T’avais peut-être raison…

1 04 2016

T’avais peut-être raison.

Moi je garde tout, longtemps, un conservateur de la plume, du mot, du vêtement, de tout ce que j’ai, peut-être même toi. Je garde tout, longtemps parce que j’aime ce que j’ai, j’y fais attention, j’en prends soin, tout le temps. Je crois que j’ai aussi fait ça avec toi, j’ai pris soin de toi. Je suis conservateur, je respecte tout ce qui m’entoure, je suis le plus fidèle des hommes que je connaisse, en fait je ne crois pas connaitre d’homme qui ne s’est jamais égaré un jour, parce qu’il faisait soleil et que le vent soulevait trop la robe sous son regard distrait. Je suis comme ça, je donnerais tout ce que j’ai, trouverais tout ce que je n’ai pas, pour faire plaisir aux gens que j’aime. Parce que mes parents étaient comme ça, parce que j’ai grandi dans ça, chaque jour de ma vie. J’ai toujours voulu donner le beurre, l’argent du beurre et j’ai même probablement préparé une petite recette avec les restes, juste pour être sûr que personne ne perde rien.

Hier, pour me consoler, j’ai lu des vieux mots, des mots d’amour, des mots des autres qui avaient des mots pour moi, de mot beau « Tu me manques déjà », « J’ai déjà hâte de te revoir », « Mes vêtements portaient ton odeur, c’était hallucinant! » des mots qui sont d’un passé décomposé, d’un passé avant toi où ce que je faisais plaisait, où ce que je faisais m’était rendu. Des « Je pense à toi », « tu me manques » et même jusqu’à « PS. Je t’aime! », bien avant que le film sorte. Des mots qui sont morts, que je me suis rappelé hier, en fouillant dans ce que je gardais, simplement pour me rappeler que ces mots-là existent pour moi aussi, mais pas avec toi, t’avais raison.

Après pour comprendre, j’ai regardé les mots entre nous, les mots qui ont existés parce qu’il y en a eu. Nos premiers échanges, futiles, sur le sexe, ça oui il en a eu, ils sont morts avec notre consommation, on a plus eu besoin de dire, on faisait. Après, ce qui se rapprochait le plus de tes mots d’une marque d’affection ressemblait à un jeu de tic-tac-toe.

Puis, des mots durs, des mots qui m’ont fait arrêter de pleurer, presque instantanément, parce que j’ai comme compris, que t’avais raison. Des mots qui arrivaient toujours de la même façon, quelques mois après un voyage, quelques semaines avant ta fête. Il y a deux ans, je ne comprenais pas ces mots, j’ai tenté d’essayer, de voir, de pousser ma luck. Après la première fois, on s’est laissé, on s’est retrouvé, ça avait changé. Les mêmes mots, tu pourrais probablement me les dire aujourd’hui, du moins c’est tout ce que je peux imaginer.

Et encore, j’ai remarqué qu’il était plus facile de réutiliser mes mots plutôt que de comprendre ce qui se passait chez toi « t’a raison, je sais pas ce que je veux », « Je suis pas certaine de l’avoir jamais su ». « Je suis une éternelle insatisfaite! », avec moi en arrière-plan, qui rame pour tenter d’atteindre ton ile. Moi qui tentais de combler chaque petit vide que je saisissais au vol, histoire de garder ton sourire. Ça marchait, ça marchait toujours, un moment, puis, de moins en moins longtemps, jusqu’à ce que tout revienne, comme il y a deux ans.

Maintenant, je vais arrêter d’être fâché après moi, pensant qu’il y a quelque chose que je n’ai pas fait, de toute façon, tu ne me l’aurais pas dit. Je suis pris dans un tourbillon d’émotion qui change depuis trop longtemps. T’as même décidé de me tuer, quelque part entre décembre et maintenant, quand on avait tant de complicité. Aujourd’hui je n’existe plus, alors je m’écris à moi-même, pour simplement me soulager des maux que je gère en silence.

