Seul

16 11 2012

J’ai peur d’être seul, j’en ai perdu l’équilibre sur un terrain fragile. Je suis passé d’un extrême à l’autre, voir si ce qui goûtait le mieux, j’en suis arrivé à ne pas savoir, à figer sur place, à n’être que transparent, le plus possible, que l’on voit à travers moi, comme l’eau, avec ce goût insipide. On sait que le goût, c’est une chose qui se discute, d’autres sont plus catégoriques, mais d’une bouche à l’autre rien a le même goût. Je me souviens encore de la tienne… D’un extrême je suis passé, à butiner toutes les fleurs, de l’autre, rester terrer dans ma torpeur. Je me suis donné le rôle de l’ermite qui dans le noir se raconte des histoires, c’est toujours comme ça quand je ferme les yeux, mais quand je les ouvre, je suis toujours là, à vouloir exploser mon air stoïque à vouloir vivre simplement parce que c’est mieux. Mieux que qui? Mieux que tout ça qui ne bouge pas, qui ne bouge plus depuis les années où je m’enflammais d’un sourire, où je me réfugiais en larme consoler par un oreiller pour enfin me retrouver dans les bras d’une autre, chaque fois, relation plus malsaine et aucunement en contrôle de mes sentiments. Quand on les contrôle les sentiments, ils se poussent, ils ne restent pas là, à attendre un ordre, ils vont voir ailleurs si je n’y suis pas. Je suis conscient du danger, je n’ai plus envie d’avoir peur, de la vie, la vraie, celle qui caresse ma joue d’une main pour me poignarder le coeur de l’autre. Un moment, tout petit, encore un instant, juste une minute, embrasse-moi avant de fuir encore une fois, chaque fois pour recommencer ce même manège qui est parti d’un seul et unique point… j’ai peur d’être seul.





La fatigue et l’ennui

25 09 2012

La fatigue et l’ennui sont plus sombres la nuit. Je suis ici et je m’ennuie. Je dors peu et mal ce n’est pas normal. Mes idées tournées vers cette journée qui me sépare encore un peu plus de toi et ce silence, trop dense. Le temps passe à petits grains et je serai loin demain, loin de tout, loin de toi, loin de mon confort de ce que je vois. Le froid pincera ma peau, me donnant des frissons dans le dos, j’aurai cette pensée pour moi que j’ai laissée derrière moi. Je hais les silences et cette danse où lorsque j’avance tu prends tes distances. Combien de jour encore, où je découvrirai ton corps? Le sommeil ne me gagne pas, l’appétit toujours ici et l’estomac qui ne me parle que de toi. J’ai faim de découvrir ce que demain me laissera choisir. Où es-tu cette fois, sans moi qui ne pense qu’à toi? J’ai besoin d’air, de fraîcheur, de toi. Je ne gagne mon lit que pour te retrouver, mais mes draps froids ne sentent que ton absence. Demain, un autre jour, seras-tu encore là? Tant de questions sans réponse, tant de mots placés d’une même cadence et le froid qui ne me réchauffe pas. Réchauffe-moi!





Quand tu t’abandonnes

5 08 2012

Quand tu t’abandonnes, fragile, dans mes bras agiles, le monde s’arrête pour te regarder. Loin tu te gardes loin de moi, tu te joues de moi, comme on joue du violon sans en prendre de leçons. Puis tu faiblis avec le temps, tu trouves cette note qui attire mon attention et tout doucement tu glisses ta peau nue sous mes draps. Tu es belle, mes yeux se posent sur toi, douce, dépourvue de tout ce que tu t’armes contre moi. Je sens ta chaleur et ton odeur pour m’en imprégner, pour ne pas oublier. Mes yeux rivés sur toi, je vendrais mon âme pour figer cette image de ton corps encore et encore. Mais ce monde n’existe pas, j’y ai cru, un jour, mais il n’existe pas. Tu n’as pas retrouvé celui qui t’accueillait bras ouvert, yeux fermés, car le temps a passé, j’ai changé. J’étais encore bien, c’était encore beau, j’avais la tête en trop. En trop pour toi, mais pas assez pour te repousser, car tu le sais, je t’ai aimé. Ma vie vide te laisse de la place dans mon lit vide. Le reste, tu n’en as pas voulu, je suis trop souvent resté en plan sur un fil qui ne présentait que le vide où je me suis trop souvent lancé. Je choisis aujourd’hui la place que je laisse dans ma vie et le volume diminue comme une chanson qui termine. Je dois changer d’air, ça sent trop toi autour de moi, comme une vieille rengaine.





