Cherche

26 03 2016

Ce matin je t’ai cherché, dans mes draps pour me coller. J’avais l’impression de tourner en rond dans un grand lit rectangle, ça ne faisait aucun sens. Je sais que tu n’étais pas là, je sais que tu es plus là, j’ai tout de même tenté ma chance. Je ne fais jamais les choses par habitude, je fais les choses parce qu’elle mérite d’être faite. Te chercher ce matin, je me suis dit … des fois que. Le chat couché en boule sur un vieux pyjama qui trainait là, il m’a regardé, j’ai compris, j’ai pleuré. J’ai pleuré pour plein de raison, tel que remplir le vide, l’eau on sait que ça remplit bien n’importe quoi d’assez étanche. J’ai pleuré pour me vider de ma peine, c’était comme des verres communiquant, avec la seule impression que ça ne fonctionnait pas, qu’il en restait toujours un peu, profondément, quelque part, quelque chose qui voulait pas partir, comme rattaché à toi, parce que je t’aime, parce que le vide se replis pendant longtemps. Je t’ai cherché toi longtemps, j’ai toujours un peu cherché en fait, même quand tu étais là, j’ai cherché à me faire aimé, à ne pas me faire oublier. C’est fou de mettre autant de temps dans un projet qui n’en est pas réellement un, dans une histoire qui se finit un jour. J’ai toujours eu de la misère à lire pour cette raison, je n’aime pas les histoires qui terminent, surtout quand je trouve qu’elles sont belles, on aurait envie d’en écrire des pages et des pages encore, pour ne pas que ça se termine, pour que ça chemine au long des chapitres. Je n’ai jamais lu en diagonale, je ne sais pas comment, je ne veux pas savoir comment, j’aime trop ces mots qui me parlent de toi, un peu dans chaque histoire. Il y a des chances que je cherche longtemps comment, pourquoi, quand, les trois mousquetaires d’une réflexion qui fait aucun sens. Je sais quand, je ne sais pas pourquoi ni comment. J’ai l’impression d’avoir tout faite pour pas que ça arrive, j’ai l’impression de n’avoir rien fait pour que ça arrive non plus. Le silence m’horripile, je sais que je dois mettre fin à ma recherche, que ça ne servira à rien, comme du temps de la ruée vers l’or, ce que l’on veut est rarement ce que l’on trouve.





Le temps d’un printemps

22 03 2016

J’ai mal, comme si on m’avait arraché un morceau de chair, une partie de moi. Chaque jour ça élance autant, ça m’empêche de penser à autre chose, ça ne m’empêche pas de penser à toi. Je ne laisse pas guérir, j’ai pourtant pris le temps, j’ai pourtant pris la semaine, j’ai l’impression de ne pas voir avancer les jours, les heures, les minutes, les secondes. Je n’arrête pas de jouer dans la plaie, simplement parce que je ne comprends pas ce qui est parti, pourquoi? Parait que le sel guérit, aide a cautériser la plaie, j’ai beau pleuré au-dessus que rien n’y fait. J’ai simplement mal, plus le temps avance moi j’ai confiance de comprendre tes silences, ceux qui étaient passés, présents, à venir. Je suis là, à me contempler l’être de façon idiote, à ne plus avoir faim, à me dire que c’est mon chat qui déclare maintenant l’heure de manger, deux fois par jour. C’est lui qui gère la routine, c’est un peu comme ça qu’on s’embourbe, je crois. Un pas à la fois dans la même direction. J’aurais dû te retenir quand je t’ai vu t’installer là dedans, mais je n’ai rien dit, simplement parce que tu n’aimes pas ça te faire dire quoi faire, toi même tu ne décides pas pour toi. Je suis resté là, à te regarder dériver, simplement parce que je t’aime. Simplement parce qu’on ne peut pas se battre contre le courant, contre les gens, contre la vie de façon générale. La vie, le cirque, où chacun joue son rôle, son bout de scène, son moment de gloire. Tout le monde couche avec tout le monde, simplement parce qu’à un moment, ça pourrait servir, ça pourrait au pire faire du bien. Je pense que je suis brisé, depuis toujours, parce que j’excelle dans le contraire, parce que si j’aime, j’aime abondamment, que toi, pour toujours, jusqu’à ce que tu changes d’avis, sinon moi, ça arrive aussi, mais je t’expliquerais, t’inquiètes pas. Tu n’auras jamais l’impression que je te joue dans le dos, parce que je ne sais pas comment, je ne sais pas comment jouer à ça et à regarder les gens faire, je n’en ai surtout pas envie. J’aurais pu être un père, un jour, le genre de père qui restent à maison, qui cuisine à sa femme, qui s’occupe des enfants, qui trouve sa femme toujours aussi radieuse le matin et qui s’endors après s’être enlacé le plus longtemps, le plus souvent possible. Parait que c’est impossible, pour moi, parce que pour les autres ça se peut, ça arrive. Ça ne dure jamais, mais c’est là, l’instant un temps, d’un an, peut-être même plus, mais ça casse en mille morceaux, sans faire de bruit, sans le regard des gens, sans leur jugement. Ça casse de tous les bords, de tout côté, la sève qui commence à couler et les oiseaux à roucouler. Ça sent le sexe dans les yeux des gens qui se désirent là, qui ne se désirent pas, qui se désirent le temps d’un regard, d’une baise torride dans un printemps qui sent la merde en dégelant. Qui après la première pluie d’été se retourne en se demandant où ils en sont rendus. Je reste là, las, à regarder la vie, à me demander quoi faire, moi qui voulais tant aimer et qui reste, une fois de plus les mains vides, le coeur rempli de tristesse, le corps replis de fatigue, à avoir trop souvent échoué.