Ce qui reste de nous se déconstruira avec le temps. Là je suis trop fâché, fâché après moi, fâché d’être encore capable de t’aimer, d’avoir envie que tu sois heureuse, de te souhaiter toujours le meilleur. Chaque jour est lourd, de moins en moins, surtout ce matin. On ne peut se battre contre le vent. Personne ne pourra jamais te donner totalement ce que tu désires, et ça, c’est vrai pour tout le monde, t’apprendras peut-être un jour à faire avec.

T’avais peut-être raison, mais je me souviens plus vraiment à quel sujet cette fois-ci.





Cherche

26 03 2016

Ce matin je t’ai cherché, dans mes draps pour me coller. J’avais l’impression de tourner en rond dans un grand lit rectangle, ça ne faisait aucun sens. Je sais que tu n’étais pas là, je sais que tu es plus là, j’ai tout de même tenté ma chance. Je ne fais jamais les choses par habitude, je fais les choses parce qu’elle mérite d’être faite. Te chercher ce matin, je me suis dit … des fois que. Le chat couché en boule sur un vieux pyjama qui trainait là, il m’a regardé, j’ai compris, j’ai pleuré. J’ai pleuré pour plein de raison, tel que remplir le vide, l’eau on sait que ça remplit bien n’importe quoi d’assez étanche. J’ai pleuré pour me vider de ma peine, c’était comme des verres communiquant, avec la seule impression que ça ne fonctionnait pas, qu’il en restait toujours un peu, profondément, quelque part, quelque chose qui voulait pas partir, comme rattaché à toi, parce que je t’aime, parce que le vide se replis pendant longtemps. Je t’ai cherché toi longtemps, j’ai toujours un peu cherché en fait, même quand tu étais là, j’ai cherché à me faire aimé, à ne pas me faire oublier. C’est fou de mettre autant de temps dans un projet qui n’en est pas réellement un, dans une histoire qui se finit un jour. J’ai toujours eu de la misère à lire pour cette raison, je n’aime pas les histoires qui terminent, surtout quand je trouve qu’elles sont belles, on aurait envie d’en écrire des pages et des pages encore, pour ne pas que ça se termine, pour que ça chemine au long des chapitres. Je n’ai jamais lu en diagonale, je ne sais pas comment, je ne veux pas savoir comment, j’aime trop ces mots qui me parlent de toi, un peu dans chaque histoire. Il y a des chances que je cherche longtemps comment, pourquoi, quand, les trois mousquetaires d’une réflexion qui fait aucun sens. Je sais quand, je ne sais pas pourquoi ni comment. J’ai l’impression d’avoir tout faite pour pas que ça arrive, j’ai l’impression de n’avoir rien fait pour que ça arrive non plus. Le silence m’horripile, je sais que je dois mettre fin à ma recherche, que ça ne servira à rien, comme du temps de la ruée vers l’or, ce que l’on veut est rarement ce que l’on trouve.





