La dernière fois

12 03 2012

— T’as l’air triste
— Je ne croyais pas que tu le voyais
— Oui, je le vois encore
— Et t’es maintenant capable d’en parler
— Oui, parler c’est plus trop un problème
— C’est quoi alors le problème?
— Je ne sais pas, c’est pas un peu toi
— Ça me surprendrait, tu te souviens la dernière fois
— Oui, la dernière fois c’était vraiment super
— Parait que ça prend toujours une dernière fois
— Oui, après on peut laisser les gens mourir en paix
— Ce n’est jamais évident de laisser les gens morts, vivants
— Comme tu dis, jamais bien évident, on a toujours ce léger doute
— Ce léger doute, ce questionnement, ce « Et si? » qui plane sans cesse
— Et à quoi bon, on se souvient bien au moins de la dernière fois, de quelques fois avant, le temps agis comme un baume, puis on finit par oublier.
— Mais oublie-t-on vraiment ce qui s’est passé?
— Jamais.





Paillasson

16 02 2012

J’ai un paillasson dans le visage et je suis brouillon. Mes idées s’emmêlent sans avoir raison et le temps me blesse à sa façon. J’ouvre le rouge, pour un verre, pour que rien ne bouge. La lune disparaît doucement sous les nuages et ne laisse qu’un sombre paysage. La nuit c’est mon domaine, moi ce sombre personnage. J’ai pris le temps, un instant, et mon souffle en même temps. Où suis-je? Perdu? Non, je n’ai qu’osé pour devoir récolter. Tout c’est passé si vite, tout est allez avec la musique. Un pas de plus vers la raison, je n’ai point trouvé cette chanson. C’est une valse, une farce, un moyen de contraception pour les cons. J’ai l’espoir qui se trémousse, j’ai trouvé la solution. D’un mensonge à l’autre, mon oreille reconnait maintenant ce qui lui plait, le vrai. Ce n’est pas ce que tu fais c’est ce que tu es qui me plait. Pour ce que ça changerait, en temps de guerre, je range les armes, je n’aime pas leur vacarme. Il semble que j’ai la valeur d’un vieux dollar qui s’oxyde doucement avec le temps, tu sais ces dollars d’argent qui prennent de la valeur avec le temps? J’ose croire encore que je rêverai de ton corps, car c’est un peu ce qui me restera une fois que ta voix s’effacera, que l’odeur laissée dans mes draps s’esquivera une fois que la machine les lavera et que ce que tu es n’aura plus ce que tu étais pour moi. Tu t’es essuyé les pieds sur ce paillasson, sur mon visage comme de raison, comme une gifle que l’on donne de revers, qui marque jusqu’à la fin de l’hiver. Je pianoterais bien plus de mots, mais l’envie me manque… comme toi.





