La solitude

10 10 2016

J’avais 25 ans, je revenais la tête basse à la maison, mes pas avalant le trottoir, plus j’avançais vers la maison, plus mes yeux se remplissaient d’eau. Je finissais par m’effondrer, en larme et sur mon futon, j’étais seul depuis la première fois depuis 25 ans. Je goutais pour la première fois à ça, ayant quitté le foyer parental un an plus tôt pour habiter avec ma copine de l’époque, avec qui j’étais ça faisait près de 3 ans et que je l’ai quitté par manque d’amour dû à son absence prolongée dans ce qu’on peut appelé une vie de couple.

La solitude, après 25 ans, rentrer seul, n’avoir personne qui nous attend, personne à attendre, c’est la même solitude qu’après un autre 3 ans en couple, ça écorche vif mon âme déjà solitaire. J’ai toujours été solitaire, dans ma tête, dans un univers où tout était possible. Petit je me creusais des châteaux fort dans la neige que le camion avait laissée dans la cour, plus il neigeait, plus je creusais, j’y passais des heures, ça finissait toujours par s’effondrer, souvent sur moi, je me souviens du poids de la neige sur moi, du froid, d’y penser reste réconfortant, comme la plupart de mes souvenirs d’enfant. Quand on rentre, quand on est seul depuis la première fois, on comprend ce poids sur la conscience, cet instant où on est livré à nous même, on est seul, tout est toujours possible. J’ai trainé dans cet appart longtemps ce poids sur mes épaules, chaque retour du travail était pénible, lourd, un trajet de cinq minutes interminable entre la station de métro et mon appartement, l’impression de marché pieds nus dans de la vitre cassée. Puis ça a passé, un jour, comme ça, sans que je comprenne vraiment pourquoi, je me suis retrouvé, souvent après m’être perdu dans l’alcool, dans les mensonges à moi même, dans tout ce qui n’était pas moi. Comme si pour m’en sortir, je devais toucher le fond, mon fond à moi, on en a tous un différent. Il fallait que je m’écoeure moi même, que je finisse par ne plus me croiser dans le miroir, par ne plus me regarder, par fuir mon image. L’impression d’être un vampire sans image dans la glace, l’impression de ne plus exister, de ne plus être, de ne plus savoir ce que je voulais pour moi. Puis je redécouvre doucement, qui j’étais. Je me suis simplement laissé aller à mes passions parfois étouffées, à découvrir des nouveautés, des passions différentes, à vivre quoi.

Depuis, j’ai eu deux autres relations, qui m’ont laissée dans le même état, identique, pareil, seul. Comme un vide, laissez par une pioche dans mon coeur de roche. Comme si je cédais ma place dans un bus, comme si on m’avait volé mon image dans la glace, jamais totalement, je suis quand même moi, mais pas entier, comme une partie de moi endormie, un moi latent dans un corps en vie. Je pourrais blâmer la terre entière pour ces moments d’égarement, mais je ne peux blâmer personne, même pas moi, simplement parce qu’avant je ne savais pas, je ne m’en souciais pas, j’étais inconscient de cet enlèvement. Je me cachais à moi même, sans raison valable, peut-être juste par peur de créer, d’être, d’avoir ma place. Comme une procrastination générale de moi à moi. Je me suis mis sur pause le temps d’une prose, d’un instant de poésie, d’amour, de fuite. Se sauver de soi-même, faut le faire quand même, un moment d’absence momentané qui fait qu’on s’ennuie, on s’ennuie de soi-même, parce qu’on c’est pas vu depuis longtemps. Le vide que ça crée en l’absence de bruit extérieur, de gens, d’alcool, d’habitude, c’est effrayant, je me dis qu’à 25 ans, quand je suis rentré chez moi en pleurant, j’imagine que j’avais simplement peur, peur d’être seul avec moi. On finit par oublier qui on est, on sait que le réveil ne sera pas facile, mais il est nécessaire.

