Lucide et Confusion (une histoire d’automne)

20 11 2012

C’est l’histoire de Lucide et Confusion. Une histoire un peu triste, mais remplie de passion. C’est l’histoire d’une double solitude, celle de Lucide, belle et gracieuse au soleil, seule et triste la nuit. Ou celle de Confusion, grand et fort du matin jusqu’au soir, ivre, perdu et noir comme la nuit. Ce fut Crépuscule qui présenta Lucide à Confusion, une histoire un peu étrange, un peu oubliée, où face à la nuit, Confusion voulait déjà oublier. Quand les yeux de Lucide touchèrent ceux de Confusion, ce fut le début d’une fin, comme un jour qu’on laisse derrière, pour entamer ce que l’on pourrait penser un long voyage, mais ce n’était en fait qu’un court manège, comme ceux des parcs d’attractions auxquels on ne fait plus attention. Lucide savait, Confusion sentait, personne n’aurait pu expliquer, ni pourquoi, ni comment cela c’est produit. Lucide faisant refléter les atouts d’une autre, Confusion toujours plus profond dans le regard de Lucide. Confusion ne comprenait pas pourquoi Lucide agissait ainsi, comme de la peur, un faux désintérêt comme celui d’un chien devant un boucher, c’était pour les deux la faim. Confusion bu, entraînant Lucide dans son monde, sans force, naturelle, Lucide se laissa allez. Se laissa allez jusqu’à respirer le matin, fraîcheur d’aube littéraire, où sur la plage les cheveux faux ne font que passé. Confusion dans de beaux draps les a entendu, passer et repasser, la veille si loin et le matin bien trop clair pour ses yeux sombres. Lucide n’était plus, Confusion déambulait dans une maison bien trop vide, bien trop inconnue, mais en même temps si familière. Le temps passait à coup de deux horloges, il fallait rentrer ou revenir. Crépuscule revint enfin, pour venir unir Lucide à Confusion encore. Confusion se perdait bien trop souvent dans les étoiles de Lucide. Les lèvres de cette dernière s’étirant, s’ouvrant à bout portant pour laisser sortir un son, une chanson ou un rire, s’unissant simplement pour embrasser Confusion. Ce fut le bon temps, le temps bon où on ne compte plus ce qui se passe, qu’on se rappelle pour pouvoir le compter aux enfants qu’ils auront, enfants qui ne verront pas le temps non plus, un enfant qu’il nommerait Amour, en cas de grisaille pour se souvenir du temps, du temps où il n’existait pas.

Le temps tournait sans eux, il tournait à s’en rompre l’aiguille dorsale, deux fois plutôt qu’une. Le calendrier n’a pas pu entendre la sonnette qui lui disait de changer de page. Sage, Confusion n’a pas compris, c’était un peu cette dualité qu’il vivait, ne pas comprendre et sentir. Sentir et ne rien comprendre, d’un coup de vie dans la cage thoracique le coeur lui éclata, du jour au lendemain. Quand Confusion voulait comprendre, il questionnait, quand il questionnait, il obtenait des réponses qui n’étaient pas toujours ce à quoi il s’attendait. Lucide, de répondre, les pieds bien au sol comme le font les arbres, ce que Confusion ne voulait pas entendre. Ce dernier de partir, à la hâte sans un mot, sans comprendre, sans tenter d’en savoir plus, déçu, désolé, surtout brisé. Il partit pour sentir le temps qui passait sur sa peau, dans son être tout entier. Il ne se retourna pas, même pas un instant, sinon qu’en pensées, pour savourer ce qu’avait été cette histoire unique. Il rêvait souvent, mais tentait surtout d’endormir les douleurs à coup de vie mal placé, à coup de cidre, de malt, de produit alcoolique, calmant temporairement cette fixation qui était Lucide. Un soir où il levait son dernier verre avant d’allez s’éteindre au lever du jour dans les draps froids, vide et sans lui, car même quand il y était, il n’était pas tout à fait là, ses pieds sur un axe de demi-cercle pivotèrent pour se mettre à dos le bar, mais bien en place, toujours sur ses pieds implanter dans le sol, Lucide s’y trouvait, comme apparue dans la nuit juste avant que Confusion ne s’éteigne. Il n’est pas tord de dire que tous les mots qui existaient sur cette terre n’auraient eu aucune utilité pour le moment qui était en train de se produire. Dans l’univers tout entier n’existait qu’une chose, à ce moment exact, Lucide blottie dans Confusion, cherchant à stopper toutes les horloges de la terre. Un recommencement nouveau, un passé oublié, il n’y avait rien qui importait plus que ce moment, cet instant qui dura… qui dura.