C’est arrivé un neuf

9 02 2012

C’est arrivé, comme ça, j’étais ici, je regardais là, rien de particulier, rien ne bougeait si je ne bougeais pas. Puis c’est arrivé, un moment donné, sans vraiment m’expliquer, je me suis mis à raconter quelques mots pour que le silence soit brisé. Deux, trois mots, au fil des deux, trois bières que je m’enfilais, sans que personne vraiment le vît. J’ai pris plaisir, à simplement écrire, tout ce qui me passait par la tête, sans vraiment que je m’y arrête. Et le vent me souffle à l’oreille « Man.. Tu es en train d’avoir une conversation avec toi! », par chance, j’ai pu me rabattre sur le fait simple que peut-être quelqu’un lirait, un jour, quelque part, anonyme, d’une ombre inconnue, de la rue. Je me suis tue, tué ce vent qui passait par là, me rappelant un peu le pourquoi tout ça a commencé, c’était quel jour déjà… bouge pas… je crois que c’était un 9… quoi d’autre, je réagis toujours les 9… aujourd’hui, la preuve et ce n’était même pas prévu. J’ai vu ça, je me suis mis a éternué, l’allergie du neuf, ça sentait la plante, de quoi on parlait déjà… ah oui, le 9. Je ne sais plus, si c’était le début ou la fin, quelle importance en fait? Tout est arrivé à cause de toi, t’aimes quand je t’accuse? Moi je dis que c’est madame chose, avec le pipe wrench, dans le living room… fucking living room, par chance que les murs ont que des oreilles, parce que s’ils avaient aussi eu des yeux ils auraient bavé de toutes leurs bouches. Il y avait vraiment quelque chose de spécial, je m’en rappelle, comme si c’était hier, mais ce n’était pas le neuf hier… donc demain je recommencerai, ça devrait marcher. J’ai cherché après, pas longtemps parce que je savais que ça ne donnerait pas grand-chose, y en a juste une comme toi et je dis pas ça pour te plaire là, je dis ça vraiment parce que tu es unique, tant mieux pour l’humanité que j’ai tenté de protéger en te gardant pour moi. Si j’étais demain, je dirais que tout ça, bien c’était hier, mais ça avait commencé bien avant. Tu ne le sais pas, moi je ne sais pas pourquoi je le sais, en fait, ça rien à voir avec le savoir. Je ne sais pas ce qui c’est passé, un jour, c’était peut-être un neuf aussi, j’ai juste compris, j’ai juste senti, un peu trop, comme si le volume était fort, comme si je n’avais pas vraiment besoin d’écouter, juste sentir, je sais. Ce n’est jamais la même chose, le même pourquoi, le même temps de l’année, c’est probablement souvent un 9. Il est presque neuf heures, rien n’a changé, combien de mois, combien d’années, j’ai la main sur le fil, ça se trémousse encore un peu, bip, bip, bip, toujours plus lent, suis-je encore conscient? Sur le cardiogramme, je me sens ralentir, doucement, je le sentais déjà, comme un instant de folie, une pure joie quand je pense à toi, puis je l’arrête, doucement, 12, les yeux fixés sur le moniteur, 11, allez mon coeur rappelle-toi, 10, je sais qu’encore que tu le sens, 9… Shlack! biiiii_______________________________p.





Je ne sais pas

5 02 2012

C’est un matin gris dans ma tête et pourtant bien clair dehors, il faudrait peut-être que je sorte, déplacer l’air, la lumière. Je ne sais pas de quoi sera faite cette journée, de mots, de maux, pour sur car c’est déjà là. Je ne sais pas ce que la vie me réserve, doucement elle se joue de moi, attentive au moindre de mes mouvements. Le café, la musique, le vague à l’âme et toi. Je ne sais pas où tu es. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, je suis arrivé là. Je ne sais pas pourquoi ça tourne comme ça, mon corps sans alcool subit tout de même cette rotation sur le même axe qui me donne ce mal de tête. Je ne recule pas, je n’avance pas, statique je tourne sur mon axe. J’ai un sens sans vraiment en avoir, à force de tourner est-ce que je fais que le temps passe, plus vite, dans l’espoir d’un demain différent. Je ne sais pas pourquoi tout ça. Le surréalisme de ce que je vis me lève un peu le coeur, ne pas pouvoir vivre tout ceci à fond, être obliger de mettre ce petit bonheur de coté, d’attendre que par la pluie il soit délavé, qu’il n’existe plus qu’en traînée multicolore. Le multicolore, c’est un peu comme les souvenirs, on reconnait le fond, mais pas nécessairement la forme. Je ne sais pas combien de temps (et sonne la chanson de Stephan Eicher dans ma tête), il me faudra pour cesser de penser à toi au hasard des jours. Je ne sais pas ce que c’est tout ça… mais je sais que je suis, saoul de toi.