Hier, j’avais une soirée dans un bar, je ne suis pas allé. Au début, je me cherchais des gens pour m’accompagner, puis personne ne pouvait, ne voulait. Tout l’après-midi, j’avais passé mon temps à me dire que ça ne me tentait pas, mais que c’était un moment spécial pour les « copains » là-bas. En début d’après-midi, j’étais allé bruncher avec moi-même, m’étant procuré « Chronique birmane » – de Guy Delisle, je me suis assis au comptoir (mon endroit de prédilection dans tout restaurant), puis j’ai lu, café au lait à portée de la main, j’ai mangé, puis je suis parti à la maison avec quelques bouquins et l’estomac bien rempli. Le soir, j’ai finalement fui la soirée, je suis resté avec moi-même et j’ai dévoré ma BD, pour m’endormir sur le divan par la suite. Une belle soirée avec moi-même. À refaire!





T’utiliser

21 03 2016

Pourrais-je t’utiliser? S’il te plait. Comme bon il me semble, simplement parce que l’on se ressemble. Simplement parce que me mots s’inventent sur toi. Je suis Picasso et toi la toile, ou l’idée derrière ce qui s’y retrouvera. Tristement, parce que mes mains ne peuvent toucher ta peau, que mon clavier me sépare, me garde loin, distant, seul. Parce que j’imagine avec toi, sans toi. L’un ne me plait pas plus que l’autre, mais j’aime ce qu’ils provoquent. Mes idées s’entrechoquent, se frappent, se touchent du revers de la main, me faisant frissonner, rougir. Gêner, d’être déjà en train de le faire sans y avoir été autorisé, t’utiliser. D’une main dans tes cheveux et de mes lèvres dans ton cou, je m’égare, ma demande n’a plus de sens, j’ai dépassé cette ligne, imaginaire, entre le vrai, le moins vrai, celui qu’on tait, celui qu’on dit trop haut, trop fort, trop souvent. Je tente de contrôler mes pulsions, mes pensées, mes doigts qui parlent de toi. C’est impossible, c’est plus fort que moi, c’est peut-être facile, c’est peut-être sans raison, c’est ça, je n’ai plus ma raison, ou de raison de le faire, ne pas le faire. C’est peut-être juste à cause de toi, tu existes donc je sens, je sais, je te connais, depuis un jour, depuis toujours. Reste, ce n’est quoi moi qui t’utilise, pas méchamment, simplement, parce que tu raisonnes, surement plus que moi. Parce que je déraisonne, c’est aussi simple que ça. Ça n’a rien de méchant, de déplaisant, je t’ai entendu, frémir sous mes lèvres. Je t’ai écouté frissonner sous mon baiser. Je t’ai entendu, quand dans la fermeté de ma main, tes cheveux emprisonnés te rattachaient à moi. J’ai senti ta proximité et je me suis empoisonné, à jamais d’un parfum qui n’est pas le mien. Je paralyse, à l’idée de l’avoir encore fait, sans même que tu m’autorises, de mettre, là, simplement en mot parce que c’est tout ce qui me reste, parce que c’est tout ce qui me reste. Ai-je vraiment besoin que tu me dises que je le peux, quand quelque part, rien de tout ça n’existe vraiment? Parce que, même si mes lèvres, se détachant de ton cou, glissaient à ton oreille et que d’une autre main sur ton ventre, me réchauffant l’être, que mes mots, doucement à ton oreille s’accumulent simplement pour affirmer que j’allais t’utiliser.