Mon verre est vide

16 06 2012

Mon verre est vide, ce n’est pas que je n’ai plus soif, il est seulement vide. Je n’ose pas recommander un autre verre, des fois que l’ivresse me donnerait un coup de barre en plein visage. J’ai déjà dit que l’ivresse me rappelait l’amour, une certaine perte de contrôle, des matins douloureux ou l’incertitude ou le mal de tête se joigne devant l’inconnu d’une journée de plus. Je n’ai pas écrit depuis des lunes, ce n’est pas que je ne sais plus écrire, vous savez parfois la vie… J’ai eu envie aujourd’hui, comme d’écrire sans raison avouée, d’écrire pour écrire parce que mes doigts savent souvent plus ce qu’ils font que moi. Je n’ai plus de muse. Il y a des mois que mon verre est vide. C’est une corrélation un peu intense pour un samedi, quoi que la journée n’ait que peu d’importance. Avant, c’était si facile, après c’était plutôt inconnu. J’ai envie de ces mots qui blessent ma tranquillité, qui parfont la sentimentalité de ce que l’on croit être l’amour. Je suis à jeun, je ne croyais pas le mot parent de stoïque. Le liquide sur les parois glisse doucement vers le fond du verre, verre c’est un peut la couleur de l’espoir non? Le fond, c’est un peu la limite à atteindre dans un contenant non? Je crois que j’attendrai demain pour faire remplir mon verre, aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le fond.





Faim pour froid

1 04 2012

J’ai faim. J’ai toujours eu faim. J’ai faim autant que je peux avoir froid. J’ai toujours eu froid. J’ai froid. J’ai toujours eu autant faim que froid sans toi. J’ai encore plus faim de ne te savoir pas là et mon lit, même si j’y suis, reste froid. La faim c’est pareil comme le froid. Le froid c’est pareil comme la faim. Il parait que l’on peut mourir de froid, comme les gens crèvent de faim. Il parait qu’on peut mourir de faim, encore plus quand il fait froid. La faim comme le froid, c’est un vide en soi. J’ai le ventre vide, le lit vide, donc je suis aussi livide, peut-être parce qu’aussi j’ai un peu froid. C’est ton vide qui me rend comme ça, chaque fois. J’ai comme l’impression de toujours avoir faim, de toujours avoir froid, je suis vide de toi. Ce n’est pas comme être vide avec toi, après m’être nourri de toi, là je n’avais pas froid. Mais là, le temps tic et le froid tac, le temps tic et la faim tac. La fin… Tac…





Rien

25 03 2012

Rien. Il n’y avait rien. Un début sans fin, si je comprends bien. En fait tout était là, bien en place pour commencer quelque chose. Quelque chose, quelque part, mais rien ne c’était encore passé. Comme si les gens, tout autour, étaient plus qu’immobiles, fixes, en fait ils étaient surtout absents. Tout comme ces endroits plus que vide, aride. Tout était à faire, à refaire. En fait, fallait savoir si ça avait existé, mais tout était là. Le regard vide à faire des vas et vient cherchant un repère dans ce néant étouffant. Comment commencer quelque chose lorsque rien n’existe, que tout est créé et ce de rien? Regardant ce vide sous ses pieds, il n’y trouva en rien les réponses qu’il cherchait, et ce, surement parce qu’il ne connait pas non plus les questions. Plus il se tenait là, moins ça arrivait, moins il voyait ce qui pouvait se passer, ce qui se passerait, ce qui était possible dans ce monde si vide. D’un esprit vide, il était emprisonné devant une muraille de  possibilités. Jamais il n’aurait pu penser que ça allait bouger, se transformer, évoluer et devenir ce qui n’avait été auparavant rien.