Le temps d’un printemps

22 03 2016

J’ai mal, comme si on m’avait arraché un morceau de chair, une partie de moi. Chaque jour ça élance autant, ça m’empêche de penser à autre chose, ça ne m’empêche pas de penser à toi. Je ne laisse pas guérir, j’ai pourtant pris le temps, j’ai pourtant pris la semaine, j’ai l’impression de ne pas voir avancer les jours, les heures, les minutes, les secondes. Je n’arrête pas de jouer dans la plaie, simplement parce que je ne comprends pas ce qui est parti, pourquoi? Parait que le sel guérit, aide a cautériser la plaie, j’ai beau pleuré au-dessus que rien n’y fait. J’ai simplement mal, plus le temps avance moi j’ai confiance de comprendre tes silences, ceux qui étaient passés, présents, à venir. Je suis là, à me contempler l’être de façon idiote, à ne plus avoir faim, à me dire que c’est mon chat qui déclare maintenant l’heure de manger, deux fois par jour. C’est lui qui gère la routine, c’est un peu comme ça qu’on s’embourbe, je crois. Un pas à la fois dans la même direction. J’aurais dû te retenir quand je t’ai vu t’installer là dedans, mais je n’ai rien dit, simplement parce que tu n’aimes pas ça te faire dire quoi faire, toi même tu ne décides pas pour toi. Je suis resté là, à te regarder dériver, simplement parce que je t’aime. Simplement parce qu’on ne peut pas se battre contre le courant, contre les gens, contre la vie de façon générale. La vie, le cirque, où chacun joue son rôle, son bout de scène, son moment de gloire. Tout le monde couche avec tout le monde, simplement parce qu’à un moment, ça pourrait servir, ça pourrait au pire faire du bien. Je pense que je suis brisé, depuis toujours, parce que j’excelle dans le contraire, parce que si j’aime, j’aime abondamment, que toi, pour toujours, jusqu’à ce que tu changes d’avis, sinon moi, ça arrive aussi, mais je t’expliquerais, t’inquiètes pas. Tu n’auras jamais l’impression que je te joue dans le dos, parce que je ne sais pas comment, je ne sais pas comment jouer à ça et à regarder les gens faire, je n’en ai surtout pas envie. J’aurais pu être un père, un jour, le genre de père qui restent à maison, qui cuisine à sa femme, qui s’occupe des enfants, qui trouve sa femme toujours aussi radieuse le matin et qui s’endors après s’être enlacé le plus longtemps, le plus souvent possible. Parait que c’est impossible, pour moi, parce que pour les autres ça se peut, ça arrive. Ça ne dure jamais, mais c’est là, l’instant un temps, d’un an, peut-être même plus, mais ça casse en mille morceaux, sans faire de bruit, sans le regard des gens, sans leur jugement. Ça casse de tous les bords, de tout côté, la sève qui commence à couler et les oiseaux à roucouler. Ça sent le sexe dans les yeux des gens qui se désirent là, qui ne se désirent pas, qui se désirent le temps d’un regard, d’une baise torride dans un printemps qui sent la merde en dégelant. Qui après la première pluie d’été se retourne en se demandant où ils en sont rendus. Je reste là, las, à regarder la vie, à me demander quoi faire, moi qui voulais tant aimer et qui reste, une fois de plus les mains vides, le coeur rempli de tristesse, le corps replis de fatigue, à avoir trop souvent échoué.





Deux fois

21 03 2016

Où étais-je quand tout ça c’est passé? Le sable coulant entre mes doigts comme dans un sablier. Le temps perdu à ne pas comprendre, à accepter. J’entends encore ce même silence, plus rien ne change, mais plus rien n’est pareil. Je tends l’oreille sur mes souvenirs, j’ai pourtant tout fait, trop fait? Tout fait. J’ai dansé comme si tu étais maitre, j’ai dansé pour suivre, pour battre la mesure, me faire battre sur mesure. Je me suis retrouvé dans le ballant d’un pendule qui était déjà passé, qui ne tardait pas à revenir, si vite. Tes tics, mes tocs, tes tacs, mes tics, sans arrêt, jusqu’à maintenant. Plus rien ne bouge, plus un son, plus l’ombre d’un doute, tu ne bats plus pour moi, où étais-je quand ça c’est passé, quand as-tu appris à m’oublier, et pour qui? C’est déjà le moment? C’est revenu si vite, c’est tellement cyclique, plus deux, moins deux, je croyais qu’on était heureux. Plus deux, moins deux, tu repars d’où tu étais venu, je reste où je suis. Qu’as-tu appris dans ton sommeil? N’est-ce pas là que tu te réfugies tout le temps? Sommeil, silence, je suis confus parfois. Tout ce sable entre mes doigts, deux plus deux, puis encore toi. Je me suis ennuyé de la mer, je me suis soudainement ennuyé de la mer, de son odeur, de son sel. Tout ce sable, j’ai creusé et remplis de mes larmes. Pourquoi y es-tu allé sans moi, sans me le dire, sans même m’en parler, sans me faire signe de la main, m’avertir que je me noyais, juste me le dire avant que je t’en parle, avant lui sans moi. Où étais-je encore une fois, seul chez moi, regardant au loin le pendule qui revenait m’écraser la figure?