Je rêve parfois…

1 06 2014

Je rêve parfois de me réveiller dans tes bras. Ton coeur, ton corps ne répondant qu’à mes mouvements, lentement, doucement. Je rêve parfois que tu m’acceptes comme je suis, comme j’accepte ce que tu suis, ce que tu es, ce que tu veux que l’on soit. Je rêve parfois, que ce soit la première fois qu’à nouveau tes lèvres se déposent sur les miennes, que ton corps tu ne retiennes, de ne faire qu’un avec moi, te souviens tu de la première fois? Je rêve parfois, seulement pour un moment, que je trouve celle qui s’approche de moi, doucement, en se foutant du temps, du printemps, un doux moment, près de mon ouïe, j’entends les mots qu’elle me dit. Je rêve parfois, par moment, par étape, car tout ne peut arriver en même temps, il faut savoir se donner le temps. Je rêve parfois, d’aller chez le libraire du coin, faire le tour de tout le magasin, et de me retrouver là, sous tes yeux, simplement parce que c’est toi qui m’inspires et que j’ai eu les mots pour le dire. Je rêve depuis toujours d’avoir les enfants que j’aimerai d’amour, que je n’ai jamais eu, de tout ce temps que j’ai perdu. Je rêve d’avoir les deux pieds dans le jardin, d’avoir les rides sur le visage et les mains, de sentir la terre et sa moiteur, puis ta présence. Je rêve encore, d’avoir les pattes d’oies sur le coin des yeux, parce que tu m’auras trop faire rire, tu le sais que tu le peux. Je rêve de mourir en paix, dans l’amour de ceux qui me sont près, en sachant que lorsque je fermerai les yeux, tu me diras doucement… je t’aime mon vieux.





Les arbres immobiles

8 07 2012

Je me suis battu, sans être vraiment blessé, je sors un peu de ce qui a été une pause, un arrêt sur image, l’aiguille qui touche le E et je croyais qu’il restait encore au moins 20 kilomètres. J’ai fait fausse route? Non, le temps d’un simple arrêt, je me retrouve là, dans la même voie que j’ai empruntée, choisie. Les arbres ne vont plus à la même vitesse lorsque le moteur est arrêté. On regarde dehors ou on sort, le ciel si vaste n’est que prometteur, un vent frais sous un soleil chaud, de folles idées parcourent ma tête, une saine folie sur une scène statique. Je respire l’air qui transporte une odeur de bois brûlé, la réconfortante nature, je me devais d’arrêter, tout allait beaucoup trop vite, un arbre, ça ne bouge pas vraiment.





C’est passé

26 05 2012

Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.





Faim

15 04 2012

Je ne vous nourris plus, car j’ai faim. J’ai faim, du lever le matin jusqu’au coucher le soir. Toujours sans discrimination, je mange, mais j’ai faim. J’ai cette faim de vie avant que le temps ne me donne cette fin de vie, j’ai envie, simplement un instant de manger à ma faim. J’enregistre mes brouillons qui restent dans le brouillard, j’accumule les rimes simples, le sourire dans le regard. J’ai envie d’autre chose, j’ai envie de toi. J’ai envie tout d’abord de moi. J’erre sans cesse dans le temps qui me bouleverse, il passe et me lasse. J’ai tenté de savoir où j’allais, je vais là où j’ai toujours voulu allez, en silence, dans un réservoir où mes mots s’entassent sans cesse et où je rêve d’allez en marchant à l’opposé. Je regarde les gens qui souffrent et me regardent, on ne peut pas comparer des différences, mais on s’y risque pourtant dans une folle cadence. Les gens seront en désaccord avec mon accord et critiqueront ce que j’aurai écrit, lapidez moi de mes propres mots, lapidez moi de vos propres mots, alimenter mes histoires, mes craintes et mon espoir, mais ne tuer jamais ce que je ne vous ai pas obligé de faire.