Petit animal

13 02 2012

Ce petit animal ne dort plus. Incapable de saisir ce qui se passe, il danse seul sous un soleil écarlate. Dans ses yeux secs et bleus, c’est le ciel que l’on peut voir. Encore une autre nuit où il dormira le ventre vide. Il danse pour passer le temps, pour ne pas s’enliser dans des idées plus noires encore que cette nuit dans le désert, sept nuits dans le désert. Il fait froid tout autour et jamais le sens de ce qu’il fait n’est remit en question, il est seul et le ventre vide, tout s’explique, la folie est présente, mais lui ne l’est pas complètement. Dans un mouvement soudain il se tourne vers le grand cactus qui semble imité ces moindres mouvements, le bras dans le vent et les cheveux ébouriffés, son seul point d’ombre ne cesse de se déplacer. Comme pour compter les heures, dans une lente rotation, ce n’est pas son corps qui détourne les yeux, mais ses yeux qui ne font que suivre le soleil. Le petit animal a tenté d’en faire autant, mais c’est près de ce cactus qu’il s’est retrouvé. Lui qui voulait avoir un peu de piquant dans sa vie, il fut servi. Sa danse n’a pour but que de ne pas se bruler les pieds, bien que l’instinct de survie existe, l’instant de surplace jamais ne passe, tant que le soleil haut dans le ciel reste. Son corps qui doucement se dessèche, l’effet du temps et d’un manque d’eau flagrant. Et si je m’arrêtais, un instant seulement pour voir ce qui se passait, mais jamais il ne cesse. Les pieds dans l’ombre il fait toujours un peu moins chaud que dans l’espace où le cactus ne le protège pas. Épuisé d’une fin de journée mouvementée, une partie du cactus lui est réservé. Adosser à une partie sans épine il peut se reposer, jusqu’à ce que l’air frais l’endorme et que le froid le réveil à nouveau. Il ne dort que très peu et à découvert qu’il pouvait boire à son ami. Il est un peu pris dans par cette dépendance, car l’horizon ne lui laisse que du sable comme destination. Il n’a pas cessé de rêver et crois qu’un jour il repartira, au risque de sa vie il croit bien qu’il devra partir la nuit, car s’il ne part pas la nuit, son chemin sera pour lui fatal. Il s’est rendu seul dans ce désert et c’est pris au piège. Ces rêves ne l’ont pas abandonné. Chaque jour, un peu plus, il regarde au loin, quelle direction sera la meilleure, l’horizon est si vaste et à force de tournoyer, il ne se souvient plus d’où il vient, si son chemin le ramenait à son point de départ, serait-ce une mauvaise chose?





Ton absence

4 02 2012

Tu existes. Si je ne le savais pas, la vie serait parfois plus simple, mais maintenant je le sais, tu existes. Tu es là, quelque part, et je n’ai droit qu’à des mots ici et là qui me rappellent que tu es bien là. Chaque jour des pensées s’envolent à ton égard, sans que je comprenne comment, ni pourquoi, mais tu restes là. Si je ne savais pas, si je ne m’étais jamais arrêté à scruter ce que tu es, d’abord au loin, mais pas très longtemps, car tu t’es approchée, tu étais près, beaucoup trop près pour ne pas sentir ton existence. Comme un rêve récurant tu t’es ajouté à ma vie, doucement, comme s’installe la chaleur au printemps. Je ne comprends pas pourquoi ton existence a tué bêtement mon indifférence, dès le premier soir où tes yeux se sont reposés dans les miens, un instant simple qui m’a fait du bien. Aujourd’hui, je suis là, à te chercher du regard, à ne t’avoir qu’en pensée, à ne jamais te retrouver. Tu retiens sans cesse ce qui te parle aussi, sans le comprendre et c’est ainsi que jour après jour, il se ressemble tous, je scrute l’horizon dans l’espoir de toi. Cette planète non découverte où je foulerais le sol pour l’éternité, simplement pour découvrir qui tu es. Me laisserais-tu te raconter tout ce que j’ai et m’étendre sur ta surface et y faire fondre cette glace? Ton vent caressera-t’il mes cheveux les matins frais où rêvassant de toi tu me signifiais par ce geste que tu étais encore là? Tu seras toujours là, car je sais que tu existes, mais tu sais ce que je trouve le plus difficile dans tout ça?