À terre

28 02 2016

À terre, j’ai posé le pied. Il semble qu’il y avait longtemps que ma tête tournait, il semble que je n’aie vraiment pas le pied marin. À force de vouloir garder l’équilibre, je passe d’une dépendance à l’autre. De l’amour, à l’achat, je me lance maintenant dans le travail, les chiffres, ceux qui ont hanté mon enfance, je les manipule comme je veux, pour les faire parler, pour les obliger à me répondre toujours. J’ai oublié qui j’étais, je l’oublie chaque jour, même mon miroir ne me retourne plus mon image. Ne suis-je pas toujours celui qui instaure le premier regard? Je ne m’aventure plus, je ne pousse plus, je pèse et sous-pèse chaque mot, chaque mouvement que je sens sans ne plus pressentir, ressentir. Que m’est-il arrivé et quand? Je ne me laisse touché que par la musique, quand d’une main j’essuie une larme d’une histoire déjà depuis trop longtemps passée. Caresse ma joue, s’il te plait. À terre, je ne tiens qu’à, je ne tiens qu’à toi, qu’à toi, à toi. Ton regard ne me berce plus, je te cherche comme les jours se passent. Seule ma mémoire tiens le coup, seule ma mémoire prend un coup, oublie, une minute, une heure, une soirée entière, pour ne plus me sentir moi, pour ne plus me souvenir ce que tu me disais hier. Tu es partie, tu reviendras toujours, un coup de hache dans mes jambes qui tienne qu’à terre, tu ne m’ébranles plus, de tes mots traites qui m’ont si longtemps charmé, ton amertume envers moi reflète ce que tu n’as jamais compris de moi. Et le temps, qui va doucement sous mon oreiller, le sommeil léger jusqu’à la prochaine fois. J’ai toujours raison d’avoir tort, je n’ai jamais tort d’avoir raison. Tu es l’interprète des mots que je ne dis pas, que je ne dis plus à personne, parce qu’à force de les user, ils ne servent plus à grand-chose. Les mots sortent et tombent à terre, à plat, aux oubliettes. Je suis le rêveur déçu d’avoir trop longtemps espéré ce qu’aujourd’hui tu peux me permettre, toujours trop tard, toujours trop loin de ma réalité. La réalité où un jour en mer, ton coeur de sirène est venu m’hameçonner pour ensuite me laisser m’échouer sur le quai. Aujourd’hui amer, je ne vais plus en mer et je préfère ne plus être moi même et garder un pied à terre.





Je me permets un peu de toi

12 05 2015

L’envie d’être à la hauteur, ne naitre qu’à la hauteur, de n’être qu’un auteur, tout chavire, j’ai un peu mal au coeur. De concepts inventés, mes rêves n’en finissent plus de prendre forme, dix formes, toutes plus floues les unes que les autres, un manque de précision, de sommeil, de toi. Je me lie les poings pour ne pas que mes mains t’atteignent, toi clavier qui me permet les mots des autres, les miens, de lointains souvenirs et ma main, mais sur ta surface, si familière, c’est un peu chez moi ici. La poussière, ce qui traîne dans les coins, des cheveux laisser là, parce que c’est un peu comme si c’était toi. Tu me manques et j’aime ça, ma peau qui se souvient de toi, cette sensation d’encore te sentir, là, près de moi, mon sang qui s’active à la seule pensée d’effleurer. La chair de poule sur mes bras n’évoque que toi, par moment bref, par moment constant. J’ai saisi le pouls, le temps, le moment qui ne faisait que me répéter sans cesse cette douce perfection imparfaite. Je sens et je sais que je suis. Je ne respire que par nécessité, je rêve que par plaisir. Je ne manque de rien, tu me manques chaque fois.

