Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.
C’est passé
26 05 2012Commentaires : Leave a Comment »
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Différence
5 01 2012À quand la nuit des temps, à quand, à quand? Où de mon corps d’épine, tu m’envoies dans les roses, tu oses? Mon corps de brique et mon coeur de marbre craquent sous tes cris, tes tremblements. Terre! Terre! Enfin sous toi je peux reposer ce que j’ai été et ce que j’aurai créé. Autant de fleurs poussées ne représenteront jamais assez cette douleur accumulée. Quand le sang nourrira les champs laissant toujours plus d’enfants avares d’avoirs et jamais repus de tout posséder encore, nos mères pleureront d’avoir tant tentées et d’avoir échouées. Cette terre souillée d’un marcher trop pauvre en idées se meurt doucement sous son peuple dépourvu de conviction. Le pays craque d’un trop-plein de direction, à force de vouloir allez partout on se rend nulle part. Les bras baissent tristement au rythme des voix qui s’affaissent, mais pourquoi? Je vais mourir et pourtant, que laisserais-je derrière moi? Des mots d’amour pour toi, des mots d’amour remplis de ce que je suis. Puis-je faire réfléchir encore, une seule personne par jour, sur la vie ou sur l’amour? Sur le fait que notre identité doit être protégée. On souhaite tous faire la différence, mais on entre dans la danse, on s’étourdit puis on meurt en silence.
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Faites comme chez nous
31 10 2011À quel moment dans l’Histoire on a oublié de changer l’expression « Faites comme chez vous » ? Dans l’Histoire où on accueillait nos voisins comme s’ils étaient vraiment chez eux on a oublié un facteur, le temps. Le temps du changement, de l’arrivée des autres, des gens d’ailleurs, des gens qui ne venaient pas d’ici, des gens qui n’ont pas toujours choisi de se retrouver dans se pays. D’un passé colonisé, on s’est infligé de s’y confiner, par habitude ou par hospitalité, on a oublié notre identité. Qui sommes-nous aujourd’hui sinon qu’un peuple en recherche d’identité, de liberté. Certains crient haut et fort que le temps est venu d’être un seul peuple, unique et uni au travers des mêmes valeurs. D’autres, par peur, ne veulent pas avancer, changer, se rallier à cette opportunité d’être enfin tous rassemblé. La peur de perdre ce que l’on a déjà, la peur de l’inconnu qui effraie chaque fois. D’autres, comme moi, critiquent plus la méthode que le geste et critiquent plus la direction que le but ou la finalisation. L’étanchéité de cette décision qu’un parti prend sans distinction. L’opposition entre l’ouverture et la fermeture, la protection et l’exploration de ses nouvelles propositions. Dans ce message de liberté que certains partis peuvent présenter, je vois l’absence de choisir. Dans ces grands discours indépendantistes, je vois une certaine absence d’explication et de raison. Comment d’un peuple déjà fragile, protégé par la charte des droits et libertés peut s’opposer à la différence qui existe dans son pays, voir pays en devenir. En se protégeant, on a protégé tout être pénétrant ici, en leur disant un peu, « Faites comme chez vous ».
Ce que j’ai envie, plus le temps avance, c’est un peu de leur dire, faites comme chez nous. Chez nous on parle le français, libre à quiconque d’apprendre ou de parler les langues qu’ils veulent, tant qu’ils savent aussi parler comme on le fait chez nous. Libre à tous ceux qui veulent célébrer les fêtes qu’ils veulent tant que je peux continuer à être chez nous. Chez nous on est libre d’être qui on veut, de faire ce qu’on veut, en se souciant que les autres ne sont pas mis en danger, mais si vous venez chez nous, ne faites pas comme si vous étiez chez vous. La couleur, la nationalité, la religion m’importent peu, je vous poserai même des questions, par intérêt de la différence, mais ne m’imposer pas qui vous êtes, ce que vous faites, car je suis ici chez moi. Je rêve qu’un jour, tous les Québécois mettront leur pied à terre, que ce soit en province ou à part entière, pour dire haut et fort qu’ils sont fiers. Fiers d’être aujourd’hui uni, frères de culture, frère de pays, frères de nos frères et frères d’autres terres. Qu’enfin le silence collectif soit brisé par une seule voix, une voix qui unira des milliers de gens, une voix que nous laisserons en héritage à toutes ces générations, qu’elles soient d’un Québec authentique ou métissé, le respect de notre terre doit être accepté. Que les mots de mes frères soient tintés de bleu, de blanc ou de vert. Que ces mots d’une langue commune seront le symbole de notre ouverture, vous êtes ici, nous vous montrerons comment. Que la musique se mélange de toutes les rythmiques, que l’on devienne en accord dans toutes les gammes de ce qui nous composes. Que toutes ces différences ne nous empêchent pas d’être ce que nous sommes de plus précieux, des francophones ouverts sur eux. J’ai cette envie de laisser derrière moi l’identité d’un peuple qui s’est simplement levé pour dire « Faites comme chez nous! » accueillant tous ceux qui toucheront notre terre de leur propre histoire, enrichissant la vie, notre vie. Nous avons tant à donner, pas nécessaire de nous voler notre identité.
Un jour peut-être j’entendrai des gens debout, où le temps n’aura pas raison de nos cris, où les cris que l’on tentera d’étouffer ressurgiront toujours en de nouvelles foulées. Quand le peuple se sera levé pour dire « C’est assez! » et que le temps ne viendra pas l’effacer par cette vieille invitation qui nous colle encore à l’identité… « Faites comme chez vous! »
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