Le silence et le temps

20 03 2016

Tout à commencer par des mots, il fallait bien que tout se termine par des silences, s’était écrit, mais personne n’en parle. On ne se voyait même pas, maintenant on ne se verra plus. On se débattait, comme sous l’eau, on manque d’air, en manque de ce qui fait de la vie existe. Au début, c’était de ma faute, à la fin aussi, deux fois j’ai brisé le silence, les résultats étaient si différents pourtant. En fait, ce n’était pas ma faute, c’était celle du silence, celui qu’à un moment on apprécie, celui qui à un moment on veut briser, parce qu’il est insupportable, parce que l’utilisation des mots est plus réconfortante, quand elle est faite consciemment, par des gens qui comprennent le verbe.

Le temps et le silence. Le temps d’un silence, je me suis ouvert les yeux et tu n’étais plus là, je n’ai pas compris pourquoi, j’ai fait tout, j’ai tout fait, j’ai même écouté à savoir si tout cela avait du sens pour toi. J’ai retenu, je me suis retenu, puis je me suis souvenu que tu voulais ta liberté, ton air, ton temps pour toi, ton amoureux quand tu veux, ta solitude quand tu ne le voulais plus. On s’est fané à l’aube de l’été, avant le printemps, avant que le soleil nous rejoigne, avant même que l’on rejoigne le soleil. Tu voulais tout, pour toi, sans choisir parce que choisir laisse concevoir que l’on manquera quelque chose, que l’on ne peut pas tout avoir. Le silence et le temps, un poison qui s’infiltre à notre insu dans l’entièreté de notre être, entre le toi et le moi, entre le temps qu’il faut pour simplement arrêter de se souvenir. Se souvenir d’hier, celui qui faisait sourire sur l’oreiller, celui qui faisait qu’on était bien en silence.

Le temps et le silence, trois fois le temps de le briser pour me dire je t’aime durant toutes ces années, c’est bien peu, mais je me suis tue, je me suis tué de l’intérieur à espérer que tu le brises à nouveau, l’oreille attentive, j’osais espérer. J’ai même appris à faire de même, parce que ce verbe t’effraie, quand pour d’autre il réconforte. J’ai laissé le temps faire, j’ai laissé le silence agir, patiemment, sachant qu’il ne menait à rien, sachant que les sentiments qui me trainait au fond de la gorge m’étouffaient, me tuaient à petit feu, comme on décide de ne plus se battre contre le cancer. Mes mots mourraient là où il n’était pas autorisé de sortir. La douleur dans mes yeux, celle que tu ne voyais pas à force de te regarder, celle que tu n’interrogeais plus parce que les mots sensibles t’effraient, ils sont si impliquant, si engageant, importants. Je tenais le coup, la barre, le tempo de tes humeurs, je tenais en silence les sentiments qui me brûlaient en dedans. J’ai même pensé de faire un cadeau, à la Saint-Valentin en la laissant passer avec des promesses qui ne se sont pas réalisées, simplement pour t’éviter de dire ce que l’on dit en cette journée, aux gens que l’on est aime.

Le silence et le temps, une pause. Le silence. Une pause. Le temps d’une autre pause ou un silence. Puis un mot, un autre. Tu demandes une autre pause. Je demande le silence. Un sanglot qui s’infiltre, plus fort qu’un silence, plus fort que le temps. La larme qui sonne l’alarme en silence, ça fait son temps. Un signe s’impose sur ma silhouette. Un sentiment en silence. Quelques mots. Le sexe, puis le silence. L’insupportable silence. Celui qui dure depuis toujours, que l’on consomme doucement depuis trop longtemps. Savoir. Avoir su. S’endormir. Se réveiller après ses propres sanglots, que l’on tente d’étouffer, encore un temps. Se lever et s’enfuir. Ce sentiment de vouloir ne plus être là, simplement parce que le silence lourd m’étouffe. Se rendre compte que je suis chez moi. S’enfuir avec elle pour une dernière fois.

