Saoulerie et plaisir garanti

22 11 2008

Hier je me suis dit, allez juste une petite bière en terminant. J’étais seul mais je sais que j’y trouve toujours des gens qui comme moi le sont aussi, des collègues de travail, des amis, ils sont déjà là avant moi parce qu’ils savent que l’on se donne rendez-vous aléatoire toujours au même endroit. Alors on a rit, on a bu, on a rerit, on a rebu. Les heures tricotant le temps de ses aiguilles agiles, l’ivresse tranquille m’a rejoint. Douce et déstabilisante, comme un amour qui naît. Ce stade où l’on sait que la saoulerie est présente, mais pas assommante. C’est plaisir, pool et pichet que nous partagions. Lentement car je n’aime pas passer du coté noir de l’alcool, où nos yeux se ferment, même ouvert. Discussions, échanges, rigolades, j’étais bien, mais chaque bonne chose à une fin et histoire de changer l’atmosphère de ce salon de l’ivre, je suis allez écouter de la musique accompagné de cidre, de gens ivres et de peu de place pour survivre. Je suis vieux dans tout ce monde de jeune, ai-je bien ma place ici? C’est quand on y pense qu’on a peur. Ai-je ma place… Je prends ma place, je m’assois, je commande, je bois, je regarde et j’écoute ce qui se passe autour de moi car le monde est beau, rempli d’histoire d’hier, de demain, de ce soir sans lendemain. Moi je suis là, sourire aux lèvres, il y avait longtemps que je n’avais pas fait cela. Seul au bar, boisson et musique, les plus belles histoires qui passent en boucle dans ma tête. C’est drôle de voir les gens autour, qui me regarde, je suis seul dans mon habit d’homme qui scrute l’horizon. On vient me parler, on me dit que je suis beau, que j’ai des yeux magnifiques. Je suis timide, je remercie, je souris, je n’ai aucune envie de ça aujourd’hui. J’ai pas envie de ça aujourd’hui parce que demain je ne sais pas, mais je suis trop bien présentement avec ma personne pour me laisser de coté ce soir, je reste avec moi. Discussions remplient de vide, je peux me transformer en être inintéressant l’espace d’un moment, le temps de reprendre mon espace. « On est là-bas si tu veux me revoir! » je souris, mais pas ce soir. Cette douce tranquillité c’est quand on s’y trouve bien qu’on ne peut la garder. « Que fait un beau gars seul ici au bar! », mais ça suffit, je souris, je souriais avant alors pourquoi ne pas le garder afficher ce sourire. Je réponds que j’apprécie simplement ma soirée, que la musique me comble. Je n’ai pas de mémoire pour les noms et encore moins ce soir. « Bonne soirée! » venait surement après un dialogue quelconque, j’ai oublié, je n’ai pas écouté en fait, j’ai envie de rien, j’ai envie de moi. La Bohème joue, encore, il y avait longtemps, c’est la fin, les lumières s’allument sur des gens trop saoul, je rigole de voir les visages remplis de surprise de voir que le Roméo ou la Juliette qu’ils avaient choisit, n’a pas la même tête dans la lumière ou dans l’ombre, mais bon, il est trop tard pour changer d’idée. Je reste là, quelques gorgées, on me salue à deux reprises, « Bonne soirée! », je n’ai pas trop déplu, on me sourit encore, insistance, puis tourne le dos. L’endroit ce vide un peu, je pourrai y aller à mon tour. Dehors le froid fesse, si je sors ma langue, elle restera coller à l’air si froid. Ce froid si intense qui me donne simplement envie de ne pas être seul ce soir, ça passera, n’y pense pas, tu as fait ce qu’il y avait de mieux pour toi. Dans mon lit les couvertures rappelles le dehors, jusqu’à ce que lentement elles comprennent que c’est moi qui décide de la température. Dans mes draps je m’endors, heureux et demain surement encore et demain peut-être avec un corps qui ne sera pas le miens.