 





Le temps file

25 02 2015

Le temps file et je m’y accroche sans grâce, les doigts dans la glace, je glisse doucement, vers un sommeil jamais assez profond. Le temps file, les mois qui défilent, me font vieillir sans cesse, sensation subite de sombrer dans un tourbillon sans vraiment de direction. Je n’accumule plus les brouillons, je n’accumule que les mots dans ma tête, ceux que je n’ose dire, ceux que je ne couche plus sur ce papier informatisé. Je ne veux pas devenir l’ombre d’un blogueur déjà actif, dans un passé composé de temps, de phrases et de sentiments. Je me suis ennuyé de moi, je me suis tait trop de fois, ligoté sur le divan, un bâillon entre les dents et la fatigue qui me lie les pieds et les mains, la fatigue comme seule excuse de remettre mes maux à demain. Je reprends un peu de moi, je me suis écouté me dire de sortir, j’ai obéi. Je suis allé me réfugier dans un bois, trappeur urbain, je me suis perdu au loin, le plus loin que je pouvais, à bout de souffle, au bout de moi. Je suis allé le voir juste avant de partir, une triste image qui me rappelle son sourire. La dernière fois que j’étais allé le vois avant de partir, c’était lui qui s’en allait, pour de bon, pour toujours. Sur la grosse roche devant l’arbre en V, je me suis échoué, autour de moi il n’y avait que des arbres, de la neige, le vent dans les arbres et sa main sur mon épaule. Sa main… et sa voix d’outre-tombe qui me disait doucement à l’oreille « N’aie pas peur! » comme pour me rassurer, comme avant. J’ai séché les larmes qui gelaient sur mes joues, j’ai mis à mes pieds des raquettes de bois métallique et de babiche plastique, puis j’ai marché, à en perdre le souffle, l’humeur et à entendre en bout de ligne que les battements de mon coeur qui voulait sortir, me dire, me laisser savoir qu’il ne s’était pas arrêté, comme si j’en avais douté. Je suis allé chercher un peu de force qui trainait par-là, un peu de force qui venait de toi, pour moi, pour eux, pour nous tous qui ne t’avons jamais oublié, la force brute que tu nous donnais simplement pour avoir la force d’avancer, de changer, de continuer. Tu sais, le temps file, mais un rien nous sépare, un souffle, un gouffre, un battement, une simple envie que tu sois là.





Tu sais… je suis… un serviteur

19 01 2015

Tu sais, c’est comme l’autre fois, je t’attendais un peu, sur mon divan, sans vraiment savoir pourquoi je t’attendais, je sais très bien que tu ne serais pas venu. J’ai attendu juste un peu, autant que ma patience le permet, j’en suis même tombé endormi à un certain moment, pas par ennui, mais plus à cause de la fatigue. Comme si des fois j’étais trop patient, j’aime peut-être juste ça t’attendre, qui sait. J’ai toujours l’impression que tu vas revenir un jour, je ne sais pas si c’est des idées que je me fais ou quoi là, mais j’ai cette impression, peut-être juste parce que tu me gardes toujours à portée de mains. J’ai regardé plusieurs fois par la fenêtre, pensant que tu allais me faire une surprise, des fois c’est comme ça, on souhaite une surprise et on en obtient une autre, tant que ça reste une surprise. J’ai souvent l’impression que je te connais, mieux que quiconque et la seconde d’après je me dis que je me trompe, juste pour me rassurer un peu, je me dis que ça ne se peut pas, il y a des choses qui ne se peuvent pas non? Des fois, je mélange tout, comme si plus rien n’avait de sens, je garde toujours mes repères, le noir et le blanc. J’ai tendance à imiter de grandes gens trop positifs, c’est facile pour moi, je n’ai qu’à fermer les yeux un instant et ça fonctionne, tant que je les garde fermés. C’est comme si le temps s’arrêtait, un petit instant et que plus rien ne bougeait. C’est un souvenir fantastique que de figer le temps, c’est en même temps très malsain, mais je recommence quand même, je dois être un peu empoisonné, par toi, par le vin, le vent et la vie qui m’habite. Ne n’ose jamais vraiment bouger, peut-être parce que je suis bien dans une immobilité quelconque qui se dresse aléatoirement sur ma vie. J’ai encore envie de tout donner, des fois je ne sais pas si tu sais, ou simplement si tu t’en rends compte, probablement, sinon je ne serais plus d’aucune utilité, du moins pour toi, parce que j’aime servir. J’ai peut-être en moi des cellules d’ancien esclave, loin dans mon patrimoine gynécologique, à des centaines d’années-lumière d’aujourd’hui, ici. Sinon je suis peut-être seulement humain, quelque part, tu sais de ceux qui savent encore aimer leur prochain, en tendant l’autre joue, entendant ce que tous a à dire, simplement pour ouïr ou pour servir. C’est pas juste toi, toi je te réserve bien plus que les autres, mais je fais ça, être au service, simplement parce que j’en tire un certain plaisir que de voir illuminer dans un visage terne par l’espoir qu’il existe encore un peu de ça là… la servitude volontaire.