Silence.

Temps.





Impuissant #1

1 08 2015

J’ai marché d’un pas anticipé pour aller te retrouver. Il y a longtemps, un an, peut-être deux déjà qu’on ne se voyait pas. Mes jambes avaient du mal à me soutenir, à me donner cet air rassuré, un pas déterminé, elles n’arrêtaient pas de trembler. Je ne savais pas sur qui j’allais tombé même si ça fait quoi, vingt années qu’on c’est rencontré. Je manquais d’air, je montais une pente, mais les deux ensembles n’avait rien à voir. Je pensais à ce que j’allais dire, ce que j’allais écrire, puis j’ai simplement eu envie de garder le silence. Je me suis dit que t’avais peut-être envie de ça, peut-être envie que je sois simplement là, moi c’est ce que je souhaitais car des mots j’en manquais. Quand je suis entré dans l’immeuble, mon sang c’est figé, mon coeur c’est arrêté, j’ai eu l’impression de divaguer, de m’évader à l’interieur de mon corps, avec cet envie d’être là, et pas.

Quand je suis monté, j’avais l’impression d’être le chien dans un jeu de quille, c’était ma première fois, pas dans cet endroit mais là. J’ai manqué d’air, je suis devenu aveugle, je ne connaissais pas la chambre, j’ai demandé mon chemin sans l’écouté, une question d’instant, j’allais te reconnaitre. En voyant le numéro de la chambre, je me suis rendu compte que j’avais enregistré la réponse qu’on m’avait donnée parce que mes jambes ont barrées, on se retrouvait deux dans la même position, si ce n’est que pour la verticalité de mon être. Figer, je savais plus, je ne savais pas, j’ai reculé, je suis revenu sur mes pas, et je suis revenu à ta chambre, parce qu’on tentait de m’en éloigner. Tu n’étais pas seul quand je suis entré, y avait déjà quelqu’un qui se tenait à ma place, en fait à celle où j’avais envie d’être. Je suis resté là, l’autre c’est retourné et dans mes yeux elle a vu qu’elle devait s’en aller, avec des promesses de revenir, elle m’a laissé seul avec toi, enfin. Avant de partir, elle m’a laissé des lettres sur un papier, un crayon pour m’exprimer, dès qu’elle est sortie je les ai déposés, je n’avais pas envie, je ne me possédais que très peu.

T’étais là, pareil comme avant, avec tes grands yeux bleus qui me disaient bonjour. Cloué au lit par tous tes membres qui se refusaient de t’obéir. Connecté de tout bord tout coté, t’empêchant de me saluer comme tu sais le faire, avec tant de choses à dire, ça faisait si longtemps. Tous ces fils, ces tubes, ses bips qui t’aidaient à survivre et moi pris dans mon corps, pas par imitation, mais par compassion. T’étais là à attendre que je dise un mot, je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire, j’étais pris dans tout le chimique qui paralysait ma mécanique. L’autre est revenue, simplement pour me dire que je n’avais pas attendu mon tour, que d’autres attendaient avant moi. Mes yeux lui ont fait comprendre qu’ils allaient attendre, ma bouche, que je ne serais pas longtemps. Presqu’une porte de sortie pour le mal qui me torturait à l’intérieur.

Mes yeux sont revenus sur toi qui me regardais toujours. J’ai dit quelqu’un mot d’usage un peu maladroit, simplement parce que j’étais paralysé, mais content d’être avec toi. Je t’ai dit que j’étais là parce que je pensais toujours à toi, que j’étais content de te voir, que j’aurais aimé mieux te voir ailleurs que là, dans se grand lit qui était maintenant un peu ta prison. À chaque phrase que je disais, tu me répondais par un oui, par un non de la tête, tu haussais les épaules, c’est tout ce qui te restait de ta grande mobilité que je connaissais depuis vingt ans. J’ai dit que tu devais trouver ça horrible de ne pas pouvoir bouger. Les mots me manquaient, j’ai eu envie de m’enfuir. Je t’ai dit que je pensais toujours à toi depuis que je savais que t’étais là. Je t’ai promis de revenir, avec l’autre membre de notre trio, que des gens attendaient pour te voir, t’as eu l’air d’hausser les épaules en voulant dire que tu t’en foutais. J’ai senti que t’avais envie que je reste, mais je suis parti, avec l’envie que tu ne me voies pas éclater en larme, comme si t’avais besoin de ça en plus.

