une nouvelle bière à côté de ma bouteille vide, s’assois dans la chaise à côté de moi, tomba dans mon regard, mais quelque chose avait changé. Sa lèvre inférieure rougie par le vin me laissait deviner pourquoi. En bas, ça s’amusait toujours, en haut, ma température globale augmentait à vue d’oeil. Sa main glissa de mon dos à mon épaule, sa voix, à mon oreille, « Montre-moi ». Rien pour m’aider, de nouveau cette envie qui se manifestait dans mon pantalon, mon bras la recouvrant pour tenter la dissimuler. Sa tête frôlait la mienne, mon corps se raidissait. Maladroitement, je commençai à lui expliquer ce que j’avais fait. Ses yeux ne regardaient plus ce que je lui montrais, son souffle sur ma joue se rapprochait. Je me retournai un peu pour la regarder, ses lèvres étaient là, je me reculai un peu, par un mélange de peur, de gêne, de mensonge à moi même. En me détournant pour continuer de lui expliquer, ses lèvres enrobèrent mon lobe délicatement, me faisant frissonner. Ses lèvres expérimentées embrassaient mes lobes, pendant qu’innocemment je tentais d’expliquer sans succès, bégayant, boufouillant, tentant de me contenir sous les caresses de sa bouche qui descendait maintenant dans mon coup. En bas ça riait toujours, en bas, mon sexe voulait simplement exploser. De sa main gauche, elle retira mon bras qui reposait sur mon pénis. J’ai tenté de ne rien faire, c’était mieux pour moi. Sa bouche s’est détachée de mon coup pour voir, voir le plaisir qu’elle me procurait, son sourire de satisfaction en disait long sur le résultat. Mon regard se tournant lentement vers elle n’a pas eu le temps de voir venir le coup de grâce, sa bouche qui se lançait à l’assaut de la mienne, sa langue cherchant doucement la mienne, ses lèvres me mordant pour que j’ouvre plus grand. Sa main empoignant mon sexe solidement pour le caresser dans un vas et vient langoureux qui ne faisait qu’augmenter mon plaisir. Je risquais une main tremblante vers sa blouse, déboutonnant habilement un bouton, puis un deuxième, me surprenant moi même. Je glissai la main vers sa poitrine, n’arrêtant pas de l’embrasser comme un gamin, ce que j’étais encore. Je découvris ses seins, d’une douceur soyeuse, d’une fermeté étonnante. En glissant ma main dans son soutien-gorge, je sentis l’excitation que le lui provoquait aussi, pinçant légèrement son mamelon, encourageant une morsure un peu plus sévère sur ma lèvre, me lassant sortir un cri qui me surprit, ainsi que toute la maisonnée, car le silence fut établi. Elle reprit ses esprits, reboutonna sa blouse rapidement, s’arrangea un peu, comme elle peut, sans lâcher mon sexe, comme fusionné, puis se dépêcha de redescendre, en me quittant elle dit que je m’étais cogné sur le meuble… raison de mon cri.

Je reste là, sans comprendre ce qui vient de se passer. Pris à nouveau avec de nouvelles images, de nouveaux désirs, cette même érection. Je regarde mes courriels, je fais un tour sur l’internet, n’importe quoi pour changer d’état. Une gorgée de bière, des vidéos de chats qui se pètent la gueule, une invitation pour venir souper. Enfin…

-À suivre

 

(l’entretien d’un blog c’est difficile, j’ai décidé de fermer l’autre blog que j’avais pour me concentrer ici)