Lucide savait, Confusion se doutait. La fragilité de l’un et les pieds bien ancrés de l’autre s’affrontèrent à nouveau. Les mêmes raisons, un peu plus d’action, un rêve que Lucide avait. Lucide rêvait aussi, peut-être moins que Confusion, en fait personne ne le sait vraiment, mais à cet instant, elle rêvait. Elle rêvait de chevaux, de sable, de Confusion, mais pas assez pour abandonner ce qui existait avant, ce qui existait maintenant, à un pas de se déterrer la racine pour mieux se l’enfouir ailleurs, elle devait aller au bout, on sait jamais ce qu’il y a au bout tant que l’on ne s’y retrouve pas. Confusion comprit Lucide, s’extirpa à nouveau sans attendre, sans tout à fait comprendre, s’éloigna avec tristesse, Lucide derrière lui à nouveau. Le temps n’aidait plus à la chose, il passait, repassait sur le visage de Confusion, n’arrivant pas à assécher les larmes que causaient Lucide. Il s’interrogeait fréquemment sur la nature de ce qui s’était passé. Se demandant si Lucide avait trouvé au loin ce qu’elle cherchait, si le bout était vraiment ce qui s’était s’était montré en rêve. Confusion ne voulait plus, plus de rien autour, plus d’Amour, plus de Lucidité, il avait rencontré des gens pour la faire oublier, dont la belle Insipide et l’autre Folle, avec qui il avait cru qu’il était possible de refaire le monde à coup d’amour, mais ce ne fut que poudre aux yeux. Le temps avait raison de Confusion qui vieillissait, qui comprenait de plus en plus les rouages de ce qu’était le paysage que les gens appelaient la vie. Il devint gestionnaire d’attentes, de ses propres attentes, devenant gris, un gris milieu qui ne goûte que la poussière, se fondant à la masse, ne prenant plus sa place. Le temps avait raison de lui et sans raison il le laissait faire, ne pouvant plus l’arrêter.

Dans un pli ciré d’une lettre bien pliée, Confusion eu la surprise d’une vie, en repensant il considéra que c’était peut-être la troisième, mais le passé venant à la rencontre du présent, était toujours pour lui quelque chose de surprenant. Lucide, dans des mots serrés sur une feuille de papier, donnait des nouvelles. Elle était comme ça elle, elle donnait, son coeur étant si grand que le monde elle aurait pu donner s’il lui avait appartenu. Confusion content et confiant, le temps l’ayant brutalement ramené sur terre eu l’instant d’un moment un vertige. Le papier de Lucide le regardait droit dans les yeux, encore. Lucide racontait, sa vie, son rêve enfoui et rattraper d’un autre coté, comme la vie et de l’inattendu. Elle racontait, les joies d’un mélange quelconque qui avait donné naissance à Trésor, dans lequel elle avait enfoui tout ce qui lui restait de rêves. Lucide n’avait plus cette lumière dans le regard, Confusion, conscient de cette situation lui demanda où elle était passé, pas elle, mais cette lumière qui avait éblouie Confusion à leur première, voir deuxième rencontre. Et les lettres s’échangèrent, de part et d’autre, la question de Confusion restant rempli de silence, Lucide n’était plus aussi ancrée qu’au temps du Tic où elle répondait Tac. Confusion ne comprenant pas les silences de Lucide, reposa encore et encore la question, jusqu’à ce qu’en un instant, rempli de lumière, les coins de la lettre se sont ouverts pour laisser place à Lucide, maintenant un peu plus timide, mais toujours là bien cachée. D’histoire en histoire, l’histoire c’est tissé, de mots dans les lettres rien n’était oublié. C’était encore l’automne, pour la troisième fois, quant au pris avec une pinte de bière Confusion s’accrocha à Lucide. Les mêmes yeux, vivants, limpides, jamais oubliés venaient le regarder. Elle savait où le trouver, chaque fois comme une nouvelle, une surprise, il était là. Ils n’étaient pas les deux seuls à être là, il y avait aussi l’histoire, le temps, le passé, les souvenirs, mais surtout la déception. La déception de part et d’autre, pour la même raison, mais expliquée différemment, reprochée d’une autre façon, blessante, inutile. C’est la faute du temps je vous le jure, s’il n’était passé au même moment, personne ne serait parti. Il fini toujours par passer et on ne sait pas trop pourquoi, c’est toujours Confusion qui quitte la scène du crime.