En prime… Stephan Eicher « Combien de temps »

L’ombre de mes cils un seul regard
L’ombre de mes cils comme un rempart
Le plaisir facile les amours d’un soir
Meurent d’un oubli subtil dans le nœud d’un foulard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi, saoul de toi

L’ombre de mes cris flèches invisibles
L’ombre de mes cris comme une cible
Les mots inutiles sourires illusoires
À vos questions futiles, je réponds au hasard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi

Ces jours-là j’ai de la peine
À vivre loin loin de toi
J’ai de la folie plein les veines
Je bois, je bois et je suis saoul de toi
Combien de temps
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois, je bois et je suis saoul de toi





Si tu veux…

4 02 2012

« Si tu veux, je te fais un bébé, deux, trois ou plus, comme tu veux… » c’était des mots dans mes commentaires il y a quelques jours. Des mots remplis de poids, qui remplissait un vide, mais étaient-ils vraiment remplis? Ce que je peux dire, c’est qu’il n’était pas dépourvu de sens. Sans qu’ils soient nécessairement bien remplis… une plaisanterie? De mauvais goût ou simplement une perche pour savoir où j’allais. Je me suis posé la question. J’ai eu envie de répondre oui, mais des enfants sans mère, parce que ça faisait partie du contrat, ce n’est pas pour moi. Il faudrait que je me trouve une mère après ça qu’on m’a dit, de simples mots sans vision de leur portée. On ne met pas des enfants au monde comme ça… pour faire plaisir a quelqu’un, même si ce quelqu’un c’est moi et que je saurais bien m’en occupé. Mes pensées se sont chevauchées, mes pensées ont passé. Qu’est-ce que je fais encore là? Je passe mon temps à remplir ma vie de vide et à souhaiter autrement. Mes pieds ne touchent plus à terre quand la tête légère, je pense à toi. J’ai répondu à ce commentaire, des bébés sans toi, je n’en vois pas l’intérêt. Quand les directions parallèles ne se croiseront jamais, l’impact est imminent, inévitable.





Mal-o-dit

11 01 2012

Je te jure, ta cadence indécente est aussi prévisible que risible. Comme un tango argentin fait par des débutants, tes pas sont comptés, mais la passion n’a pas encore monté. C’est maladroit, drôle et presque innocent à la fois, qu’il y est juste toi qui ne t’en aperçoives pas. Tu as le tempo, mais tu ne manques pas d’air, un deux trois, un deux trois, d’une valse que ne durera pas. Sur mes pieds tu marches, mais tu dis que ce n’est pas toi et quand mon coeur tu arraches, est-ce que ce n’est toujours pas toi? Et la vie, cette symphonie si finement orchestrée, suis-je le seul à détecter cette note si malhabilement jouée, cette note qui se joue contre toi, cette note vile et malsaine qui se cachait en arrière-scène. Si le mensonge est malhonnête, la preuve est faite que l’omission l’est tout autant, à force de ne pas vouloir mal paraître, le silence est souvent bien plus dense que l’on pense. Cette mélodie serait-elle aussi belle si j’omettais le Si à mesure que je joue? Si je peux sentir ta peau à des milles d’où je suis ne crois-tu pas que je peux subir les gestes omis et incompris? C’est une larme bien douce que le sel à quitter, qu’un petit peu d’eau qui fera me rappeler, combien, oh combien de lunes j’ai vues passée, doucement glissée dans ce ciel étoilé. Le silence fera son oeuvre, on fera comme ci, ça tiendra quoi, une autre lune encore, qui sait peut-être plus, où tous deux en silence on saura, mais où tu douteras.