J’ai marché, longtemps. J’ai écrit à notre ami pour lui donner des nouvelles de toi, lui dire que t’avais envie qu’on soit là. J’ai eu envie de fumer, de pleurer, de me coucher en boule dans un coin pour pleurer la vie. J’ai pensé à toi chaque jour qui ont suivi. Aujourd’hui je mets en mot ce que j’ai ressenti, parce que je suis tellement triste de te savoir ainsi. J’ai lu sur ta maladie, le syndrome Guillain-Barré, pour me rendre contre que je ne savais pas quand t’allais me revenir sur deux jambes et je trouve ça tellement difficile.





Une question

14 05 2013

Je m’effrite doucement, sans un mot, car même les corbeaux broient du noir. Je ne me suis pas trop demandé pourquoi, parce que je le savais. Je savais que je ne savais pas ce que tu pensais de moi, j’ai pensé que je pourrais te poser une question, une question qui engloberait toutes celles que je pourrais te poser, simplement pour avoir toutes les réponses. J’ai regardé dans les mots que je connaissais, j’ai tenté de les mettre ensemble, un à un juxtaposé pour enfin te la poser. J’ai voulu provoquer le bruit dans tes silences, aucune chance, te faire dire ce que j’aimerais entendre, comme tu le dis, ça ne reste que des mots, couvert de tes silences. Comment me trouves-tu? Tu me trouves beau? Drôle? Intelligent? Sensuel? Toutes ces questions ne répondent en rien à ce que j’aimerais savoir de toi sur moi, je suis couvert de silence. Que suis-je pour toi? On s’y rapproche, on y touche déjà un peu plus. J’ai l’impression d’être là, juste là, oasis du passé qui ne fait que patienter pour quelque chose que je ne m’explique pas. J’aimerais que ça vienne de toi cette fois, laissons faire les questions, les opinions, les silences, juste des mots pour rassurer ce vide que je ne comprends pas que je ne veux pas voir à la force du temps qui passe. Toute histoire différente est un peu pareille à la précédente. Je comprends les secrets, la position dans laquelle on se trouve, il y a quelque chose d’intéressant, d’excitant. Quand il ne reste que toi, que moi devant toi, c’est encore un secret que tu gardes pour toi. J’ai l’insécurité présente devant cette phrase latente, cette phrase qui ne vient pas de toi, que je ne veux pas forcer, que j’aimerais entendre simplement parce que le temps passe, parce que toi tu passes et tu ne t’arrêtes pas. Es-tu prête à avoir quelqu’un dans ta vie? Suis-je là maintenant parce que tu ne sais pas pour plus tard? Mes mots t’ont fait peur, tu ne t’y attendais pas, tu n’étais pas prête à les lire, les entendre. Je rumine, je m’épuise à pouvoir de dire, je ne me répète plus, fatigué d’un silence. Je marche sur des oeufs comme si mes paroles étaient pesées, je ne suis plus moi, je suis hors de moi. J’ai la nausée périodique due à ce vide de mots, vertige du verbe, je ne fonctionne plus à mon juste niveau. Pourquoi as-tu peur des mots? Ne sont-ils pas simplement le reflet de ta pensée, de ce que tu ressens? Peut-être ne ressens-tu pas ce que j’aimerais que tu ressentes pour moi? Ça y est j’y suis… Est-ce que tu m’aimes?