Les mains vides

29 01 2012

Je suis arrivé les mains vides. Rien à déclarer, ni la moindre idée où j’allais aller. Un monde si vaste devant moi et pas la moindre idée de ce qu’était en fait une idée. Je suis arrivé les mains vides, avec la seule envie de pleurer, je suis né. J’ai rempli ma tête de mille et une idées, j’ai rempli mon lit d’aventure que jamais je n’oublie. Aujourd’hui tout est vide, le moindre des racoins de mon esprit cri, tout sonne écho, je n’ai rien fait comme les autres, je n’en ai pas envie. À la course vers le bonheur, je ne suis quand même pas dernier, si je me compare aux autres, je n’ai pas pris le même chemin, doucement j’ai marché, à l’opposer de ce qui avait été pour tous déterminer. Femme, enfants, chien, maison, vie rangée, bien souvent malheureuse, j’ai échoué selon la nature humaine forgée à coup de catholicisme, dans les années de colonisation qui voulait que l’on peuple et repeuple. Peuple et repeuple s’en vont en bateau… qui qui reste? Il ne reste que des gens aigris ou simplement gris, sans lumière, sans odeur particulière d’avoir achevé quelque chose. Je n’ai pas d’enfant, j’ai aujourd’hui convenu qu’il se pouvait que je ne laisse rien derrière moi. Je suis arrivé les mains vides, repartirai-je ainsi? Ceci ne me fait plus peur, ceci me désillusionne un brin, je m’enlace dans un divan pour regarder le temps, pour regarder ce que les autres ont fait, pour oublier ce que je n’ai pas fait. Mes projets empilés que je garde pour moi, cette fenêtre sur une partie de ce que je suis, de ce que je veux et des mots mensongers sur ces projets qui m’attendent et auxquels je ne consacre pas de temps, un peu comme ma vie. Je me refais cette liste de choses à faire, de projet à écrire, Lydia, Chaque matin, Des Lettres, tant de projets qui dorment avec moi. Je suis en deuil continuel, je regarde ma vie mourir à petit feu et je me frotte les mains pour me réchauffer. Chaque mot s’effrite dans le vent d’un appartement trop vide, dans le ventre d’un écrivain trop peureux. J’écris ici en silence de ce que je suis vraiment, peur de jugement, peur d’avoir peur, phobophobe que l’on appelle. Je brule ma vie comme une chandelle à espérer une muse qui restera, la vie est courte à ce qu’on dit et être bien en dépit de l’image, n’est point donné à tout le monde. Je me suis fait l’amant temporaire d’histoire déjà décomposé, je me suis laissé aimer et j’ai aimé à en perdre la tête. Aujourd’hui, le vide remplit ma vie. Je l’ai créé et je l’ai alimenté, j’ai fini par créer le vide de toutes pièces. On dit que sur terre, le vide n’existe pas, j’ai l’impression d’être continuellement dans la lune. Mais j’ai cette rage, cette voix qui crie profondément de la laisser sortir, elle aussi je l’étouffe doucement à coup d’éthylène bien placer, juste au bon moment, quand les idées reviennent en même temps que cette tristesse qui m’assaille l’âme et me rappelle ma solitude. Je n’ai besoin de rien, me dis-je bien souvent, mais la peau douce d’une femme me fait sentir le contraire. Je n’ai jamais été avare, une seule me suffit, que je puisse adorer, surprendre, chérir. Maintenant, le vide est complet, il ne me reste que des points d’ancrage précis, vitaux, rares. Le temps me laisse l’opportunité de vieillir encore un peu, je suis maitre de ce que je fais et immobile je tente d’arrêter le temps, innocemment. J’ai fermé la porte derrière moi, j’ai pensé qu’il était mieux ainsi pour ne pas avoir froid. Maintenant je suis de glace, de pierre, et je n’ai qu’envie d’une chose, de ne pas repartir les mains vides.





Le vide

7 01 2012

Vide, vide, vide… plus je te regarde te remplir haute dans le ciel, plus mon verre se vide, je hurle. Tout me semble du pareil au même, certain jour le même le gris persévère. L’impression d’un rien comblant mon espèce, mais qu’est-ce qui diffère d’hier et comment sera demain? Un de ces jours insupportables où je me sens vain, où je sens que rien ne vaille. L’esprit noir, la matière grise et le vin rouge ne l’emporteront pas sur moi. C’est qu’une journée sanguinaire où le vin prévaut sur le sommeil. Où même la bouteille ne répond plus de moi, où sans raison, sans savoir pourquoi le verre se vide, sans moi. Mes yeux, ma tête et mon coeur aride ne cherchent même plus pourquoi. Je sais que demain sera autrement, différent. Je regarde autour de moi, rien ne semble rempli de ce que je voudrais, ma tête, mon verre, mon lit. Toujours cette même distance, toujours cette même souffrance, quel est ce creux qui existe, restera-t’il? Il n’existe qu’un pas entre toi et moi, le franchiras-tu? Ce n’est point une question de temps, mais une question de Tu. Je fais abstraction de mes idées et fais face à la réalité, est-elle vraiment réelle? Si je ferme les yeux, tout existe, tout est sensation, passion, émotion. Suis-je le seul à faire disparaitre l’univers quand allongé contre moi tu m’enivres. Ce moment, cette distance, mais putain quelle chance, tu es là et moi je fais disparaitre l’univers, simplement pour nous, un instant seulement, histoire de savourer ce qui est vrai pour moi, ce qui reste ce que je suis pour toi. Cet instant n’existe que dans les livres. Cet instant n’existe que sur un bout de blogue secrètement cisailler pour tes yeux, les miens, ceux des voyeurs qui passeront ici. Ces mots que l’on croit parfois faux, que l’on croit parfois vrais, mais au fond qui le sauraient. Une histoire comme toutes ces histoires taboues que l’on tue avant même de se voir terminer, une histoire à laquelle une chance on n’a pas donné. Ton silence me tue, ton absence m’angoisse, j’ai envie que ton regard me réconforte. Je prendrais un bras, si je ne peux pas avoir les deux, mais un peu de chaleur me rendrait vraiment heureux. Si je jouais un air de piano, si je savais jouer, je te le jouerais surement sur un air mineur, car c’est sur ces airs que l’on pleure. Mais tu sais, ce n’est pas si terrible, j’ai seulement envie de tes yeux pour combler mon vide.