Le mouvement statique

8 12 2014

J’avais emballé le cadeau que j’avais pris tant de temps à te dévoiler. Déballer un à un mes sentiments, sans retenue, laissant en pile les papiers qui m’avaient servi à tout cacher. Mes sentiments en pile dans un coin noir d’une pièce où plus personne ne va, même pas moi. Une pièce où personne n’est passé ramasser simplement pour se rendre compte que tout était toujours là, intacte, exactement comme je l’avais laissé. Une montagne de mots, une bute de sentiment, on me disait de passer par-dessus, j’ai toujours eu peur des hauteurs.  J’ai le vertige, la peur du vide, de la page blanche, d’une plage trop dense, d’un mot oublié ou mal orthographié simplement en pensant que tu ne le lirais pas, tu ne le lirais plus, tu ne le verrais pas de toute façon, même la poussière n’efface pas mon verbiage. Je me suis tenu responsable du ménage pas fait, même si je hais ça je déménage, à quoi bon rester dans cette pièce ou la vie n’existe plus, des mots morts qui n’ont de sens que pour celui qui les a écrits, un soir ou trop tard il s’était rendu compte que le temps filait, doucement, dans les lames du plancher, sans bruit. Un matin, chaque matin, quand ma main passe pour chercher une présence, juste une petite présence, mais de n’y découvrir que du froid. Me rendre compte simplement que je ne comprendrais pas, je ne comprendrais rien, je m’entêtais sans cesse à m’expliquer à moi même pourquoi j’étais là. Ne pas comprendre, avoir tout fait, trop fait, pas assez, juste un peu à droite, ah et puis dégage. Me retrouver, avec des gens qui me disent des choses qu’ils ne comprennent pas, qu’ils n’auront peut-être jamais sentis. Comparer, parce qu’eux c’était comme ça, c’est comme, c’était pareil, sans comprendre que c’était différent, ce n’était pas moi, ce n’était pas elle, ils en savent quoi. Demander le silence, le trouver insupportable, insurmontable, mais attendre un moment. N’être point en mesure de voir, de rencontre, d’embrasser la différence. Ne simplement pas en avoir envie, y être indifférent. Laissez le vent emporter une pile de papier qui trainait dans une chambre ou personne ne va, simplement parce que personne ne sait qu’elle existe encore, simplement parce qu’on n’en aime pas la couleur. S’acculer à un mur, en marché le long de la paroi, attendre toujours avant le prochain pas, puis dormir debout, encore un jour sans soleil, sans tes yeux cuisant sur ma peau. Espérer que demain sera différent, souhaiter que tout est pareil, avoir la simple amertume que tout est fini, ne pas vouloir en faire le deuil simplement parce que des fois que… s’en convaincre. Recommencer, encore. Oublié les mots qui ont du sens et en donner en ceux qui n’en ont pas. Attendre, toujours attendre, ce n’est pas fini, pas encore. Toucher le froid, encore. Laisser glisser une larme, laisser aller un soupir. Penser que l’on a tout fait, penser que ce n’était pas assez. Savourer les photos en tête comme des petits souvenirs laisser par millier. Regarder, espérer, aimer. Vide, naïvement, seul. Je m’agrippe, au néant, à l’infini, à toi. J’observe l’horizon sans en voir le bout. Parait que c’est normal, je m’en réjouis un peu. Bouger, mais pas trop, pas trop vite, pas trop loin, un pas à la fois, un à un, car semble t’il qu’il y en a des faux, j’en ai fait plus d’un. Revenir sur ses pas, ses décisions, ses idées. Les trouver toujours aussi bonnes, chaque fois. Être convaincu de ne s’être pas trompé, que tout ça valait la peine, que tout ça, je le referais cent fois. Être satisfait, heureux, amoureux. S’éteindre.