Le vide

7 01 2012

Vide, vide, vide… plus je te regarde te remplir haute dans le ciel, plus mon verre se vide, je hurle. Tout me semble du pareil au même, certain jour le même le gris persévère. L’impression d’un rien comblant mon espèce, mais qu’est-ce qui diffère d’hier et comment sera demain? Un de ces jours insupportables où je me sens vain, où je sens que rien ne vaille. L’esprit noir, la matière grise et le vin rouge ne l’emporteront pas sur moi. C’est qu’une journée sanguinaire où le vin prévaut sur le sommeil. Où même la bouteille ne répond plus de moi, où sans raison, sans savoir pourquoi le verre se vide, sans moi. Mes yeux, ma tête et mon coeur aride ne cherchent même plus pourquoi. Je sais que demain sera autrement, différent. Je regarde autour de moi, rien ne semble rempli de ce que je voudrais, ma tête, mon verre, mon lit. Toujours cette même distance, toujours cette même souffrance, quel est ce creux qui existe, restera-t’il? Il n’existe qu’un pas entre toi et moi, le franchiras-tu? Ce n’est point une question de temps, mais une question de Tu. Je fais abstraction de mes idées et fais face à la réalité, est-elle vraiment réelle? Si je ferme les yeux, tout existe, tout est sensation, passion, émotion. Suis-je le seul à faire disparaitre l’univers quand allongé contre moi tu m’enivres. Ce moment, cette distance, mais putain quelle chance, tu es là et moi je fais disparaitre l’univers, simplement pour nous, un instant seulement, histoire de savourer ce qui est vrai pour moi, ce qui reste ce que je suis pour toi. Cet instant n’existe que dans les livres. Cet instant n’existe que sur un bout de blogue secrètement cisailler pour tes yeux, les miens, ceux des voyeurs qui passeront ici. Ces mots que l’on croit parfois faux, que l’on croit parfois vrais, mais au fond qui le sauraient. Une histoire comme toutes ces histoires taboues que l’on tue avant même de se voir terminer, une histoire à laquelle une chance on n’a pas donné. Ton silence me tue, ton absence m’angoisse, j’ai envie que ton regard me réconforte. Je prendrais un bras, si je ne peux pas avoir les deux, mais un peu de chaleur me rendrait vraiment heureux. Si je jouais un air de piano, si je savais jouer, je te le jouerais surement sur un air mineur, car c’est sur ces airs que l’on pleure. Mais tu sais, ce n’est pas si terrible, j’ai seulement envie de tes yeux pour combler mon vide.





Cette musique qui goûte le sel

29 12 2011

Je me suis perdu tant de fois dans tes bras. Je me suis blotti contre toi, car tu voulais bien de moi. Me serrer contre toi, car mes larmes, tu connaissais déjà. Chaque note que tu m’as racontée doucement à l’oreille était un peu mon histoire, un peu notre histoire. Chaque mélodie que tu me fredonnais me rappelait simplement ces nuits et mes envies pour elle. Chaque son que tu me lançais pour combler ses silences, ses absences, comme pour me rassurer, me laisser savoir que j’étais pas seul à t’écouter. J’ai rêvé doucement de toi, te prendre passionnément là sur le dos, comme on était déjà sur le sol… J’ai joué de mes doigts sur toi comme sur un piano, j’ai fini par mélanger mes accords et mon harmonie. Cette musique qui goûte le sel par ma faute, je me la suis faite joué par ta faute. Simplement pour me rappeler quand tu étais là, simplement pour me rappeler comme c’était beau. Et mon être tout entier te réclame encore et mon être tout entier réclame ton corps. Te souviens-tu comment il est doux, ce moment où sur moi ta peau joue. Le moment où à la lueur du rythme et sous la danse de cette flamme frénétique aucun oeil ne saurait distinguer si c’est un corps ou deux qui est en train de valser. Et quand tout s’arrête, dans une odeur de paraffine et de sexe, même la flamme qui ne brûle plus ne peut s’empêcher de rougir de désir. Cette passion qui est toujours en selle et cette musique qui goûte le sel.