Personne n’a eu ce qu’il voulait dans cette histoire, soit par abandon ou par remplacement. Aujourd’hui c’est toujours pareil, Confusion c’est fait une raison, Lucide ne sait plus. Le temps a été brutal avec eux. Ils ont été brutaux, l’un avec l’autre, s’acharnant sur leurs rêves à chacun, croyant que tout ça existait dans le format dont il rêvait. Il n’en était rien, rien dans la forme, mais tout dans le contenu. Deux êtres merveilleux, magiques, qui s’aimaient et s’aiment encore aujourd’hui, dans l’ombre, ils plient des lettres, remplies de mots, simplement pour cesser d’être gris, simplement pour que la vie goûte encore ce premier soir où Lucide se perdit dans Confusion.





Représentation factuelle d’un manque de mots

16 11 2012

Si on dit que rien ne se perd, rien ne se crée en quoi mes mots se sont-il transformés? La cadence rompue avec l’inspiration provoque chez moi l’obligation d’écrire le mot sexe dans un texte, histoire de garder l’attention. Il semble que le mot sexe attire l’attention et garde la tension, ceci dit, les recherches sur Google le démontrent, de plus en plus de gens en cherchent. J’ai l’absence de mot parce que je ne l’ai plus écrit, il semble que de pratiquer le verbe le tienne bien en vie, je l’ai oublié par la distance et le manque d’occurrence. Moi et le mot, on est comme un vieux couple, on ne baise plus que pour se rappeler de ce que c’était. Moi j’y ai retrouvé du plaisir, mais semble que lui est passé à autre chose. J’aimerais bien savoir ce qui lui manque, il a tout, vraiment. Il peut créer ce qu’il veut et détruire d’une seule parole. Le monde est à lui et il ne demande qu’à ce que je l’utilise, que je l’exploite, que je le manipule sans aucun soin. Armé de lui jusqu’aux dents, je te ferai rire, je te ferai pleurer, je te ferai jouir, tu m’en redemanderas et je te répondrai de sa propre bouche, non.





Et ça tourne

23 10 2012

Je retourne chez moi, laissant derrière moi des vacances, des rencontres, des paysages pleins la vue, post apocalypse perpétuelle d’images, mon paradis. Je me rencontre que je suis bien, je suis loin. J’ai besoin de ces gens autour qu’en petites doses, par petites bouchées, mais c’est pareil chez moi. Je peux me lever et avoir envie de désert, je ne suis pas mangeur de dessert de toute façon. Plus d’une semaine et je revois en boucle des terrains vides, mais en même temps remplis d’histoire, de vécu, de mort. Je me retrouve chez moi, sans comprendre rien aux gens, aux mots, aux écrits partout. Le café goûte autrement, mais en rafale on s’habitue. Le temps me fait reconnaître les gens, les lieux, comme si j’y avais toujours vécu. Je suis bien, souvent seul, je me laisse vagabond dans des rues qui n’ont pour moi pas de signification, qui en prennent avec le temps, avec le vent de la mer qui me souffle à l’oreille qu’elle m’attendait enfin. Je suis dans ce café, il est précisément 12:34, la chanson qui m’avait donné le goût de l’Islande résonne dans la pièce, derrière le comptoir d’une voix magnifique, la serveuse chante avec perfection par dessus Emiliana Torrini. Je regarde l’horloge à l’extérieur et je pleure, je suis bien, j’y suis enfin. Un frisson parcourt tout mon corps, j’en veux encore, je veux de ce bonheur, de cette vie, c’est ma première journée ici. Les autres journées, j’en veux toujours plus.





