Des fois, j’aime pas le bruit

4 03 2012

Il ne reste plus personne dans le restaurant, en fait moi, le café, la serveuse et le cuisinier. Tout à l’heure, on était presque une douzaine si je ne compte pas le radio. Savoir combien on était, ça ne serait pas vraiment difficile, mais ça prendrait du temps et de la patience. Un peu de temps pour rassembler les morceaux, les classé par couleur, puis par grandeur et finir par un tout qui m’identifierait bien les têtes. Je me souviens dans le temps on commençait par faire le contour, puis on finissait par le milieu, je suis certain que ça serait encore comme ça aujourd’hui, c’est comme le vélo, ça ne se perd pas. Ce qui est bien dans tout ça, c’est que personne ne s’est senti mis de côté, personne n’est arrivé comme un cheveu sur la soupe, c’était une surprise communautaire, un carnage dans un grand crescendo. Moi, j’avais la tête vide, je ne savais pas quoi écrire et ils sont arrivés, les femmes et les enfants d’abord. Les couples formés la veille ensuite, puis une vieille fille avec sa famille, moi, seul comme dans mes habitudes. Plus ça allait, plus je me faisais engloutir par le bruit. J’ai attendu un peu, des fois l’euphorie des sorties d’un dimanche où on ne va pas à la messe, ça fait son temps. Mais non, on dirait qu’ils jouaient tous à je t’enterre, tu m’enterres, maintenant j’essaie de leur dire que j’ai gagné, personne ne peut m’écouter. L’important c’est de se mettre devant la porte, pour s’assurer que personne ne tentera de prendre la fuite. La surprise, voir tous ces visages qui se demandaient, mais qui comprenaient pas trop ce qui se passait. Je me sentais un peu artiste, tantôt commençant par les bras, tantôt les jambes, les cris m’ont rapidement fait perdre mon avance du je t’enterre, tu m’enterres, je n’ai pas pris de chance, la tête c’est ce qui devait partir en premier. Il n’y a pas beaucoup de différence entre un cou musclé et celui tendre que j’aime embrasser, quand t’as un couperet bien affûté. Le plancher était glissant, je me suis quand même rendu pour terminer par la radio. J’ai épargné la serveuse et le cuistot. La première pour avoir établi qu’on allait se faire des signes dès que j’étais prêt et le cuistot, parce que j’ai faim et qu’il m’a prêté son couteau.





Torture

16 10 2011

Je ne suis capable d’aucune torture, mais tu me tues avec tes mots qui tranchent ma gorge à coups de couteau. Et je me terre dans un trou pour mieux taire mes tiraillements. De trouille, je suis accablé et je tremble en attendant. En attendant que tu t’éloignes de moi, que tu trouves une autre tâche sur laquelle travailler. J’ai trop souvent tenu ta tête pour t’embrasser. Toi, il n’y avait que toi pour toi et moi qui n’existait pas ou sinon que t’aimer, t’adorer, t’idolâtrer, te donner quelque chose ou quelqu’un qui te ferait sentir bien le temps que tu trouves ce que tu ne cherches pas vraiment. T’as même trouver du temps pour trier doucement, choisir patiemment et te tromper tristement. Chaque coup de traitre le temps te l’a rendu, chaque coup de pied donner dans mes jambes pour me faire tomber c’est pour moi effacé. Sur la tribune, je regarde ta tête et cette lame tranchante qui tombe tel le tonnerre gronde. Trop souvent tu t’es tourné pour me regarder, voir si encore j’étais là, pas trop près, mais assez pour qu’un jour tu trouves le temps pour terminer ton tourment. Tâche trop grande de me trouer le coeur d’un seul temps, la valse à recommencer pour que tu t’y reprennes trois fois. Tu ne te doutais pas que même si ces mots ont traversé tes oreilles autrefois, le temps t’isole de moi, tu te retrouves sans que je t’estime pour ce que je t’ai aimé. Trop tard le temps t’a trompé et tu t’es retrouvé avec toi, mais tu t’es fui encore une fois. Sur mon toit, je crois, je croasse que je t’aimerai toujours encore et c’est bien la seule vérité qui torturera à jamais mon corps.