Et si…

16 12 2011

Et si un jour je suis triste grâce à elle, je pourrais me consoler en collant les petits bouts de bonheur que j’aurai eu au cours de ma vie. Un mélange de mots, d’images et de souvenirs simplement pour me rappeler qu’un jour ça a été. Cette musique qui rappelait l’autre, quand l’autre couchée à mes côtés dans l’obscurité rêvait d’un demain qu’on ne croyait pas aujourd’hui. Des odeurs, sa peau ou cette odeur qui se mélangeait quand nos corps s’enlaçaient pour ne faire qu’un, un moment seulement qu’on aurait suspendu dans le temps, à cet instant. Cette douceur dans les yeux, sur la peau, un heureux mélange qui me fait encore sourire. Quand je ferme les yeux, j’y suis encore, j’y suis bien vivant, un instant où je me surprends à oublier que je suis là, las et seul dans le noir de mes plumes. Une courte période où elle fut ma muse, mon inspiration et mon intension. On imagine des histoires, on se fait des histoires, on tente d’oublier, de boire. Au matin on se souvient que notre lit est bien vide, que son charme s’est envolé dans les premiers moments de clarté. D’une fois à l’autre, on ose rêver, on ferme les yeux simplement pour s’imaginer… Et si?





Femme

28 07 2008

Inspire-moi, respire-moi, encore une fois puis expire-moi à la date que tu choisiras.

Ce matin dans le métro, on est lundi, je regardais les gens… pas tous les gens ce matin, une femme parce que je la trouvais belle. Pourquoi une femme, parce qu’elles sont toutes uniques, toutes belles dans leur costume de femme. Une femme, une autre, toutes les femmes parce que c’est beau une femme. C’est doux une femme, c’est mystérieux et simple à la fois. On cherche parfois à se casser la tête, mais on dirait que l’on fait simplement ne pas regarder la vérité en face quand on regarde la femme, on ne prend pas le temps de voir les signes clairs, les paroles franches et celles bourrées de poésie.

La gestuelle, une danse qui me séduit à tout coup. Plus la femme est loin plus ses mouvements sont évidents, plus elle est proche plus on devient aveugle, peut-être que l’odeur de la femme rend aveugle, ou simplement son regard qui rend fou. De loin, on peut voir comment son corps est construit, comment chacun de ses gestes suivent une chorégraphie bien symbolique. Tant que je ne suis pas repéré, je peux apprécier ses ondulations primitives de séduction, parce que la séduction commence souvent par elle même chez la femme. La séduction par comparaison de leur propre costume de femme par rapport à celui des autres. C’est fou de voir comment cette différence homme/femme est flagrante, peut-être dans ma tête en fait, mais flagrante pour moi, car moi dans le métro, je n’en ai rien à cirer de regarder les autres hommes pour me comparer, je n’ai pas envie de me changer pour qui que ce soit, je suis ce que je suis. Je regarde la femme, je la trouve belle, je trouve très souvent (parce que j’allais écrire toujours et ce n’est pas réaliste) ce qui rend la femme belle, chaque femme si belle. La femme elle regarde aussi la femme avant même de regarder l’homme, elle ne jette qu’un oeil rapide pour qu’on puisse lire dans son visage acceptation ou mépris. C’est au moment qu’elle a admis qu’elle soit LA plus belle qu’elle parcourra du regard ceux qui l’entourent. Je mets un bémol ici, je crois que la confiance en soi va jouer un grand rôle sur sa décision d’être LA plus belle. Une femme qui se sent belle ça se voit, ça se perçoit, une femme qui se sent trop au dessus de la moyenne aussi, ça aussi c’est palpable, personnellement c’est repoussant, ça fait peur. J’aime la femme qui fait attention à elle et par faire attention à elle j’entends simplement de s’écouter, de répondre elle-même à ses envies que ses envies passent de s’enfiler une poutine sans dire à tout le monde que ça va directement dans ses fesses, qu’elle s’alimente de végétation de toute sorte, qu’elle s’entraine, qu’elle préfère faire du « couch surfing » pendant un weekend, tant que les remords n’y sont pas c’est l’important, les remords, ça ne mène nulle part et ça fait dire que la décision prise n’était pas responsable. Il faut simplement qu’elle vive, qu’elle respire, qu’elle morde dans la vie à pleine dent parce que je pense qu’on est simplement là pour ça.