C’était un 12 février…





À cet instant à Montréal

30 12 2012

Il était 13 h 16 min 13 s…

Centre-Ville
Patrick était assis sur le lit, les mains apposées un peu derrière lui, les pantalons sur les chevilles. C’était la première fois qu’il atteignait l’orgasme de sa vie, en un éclair, dans cette chambre aux lumières orangées. Son plaisir venant avec un soupir de plaisir, synchroniser, les yeux fermés simplement pour mieux savourer ce moment.

Anjou
Fabienne, les yeux fermés, encaissa pour une dernière fois le prix qui lui revenait de droit. En fait, c’était les paroles de Pierre, qui s’était marié avec elle il y a 18 mois. Fabienne n’avait pas fait le dîner et les enfants criaient à tue-tête dans la cuisine quand Pierre rentra, il ne rentrait jamais à cette heure. Ce dernier rentrant de travailler d’un chantier de construction, à mettre les blocs de béton pour séparer ce qu’il y avait de si grand, simplement pour diviser selon les demandes de tout un chacun. Pierre se réfugiait souvent dans son endroit à lui, sa Côte-Nord lui manquait, le vert des arbres remplacer par le gris du béton, sa paix intérieure replacée par le bruit, les nuages de bruit et un manque de tranquillité. Ce midi-là, après avoir été remercié par son patron, il rentra chez lui furieux, se paya un certain silence en envoyant son poing droit sur la tempe de Fabienne qui s’écroulant sourdement sur le sol.

St-Léonard
Gina, les yeux en larme dans les yeux de Pietro disent simplement oui.

Montréal-Nord
Le bruit fût entendu de partout, cela ne pris qu’une seconde avant que les genoux de Ralph ne touchèrent le sol. Le regard vide, comme si cette seconde durait une heure, comme dans les mauvais films qui font les ralentis trop lents, en pensant simplement que l’on ressent plus la douleur d’une balle en plein coeur quand la personne tombe au ralenti.

Centre-Ville
Sophie, le maquillage un peu défait, à cette pensée, il ne me manque que 1000 $ pour partir d’ici en fin. Les larmes qui coulent sur ses joues sont un mélange d’espoir, de honte, de fierté, car pour ce jeune homme c’est la première fois et de maquillage bon marché, parce qu’elle ne veut pas mettre trop d’argent sur ce dernier. Le goût de la semence de ce jeune homme ne goûte pour elle plus rien, avec le temps, elle en fait abstraction, le temps ou la quantité d’hommes qu’elle a laissé faire de même. Ça et l’alcool qu’elle ingurgite à chaque fois qu’elle doit travailler.

Petite-Patrie
Un enfant dans un marché caresse la tête d’un chien avec le sourire

St-Léonard
Emmanuel, le coeur nouer de tristesse, debout devant le banc en bois regarde sa cousine s’engager. Il sait à cet instant que c’est fini pour lui et pense à la mort.

Hopital Notre-Dame
Rose tient la main de Gérald. Sa main rose et fragile, usée par le temps, par le vent, par les années qui ne les ont jamais séparées, car ils se tenu par la force de leur main. Quarante-cinq années d’amour, de vie, d’obstacles plus difficiles, mais jamais insurmontables, quarante-cinq années envolées le temps d’un dernier souffle pour un et la fin d’une histoire pour l’autre.

Montréal-Nord
Jeanine regarde son fils se vider de son âme, les larmes sur ses joues, sans voix. Il aimait tant sa mère et sa mère l’aimait temps aussi. Les années dans ce nouveau quartier étaient pour eu plus difficile, beaucoup trop difficile. Son fils n’était plus son fils, elle ne le reconnaissait plus, les actes de violence qu’il commettait n’étaient en rien ce qu’elle lui avait appris. Elle avait enfin la chance de revoir ce qu’il avait été, pour une dernière fois, malgré ce trou dans la poitrine qui laissait sortir ce qu’avait été sa vie, malgré cette fumée qui s’échappait du  pistolet qu’elle tenait.

Petite-Patrie
Woof!