Laisse croître

2 09 2012

C’est un matin lubrique, alcoolique où j’écris cette rubrique un peu plastique et de façon mécanique. Plastique de faux que l’on alimente de laisser croire, faire croire, qui se termine bien plus souvent en laisser pour contre, seul dans un coin. Sans statique, on s’adapte comme des adeptes un peu sataniques simplement parce que dans le temps, quelqu’un l’a pris un peu pour nous regarder dans les yeux. On ne fuit jamais ce que l’on devrait, ce que l’on connait, ce que l’on redoute, mais qui nous donne un peu de son attention. On reste et on se soumet, se modèle, à notre idole, on s’y colle, sans jamais bien comprendre ce que l’on a fait de nous même. On s’est oublié, négligé, abandonné, soi-même au grand manque de respect de ce que l’on était. On existe plus ou rien qu’un peu, au fond de nos propres yeux, au fond de ce que l’on est vraiment, mais que l’on tait trop souvent.





Quand tu t’abandonnes

5 08 2012

Quand tu t’abandonnes, fragile, dans mes bras agiles, le monde s’arrête pour te regarder. Loin tu te gardes loin de moi, tu te joues de moi, comme on joue du violon sans en prendre de leçons. Puis tu faiblis avec le temps, tu trouves cette note qui attire mon attention et tout doucement tu glisses ta peau nue sous mes draps. Tu es belle, mes yeux se posent sur toi, douce, dépourvue de tout ce que tu t’armes contre moi. Je sens ta chaleur et ton odeur pour m’en imprégner, pour ne pas oublier. Mes yeux rivés sur toi, je vendrais mon âme pour figer cette image de ton corps encore et encore. Mais ce monde n’existe pas, j’y ai cru, un jour, mais il n’existe pas. Tu n’as pas retrouvé celui qui t’accueillait bras ouvert, yeux fermés, car le temps a passé, j’ai changé. J’étais encore bien, c’était encore beau, j’avais la tête en trop. En trop pour toi, mais pas assez pour te repousser, car tu le sais, je t’ai aimé. Ma vie vide te laisse de la place dans mon lit vide. Le reste, tu n’en as pas voulu, je suis trop souvent resté en plan sur un fil qui ne présentait que le vide où je me suis trop souvent lancé. Je choisis aujourd’hui la place que je laisse dans ma vie et le volume diminue comme une chanson qui termine. Je dois changer d’air, ça sent trop toi autour de moi, comme une vieille rengaine.





Reset

16 06 2012

J’ai changé les choses, j’ai changé mon confort, mon pied-à-terre, 11 ans de ma vie avec les mêmes gens, les mêmes intentions. Je regarde derrière et seulement que quelques personnes me manquent vraiment, peut-être dû au vide d’humanité, de proximité, de relation. On ne peut pas être vraiment soi même avec tout le monde dans un milieu où on est appelé à être professionnel, à diriger les gens, à se soumettre aux valeurs qui ne sont pas toujours les nôtres. J’étais un peu fatigué de ses valeurs qui n’étaient pas les miennes, je suis parti, sans claquer la porte, dans l’intention de ne troubler personne, je suis comme ça, je n’aime pas déranger. Ce n’est pas toujours bon de ne pas vouloir s’imposer, dans sa vie amicale, dans sa vie amoureuse, c’est pour moi souvent « as is » sinon ça ne marche pas. J’ai coupé ami, travail, pour redémarrer ailleurs, pour redémarrer dans un environnement où le moi d’il y a 11 ans n’existe pas dans la tête des autres. Sans perdre mon identité, rumeurs et ragot sont simplement disparus. « Tu sais Crow, c’est un tombeur, il en a vu des femmes ici au travail! » vrai ou pas, je n’ai jamais confirmé ou infirmer ces dires, par manque d’intérêt, mais aussi parce que je sais bien qu’un non dans la tête de bien des gens laisse simplement un doute sur la réalité, même quand elle sort de la bouche de l’être concerner. Je suis donc parti, nouveau moi, vers un nouveau défi, une passion de travail qui traînait et que je ne respectais pas depuis les 6 dernières années, par peur, mais surtout parce que je ne voulais pas faire n’importe quoi, je voulais du précis et j’ai saisi l’occasion. J’ai un nouveau chez moi de travail, devant un parc, plein coeur de Montréal, c’est déjà inspirant. J’ai de nouveaux collègues, plus que je ne suis capable d’en nommer pour le moment, cinq jours c’est quand même court pour se sentir chez soi. Je suis dans un vide de connu, la seule chose que je connais dans mon travail, c’est qu’il faut que je travaille et ça je ne m’inquiète pas trop. J’ai comme un vertige dans ce vide qui m’entoure, je ne connais personne, qui suis-je? En fait la question qui se pose maintenant à moi, c’est plutôt comment arriver à ce que je suis.