Le regard, le premier contact souvent depuis bien longtemps établi par moi, disons que je ne crois pas à la subtilité, j’aime bien qu’une femme sente mon regard peser sur elle, un regard plutôt fasciné, un regard intéressé, un regard de salutation qui dit simplement « Tu es jolie tu sais ». J’aime les petits sourires en coin un peu timides qui rendent la femme encore plus irrésistible, un sourire à faire arrêter la planète de tournée. Souvent, même dans mon cas, ça s’arrêtera là, la timidité et le rêve font en sorte que j’aime ce que je vis maintenant, que je ne me pose pas de question, que ce petit moment doux et simple, je peux m’en contenter. Bien souvent, on ne peut même pas l’échanger, car pour attirer l’attention sans bruit, sans mouvement, c’est plutôt difficile, il faut que l’autre personne ce poids que mes yeux ont sur leur être. Des fois je me dis comme dans La vie est belle, je me prends pour Guido qui se répète sans cesse… « Regarde-moi… regarde-moi… » des fois cela fonctionne, des fois je continue de rêver. J’aime bien rêver.

J’aime bien être un observateur silencieux, voir chacun des mouvements, observer chacune des lignes qui découpent leur costume de femme. Les plus grands designers ne sont-ils pas les parents de toutes ces femmes, qui conçoivent de magnifiques chefs d’oeuvres? Le détail porté à la composition de leur visage, les lèvres fines, parfois pulpeuse, parfois presque absente, leur seul point commun, l’envie de découvrir un baiser pour vraiment comprendre cette merveille que sont les lèvres. Ces mêmes lèvres qui s’entrouvrent pour laisser sortir un sourire, un rire, toujours bien personnel à chacune. Les yeux, expressifs, passifs, clairs ou foncés, c’est les 20 000 lieux sous les mers où un homme se noierait sans même se poser de question. Les plus belles histoires y passent si on y est attentif, les plus beaux compliments, les rêves les plus intimes. Ça me scie que d’y penser. Le nez, souvent complexe chez les femmes, mais personnellement je trouve qu’on y trouve tout le caractère de la femme, qu’il soit fin, allongé, aquilin ou plus présent, il personnalise celle qui le porte sans exception. La peau, ma préférée, douce, tendre, ferme, poilue, froide comme la neige, brulante de désir, c’est toujours un plaisir d’y glisser mes doigts, de la sentir, parce que ça sent bon la peau d’une femme, de sentir la chaleur d’une peau qu’on ne touche pas encore. À distance j’aime bien me faire des idées sur la sensation de la peau qui glisse sous ma main. J’aime aussi les touchers accidentels qui arrivent parce qu’il y a trop de gens dans le métro, qui rendent un peu mal à l’aise parce que de toucher un étranger c’est un peu tabou, interdit, mais tellement plaisant pour toutes ces mêmes raisons. Si on pouvait simplement dire, votre peau m’interpelle, je pourrais simplement en avoir un échantillon tactile pour le confirmer. Ça reste tellement personnel, mais la tentation fait en sorte que tout ça reste bien dans le domaine du désir. Sinon, il y a par la suite toutes les formes qui accompagnent la femme, parfois longiligne parfois plus ronde. Grande ou petite, mince ou ronde tant qu’elle se sente bien dans ce costume qu’elle habite. Moi je l’aime. À chacune son charme, à chacune de porter de façon élégante, gamine, rebelle, un agencement de forme qui la rend irrésistible. De la pointe des pieds jusqu’à la racine des cheveux, l’unicité de chacune est un pur délice. Toutes les formes, les seins, les fesses ou les cuisses me procurent un sourire qui ne décroche plus. Les seins qu’ils soient immenses ou presque absents, tant qu’elle est fière de les porter. Les haches qui donnent sur les fesses de toutes formes, un délice pour lequel un aveugle retrouverait la vue.

Pour toutes ces raisons, j’admire, louange, vénère la femme qui chaque jour attire mon attention, peu importe où je la trouve. C’est simplement une tendre passion pour le genre féminin.