Villeray
Dans un lit enrobé de drap, de bras, de chaleur, de sueur, de cette odeur qui s’était transformée de sexe en tendresse, le silence fut rompu. Ce silence qu’on conserve trop longtemps, trop souvent avant de se rendre compte qu’il est trop tard. Ce silence comme on les accumule, empile sans rien dire en pensant que leur portée ne veut rien dire ou est vouée à s’évanouir. Un silence brisé par une parole simple, avec un peu d’hésitation « Je… »

13 h 16 min 14 s
« Suis bien avec toi! » Une parole qui aurait dû se limiter à la seconde qui lui était allouée, une parole qui aurait dû être plus courte, plus efficace, plus vraie dans l’instant où elle a été lancée. Qui a été modifié par la peur de se lancer, par la peur de ce que l’autre aurait pu penser. L’instant, il faut savoir en profiter.

Sujet : Que peut-il arriver en une seconde?





Qui a brisé mon coeur de cristal

3 11 2012

Qui a brisé mon coeur de cristal, est-ce toi ou bien moi lors d’une histoire banale? Est-ce le vent, est-ce le temps, est-ce un peu tout ça en même temps? De rêve en réalité je me suis transformé, une partie de moi s’est brisée. Maintenant, il n’y a que le temps et un rêve changeant pour une poignée de verbe, des idéaux modifiés. Qui a brisé mon coeur de cristal, celui que je gardais dans ma petite boite animale, que je croyais protéger par ma carcasse, fracassée d’histoire que je me suis peut-être racontée. Aujourd’hui il n’y a plus rien, je patiente, mais en vain. Je le souhaiterais tout entier dans ma cage thoracique du temps où j’étais qu’un romantique. Je comble le vide d’un sourire factice, en espérant que ça restera réaliste. Et je comble mes silences d’expériences, en croyant toujours que j’aurai un peu de chance. Qu’il y est quelque part en moi, ce qui m’a déjà fait rayonner autrefois. Mais les mots lourds et l’incompréhension de mon être, la raison de ce calme plat que j’aimerais connaitre. Ma tête divague entre toutes ses pensées, je ne cesse de regarder le passé. Pensant trouver où est la clé qui mettra ensemble tout ces morceaux brisés. Mes vieux rêves disparus comme si je n’y croyais plus, les déceptions accumulées que je ne compte plus. Où suis-je dans ce brouillard opaque où j’ai marché les yeux fermés? Je veux retrouver mon chemin dans ce vide, mais marcher dans quelle direction à travers ce chemin aride? Qui a brisé mon coeur de cristal, si fragile, si pur, si brisé à présent.





Et ça tourne

23 10 2012

Je retourne chez moi, laissant derrière moi des vacances, des rencontres, des paysages pleins la vue, post apocalypse perpétuelle d’images, mon paradis. Je me rencontre que je suis bien, je suis loin. J’ai besoin de ces gens autour qu’en petites doses, par petites bouchées, mais c’est pareil chez moi. Je peux me lever et avoir envie de désert, je ne suis pas mangeur de dessert de toute façon. Plus d’une semaine et je revois en boucle des terrains vides, mais en même temps remplis d’histoire, de vécu, de mort. Je me retrouve chez moi, sans comprendre rien aux gens, aux mots, aux écrits partout. Le café goûte autrement, mais en rafale on s’habitue. Le temps me fait reconnaître les gens, les lieux, comme si j’y avais toujours vécu. Je suis bien, souvent seul, je me laisse vagabond dans des rues qui n’ont pour moi pas de signification, qui en prennent avec le temps, avec le vent de la mer qui me souffle à l’oreille qu’elle m’attendait enfin. Je suis dans ce café, il est précisément 12:34, la chanson qui m’avait donné le goût de l’Islande résonne dans la pièce, derrière le comptoir d’une voix magnifique, la serveuse chante avec perfection par dessus Emiliana Torrini. Je regarde l’horloge à l’extérieur et je pleure, je suis bien, j’y suis enfin. Un frisson parcourt tout mon corps, j’en veux encore, je veux de ce bonheur, de cette vie, c’est ma première journée ici. Les autres journées, j’en veux toujours plus.