Des fois, j’aime pas le bruit

4 03 2012

Il ne reste plus personne dans le restaurant, en fait moi, le café, la serveuse et le cuisinier. Tout à l’heure, on était presque une douzaine si je ne compte pas le radio. Savoir combien on était, ça ne serait pas vraiment difficile, mais ça prendrait du temps et de la patience. Un peu de temps pour rassembler les morceaux, les classé par couleur, puis par grandeur et finir par un tout qui m’identifierait bien les têtes. Je me souviens dans le temps on commençait par faire le contour, puis on finissait par le milieu, je suis certain que ça serait encore comme ça aujourd’hui, c’est comme le vélo, ça ne se perd pas. Ce qui est bien dans tout ça, c’est que personne ne s’est senti mis de côté, personne n’est arrivé comme un cheveu sur la soupe, c’était une surprise communautaire, un carnage dans un grand crescendo. Moi, j’avais la tête vide, je ne savais pas quoi écrire et ils sont arrivés, les femmes et les enfants d’abord. Les couples formés la veille ensuite, puis une vieille fille avec sa famille, moi, seul comme dans mes habitudes. Plus ça allait, plus je me faisais engloutir par le bruit. J’ai attendu un peu, des fois l’euphorie des sorties d’un dimanche où on ne va pas à la messe, ça fait son temps. Mais non, on dirait qu’ils jouaient tous à je t’enterre, tu m’enterres, maintenant j’essaie de leur dire que j’ai gagné, personne ne peut m’écouter. L’important c’est de se mettre devant la porte, pour s’assurer que personne ne tentera de prendre la fuite. La surprise, voir tous ces visages qui se demandaient, mais qui comprenaient pas trop ce qui se passait. Je me sentais un peu artiste, tantôt commençant par les bras, tantôt les jambes, les cris m’ont rapidement fait perdre mon avance du je t’enterre, tu m’enterres, je n’ai pas pris de chance, la tête c’est ce qui devait partir en premier. Il n’y a pas beaucoup de différence entre un cou musclé et celui tendre que j’aime embrasser, quand t’as un couperet bien affûté. Le plancher était glissant, je me suis quand même rendu pour terminer par la radio. J’ai épargné la serveuse et le cuistot. La première pour avoir établi qu’on allait se faire des signes dès que j’étais prêt et le cuistot, parce que j’ai faim et qu’il m’a prêté son couteau.





C’est un marteau

8 02 2012

Je l’ai suivi, tout d’abord de loin, mais toujours de plus près. Il m’avait vu en quittant l’immeuble, saluer en passant, je l’aimais bien mieux devant. C’est la première fois que je le suivais. Habituellement, il est contre moi, probablement du fait que j’ai un peu plus de trente ans, il n’a pas vu ça souvent. Il est contre moi sans raison, sinon simplement celle d’être contre moi, je ne comprends pas. Il m’a appelé, m’a demandé de l’aider, j’étais vraiment occupé. Monsieur se fait engueuler, simplement parce qu’il ne m’a pas écouté, a pris encore les devants et s’est planté royalement. J’ai cette nature coupable au travail, si je sais que je peux aider quelqu’un, je me sens dans l’éternel besoin de lui venir en aide. Je lui ai dit non, un jour seulement, je lui ai laissé un message le lendemain, pour lui signaler que j’étais maintenant disponible pour l’aider. Il ne me rappellera pas, l’orgueil bien ancré, il n’a pas besoin d’aide, surtout plus de moi, mais bon j’ai quand même tenté. Je sais très bien que son travail au noir me reviendra directement dans les dents, dans celle de tous ceux qui m’accompagnent dans cette lutte sans merci où seul lui sera perdant. Nous, on en a vu d’autres, sa douleur ne fait que commencer, mais il ne le sait pas encore. Nous on a jongler avec des couteaux, des torches, des dildos, rien ne nous fait peur. Ce soir, je l’ai suivi, j’aurais aimé qu’il soit d’accord avec moi. Je ne lui ai pas laissé de chance, au coin d’une rue sombre où seul au loin un lampadaire régnait, je l’ai interpellé, il s’est arrêté et c’est retourné pour me regarder, je n’étais qu’à quelques pieds. Je lui ai montré et il m’a demandé « Mais qu’est-ce que c’est que ça? », un sourire brillait dans mon visage, d’un calme je lui ai répondu, « C’est un marteau! » et avant de me dire qu’il était en désaccord, c’est après quelques coups que j’ai enjambé son corps, le laissant là dans la lumière, ayant la certitude qu’il ne me ferait plus de tord.