C’est passé

26 05 2012

Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.





L’un ou l’autre

9 04 2012

Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.





Milieu

1 04 2012

Tantôt je me demandais, l’épicentre, c’est le milieu de quoi au fait? Ça pourrait être le milieu de n’importe quoi? J’ai regardé la définition, j’ai retenu que ça se passait à la surface de la Terre et que c’était un peu là où la secousse démarrait. Ensuite, je me suis mis à penser à toi, j’imagine que tu n’étais pas si loin parce que j’ai vibré un peu, pas autant que quand tu étais à côté, pas autant que quand tu te garais illégalement simplement pour pas que l’hiver ait pas le temps de te rejoindre sous ton manteau, la nuit, quand tu te mettais à trembler et que je me collais à toi, simplement pour mieux te sentir c’était fort. On n’y pense pas des fois à ça, peut-être qu’on est trop occupé, peut-être qu’on prend juste pas le temps de s’arrêter. Quand je pense à toi, je vibre. Je vibre un peu par habitude, parce que l’hiver est terminé. Je vibre comme un vieux souvenir qui prend son temps pour avancer, qui tremble un peu sur ses jambes rendues faibles, sur ses jambes aidées par une troisième. En fait, c’est vraiment comme avant, sauf qu’aujourd’hui, je vibre de moins en moins fort, de moins en moins longtemps. Un jour, tu as été l’épicentre de mes tremblements, tu me faisais vibrer comme personne, puis tu as décidé de t’éloigner, doucement, pensant que tout ça arrêterait, tout seul, peut-être comme si ça n’avait jamais existé, mais tu t’es trompé.





Sentir

4 02 2012

C’est comme l’autre soir, il faisait tout gris dehors même si le blanc tentait de s’installer, j’étais seul et je réfléchissais à un truc. Un truc sans importance, un truc comme plein de choses que l’on pense quand l’esprit vide et livide, on aimerait mieux avoir la tête vide. En un seul éclair j’ai senti un malaise, rien de physique, mais plutôt quelque chose de cosmique, de pas expliquer, d’une rare étrangeté. Ça, ça m’arrive souvent sans crier gare. Une sensation bien désagréable, à quoi suis-je connecté? Sensible, je sens, trop, tout, tout le temps. Quand le vent tourne, toujours, un éclair de génie, quelque chose qui me détruit. Je sais toujours où regarder sans ces instants d’obscurité, je regarde cette plaie qui s’ouvre et je fous les doigts dedans, simplement pour que ça soit encore plus douloureux. Je ne m’explique jamais comment ni pourquoi, je sais, je sens, je subis. Si les gens ne croient pas que l’on puisse communiquer sans mot, je leur laisse leur croyance, leur innocence. De l’attentif à l’instinctif je deviens au quart de tour. Ce qui est le plus triste, c’est que je reste là, comme si la tête en l’air je regardais ce piano qui tombe du 40e étage et qui s’affaissera droit sur ma gueule. À tout coup, c’est plus fort que moi, j’espère que le vent changera sa trajectoire unique, moi. J’ai ce sombre pouvoir, donné aux animaux, l’instinct, l’instant de me protéger, mais je reste là, j’attends, il ne me tombera pas encore dessus… ce foutu piano.