Le temps file

25 02 2015

Le temps file et je m’y accroche sans grâce, les doigts dans la glace, je glisse doucement, vers un sommeil jamais assez profond. Le temps file, les mois qui défilent, me font vieillir sans cesse, sensation subite de sombrer dans un tourbillon sans vraiment de direction. Je n’accumule plus les brouillons, je n’accumule que les mots dans ma tête, ceux que je n’ose dire, ceux que je ne couche plus sur ce papier informatisé. Je ne veux pas devenir l’ombre d’un blogueur déjà actif, dans un passé composé de temps, de phrases et de sentiments. Je me suis ennuyé de moi, je me suis tait trop de fois, ligoté sur le divan, un bâillon entre les dents et la fatigue qui me lie les pieds et les mains, la fatigue comme seule excuse de remettre mes maux à demain. Je reprends un peu de moi, je me suis écouté me dire de sortir, j’ai obéi. Je suis allé me réfugier dans un bois, trappeur urbain, je me suis perdu au loin, le plus loin que je pouvais, à bout de souffle, au bout de moi. Je suis allé le voir juste avant de partir, une triste image qui me rappelle son sourire. La dernière fois que j’étais allé le vois avant de partir, c’était lui qui s’en allait, pour de bon, pour toujours. Sur la grosse roche devant l’arbre en V, je me suis échoué, autour de moi il n’y avait que des arbres, de la neige, le vent dans les arbres et sa main sur mon épaule. Sa main… et sa voix d’outre-tombe qui me disait doucement à l’oreille « N’aie pas peur! » comme pour me rassurer, comme avant. J’ai séché les larmes qui gelaient sur mes joues, j’ai mis à mes pieds des raquettes de bois métallique et de babiche plastique, puis j’ai marché, à en perdre le souffle, l’humeur et à entendre en bout de ligne que les battements de mon coeur qui voulait sortir, me dire, me laisser savoir qu’il ne s’était pas arrêté, comme si j’en avais douté. Je suis allé chercher un peu de force qui trainait par-là, un peu de force qui venait de toi, pour moi, pour eux, pour nous tous qui ne t’avons jamais oublié, la force brute que tu nous donnais simplement pour avoir la force d’avancer, de changer, de continuer. Tu sais, le temps file, mais un rien nous sépare, un souffle, un gouffre, un battement, une simple envie que tu sois là.





Ça goûte amer….

5 01 2013

Oui le pire repas que j’ai mangé goûtait ta mère… je suis désolé de te l’apprendre ainsi, c’était l’Action de grâce et je croyais que tout était pardonnable, pardonné… Depuis le premier jour où elle m’avait rencontré, je me disais simplement qu’elle me regardait d’un air avide, d’un air affamé, simplement pour mieux me dévorer. Au début, des yeux que je croyais inquisiteur, questionneur, approbateur. Ce soir-là je compris le contraire, comme obligé de me plier à la vie, obliger de me plier à ce que j’étais pour toi. Quelle erreur, remplacer le bonheur d’une soirée pour ta mère pour une vie avec toi! Il semble qu’on est maître de nos destins et que moi j’ai échoué, lamentablement. C’était l’Action de grâce tu étais là à mes cotés, sans un mot, ta mère me fit un signe, délicat de la tête simplement pour m’inviter à la suivre en haut. Dans mon innocence je la suivis, sans un bruit, au haut de l’escalier. C’est fou comme dans ta famille, rien ne se voit, personne ne remarque, on dirait que tout le monde s’en fou un peu, surtout ton père, les yeux rivés sur la copine de ton frère. Mes pas dans les escaliers sonnaient faux, chaque marche que je montais était une erreur de plus qui s’ajoutait à mon ardoise. L’impression de monter l’Everest sans en connaitre la satisfaction finale. J’arrivai dans cette pièce remplie de lumière, de plantes, d’un divan. La salle de lecture de ta mère. Je me demandais ce que je faisais là, sachant très bien ce qui allait se passer, ou en fin la raison, mais espérant toujours autre chose. Ta mère marchait de reculons pendant que j’avançais aussi de reculons. Elle fit tomber sa culotte le long de ses cuisses, releva sa jupe et s’effondra sur son divan de lecture, les jambes bien écartées. Je ne pouvais plus vraiment reculer, connaissant les talents manipulateur de ta mère et la situation de non-retour dans laquelle je me trouvais. Je n’avais qu’une chose à faire, m’agenouiller et prier pour que ce moment passe, le plus rapidement possible. Quitter pour un autre endroit dans ma tête, pour ce qu’on appelle notre « happy place ». C’est avec rigueur que je m’appliquai à ma tâche, en attendant de partir, attendant qu’elle vienne. Je ne peux pas vraiment dire ce qui c’est passé, comment ça c’est terminé, comment j’ai pu redescendre vous retrouvez sans me faire questionner, sans que ça ne paraisse. C’est quand même le pire repas de l’Action de grâce que j’ai eu de ma vie. Je voulais juste t’en parler, te l’écrire pour enfin m’en libérer et espérant effacer ce moment de ma vie.