Mon coeur est en restructuration

4 02 2012

Chanson sur un air de joyeux country… parce que j’ai fait un deal avec Elle

La mort planait sur mon p’tit village
Et ça s’lisait sur les tristes visages
T’étais partie, fallait tourner la page
Mon coeur t’as pris pour en faire le saccage

Mon coeur est en restructuration
Ça sent encore toé dans maison
Mon coeur est en restructuration
T’aurais pu m’quitter pour de bon

Tu reviens toujours dans l’salon
Ak tes grands yeux de canasson
Tu fais ta belle sans aucune raison
Disant qu’c’est moé ton étalon

Tu veux me chevaucher ça va être bon
Attends un instant ça sera pas long
Hier tu d’sais comme de raison
Qu’ch’tais rien pour toé, un vagabond

Mon coeur est en restructuration
J’ai une grosse vache dans mon salon
Mon coeur est en restructuration
M’a me faire un steak y s’ra pas bon

Tu t’es r’trouver sul paillasson
T’as pas compris qu’t’avais raison
Chui un sale con, Chui un sale con
Accepte donc la situation

Maintenant que tu pleures sur le perron
Laisse moé tranquille j’trouverais ça con
Qu’on r’vienne sur ça de toute façon
J’veux pas d’regrets dans ma maison

Mon coeur est en restructuration
Et guérir ça va être ben long
Mon coeur est en restructuration
C’comme ça quand j’aime, pas d’aut’ façon





Tout est parfait

11 01 2012

Hier, je me couche à 22 h, je me lève à 4 h, mon 6 h de sommeil est fait, la nuit est faite. Je tourne d’un bord, je tourne de l’autre, je tourne dans mon lit sept fois avant de me lever. Il est trop tôt, même le soleil n’a pas pensé à se lever. Sur internet, je Google, Facebook, WordPress, StumbleUpon, mais rien ne se passe encore. Le tour est fait rien ne va plus. Jus d’orange, douche, habille, chat, mais n’habille pas le chat, sort dehors, trop tôt, rentre à nouveau, trop froid. Change de manteau, je m’assois parce que trop tôt, je finis par avoir trop chaud, je sors je serai tôt au boulot. Je me branche sur mon radio, plus rien n’existe, le temps en suspend et que moi qui subsiste. Déjà arrivé, je dois traverser, Métro, boulot… café chaud à mon bureau. La journée file, les problèmes défilent, je suis en contrôle et même parfois drôle. Midi tapant, je sors en courant, j’ai perdu ma coiffeuse, elle m’a laissé une note sur la porte, déménagée ailleurs. Je vais ailleurs, je la retrouve, enfin une pause, cheveux dans l’eau, je n’ai plus envie de rentrer au bureau. L’après-midi plus de folie et finalement quatre heures et demie, je suis parti. Métro, radio, maison, chat, mange (mais ne mange pas le chat), musique. Il fait calme, surtout dans Facebook, Google, WordPress, StumbleUpon, tout est encore là, personne n’a parlé, j’ai l’impression d’être seul, en fait je suis seul. J’accroche ici, un peu de ça et là des mots d’une journée typique, sans importance, vécu en solitaire un mercredi soir (on peut prononcer souaire pour que ça rime). Je me suis fait à manger, je suis prêt à aller me coucher, j’ai entendu la mer, on est vraiment mercredi soir. Tout est parfait… J’ai eu cette discussion souvent, avec beaucoup de gens qui me disait, « La perfection, ça n’existe pas! ». La perfection existe, j’ai eu une journée parfaite, avec ces hauts et ces bas, des perfections et des imperfections, des qualités et des défauts, des satisfactions et des déceptions, l’importance de cet équilibre, être simplement adepte de cette vie qui n’est pas parfaite, tout ça la rend justement… parfaite.