Te souviens-tu de ces faux silences, ceux qui coupaient mon être en tout sens, sans que je ne m’en aperçoive? Quand doucement dans tes draps blancs, je te sentais loin, mais toute près de moi, tout était blanc sauf l’air qui était rempli de toi, toujours loin à deux pièces de moi. La tête rêveuse, je me disais simplement que j’étais bien, là, chauffée par les rayons du soleil un dimanche, ou un mardi, quelle importance. Je me serais accroché à un rayon de lumière pour me déplacer lentement dans ce qui était ton univers. La vie s’est chargée bien différemment de moi. Je suis encore là, avec mes faux silences, attendant un retour qui ne reviendra peut-être jamais. Tu sais, non parce que je te l’ai déjà dit, que je suis toujours là. Quand mes pensées effleurent doucement ta peau à des distances considérables, je sais que tu me sens. Ta tête se tourne t’elle vers moi quand doucement je songe à ton corps, lointain souvenir des matins frais où trop tôt je fuyais doucement chez moi, la tête remplie et le corps vidé, un équilibre qui me déstabilisait sans cesse. Quand cesseront ces faux silences ne laissant place qu’à des mots, des cris, de vrais silences qui me berceront avant de dormir?
Ces faux silences
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Laisse croître
2 09 2012C’est un matin lubrique, alcoolique où j’écris cette rubrique un peu plastique et de façon mécanique. Plastique de faux que l’on alimente de laisser croire, faire croire, qui se termine bien plus souvent en laisser pour contre, seul dans un coin. Sans statique, on s’adapte comme des adeptes un peu sataniques simplement parce que dans le temps, quelqu’un l’a pris un peu pour nous regarder dans les yeux. On ne fuit jamais ce que l’on devrait, ce que l’on connait, ce que l’on redoute, mais qui nous donne un peu de son attention. On reste et on se soumet, se modèle, à notre idole, on s’y colle, sans jamais bien comprendre ce que l’on a fait de nous même. On s’est oublié, négligé, abandonné, soi-même au grand manque de respect de ce que l’on était. On existe plus ou rien qu’un peu, au fond de nos propres yeux, au fond de ce que l’on est vraiment, mais que l’on tait trop souvent.
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Glissant
8 07 2012Elle ne le savait pas avant de commencer à courir que le plancher était couvert de lames de bistouri, peut-être était-ce parce qu’il faisait noir et que la bête qui la suivait avait vraiment faim. La peau de ses pieds se détachait comme la peinture sur le mur de la vie qui laisse tomber ses ans. Le résultat allait finir par être le même, elle se disait qu’il valait peut-être mieux tenter de s’en sortir que de se laisser abattre là, après tant d’efforts, son corps ayant subit autant de souffrance, il ne restait que quelques mètres à sa vie, à ce qui restait de la distance qui la séparait d’un but ultime, celui qui semblait maintenant le seul en vue, en vie, mourir. Souhaitant que le temps, le sang de ses pieds, de la peau qui se détachait, ralentirait l’élan de la créature qui la suivait, une sorte d’entrée, de hors-d’oeuvre, de chance qui aurait pu lui sourire un instant, un dernier instant. Ses pieds visqueux devenant de plus en plus glissants n’étaient pas là pour l’aider, elle s’étala de tout son long sur le sol, emportant en elle toutes les lames sur son passage. Seule dans le noir, le temps n’était pas le bienvenu pour pleurer, ses blessures ouvertes lui donnaient simplement cette envie. Dans le silence, enrobé seulement du respire de son assassin, un souffle bruyant sur sa nuque, un liquide qui semblait être un mélange de salive et de sang, elle ferma les yeux dans l’obscurité.
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L’un ou l’autre
9 04 2012Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.
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Des fois, j’aime pas le bruit
4 03 2012Il ne reste plus personne dans le restaurant, en fait moi, le café, la serveuse et le cuisinier. Tout à l’heure, on était presque une douzaine si je ne compte pas le radio. Savoir combien on était, ça ne serait pas vraiment difficile, mais ça prendrait du temps et de la patience. Un peu de temps pour rassembler les morceaux, les classé par couleur, puis par grandeur et finir par un tout qui m’identifierait bien les têtes. Je me souviens dans le temps on commençait par faire le contour, puis on finissait par le milieu, je suis certain que ça serait encore comme ça aujourd’hui, c’est comme le vélo, ça ne se perd pas. Ce qui est bien dans tout ça, c’est que personne ne s’est senti mis de côté, personne n’est arrivé comme un cheveu sur la soupe, c’était une surprise communautaire, un carnage dans un grand crescendo. Moi, j’avais la tête vide, je ne savais pas quoi écrire et ils sont arrivés, les femmes et les enfants d’abord. Les couples formés la veille ensuite, puis une vieille fille avec sa famille, moi, seul comme dans mes habitudes. Plus ça allait, plus je me faisais engloutir par le bruit. J’ai attendu un peu, des fois l’euphorie des sorties d’un dimanche où on ne va pas à la messe, ça fait son temps. Mais non, on dirait qu’ils jouaient tous à je t’enterre, tu m’enterres, maintenant j’essaie de leur dire que j’ai gagné, personne ne peut m’écouter. L’important c’est de se mettre devant la porte, pour s’assurer que personne ne tentera de prendre la fuite. La surprise, voir tous ces visages qui se demandaient, mais qui comprenaient pas trop ce qui se passait. Je me sentais un peu artiste, tantôt commençant par les bras, tantôt les jambes, les cris m’ont rapidement fait perdre mon avance du je t’enterre, tu m’enterres, je n’ai pas pris de chance, la tête c’est ce qui devait partir en premier. Il n’y a pas beaucoup de différence entre un cou musclé et celui tendre que j’aime embrasser, quand t’as un couperet bien affûté. Le plancher était glissant, je me suis quand même rendu pour terminer par la radio. J’ai épargné la serveuse et le cuistot. La première pour avoir établi qu’on allait se faire des signes dès que j’étais prêt et le cuistot, parce que j’ai faim et qu’il m’a prêté son couteau.
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Silence
27 02 2012D’une douce main, tu as effleuré ma joue. Je reconnais encore cette sensation peu lointaine que tu me ramènes. Ta voix comme un souvenir effacée, une image délavée, un songe que l’on croyait oublié. Les jours se suivent, se ressemblent et me portent à des nuits étranges. Des nuits où tu n’y étais pas, où tu restais terré dans un coin attendant que je revienne. Tu sais, je reviens toujours, parfois par peur et parfois sans amour. Te souviens tu de cette première fois, où tu m’attendais, je rentrais de travailler et je te trouvais seul et pas habillé. Des rendez-vous doux où tout se passait entre nous. Je n’ai jamais oublié ce que tu as pour moi été, sachant bien qu’un jour je reviendrais à la course, un simple confort, un tendre réconfort. Tu n’avais jamais un mot plus fort que l’autre, tu m’écoutais, peu importe ce que je racontais, jamais tu ne me jugeais. Tu as toujours été là pour vrai, pour moi, pour ce que je suis au plus profond de moi. Ta présence m’effrayait, à un point tel je me souviens, que j’ai souvent pensé, tourné les talons et ne pas rentrer. Ce n’est plus ce que c’était nous deux, nous avons fait la paix et ce voeu, ce voeu clair et simple que l’on ne se troublerait plus toi et moi. Ce qui reste toujours, ce qui reste de l’amour, du haut de ma tendre enfance. Oh Silence!
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