Sujet : Le plus mauvais repas de l’Action de grâce





Soprano

4 02 2012

C’est l’histoire d’un chat. C’est l’histoire d’un chat crème qui aimait le lait et le parmesan. C’est l’histoire d’un chat renommé pour avoir été souvent renommé. C’est l’histoire de Soprano, non pas du nom des populaires Italiens, mais plutôt celui du timbre de sa voix. Mi. La seule note qui sort, Mi. Impossible d’articuler plus que ce simple Mi. Il pourrait avoir une gamme variée, mais il se limite, en fait, il c’est probablement limité avec le temps. Faute d’avoir un chat dans la gorge, c’est plus pour lui d’avoir sa gorge dans un chat, incapable d’expulser la moindre puissance, le souffle coupé. Comme si parce que lorsqu’il était petit, sa famille fut coupée de lui, avalé par un sale chien le laissant seul, orphelin. Et comme certains ont vécu, les orphelins ne choisissent ni leur nom, ni leur famille. Il se retrouva ici un jour, seul, son gros nez et sa fourrure épaisse à regarder les gens, bouche entreouverte, l’air un peu hagard. Mi. Comme tout moyen de dialogue, personne lui ayant enseigné le aou… Miaou… Soprano… Miaou. A t’il encore peur aujourd’hui, de changer de famille, son bien-être de lui être enlevé, son espace auquel il s’est habitué. Soprano ne ronronne pas, si ce n’est que de son seul Mi, aucun bruit. Son intérieur bourdonne, il est bien ici, mais sans bruit. Des fois, je pense, en silence qu’il est fait pour être ici. Les similitudes animales entre nous sont plus ressemblantes qu’on puisse le penser. C’est toujours en silence que l’on panse ce que l’on a vécu. C’est en silence qu’on apprécie enfin ce calme que l’on attendait. Ce n’est que le temps qui réussira à nous laisser sortir se rugissement qui sommeil en nous, ce jour enfin où dans un état serein, seule l’envie nous fera nous taire. C’est l’histoire d’un chat. C’est l’histoire d’un chat couleur crème qui me regardait bouche béante. C’est un peu mon histoire.





Je n’étais pas là

4 02 2012

Cette semaine tu m’as appelé, bouleversé dans mes idées je n’ai même pas su t’écouter. Trop concentré à me rendre triste d’un travail qui commence à m’écoeurer, je n’ai pas entendu les mots que tu étais en train de me prononcer. Il me fallut au moins deux jours, deux nuits, avant de comprendre ce qui se passait dans ta vie. Dois-je maintenant t’appeler chez toi ou chez lui? Seras-tu encore dans cette routine à voyager, entre un amour impossible et ce havre de paix. Un message chez toi je laisserai. La distance de ces phrases que tu as prononcées avec une grande tristesse me touche aujourd’hui, je l’écris ici, car tu sais, parfois les mots me manquent même si tu m’as fort encouragé dès la tendre enfance. Le mot me manque, ceux qui sont capables de résonner hors de moi. Cette semaine quand tu m’as dit que c’était finit, je n’ai pas eu d’empathie, trop pris par ma petite vie. Aujourd’hui, je cherche les mots, pour te dire ce qui me vient à l’esprit, comme si maintenant j’avais compris. J’ai déjà dit qu’on ne voulait pas dire à nos parents ce que l’on n’aimerait pas entendre nous raconter, mais aujourd’hui c’est simplement dans mes bras que j’aimerais te prendre. Consoler cette peine liée à une décision qui est vraiment la tienne. Les temps seront peut-être plus gris dans les jours qui auront suivi. Mais sache que je t’aime en vie, les années passent si rapidement et je n’aurais pas aimé que tu les passes dans une tristesse plus profonde, à vraiment apprécier que deux jours sur une semaine complète. Sache que ta vie t’appartient et que même si je n’ai pas montré de soutien, je suis là pour toi. Sache que le plus beau de la vie, il n’y a que toi qui l’écris.