Parfait

7 12 2014

Ce matin me réveiller, un rayon de soleil sur le nez, la chaleur sur mes pieds et mon chat qui ne peut pas ronronné. La musique douce comme le vent, comme une berceuse pour enfant, je tends l’oreille et je m’endors encore. Un rêve où tu te trouves distraitement placer, tu sais que tu ne devrais pas y être, surement de ma faute, je pensais justement à toi. Une larme arrachée par un miaulement paniqué, tout s’effondre pour me ramener chez moi, as-tu donc réussi cette machine à transporter dans le temps. L’odeur un peu brulée des grains de café torréfié qui doucement s’effondre dans une tasse profonde. La musique qui joue avec mes cordes sensibles, sans arrêt, sans coeur. Une pensée pour mon père, quelques mots à ma mère, ma soeur et pour moi, le silence encore qui danse. J’ai peur de toi, j’ai peur de moi, j’ai peur que le jour se couche sans toi entre ses bras. J’ai cette boule dans la gorge, sans voix, sans que ce soit de la faute de mon chat. J’ai envie de me réveiller comme hier, demain, un autre jour. J’ai dans le coeur des souvenirs, des sensations étranges, ainsi que ce long soupir qui prononce doucement ton nom. L’année s’achève, comme la journée, comme ce rêve parfait que je fais de toi, chaque fois que j’ai un peu froid.





Des fois

16 11 2014

Des fois c’est comme s’il y avait quelqu’un de coller dans ton coeur. Quelqu’un qui englobait toute la surface, qui prenait toute la place. Des fois, c’est comme s’il essayait de faire le ménage, à coup de vouloir sans vraiment le pouvoir. C’est comme si, une histoire non finie restait prise, comme ça, sans que le deuil n’ait pris place, sans que l’amour ne fasse surface. Tous ces souvenirs récurent, toutes ses mémoires ne laissant place à personne. Des fois, c’est comme si le temps avait passé, que dès le début c’était dessiné, au crayon-feutre, noir, sombre et indélébile. Des fois on se demande pourquoi on est allé là. Peut-être a t’ont vu quelque chose, comme une lumière émergeant d’une lointaine tristesse. Qui peut sinon toi faire taire le passé. Qui peut selon toi faire que demain, un autre ne souffrira pas à sa place, à ta place. Les talons tournés, en silence il a gagné l’antre qui lui était destiné. Des fois, on ferait exactement la même chose, les mêmes décisions, les mêmes mouvements en espérant un autre résultat. On remettrait entre les mains de la vie son propre coeur à nu, en souhaitant simplement que quelqu’un y face attention, que quelqu’un comprenne la raison, le pourquoi, le comment tout ça, c’est produit. Des fois on souhaiterait que ce moment entre deux portes ne cesse jamais. On souhaiterait être fort, inatteignable, mais on serait insensible à tout ça, à la vie, à l’amour, à demain qui sera gris encore, comme l’automne qui a remis son manteau de pluie. Des fois on se pose vraiment trop de questions, on a peur de laisser-aller, on a peur pour notre coeur, que c’était la dernière fois.





J’irai seul

11 11 2014

J’irai seul, car j’ai envie d’être avec toi. J’irai seul dans la nuit, sans bruit. J’irais seul parce que la présence de quiconque ne saurait combler le vide de ton absence. Dans la noirceur je fermerai les yeux, j’écouterai doucement ses doigts, jamais aussi doux que les tiens, frapper chaque note comme si elle ne jouait que pour moi, que pour me consoler, que pour m’accompagner dans la noirceur de cet instant, comme pour me bercer, et ce si longtemps. J’irai seul en comprenant pourquoi je le fais, pourquoi je me prive, pourquoi je m’isole ainsi. J’irai seul, car seul, ça n’a rien à voir avec les attentes, rien avoir avec l’insatisfaction de se contenter d’un autre quand ce n’est pas ce que l’on veut, l’on souhaite, l’on désire d’une soirée céleste, d’une soirée où seul le temps est notre ennemi. Je tenterai de ne pas penser à toi, quand elle jouera mon morceau préféré, quand entre deux berceuses elle me dira en silence que la prochaine est pour moi, que la dernière est pour me souhaiter bonne nuit. J’ouvrirai les yeux pour me rendre compte que tout ça est passé, tout ça est derrière moi, qui me faudra rentrer. Je devrai me diriger vers chez moi et j’irai seul, parce que je l’ai décidé, parce que tu l’as aussi souhaité

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